ne 4e dt Re marque vtnéurmrneg mt Le coté + As me à le Re REA SR + AR Om db tn aan 0 A mme n hé mnt er tits — CE LAFAYETTE Conférence donnée, le 19 oc: tobre, devant les Acadiens et les Canadiens de Lynn, Mass, par L'Hon. Pascal Poirier, Sénateur. ee Mesdames et Messieurs, Le marquis de Lafayette avait dix-neuf ans quand il dit adieu à sa jeune femme et abandonna la cour du roide France pour venir en Amérique, sur un mna- vire frêté à ses frais, mettre son épée au service de Washington. Les treize Etats, réunis en Congrès à Philadelphie, ve: naient, le 4 juillet 1776, de pro- clamer leur indépendance de l'Angleterre ; et une lutte fra: tricide, assez semblable à celle que soutenaient, il y a quelques mois à peine, les îles espagnoles contre leur métropole, s’enga- geait entre l'Angleterre et ses colonies: Tous les avantages semblaient du côté de l’Angleterre. Elle €- tait puissarte en soldats en ar- gent, et déjà, à cette époque, maîtresse des mers. Les Etats Unis, au contraire, étaient faibles dépourvus de ressources, sans flotte, hésitants, et la division allait se mettre entre ses généraux. Uu premier secours, beaucoup d’ar nes, 2,000 canons, 4,00) tentes, des vêtements pour 30,- 000 hommes, plus de trois mil- lions en or, envoyés par les Français, étaient épuisés, et les Américains, malgré leur hérois- me, m°lgré les prodiges ue va leur de leurs généraux, allaient, devaient succomber devant l’An- gleterre. Washington, l’un des plue grands hommes que le monde ait vus, avait été battu par Hewe successivement à Brandy- wine, à Lopg-Island, puis, en essayant de léloger les Anglais de Philadelphie dont 1ls s’é- taient emparés, à Germantown. “Ce sera un miracle, disait-il au mois d'aout 1778, si nous pouvons résister longtemps.” Les soldats eux mêmes, privés de leur solde, commençaient à déserter, et Washington, sentant le découragement envahir son âme, écrivait ceci au Congrès, Je pressant de lui envoyer de l'argent : ‘“‘1l faut autre chose que l'amour du pays pour dé- terminer ls gens à ie servir.” C'est à ce moment-là que la France, mettant de côté toute hésitation, reconnut l'indépen dan:e dis Etats Unie, ete.tra'na dans son intervention armée la Hollande et l'Espagne. Car c’est les Es. un fait, messieurs, que L'IMPARTIAL, JEUDI LE 17 NOVEMBRE, 1898. qu'il n'avait que dix-neuf ans à son départ de France—déploie, a côté d’un courage qui n'a pas heu de nous étonner, la pru- devce sonsemmée d'un vievx général, et garde dans ses rap- ports avec Washington et le Congrès une ligne de conduite 'que les générations n’ont pas cessé d'admirer «lepuis. Dès son arrivée en Amnérique, il est nommé général par le Congrès, distinction tout à fait exceptionnelle pour un étranger et qui lui donne droit au com- mandement d’un corps d'armée. 11 préfère rester attaché à l’état- major de Washington et ne re- cevoir ses ordres que de lui. 11 conçoit le projet de s'empa- rer du Canada, et le Congrès, deux ans après son arrivée, lui donne le cornmandement de l’armée d'invasion. Jl se met aussitôt en route pour rejoindre cette armée, qui devait l'at- tendre a Albany. Après une course à cheval de quatre cents milles, il découvre que le projet d’invasion du Canada cache un com plot contre Washington, que les rivaux de c» dernier, Con- way et Gates, veulent brouiller avec lui, afin de s'emparer du commandement suprême. Plu- sieurs membres da Cong’ès s’é- taient même associée à cette trame ; et Gates, nommé mi- uistre de la guerre, devait se servir de son autorité et profiter de la mésalliance entre Wash: ington et Lafayette pour sup- planter le général en chef. Malgré son désir violent d’ar- racher le Canada à l'Angleterre, de le taire entrer dans l'indé- pendance américaine, ce jeane homme de vingt et un ans, bouillant d'enthousiasme, dévo- ré d'ardeur guerrière, s'arrête au seuil de ce qui lui parait un manque de loyauté, écrit à Washington tous les détails de l'intrigue, et