Le LÉ nie = ie . : 4 md LA CIE. DE PUB. DE L'IMPARTIAL, PROPRIETAIRE. G. BUOTE, RÉDACTEUR. F. J. BUOTE, GÉRANT VE Le NO. 10. TIGNISH, ILE du PRINCE EDOUARD, JEUDI LE 4 AVRIL 1901. > 8 ANNEE. - LA MECHE D'OR - 00000001XX0000000 PREMIERE PARTIE [suite.] —Nier quoi ? — Votre crime ! — Mon erime !..…. Quel cri- ner. — En quittani madame Warm- ser, vous avez vu M. Serge Mo. rain, et vous êtes revenus en- semble à la rue de Rome. Vous saviez, par votre frère Claude, clerc de Me Fourmont, que le eommandant Morain avait héri. té d'une grosse fortune’ Mal- gré cela, le commandanta dû s'opposer encore à votre maria- ge ; et, dans un moment de co- lère, vous avez sans donte fait comme tout à l'heure : vous avez arraché mn eouteau de chasse suspendu à la muraii AS Et, à vous deux, vons avez tué le commandant Morain! En entendant ces mots, Thé. rèse poussa un grand eri et lais- sa tomber le poiguard qu'elle tenait à la main... Et elle écou- ta, avec un effroi grandissant, le magistrat qui continuait : —C'est vous évidemment qui ayez arraché l'arme, pour la donner au fils, afin qu'il tue son père.....Peut-être teniez-vous ce pauvre hom me, pour l’empé- cher de se défendre ! ——Mais c'est épouvantable ! s'ècria madame Garancier. Le magistrat l’arrêta : Vous avez dû remarquer vous-même, Madame, combien votre filla était agitée !......REt voyez comme les preuves s'ac- cumulent ! Elle avoue qu’elle s'est arrêtée devant la maison du fils Morain.....Hile achète des gants au Printemps. Or, on a trouvé chez le commandant Morain un gant acheté aussi au Printemps, et de ia même poin- tare antre gant, tout en- sanglanté, a été jeté par la cri- minelle sur le boulevard ex- térieur...….. On vous à vue fuir, Mademoiselle ! Deux agents étaient sur la porte de la mai son quand vous êtes sortie en ceurant....… Un d'eux vous a suivie, vous avez réussi à lui échapper... On abien distin- gué votre robe de couleur som- bre, et, sur votre tête, ce fichu uoir qui est encore déposé, là, sur cette chaise. «uprès de votre chapeau. Un seul détail ne concorderait pis avec les dépo- sitions déjà reçues, c'est que vous n'avez pas une robe del soie... … 11 est vrai que ce détail! nous a été donné par le parri-| cide…… C'est bien une robe de laine que vous portez ? Thérèse murmura d’une voix presque ininteliigible : —Oui...… Mais la jupe est en 8016... .....e< —Oh ! peu importe! Ce dé | tail, inventé sans doute par Ser- | ge Morain, n'a pas d'importan- ce Oe qui est certain, c’est | qu'on a surpris Serge Morain tenant encore le couteau avec lequel avait été iné son père, et que tous l:s indices mous font oroire que vous êtes sa complice ! | —Moi !ô mon [Dieu ! mon Dieu ! Devant l'accusation brutale, elle perdait un peu son énergie. Quant à sa mère, elle pleu- vait, écrasée par la douleur. —Enfie s'écria le magistrat en se rapprochant de la jeune fille, et martelant tous ses mots, on à trouvé, dans ja maiu du mort, une mèche de cheveux arrachée au moment de la lut- te.…...Des cheveux de femme !.. Ces cheveux sout blonds, d'un blond doré, comme les vôtres. Tenez ? 1] vocint placer la mèche d’or sur la tête de la jeune fille ; mais Thérèse fit un bond en arrière : —Oh! ne me touchez pas! Ouil arriverait quolque nou- veau malheur ! Malgré son sang froid, le chet de la sûreté reoula devant l'atti- tude énergique de la jeune fille. —Q'est bon, declara-t-1l, en se tournant vers le aonimissaire de police, on comyarera cela plus tard. L'essentiel est d'avoir mis la main sur les deux cor- plices. Déjà ilse figurait les éloges dont on le couvrirait le lende- main, pour sa finesse et sa déei- sion. Ji ne pouvait plus hési- ter. Dans ce mouvement si naturel de la jeune fille qui ne voulait pas se laisser toucher par lui,il voyait une dernière preuve :elle avait peur de la comparaison des cheveux. dl prononça gravement. — Mademoiselle, devant tou- tes ces présomptions, je suis foreé de vous mettre en état d'arrestation. Vous allez nous suivre ? — Mais c'estimpossible, Mon- sieur! s’éoria madame Garan- aier. Ma fille est innocente, je le jure ! ..... Vous ne pouvez pas me l'enlever ! —Je prierai Mademoiselle de vouloir bien nous suivre, sans nous obliger à empioyer la