26 McDonald, pour lui demander en grâce de venir exorciser le cheval, ce que le prêtre refuse de faire. Après quelque temps, l'homme retourne au presbytère réitérer la demande. Il affirme que ni lui ni sa femme ne peuvent dormir la nuit à cause du tapage que fait ce cheval enragé; il finit par dire au curé: "Si vous ne voulez pas venir exorciser cet animal, je dessinerai sur la porte de l‘étable le portrait de cet individu qui l'a ensorcelé; je prendrai mon fusil et je ferai passer une balle à travers l'image."6 Alors le curé et son vicaire, le père Ronald MacDonald, vont chez Monsieur G.; ils entrent dans l'étable, où ils prient pendant quelque temps. Le cheval devient tranquille et ne donne plus aucune inquiétude ä son maître. Mais il reste sans vigueur; il dépérit lentement et meurt après quelque temps. Un après—midi d'automne, vers l'année 1915, le Père M. alla visiter un chantier dans le nord—ouest du Nouveau— Brunswick pour entendre les confessions des bûcherons. Il était en voiture et accompagné de monsieur R. Comme il arriva près de la dernière maison de la concession voisine de la forêt, il vit un vieillard sortir et s'avancer pour lui parler. Le Père connaissait cet homme comme une personne de mauvaise réputation. Il devait être catho— lique. Mais il ne pratiquait pas sa religion et vivait avec une femme protestante. Le vieux engagea fortement le prêtre ä entrer chez lui, disant qu'il y avait des choses bien étranges qui arrivaient dans la maison et qu'il croyait qu'il avait le pouvoir de les faire cesser. Le Père M. dit à celui qui le conduisait de descendre et d'entrer avec lui. L'homme attacha le cheval à la porte de la grange et suivit le prêtre dans la maison. C'était un misérable réduit, d'une seule pièce en bas; une femme et deux filles, occupées au fond de cette pièce, ne semblaient faire aucun cas de la visite. Le père M. s'assit sur une vieille chaise près d'une fenêtre et monsieur R. sur une boîte près de la porte. Le vieux commença sans préambule à raconter les événe— ments qui lui causaient tant d'ennuis; "Un vent violent secouait la maison, les choses changeaient de place et on les trouvait seulement après quelques semaines. Pendant que le vieux parlait, le vent se lève subitement et il dit: "Voilà que ça commence!" Il y avait, dans la cour où l'on coupait le bois, un bûcher autour duquel il y avait beaucoup de copeaux. Par la force du vent, ces petits morceaux de bois s'enlèvent; ils entrèrent dans la maison par la porte et en sortirent par les fenêtres; ils montèrent même par l'escalier pour sortir par les ouvertures en haut. Le père M. était énervé; il chercha son rituel pour lire les prières de l'exorcisme. En prenant le livre dans sa poche, il en