6 LES DEUX MORTES Liés depuis l'enfance—avec les mêmes goûts, les mêmes ha. bitudes, les mêmes qualités u- nies aux nêmes défauts—ils for- maient, à coup sûr, la plus belle paire d'amis qu'on püt trouver. En religion comme en poli- tique, leurs opimons étaient ex- actement pareilles. Républi- Ccains anticléricaux, tous deux membres de la Loge maçon- nique de X..., ils s’'empressaient de rébrousser chemin ou de prendre un détour quand, de loin, ils voyaient venir la sou- tane d'un prêtre catholique ou la blanche cornette d’une reli- gieuse—ou, s'il n'était plus temps de recuier, ils mâckon- naient furieusement au passage lis poils de leurs barbes qu'ils portaient longues et touffues ne grondant comme des dogues toujours en fureur. Et pourtant—tous deux veufs, pères de deux mignonnes fi- lettes qu'ils adoraient, ils les faisaient élever ensemble dans un pensionnat de religieuses !… Les fillettes se témoignaient l’uve à l’autre une amitié digne de celle qui unissait leurs pères. Aussi pieuses et ferventes chré- tiennes qu'ils se montraient im- pies, elles souffraient et s’'afili- geaient des idées négatives de leurs pères et s’encourageaient mutuellement à les combattre. Dans leurs prières, soir et matin, au pied de leurs couchettes, elles suppliaient Dieu de ramener leurs ‘pères chéris” à la vérité et à la foi, s'en remettaient à Lui du remède souverain contre cette désolante impiété. Elles furent exancées...… Sur le pays, un jour s’abattit une terrible épidémie de fièvre typhoide. Les premiers—en même temps, presque à la même rainute—les deux fillettes furent emportés. Je n’essaierai pas de décrire Ja douleur des deux pères. Dire qu’elle fut navrante serait fai- blemeut exprimer la réalité. 1n- capables d’une voionté, d’un dé- sir, ils abandonnèrent aux amies des deux petites mortes le soin des fanérailles. Leux délégués de la Loge X..,venus pour leur conseiller l'enterrement civil, durent se retirer sans avoir pu obtenir autre chose que des ré- pouses incohérentes. Les funérailles furent tou- chantes. Le cortège des jeunes filles en blanc, le prêtre, vieil- que dix ans plus tôt, leurs mères avaient ête déposées. Pour le première fois depuis longtemps, on vit alors monter vers le Champ des Morts, se suivant à courte distance, mais sans se voir, ies deux amis, ab- sorbés dans leur douleur. Le premier arrivé auprès de le pierre géminée, où se lisaient accouplés les noms— “Rose, Blauche”—et les âges—16 ans et demi 17 ans”—des deux petites mortes, s'agenouilla et, sanglotant, fit un lent signe de Croix … Le second, arrivant à son tour, au moment de plier les genoux, regarda et eut un cri qui fit re- lever la tête à l’autre : “Toi ?..Toi aussi ?” Celui ci, avec la mème expres- siou indicibls de surprise sur son visage, incapable de vorofé- rer un son, ouvrit les bras—ei, enfin agenouillés tous les deux, émbrassés, les deux vieux amis pleurèrent et, ensemble, prièrent sur la tombe des chéries Bras dessus bras dessous, ils redescendirent vers la ville— moins abattus, moins cassés, et avec, sur leurs visages, je ne sais quel rayonnement d'espoir et de consolation. 