se met, avec la franchise d’un soldat et la géné. rosité d’une grande âme, à Ja disposition du généralissime des armées américailues, son chef hiérarchique. Après nne série de mouve- ments habilee et d'engagements heureux, les Anglais, sous les ordres de Cornwallis, le plus ca- pable, peut-être, de leurs géné- raux, s'emparent de Charleston et menacent les Etats du sud. Washington leur oppose Greene, auquel il adjoint son jeune ami Lafayette. Dornwallis bat en retraite devant Greene ; mais passe aussitôt en Virginie avec l'espoir bien certain d’en fi. nir vite avec le “boy” comme il appelait ie général français. Cet enfant, ce “boy,” est le frère d'armes de Condé, et ses pareils n'ont jamais connu à la guerre pagno's, se déclarèrent a os en que des triomphes. chevalerie et l'honneur. Certaines nations sont venues au Nouveau Monde pour assou- vir leur soif de l'or ; d’autres s’y sont taillé des domaines en trai- tant avec beaucoup de dureté les indigènes. Avec Champlain et Razilly ; avec les Récollets, les Jésuites et Jes Sulpiciens ; avec ses ordres admirables de religieuses. la France, elle, est venue en À mérique, au 17e siècle, convertir les Sauvages et, comme il est en spécifié dans les chartes, )“étendre le règne de Dieu.” A- vec Lafayette et ses compagnons d'armes, elle est revenue, un siècle plus tard, compléter sou œuvre de civilisation, en aidant dans sa lutte suprême pour l'in- dépendance, un jeune peuple é- pris de liberté, qui, peut-être, sera demain le pius puissant parmi les peuples contempo-. rains. La France a été en Amérique une semense d'idées généreuses. Cependant elle est nulle part, avjourd'hui, en Amérique, ses rivaux l'en ont depuis longtemps chassée. Auraïit elle semé exclu- sivement pour les vautours du ciel ? La moisson que Dieu ac- corde au rude semeur dæ bon grain, la lui refuserait-il à elle qui a été vaillante entre toutes ? Sa mission est-elie bien tont à fait terminée sur le continent découvert par Christophe Co- lomb et par Jacques Cartier ? Est-ce tout simplement pour que l‘Angleterre s'en fit plus tard un joyau, qu’elle a colon'sé et évangélisé le Canada ? Etait- ce pour l'offrir en un sacrifice de sang à quelque horrible di- vinité, qu'elle entoura de soins l‘Acadie et Ja para comme une épousée ? Joliet qui a dénoné la ceinture du Mississini, les coureurs-des-bois canadiens qui ont sillonné le grand-ouest, ceux qui ont arboré le drapeau fleur- delisé à la Louisiane, ont1ls simpiement travaillé pour qu‘un jour les immenses territoires dé- couverts et colonisés par eux fissent partie de l'union améri- caine ? Les prières de tant de saints ne sont-elles montées vers le ciel, le sang de tant de mar- tyrsnatil rougi le sol d'Amé- rique que pour être un vain spectacle aux anges et servir de | thème aux poètes et aux roman- |ciers ? Ce serait presque douter de la Providence de Dien dans le monde que de le supposer. 1l n'y a bas de hasard, mes- sieurs, et l’aveugie fatalité est une loi qu'il faut Jaisser aux Musulmans. De mème que tout homme a sa .lestinée dont il doit être lui- même l'artisan, tout peupie a la sienne qu'il doit incessamment poursuivre à travers 1es siècles, DEVRAIT TOUJOURS ETRE SOUS LA MAIS. Pain Kier IL N'Y A PAS DESOUFFRANCE NI DE DOULEUR, INTERNE OU EXTERNE, QUI NE SOIT SOU. Ÿ | LAGÉE PAR LE PAIN-KILLER, | Gare aux contrefaçons et anx {mita- tions, La bouteille véri en éille véritable porte le PERRY DAVIS & SON. + . UN PRETRE A LA TORTURE/ Nouvelle-Orléans. —Un pré: tre de cette ville, le père Moise, recteur de l'église Saint-Fran- çcois, vient d’être victime d'un abominabie attentat, Pendant la nuit, trois voleur se sont in- troduits dans le presbytère et, après avoir fait respirer du chlo- roforme au prêtre endormi, is se sont mis cn devoir de forcer le coffre-fort qui se trouvait dans sa chambre. Mais pour ne pas être dérangés dans leur si- nistre becogne, ils avaient semé tout autour du lit des