., a0 NE en _ - 3 — LA CIE DE PUB. ——. DE L'IMPARTIALZ, PROPRIETAIRE. | | _ À J. BUOTZE, RÉDACTEUR. Mme. F. J. BUOIE, Assistante. VOL. 5. NO. 22 1IGNISH, bem? ILE du PRINCE EDOUARD, JEUDI LE 26 CCT 19085. -_— — 13 ANNEE. . JEANNE DESLOGES A LAURE SA- VIGNY Toulouse, ce... ‘’ En ne recevant plus de nouvel- les après une séparation.de quinze jours, tu as dû penser, ma chère Laure. que, m'enveloppant dan- mon juste resseutiment, je brisais toutes relations avec les iagrats qui ime bannissaient. Je ne te cache pas que tel avait été d'abord mon des- sein. Ton père, mon cher tuteur. s'est montré envers moi d’uue sé- vérité qui m'a vivement blessèe; vous saviez tous que mon coeur n’é- tait pas coupable des torts de ma langue, et que Sans les questions in- sidieuses de cette vielle fille que je déteste. je n'aurai: jamais trahi le secret de vos chagrius et des folies de ton frère, Qu »i qu'il en soit, ton père a cru devoir me punir en m'exilant pour trois mois, c’est-à- vielli au service de la famille et se sont pour ainsi dire modelés sur leur maîtresse; ils en ontla gravité Presque tous les domestiques ont | #27 la morosité; et au silence qui règne à tout: heure dans cette vaste mai- | habitée par dix personnes. ‘Parmi les gens attachés au ser- vice de Mme d’Orthès, je dois faire néanmoins une petite exceptien en faveur de la femme de charge, Mar- the, qui ne s’est pas encore entière- ment momifiée dans cette triste de- meure, ce qui tient sans doute à une sensibilité plus vive que celle de ses compagnes ; mais ce ne p:ut être évidemment qu'une question de temps. Enfin, ma chère, mon genre de vie actuel serait insuppor- table sans Cécile....Je vois d'ici que-je suis parvenue à éveiller ta curiosité. ‘‘Qu’est-ce que cette Cé- cile ? ’’ te dis-tu, et tu crains déjà une rivale de mon affection, Céci- le est une petite personne fort gen- tille, qui a notre Âge, je crois, mais sans pouvoir l’affimer ; car tout est dire pour une éternité, dans la de- meure de ma très noble et très res- | pectable grand'tante, Mme d’-| Orthès. Evidemment, ma chère, la pu-let je vais te les transmettre. nition surpasse Ja faute; et en arri- [fait princiçal remonte à dix-sept vavt dans cette maison à l'aspect / ans. sombre et triste, j'ai éprouvé mue | seusation si pénible, mon âme était si cruellement oppressée, qu’il é semblé que j'entrais dans ume tom. bes La réception que me fit ma tante n'avait rien qui put contre-|, balancer cette impression; elle me souhaita la bienvenue d'un air très froid, se laissa embrarsser avec | indifférence et me congé ia presque | aussitôt sous le vain prétexte que | j'avais besoin de repos. | »» Ma tantee:t une grande fem- me à l'air assez noble, mais dont la physionomie glacée et sévère n’in- spire ni confiance ni affection. On comprend, en ‘a voyant, qu'elle n'a jamais su pardonner, même à sa | fille, qui l'avait offensée par un mariage dispropoitionné sous le | double rapport de la naissance et et de la foituue. Je me rappelle que |. tout enfant, j'entendis ma mère plaindre souvent Sa malheureuse | cousine, dont l'imprudent engage- ment avait causé les ma‘heurs. Mme d'Orthès ne se laissa fléchir ni par les yrièfes mi par la misère de ses enfants, qui finirent par s'expatrier en Amérique, où ils périrent de la manière la plus cruelle, le village qu'ils habitaient ayant été envahi par les sauvages autrefois maître du pays. ” je ne sais pas si ma tante trou- ve dans les auimônes, qu'elle ré- pau 1, dit-on, avec profusion, le m- ven de com*attre de tels souvenirs; mais sous le masque de glace qui uvre ordisairement sou visage, il mé semblé pariois trouver la trace de vifs regrets. La maison de Mme d'Orthès est montée sur un pied qui annonce une grande fortune: ostentation ou générosité. elle dépense largement et m'a fait plusieurs cadeaux, mais il énqge à ma noble parente cette | grid qui double le prix d'un don et rend la recouuaissance facile. mystère dans son histoire. La‘pauvre enfant, que j'ai adroitement ques- tionnée, n’a pu me donner elle-mê- me qu< detiès imparfaits détails, Le ‘Mme d'Orthès, en faisant un matin sa promenade habituelle dans son jardin, trouva au pied d’un ar-; bre et enveloppée dans ses langes| une petite fille qui dormait aussi paisiblement que l'oiseau sous l'aile de sa mère. D'après le rapport du jardinier, seul témoin de cette scè ne, Mme d'Orthès demeura quel- ques minutes absorbée dans une muette contemplation ; puis, après avoir fait un mouvement comme si elle voulait s'éloigner. elle se baïis- sa, et prit brusquement l'enfant, qui, réveillée e1 sursaut, se mit à jeter des cris perçants. E ise diri- geant vers sa maison, Mme d’Or- thès aperçut le jardinier, et se dé- barassa de son fardeau en ordon- nant de remettre la petite à une des servantes pour qu’elle em prît soin. ‘Cette singulière aventure exci- ta la curiosité générale ; et de con- jecture en conjecture, on en vint à peuser que la «petite abandonnée pourrait bien être l'enfant de cette fille de Mme d'Orthès que le cha- grin et la misère avaient forcée de s’expatrier quelque temps aupara- vaut, Sans doute, avant son dé- part, elle avait chargé quelque ämi d'essayer par cet étrange mo-) yen d'attendrir le coeur insensible} de sa mère, et de soustraire son en-| fant aux dangers de leur triste voy-| age. Bien qu'il ue soit jamais fait | la moindre allusion à l’origine de Cecile, et que ma tan:e ne passe 0os- tensiblement que pour sa bienfaitri- ce, il paraît probable que la jeune fille luiest attachée par les liens | d'une étroite parenté. Si Mme d'Orthès était susceptible d’'affec- tion, on pourrait supposer qu'elle aime Cécile ; elle est envers elle! d'une prodigalité inouie ; tu ne saurais croire quel nombre fabuleux de robes, de châles, de bijoux pos- | sède cette jeune personne ; mais | [comme son goût n’a pu se former MECANICIENS ET OUVRIERS P. E. 1. RAILWAY Commencing Monday, Oct. 2nd, 1905, the traius of this Railway will run daily, (Sunday excepted) xs fol- Pour enlever des mains la grai- se, l'huile, la peinture, la rouillo etc., etc., le Savon de (Gaudre: ‘Master Mechanic's’’ est sans ri val. Ce savon cicatrise Îles plaie | lows :— et assouplit lapeau. 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