vio- lence. Thérèse s'avanes fièrement : —Vous commettez une infa- mie? déclarat-elle. Ma mère, tu jureras à Claude que je n'ai pas cessé d'être digne de lui! Courage |... AN OP LL... Maintenant je suis prête à vous suivre, mais à la condition qu'aucun de ces hommes ne portera la main sur moi ! La noble jeune fille u’avait plus qu'un désir : abréger cette scène eruelle. Elle avait repris maintenant toute son énergie, tout son sang froid. Et, malgré cette horrible accusation qui pesait sur elle, ella avait Je cou- rage de réfléchir. Elie savait bien qu'on n’ajouterait pas foi à ses protestations. Puisque ces gers là la croyaient coupable et avaient le Groit de l'emmener, autaut les suivre de bonne vo- lonté ! Puis, cela l'humiiiait de voir sa mère supplier, se treiner presque à genoux devant je chef de la sûreté : —Non, non, ma mère, s'écria- telle, n'’implore plus! .…..£Est-| |ce que ces hommes sont o8pa- | blesde tecomprendre ? — Alors, qu'ils m'emmèueut aveo toi! Onu'apas le droit de séparer une mère de son en- fant ! —Je t'en supplie, ma mère, sois plus calme! Tes pleurs ne ehsngeraient rien. Tu vois bien qu'il faut une coupable à ces hommes! 1ls me prenunert.…. Adieu !… —Elle se jeta dans les bras de Ja veuve et murmura très dou- cenent : — Songe done qu'il vaut mieux qu'on m'emmène! Si Claude arrivait en ae moment, que se passerait-ël, grand Dien ?| —€@'est vrai...Claude....… 1llva rentrer... Tu le pré- riendras. La mère serra sa fille eontre elle an disant : Au revoir, mon enfant Le chef de la sûreté était ce. pendant un peu ému: — Croyez bien, Madame, que je serai heureux si demain ma- demoiselle peut établir son in- nocence; mais devant de telles preuves il m'était impossible de ne pas accomplir mon devoir. Thérèse lai lança un regard méprisant : — Faites votre métier, Mon:- sieur! dit-elle. Et épargnez nons des consolations, dont vous ne pensez pas un moi. | À son abattement de tout à l'heure avait succédé une indi- guation sozxrde. Son caractère décidé, contenu si longtemp:: éclatait avec violence. Comme deux agents venaient se placer près d'elle, elle s'écria : Vous savez ee que j'ai dit, Messieurs. Je vous suivrai;| mais ne me touchez pas! Elle parlait aveo tant de hau- teur, que les hommes se conten- tèrent de l'aceompagner, sans lui prendre les bras. Elle des: cendit, fièrement, les yeux fixés devantelle, Dans la cour, tous les locataires étaient aux fe- nêtres,se demandant s'il était bien possible que eette jeune fille, si simple, si douce, et si ar- dente au travail, eût commis un assassinat: Elle avait posé sa capote sur sa tête, puis s'était enveloppée de son fichu de! laine, tout cela machinalement. | Et, tandis qu’elle marchait, Je chef de la sûreté demandait à celui des agents qui avait vu fuir la criminelle : Regardez ! La reconnaissez- vous ? Ma foi, Monsieur, je ne puis guère vous dire. J'aurais be. soin de Ja voir courir pour cela. Beh ! fit le magistrat, en haus- sant les épaules, c'est elle...évi- demment ! Déjà, on était arrivé devant la porte ; et Thérèse montait li- brement en voiture. Lorsque la voiture s’ébranla, elle éprou- va un réel soulagemeuat: Claude n'était pas arrivé. O’est qu’elle le savait capable de tout, quand | : ‘ ‘ | il s'agissait de sa chère Thérèse; | Let, s'il avait vu ces hommes l'ar- | | rêter, sûrement il se serait jeté | | isureux. Elle était si impo-| |sante, droite et ferme dans je fond de la voiture,que le chef! de ia süreté, se sentant petit, in. } (suite à la 8e page.) 2 Le t £ e DR J. IL Myriek & Co, Dr. Murphy : Importers aad Lealers in DRY GOODS HARDWARE BOOTS & SHOES FINE GROCEIES And Kj ing “ujpplies AT TIGNISH and A LBERTON 4 red N' n © 5 JQ mn lus e + D a 9 . © ee ® = Hosves ÂsnQ dJOUJOUB 910J9Q ‘MOU 9398 PU [[V9 07 OOGI 10 SSOUIBOP 1 AIO P9[1J98 J9Â JOU SAUU OUM SAIWOSNO AO JO os0y} Jsonboz o M À = - 1 smarvetiolt PuysicrAN AND SURGE 7 First Prize Graduate York Urxiversity FIGNIEEH, ..... .. Carte Professionnelle Arsenault & Mck AVOCATS, &c. (Récemment chez Russell et Cie., Londr BUREAUX : Summerside et Charlotte Aubin E. Arsenault, S'Siu H. R. Mackenzie, Ch‘Town. : ARGENT À PRETER A. À. Mclean, Q. C. 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