tessons de bouteiiles et des débris de verre. Au bruit qu'ils faisaient le père Moïse s'est éveilé ; il a sauté à bas de soalit et s'est abimé les pieds sur les morceaux de verre ; une arlère a été cou- pée. Alors les trois bandits se sont jetés sur le ma heureux prêtre, l'ont frappé à coups re- doublés et lui ont maiteié le vi- sage et le crâne avec les crosses de leurs revolvers. C'est seule- ment le lendemain matin que la servante du recteur, çn en- trant dans sa chambre, a trouvé le père Moise gisant sans con- naissance au milieu d’une mare de sang. Les auteurs de cet at- tentat n'ont rien laissé derrière eux de nature à faire retrouver jeur trace. À NARROW E. CAPE Thankful words written by Mrs. Ada E Hart, of Groton, $. D. “Was taken with a bad cold which settl:d on my lungs; cough set in and finaily termi- nated in Consumption. Four doctors gave me up, saying 1 could Live but a short time. 1 gave myscif up to my Sarvior, determined if I cou'd not stay with my friends on earth, 1 would meet my absent ones àa- bove. My husband was advised to get Dr. King's New Discc- very for [onsumption. Coughs and Coids. 1 gave it a trial, took in a!l{ci:ht Botties. 1t has cured me, and thank God, 1 am saved and now a well and healthy woman.” Solid by all Druggists 50 cts. and $1.00. 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L'amiral d'Estaing, suivi plus tard par l'amiral de (Grasse, y le mar- débar- amenait une flotte et quis de Rochambean quait, à Newport, à la tête de 6,000 hommes. Et ces auxiliaires, Mesdames et Messieurs, n'étaient pas des mercenaires à solde. Avec leur épée ils m leur bourse au service C é- taient, comme ils disent au Ca- talent de leurs alliés. nada, des messieurs. 1ls ve- naient guerroyer pour l'honneur et la bonne amitié. Pans la phalang: de hér.s que vit éciore la gnerre de l'in- dépendance amérivaine, nul, a-! serré par Washington du côté de la terre, il se rende à ce der- nier avec toute son armée. C'est par ces traits et ces faits d'armes que Lafayette s'est ac quis l'amitié de Washington et qu'ii jouit aujourd’hui de l’a- mour du peuvole américain qui honore à l'égil de ses plus grands héros. Tous ces détails vous les con- naissiez comme moi, Mesdames et Messieurs. Mais nous sommes ici conviés par la grande R-publique amé- ricaine à une fête française, et il est bon qu'avant de parler de nous mêmes, qui sommes et qui resterons toujours français—le saug est héritage--nous parlions près Washington, qui est hors;un peu de 1 France et des de pair, ne brilla d'an plus beau |gloires de ia France. lustre que le héros dont l'Etat | Aussi bien Lafayette est le de Massachusetts célébre au-|type le plus élevé de la gloire jourd'hui la mémoire par une|française en Amérique. 1l per- fête civique. sonnifie la mission de ;a France Cet enfant—uous avons vu | dans le monde, son esprit de doivent venir. J'ai dit que la France n'était pius nulle part en Amérique. Mais qui donc est allé au Capi- tols, il y a deux mois à peine, porter à McKinley le message de paix des Espagnols ? Cam: bon, son représentant auprès de votre gnuvernement. Messieurs. Où pose-t-on dans le moment actuel, les assises de la paix entre les deux aations qui n’au- raient jamais dù, peut-être, s’en- tre égorger ? À Paris, Messieurs, à Paris, la ville lumière, comme l’apoelle un poète. La France nulle part en AÀ- mérique ? Mais les Canadiens- français, dont l’histoire est si glorieuse, ne sont-ils pas, re- tranchés qu’ils sont dans les li- mites de leur province, mais dé-- bordant de tous côtés comme une vigne dont les ceps sont FER abondants, un prolonge- ment de la France catholique sur ce continent ? (à continuer) cular ateantion paid to the glas- Spectacles Spectacles Chas. Dalton, Druggist, has been appointed sole agent for Tiguish and district for the sale of the celebrated Lazarras spec- tac.es and Eye Glasses. 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