Une distance de cinq à six milles sépare Mont—Carmel de la Roche, ainsi nommée parce que, du large en venant de Shédiac, on aperçoit une grosse pierre qui est comme le chapeau de la localité. Cette roche énorme, plus grande qu'aucun bâtiment, servait, dit la légende, de rendez—vous aux sorciers et aux lutins du temps jadis, qui y tenaient leur sabbat. Egmont Bay (ou la Roche) est une grande paroisse dont le rivage est parsemé de factories de homard. La pêche de ce crustacé a été moyenne, cet été, et l'extension de temps accordé par le gouvernement a été publiée trop tard pour être bien profitable. Ici il n'y a pas de magasin près de l'église. Le commerce se fait aux stations du chemin de fer, qui passe loin en arrière de la paroisse. A Wellington on trouve le magasin de l'hon. Jos. O. Arse— nault et l'établissement de M. John Barlow. Dans la même bâtisse, M. Barlow a réuni un moulin à planches et ä bardeaux, un moulin à farine et un moulin à carder et à fouler. Ce dernier département manufacture une grande quantité d'étoffe qu'on envoie de Shédiac et des environs, et jouit d'une bonne réputation pour la beauté et la bonne qualité de l'ouvrage qu'on y fait. Le magasin de M. Arsenault a plus que doublé en longueur dans les quatre dernières années, et est un immense entrepôt où sont entassées marchandises sèches, groceries, merceries, et toutes sortes d'articles de commerce. Il se fait, à cette maison, plus d'affaires, dit—on, que dans le plus gros magasin de Summerside. Tous les produits agricoles de la paroisse, pour ainsi dire, sont apportés à ce magasin, d'où on les exporte à l'étranger. M. Arsenault a aussi un autre magasin à la Roche même, dirigé par M. Sylvain E. Gallant; mais bien que ce soit l'ancienne place d'affaires, il a vu ses beaux jours et n'existe plus que pour les besoins immédiats de la loca— lité. La station Richemond est le débouché de la partie nord d'Egmont Bay. M. Etienne Gallant, citoyen entre— prenant, y a transporté un magasin et ne tardera pas à y ouvrir un gros commerce. Egmont Bay est relativement une paroisse encore jeune. M. Cyrille Gallant, vieillard encore vert et aimable Causeur, raconte qu'il est l'un des trois survivants des cinq premières familles qui vinrent s'y fixer. Elles vinrent de Summerside en bateau, et débarquèrent à la Roche où nulle habitation n'avait encore été élevée. C'était vers 1820. Les enfants grandirent, d'autres familles vinrent se joindre aux premières, et aujourd'hui