l7 Ces faits et d'au« ..i_iwrt W “millimiimwmme tres sont consignés dans des relations de voyage fort intéressantes sur lesquelles j'ai pu jeter un coup d'oeil, grâce ä l'obligeance du juge Alley, de Charlottetown, qui a rapporté de France une foule de copies de documents précieux pour la première période de l'île du Prince—Edouard sous l'occupation fran- çaise. J'y ai lu des lettres autographes du Père de Calonne, frère du ministre de Louis XVl, et alors de Rusti- co. Ce prêtre n'est pas le seul haut person— nage que Rustico ait eu l'avantage de posséder. t On m'a conté qu'un jeune » homme d'une très grande ‘ rhmmmw-mt l famille de France était Venu â Rustico probablement â l'époque de la Révolution et s'était marié avec une native du pays. A la Restau- ration. sans doute, il était retourné en France, ou il vivait en grand seigneur. Lui et sa femme moururent sans héritiers directs. Les collatéraux qui auraient dû hériter sont encore à Rustico; ils ont fait des démar— ches mais trop tard. On cite encore le cas d'un Français mort dans le Mississippi, laisant une fortune considéra— ble que ses héritiers pauvres à Rustico n‘ont pas su .recueillir. C'est un peu l'histoire de toutes les par— ties de l'Amërique. Que d'héritages ont été ainsi per— dus à cause de la distance, des difficultés de communi« cations, ou par l'iqnorance ou l'incurie d'intéressês! Pour en revenir au chapitre des superstitions populaires, j'ai été surpris d'en trouver si peu ici. J'en citerai une en passant qui est fort innocente. Avant d'aller se coucher, les jeunes filles mangent du hareng salé, avec l‘espoir que la soif leur fera rêver que le jeune homme qu'elles doivent épouser leur offrira un verre d'eau. Gommes ailleurs, on se garde de renver— ser la saliëre ou de marcher sur la queue du chat: mais au fond, on y attache peu d'importance. En ma qualité de Français, je n'ai pu m'empêcher de faire quelques observations que je vais souligner: