1 qe end omega green 1e DE H a DE: 2 ra Le See à sens +" CA PP MR dar MR LUEUR RUSSE Er di #10 . u ve cl ù k STE AURA VE, LA. 7 "s 2 un »e rs ti tes ? ES mm GE “Ep gng Bomunss +0 ee go er pe cms ent D on 2 Gr 0 Ra de eo D RER ER TER RC ne ge car ane don pont ete DS ARTE tee à DT Fa ARR AP À A8 Dern Ge x acer « SEA rene niet enamnenen fl L'IMPARTIAL, JEUDI LE 38 FEVRIER, 1898. an et 75 0 + CPU à PE Malproprete De Petit-Jean “La propreté est l'entretien de la santé et de la beauté. 11 est impossible de ce bien porter et d'être sain quand on est sale. Le bon Dieu nous a donné un cerps, et tous les moyens de le soigner pour éviter les maladies. 11 faut aussi nettoyer nos maisons pour éviter la misère. “Vous croyez que la malpro- {triste en le veyant encore nr voyé de l’école une seconde fois, elle lui dit : “— Que veux-tr devenir, mal- heureux enfant ? Qui voudra te. prendre maintenant ? Je t'ai nourri et élevé de mon mieux à- vec l'espoir que tu m'aiderais quand je serais trop vieille pour travailler ; hélas ! puis-je comep- ter sur un enfant qui commence si mal ? 4 “Souviens-toi que la malpro- preté et le désordre n’ont jamais | enrichi personne. Que faire. de preté est un petit défaut ? Dé- trompez-vous, il peut deveni l’eccasion de grands ennuis ; je veux vous le démontrer ex vous contant l'histoire de Pet t-Jean. “Ce garçon-là, je seul enfant que le bon Dien eût laissé à sa mère, pauvre veure déjà âgée, avait une bonne grosse figure réjouie, fraiche et souriante. Box fils, ben camarade, obli- geant, pas menteur, il eût fait la joie et l’orgueil de sa inère sans un malheureux défaut dont il ne pouvait ou ne voulait pas se défaire, la malpropreté. Sa mère lai disait souvent, la pauvre femme, qu'il ne ferait jamais rien de bien tant qu'il n'aurait pas plus de soin Ge sa personne ct de ses habits ; que la malpro- preté engendrait la misère et la maladie : aucune remontrance ne le changeait. “La benne femme eut l'idée de mettre son fils à l’école des frères ; elie espéra que la bonne tenue, la propreté des élèves 1ni donneraient le bom exemple. “Un matin donc elle l’habilla bien soigneusement, acheta un Joli petit panier qui lui coûta la moitié du praduit d'une de ses journées, et mit dedans la nour. riture de l'enfant. “Petit-Jean fut admis le jour même. “Pendant quelque temps il se tint assez propre, mais il revint bientôt à ses mauvaises habi- tudes. “Les matins, en parcourant le chemin de sa maison à l’école, il farfouillait dans les tas d'ordu- res, jouait daus les ruisseaux de la rue, si bien que la blouse ou le tablier que sa mère prenait la peine de laver tous les soirs se -couyrait de taches on de boue en peu de temps. “Quand 1] mangeait, au lieu de mettre son mouchoir de poche sar ses genoux pour préserver ses habits, il essuyait ses mains sales à ses vêtements. “Ajoutez que l'usage des mou- choir de poche était remplacé par le dessus de sa manche : aussi avait-il deux traces ronges qui marquaien! le dessous de soN nez. “Le cher frère de sa classe dé- couvrit bientôt Je défaut dominant de son nouvel élève : il l’engagea à être plussoigneax de sa personne. “Peti:-Jean n'écouta pas plus ies avis de son maitre que ceux de sa mère. “Enfiu, un jour qu'il se pré- senta dans un etat de maipro- preté extrême, Île frére lui don: na son panier, et lui dit devant ses Camarades : “Je ne puis garder deyan- tage dans ma classe un enfant aussi sale que toi, tu es d'un mauvais exewple ici : j'ai fait tont ce que je devais faire pour te corriger, tu u’as pas voulu nrofiter de mes avis ; retourne chez ta mère.” “Petit-Jean, assez sot, revint à la maison. “Sa mère le conduisit le len- demain à l’écele mutuelle ; mais là, comme chez les frères, | il n’interressa pas son maitre, | qui le garda, par égard pour sa mère, jusqu’à l’époque de sa pre- | mière communion ; mais, dès qu'elie fut faite, il conseilla à la bonne femme de le mettre en apprentissage au plus vile, ne voulant jas s'en charger plus longtemps à cause de sa mal | propreté iucurable. “La pauvre mère devint bien ne ca ane enla wamiait dire x HN er dore " Ke 7 ne " NET. toi maintenant ? ‘Ma mère, il faut me mettre en apprentissage ; voilà que je vais bientôt avoir quatorze ans, je suis grand et fert, je veux ga- gner ma vie. “__$Si tu réussis en apprentis- sage comme à l'école, cela te mè- uera leis, mon garçon ; mais que veux-tu faire ? quel état te donner ? “Mère, je veux être pâtissier ! toi, si sale, tu ferais mieux d’'en- trer chez le forgercn du coin ; on dit qu'il cherche un appren- ti. “Non, non, ma mèie, Je veux être pâtissier ; c’est un bien bon état ; le fils de notre por- tière est chez um pâtissier, il est. joliment content : 1l e:t tous les jours habilié d'une veste, d'un bennet et d'un tablier blancs ; avec ça qu'il mange des gâteaux comme moi du pain ; oui, c’est là l’état que je veux prendre.” “La mère de J_an, uv peu faible comme toutes les mères, hélas ! chercha un pâtissier qui eût besoïn d'un petit marmiton. “Elle en trouva un dans ane rue de Paris qui censentit à le prendre en apprentissage peur trois ans, en promettant même de lu1 donner an franc par se. msine s’il était content de lui. ‘Petit Jean s'installa donc le lendemain dans son nouvel é- tat, non sans avoir subi les ob: servations de sa mère, qui lui prêcha la propreté, l’ordre et le soin. Le jeune garçon promit beaucoup; les promesses n’usent pas la langue. “Les premiers jours cela fut superbe ; tout joyeux d'être ha- billé d'uve culotte blanche, d'ane veste blanche, d'en hbon- met blanc placé sur l'oreille, no- tre Petit Jean se mirait dans le dans le fond de toutes les casse- roles et les devantures des ma- gasins. “Cetté toilette si belle, il se promettait de la préserver de toutes souillures. Mais, hélas les mauvaises habitudes entra vent lies bonnes résolutions. “Quelques six mois après son entrée chez le pâtissier, celui-ci ua jour appela son apprenti pour qu'il allât porter des pâtés chez une pratique. ‘“Petit-Jean s’emprassa d'e- béir, et il se disposa à faire cette commission en relevant le coin de son tablier, ainsi que cela se fait en pareil cas. “Lorsque son maitre examina si sa tenue était convenable pour l'envoyer en course, on au- rait juré que le jure garçon à- vait essuyé la vaisselle avec son tablier, récuré les cassereles a- vec sa veste et lavé le fond des marmites avec son bonuet. ]]l ressemblait plutôt ainsi à un ra- moneur qu'à un marmiton. “Le patron se mit dans une grande colère, d'autant plus vive, que la veille même on lu avalt donné ces vêtements de marmiton tout blancs de la jes- sive. 1l lui dit de laisser là sa défroque de pâtissier, et de re- tourner chez sa mère ; qu'il ne pouvait garder un apprenti au- quel il faudrait &onner du iinge blanc tous les jouis. ‘“Petit-Jean, ainsi chassé, n’o- sa rentrer chez Ini ; ii s'en alla roder tout le long de la Bièvre, pleurant, se désolant. “Enfin sur le soir il vint s’as-| seoir à la porte de sa mère, qui, eu allant chercher son souper, le trouvant là, devina saus pel-| dues ne C2 | bel habit de bal | “Le pauvre enfant avait tant | point dominer ses contrarietés, de chagrin, que la bonne femme |i] criait beaucoup. injuriant Pe- n'eut pas le courage de le grou-|tit-Jean, le menaçant de le bat- der ; eile l'emmena chez elle, et {re et aussi de le renvoyer tout le fit mettre à table pour man-|en lui faisant payer le dégàt de ger l'hâbit. “Tout en preant leur repas.| “Tandis qu'il criait ainsi à elle lui dit : |pieine voix, et que le jeune gar- “—Vois-tu, Petit-"ean, je n'a: con plewrait à grosses larmes, le vais pas tort quand je te detour- | monsiear pour qui était l'habit nais d'entrer chez 12 pâtis ier ; vint chez le tailleur afin de l’es- ce m'était pas là le métier qui sayer. Cette visite inattendue te convenait : tu aurais mieux | mit le comble à cette fureur, car fait de te placer chez le forge-|il fallut montrer l'accident cau- rom ; tu es grand et fort, en peu |sé par l'apprenti. Celui-ci aurait de temps tu aurais gagné de'youlu pouvoir se cacher sous bounes journées.” |terre : il ne savait que pleurer “Le bon D ieu donne aux en-|en murmurant : fants des mère pour les soigner, ‘“—Ma mère ! les élever ; maïs le bou Dieu jmère” donne aussi des enfants aux| “Si bien que sa douleur émat mères pour en être aidées, sou-|le monsieur, qui se fit tant bien ma pauvre tenues dans leurs vieux jours. |que mal expliquer la position de ‘_Que veux-tu faire iaainte: l'enfant. nant ? faut-il aller te proposer! ‘A nart sa négiigence, de- au forgeron ? manda-t-il au tailleur, votre ap- “Je renonce à être pâtissier, prent-i est-il honuète ? répondit Jean à sa mère, mais! ‘“—Oui.il l’est, et sa mère je ne veux pas être forgeron La laussi ; mais c'est un malpropre fille de notre fruitière travaille que je ne veux plus garder ; chez un grand tailleur qui |qu'il paye mon habit ei qu'il cherche ua apprenti: si vous | s’en aille”. voulez me conduire chez Ilui,) “Petit-Jean se mit à sangio- 1l me prendra peut-êtie, parce ter. que vous m'avez appris à Cou-| ‘“—Puisque vous le renvoyez. die. Cet état me conviendrait ajouta le monsieur, j'ai envie de beaucoup ; vous pourriez un | le prendre à mon service Il a jour travailler avec moi. été bien négligent sans douie ; “—_Mon cher enfant, je nulmais, s'il vent me promettre vondrais pas te centrarier, mais | d’être propre et plus soigneux, songe au malheureux défaut tout s’arrangera. 1la un grand dont tu n’a pas le courage de te | regret de sa fante, et ii est bon corriger ; je crains que chez un fils ; dans son chagrin il ne parle tailleur tu ne sois mal recu. que de sa mère, cela me pré- —Mais puisque je sais bien vient en sa faveur.” coudre, cela abrégera mon ap-! ‘Les pleurs de Petit-Jean ces- prentisage. Ensuite il n’y a rien |sèrent de couler, et il écenta 2- de sale à toucher dans cet état ; vec attestion les explications ce n'est pas comme celui de pà-|que Ini donna le monsieur sur tissier ”. ce qu'il y avait affaire dans ‘La bonne femme céda en- | son £gerrice, pour remplacer core, lui fit mettre ses plus) up petit domestique qui venait. lors de veiller à ce que ces lévite, mit son chapeau, et mon. ta l'escalier tout en tournant, dans ses doigts sales et gras la jolie petite lettre toute parfu- mée. 11 sonna et demanda à être introduit près de Mme Breton, qui devait lui remettre une ré- ponse. “Un domestique vint la porte de la pièce où dame se tenait :ilne vit pas sans doute la malpropreté du commissionnaire, car il le fit cutrer. “Petit-Jean s'avança près de cette dame, et lui tendit la let- tre. Mais quand elle vit cette missive, toute noire, toute fri- pée, comme un vieux chiflon jeté aux ordures, elle examina Jean de la tête aux pieds d’un air de dégoût, prit avec ses min cettes la lettre qu’il lui tendait, la mit dans une enveloppe blanche ; ensuite écrivit une lettre qu’elle remit à Jean en lui disant : ‘“___Reportez-la à votre mai- tre”. “Ce qu'il exécuta tranquille- ment, ne se faisant pas de scru- pule en descendant l'escalier de tourner et retourner les deux lettres, cemme il l'avait fait de la première. “1l entra dans le cabinet de son maitre, lui donna les ouvrir. cette | la réponse la sienne ; il ouvrit et lut ceci : “Quaud vous me ferez le plai- sir de m'écrire, je vous prie de ne pas me faire porter vos let- tres par votre marmiton, eu a- mains soient propres”. “Le monsieur regarda Petit- Jean, et devina tout. “Furieux, il le poussa hors de la chambre, apnela Ja cui: sinière qui venait de rentrer, ct lui donna l’ordre de payer un beaux habits, et le conduisit ds le quitter ei qui était juste chez le tailleur en question. |de sa taille. “Petit-Jean plut beaucoup à! “Le taileur ne se gêna pas! cet homme, surtout après qu'il pour prédire que la malpropreté lui eut fait manier l'aiguille. À-|de Jean lui nuirait toujours, et lors 1] promit de lui denner au |qu'il ne contenteraït pas son, franc par semaine nouveau maitre. “On n'eùt qu’à se louer de “Jean protesta, et promit d'é- pendant les premiers temps. 1l{tre soigneux dans son nouveau était fort a lroit, il avait un ca-'service. Sur l'heure il alla con- ractère aimable. ter tout à sa mère et lui anmen- “Sa mère, pour l'occnper et|cer qu'il allait gagner cinq dol- l'empêcher d'aller jouer daus la|lars par mois. ruo, lui avait appris la couture :| “La pauvre femme ne fut pas aussi fit-il de la besogue qu'on satisfaite de ce changement de donne à faire aux ouvriers a | position. leurs pièces Le tailleur, pour! ‘L'avenir me tait peur, di- l’encourager, lui donnait trois !sait-elle, tu n’es par corrigé ! Je francs par semaine, qu'il rap- me sens bien vieille, et si tu de- portait tout joyeux à sa mére. | vais encore te faire renvoyer de Mais, à part son bon travail, on cette bonne place, Je ne m'en faisait des plaintes journaliéres consolerais pas. Je ne puis pres- sur sa malpropreté de son man-|que plus travailler, je compte que de soin. Vous voyez qu'il ue donc surton travail pour me s'était pas corrigé. 11 trouvait ce | nourrir’’- défaut-là sans gravité. | “Plas que jamais Petit-Jean “Deux ans se passèrent ainsi, | oromit à sa mère de veiller sur et son apprentissage allait finillui. quand il lui arriva un événe.l “Il passa près de deux ans ment qui aurait dû Jai faire | dans cette maison, et, malgrè comprendre qu'il n’a a pas de siltoutes les promesses faites à sa petit défaut qui ne prisse deve- | mère, on se plaiguait bien sou- nir grand. | vent de sa malpropreté. “Un jour done, Pelt Jean! “Un jour, au commencement mangea du boudin à soa diner : d'un hiver, la cuisinière de la! rien de plus naturel; il Jui en | maison lui lui : | resta mn morceau quil serra| “__Jean, ôte ta culotte, ton dans sa poche: voila qui me|wiilet, passe le poêle et les che- l'est plus nets au noir do fumée ; moi, je “Il se remit à coudre une dou- vais à l> halle”. blure de soie du plus beau rose | “Petit-Jean s'empressa de fai- à un bel habit de bal pour un | re la besogne commandée : Mais des plus riches clients da tail-|j] jugea inutiie de changer sa | jambe de bois, il fut admis aux mois de gages de Jean, do jui reprendre sa livrée, et de le renvoyer Chez sa mère tout de suite, ne voulant pas davanta- ge entendre parler de Jui. “Petit-Jean rôda toute Ja jour- née dans les rues sans manger. et la nuit se cou:ha sur un banc dans le jardin des Plantes. où il avait pu se cacher. Il fal- lait bien cependaut qu'il se @é- cidât à rentrer chez lui, et a dire à sa mère qu'il avait perdu sa- place. ‘ Ce fut ane voisine compa- tissante quise chargea d’ap- prendre cette triste nouvelle à la paavre mère. “La bonne femme, déjà mala- de, eu eut un tel saisissement, que le soir même on Ia trans- perta à l’hospice, où elle mou- rut après un mois de maladie. ‘. Petit-Jean avait dix-huit an, 11 s’engagea, mais la mort de sa mère lui laissa une tristesse que rien pouvait dissiper. Son réglement alla en Afrique, et dans une rencontre avec jes A. rabes, le pauvre petit soldat fut blessé à la jambe et au bras. ‘“Ramené en France avec une Invalides. “Son existence est triste, il n'est plus qu'un objet de pitié : etil Goit tous se malheu:s à son incurable malpropreté, ero- yez-le bien. “Seyez donc soigneux de vo. tre personne et de vns habits. Prenez cette habitude dès votre enfance. Pensez souvent que Ja leur. belle culotte reuge et son gilet “Petit-Jean, après ce repas Ou-| de la même étoffe contre ses ha. blia comme cela lui arrivait Lits detravail. | souvent, de se laver les mains, | et ses maius grasses de boudin s’imprimèrent sur la belle dou- blure ; de plus, ia graisse de Ja de “En prenant des précautions se dit-il, je ne me salirai pas. ‘Mais voilà que dans le feu . l'action il essuya ses mains, | perfide charcuterie, perçant ja toutes noires et gras.es, sur son | poche et le pantalon de ce mal- pantalon ; des éclaboussures du propre enfant, s'étendit ex une jus beau noir tâchèrent son gi- | large tache sur le drap si fin da jet. | | | | “En ce moment son maitre “le tailleur, s'approchant Je sonna, Petit-Jean accourut, | pour guider la coutur: de son “__Porte cette letire chez apprenti, aperçut ces taches, et, Mme Bretcu”, dit-il. | iui arrachant l'habit des mains, “Cette dame demeurait dans il se mit dans un grande colère | la maison, au second étage. i ù ; T Æmperté=t violent, ue sachant, ‘Jeunendossa vivement sa the Duninen t propreté est l'entretien de Ja santé ; l'ordre, ia première con- ditiou de l'économie”. 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