11 se racontaient, tout en al- lant, les phases, d’ailleurs exac- tement semblables, de leur con- version. “Vois-tu, disait l'un, nos ché- ries, j'en suis sûr, étaient deux anges du Bon Dieu envoyés sur la terre pour nous convertir, mais qui, de guerre lasse, se se eont renvolés au Paradis... —Oui, répondait l’autre...Et retournés auprès du Bon Dieu, elles ont si bien fait que le mi- racle s’est opéré tout de même, J'est de leur grâce, bien sûr, que nous pourrons les revoir. là-haut.” Si on les avait entendus, à la Loge de X..... Carelus d'Harrans. COMMENT ON REVIENT DE L'HERESIE | (De la Semaine religieuse, d’Auch.) Dans des pages délicieuses, aualysées récemment par “l'Uni- versité catholique,” une femme distinguée du Danemark, Mme Nyblom, vient de raconter com- ment elle a été amenée à abju- rer le protestantisme pour de- venir, selon son expression, “une enutant de l'Eglise.” Un y sent la joie déborder de sou âme longtemps tourmentée crit-elle, quelle puissance parmi les grandes puissances de l'E glise, m'a captivée la première”; et elle envisage un à un les mo- tifs qui ont dicté sa conversion. C'est tout d'abord le senti- ment de la présence réelle qui la saisit : ‘Alors que j'ignorais ah- solument tout ce qui concerne la religion catholique... et jasqu’à la signification de la sainte messe... il y avait pour- tant une chose qui me frappait plus que toutes les solennités dont je fus témoin : ce fut prin- cipalement le sentiment mysti- que et incompréhensible d’uve présence ‘‘vivante.” “L'église füt-elle pleine ou parfsitement vide, toujours j'é- prouvais très fort ce sentiment de la présence réelle, d’une vie invisible qui remplissait le san :- tuaire de son âme ; tandis que dans les églises protestantes je ne voyais qu’un édifice plein ou vide suivant le nombre de per- sonnes qu'il contenait... e Elle était à Rome quand elle eut “cette vision de l'Eglise.” À son retour vers le Nord elle oublia la vision, perdue qu'elle se trouvait de nouveau dans un milieu exclusivement hérétique. Mais bientôt l'heure de l'é- preuve sonne ponr son âme : c'était l'heure de la miséricorde et l'aurore du salut. Envahie par l'inquiétude, elle cherche en vain, autour d'elle, lumière et assurance Décçae, elle vient à abandon- ner. peu à peu, tous les livres religieux du protestantisme et à n'en garder que deux qui eu- rent toujours le don de la “con- tenter parfaitement.” “Et Je ne réfléchissais jamais que justement ces deux livres a. vaient été écrits par des auteurs catholiques : l’“1mitation,” dant on avait retranché ce qui re- garde la messe, et l°‘Esprit du christianisme,” de Fénelon, tra- duit par uu prédicateur luthé- rien. ‘“Pourtant, ajoute-t-elle mé- lancoliquement et avec beau- coup de justesse, les livres, jus- qu'au livra suprême, ne nous suffisent pas dans la vie ;et je me sentais toujours, au point de vue spirituel, abandonnée come me dans un désert.” Ce fut alors qu’elles eut 1: bonheur de faire la connaissance des religieuses de Saint-Toseph et d’un prêtre catholique de Stockoi:. “Les sœurs de Saint-Joseph ne me p»'êchaient jamais ; elles ne L’IMPFARTIAI, JEUDI LE 8 DECEMBRE, 1898. Of a few hours at Moncton, where we had to wait for train connection, we were hurled along towards our destination with the speed of sometimes sixty miles an hour and with that ease and smoothness which | wouid make you fancy you were reposing in an easy chair inssome parlor. The officials on this road are very courteous and attentive to the comfort of the passengers and 1 would by ali recommen:l parties going to the upper Provinces to go via the 1. C.R. Arriving at Point Levis about uoon, on Sunday, some of the delegates, 1 with the rest, took advantsge of an excursion rate to visit the city of Montreal, be- ing that our business in Quebec would not open till the follow- ing Tuesday. After viewing the beautiful landscape and scenery along the St Lawrence we ar- rived in Montreal about 4 o’. clo:k the same evening. Next morning after a much needed nights’ rest, we proceed- ed to “take in” the city for a few hours. 1t is a most beanti- ful city. The buildings are all most maguificient. 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Ce fat leur existence, thai night, having had a most È , ‘ # à s . . . | corbillard, dispararssaient sous « de | leur vie pleine de gravité inno-|enjoyable trip to the beautiful : de ’ tätonnements, en possession Ge : : \ | ies roses blanches et les lilas la pleine D” _|cente, le sacrifice absolu d'elles. city of Montreal. USE BLACKTHORN OIL ! bn. re mêmes, qui me frapna comme! The opening of the conven : blancs—enfia, ces deux hommes| 4] 1e semblait dejà, dit-elle en Le | ! }linchis par la douleur en l'es- ni . _ . l'une vraie réalisation de la vie |tion on the morniug of the 23rd a sure cure for Divrrhoea and Dysentery, Cramps, Pains, Rheumatieiu à j P ce ES comme l'écoutent :es gens qui TE de mods à ii eent Neuraigia, Sick Headache, Toothache, Earaohe, Deafness, Sore Throat, Diph- : pace d'une naif, voûtés, les creusent un tunuel, entendre de Nr 1 ne ch: theria, &c. 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Il y a- vait six mois déjà que les deux petites mortes dormaient au ci- metière, là-bas, leur dernier sommeil—|l'une à côté de J'autre non loiu de l'endroit où, quel- mise, souriante dans la boauté du printemps, et saiuée par un cri de notre âme.” Nous, catholiques de race, nous n’apprécions pas assez la faveur que Dieu nous a faite de uous appeler, dès'notre naissance à la pure et abondante lu- mière de l'Evangile, et de nous épargner les poignantes incerti- tudes du demi-jour de l'erreur. Maigré tout, ii eu est trop souvent de la foi comme de la richesse ou de la sauté : on n’en estime le bienfait à sa valeur que lorsqu'on en a souflert la privation. Or, par quel chemin cette âme égarée a-telle réussi à gagner la maison paternelle ? Quelle lumière l’a guidée ? À quels se crets attraits a-t-elle obéi, et quelle force l'a subjuguée ? 1 ne sera pas saus intérêt de l’étu- dier avec elle. “Jamais je ne sau‘sis dire, é- Read before Branch 281, by Mr. Charles Dalton, Delegate Mr. President & Brother: — 1 herewith beg leave accordiugto sec. 113 of our constitution to submit to you my report from the 11th Convention of the C. M. B. À. which opened on the 23th Aug. 1898, at the old historical city of Quebec. Leaving Tignish on Saturday, the 20th. 1 was jomed, at Sum- merside, by the delegates from the different branches on P, E. I. where we embarked on the beautiful and commodious steamship “Northumberland” and on arriving at Point Da- Chene the same evening, we boarded the cars of the I. C, R. for Quebec. With the exception HELD AT QUEBEC. AUG. 23 1898. but little relief and no cure. convention of the C. M. B. A was formally opened in due form and the business of the session began. After all proposed ameud- ments from different Branch»s being reported, th2y were taken up clause after clause. (to be continued) Alex. MceNeil, South-west, Lot 16, says: “1 suflered for five years with Salt Rheum in my nose and lip, and have been treated by several doctors with 1 have tried several kinds of sal- ves and ointments with no a- vail. 1 was advised t» try Mec- Kinnon's English Ointment, which 1 did, thrée boxes mak- ing a perfect cure. 1t is now! three years ago since it dissap- peared, aud 1 have felt nosymp- toms of it since. 1 consider it a great remedy.” Neil McKiunon. Prop. Summerside, P. E. 1. only cost you fifty cents cents, and it will often save you the expense cahing in a vetcriaary surgeou, or perhaps the life of a valuab e amima!. It is a sure cure for Coiic and Inflamation of the Lungs, kidneys and Bowels. Fui directions for using on each bnttle. Use MacDonald’s Liniment fer Rheumatisin, Sciatica, Sprains, Bruis Chi blains and all inflammation. 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