î—— I755 J763 ——: LA RETŒE souvemwce FA GE 25 Paroisse Notre-Dame-du-Monf-Carmel, Î.-P.-É. an: tiens; v» «ma—mot Le père Pierre—Marie Dagnaud. supérieur au Collège Sainte-Anne (auj. Université Sainte-Anne) à la baie Sainte— Marie (N.—É.) disait que l’étoile dans l'azur du drapeau acadien lui rappelait l'étoile du matin qu’il dénommait pour la circonstance « l’aurore des grandsjours ». (Convention nationale d’Arichat. 1900) À en croire ce qui s’est passé à la messe du dimanche à la paroisse de Mont-Carme! (Î.-P.-É.). le 1er avril dernier. les paroissiens de cette paroisse ont pu tenir pour véritable que l’aurore des grands jours allait commencer à poindre. Car un pasteur anglais du nom de David Adcock de la South- ampton Community Church leur présentait ses excuses pour ce que son pays (l’Angleterre) avait fait à leurs ancêtres lors de la Déportation de l’Acadie (Nouvelle-Écosse péninsulaire) en 1755 et de l‘Isle Saint-Jean (Î.-P.—É.) en 1758. Et les pa- roissiens et leur curé. le père Eddie Cormier. furent entière— ment pris au dépourvu. On ne s’y attendait guère. Les larmes coulaient chez certains. Les applaudissements crépitaient. Tout cela avait commencé alors que des gens de la congrégation de la Summerside Community Church (Î.—P.—É.) étaient allés en Angleterre chez leurs confrères à South- ampton. Le pasteur Adcock. qui avait été pendant cinq ans. conseiller a la BBC en matière de radiodiffusion religieuse, fait partie de l'équipe d’un mouvement protestant. évangélique et charismatique. un mouvement fort sur la réconciliation des Églises et des peuples. Le pasteur Adcock. qui parle un français impeccable. apprit des gens de Summerside qu’il y avait des Acadiens de langue française sur l’Ile et que leurs ancêtres avaient été Photo : La Voix acadienne Pasteur David Adcock, Southampton Community Church, déportés par l’Angleterre. C'est alors que le pasteur anglais conçut l‘idée d’entrer en contact avec le curé de Mont- Carmel, le père Eddie Cormier. et de lui demander s'il pouvait dans l‘esprit dug renouveau oecuménique. participer à la messe du dimanche. le lcr avril 200]. Se basant sur, la seconde lettre de saint Paul aux Corin- thiens 5 :l7ss qui traite du sujet de la réconciliation ainsi que sur le thème du carême « Tant de raisons de se réconcilier ». le pasteur surprit tout le monde avec les propos suivants : « L’année dernière. quand je visitais l’Île pour la première fois. j’ai lu à propos de la Déportation du peuple acadien. et Anglais que je suis. je fus bouleversé d'apprendre ce qui vous était arrivé. Si vous pensez qu'il est approprié pour un Anglais. un pasteur de Southampton en Angleterre. en l’année 2001, de présenter ses excuses. permettez-moi de le faire ainsi. Je vous demande pardon pour la façon dont mon peuple vous a traités. » Au dire d‘un historien local, pas seulement pour les Aca— diens de Mont—Carmel mais pour tout le peuple acadien . ce fut certes « l’aurore d’un grandjour ». d‘un jour annonciateur où la reine d’Angleterre se déplacerait a Grand-Pré. aujour— d’hui en Nouvelle—Écosse (l'ancienne Acadie historique) pour venir faire des excuses formelles en son nom personnel pour ses ancêtres royaux et au nom du gouvernement du Royaume- Uni. pour avoir fomenté. délibérément et en temps de paix. la destruction systématique de la nation acadienne. inoffen- sive et neutre. Et aussi pour avoir agi à l'encontre des lois du royaume (ex. : la Grande-Charte. etc.) protégeant tout citoyen britan- nique contre les abus du pouvoir. Car. il ne faut jamais ou- blier que les Acadiens. lors de leur Déportation. étaient jus- tement des sujets britanniques depuis la chute de Port-Royal en 1710. ce que le traité d’Utrecht confirma en l7l3. Arracher les Acadiens de leurs terres et les déporter constituaient un crime de lèse-humanité. davca@(‘orncrivrmze-network.0re Tiré de La Voix acadienne. le 30 mai 2001. Nous avons commis la faute la plus grave qui soit : tuer un peuple! Oui. nous avons tué le peuple acadien... Nous l’avons tué en l’arrachant de ses terres comme on tue une plante en l‘cxtirptmt de son humus. Ce crime cntacher‘a la réputation de la Grande-Bt‘ctagnc pour les siècles à venir. J’ai honte d’être anglais. - René l'cr'i'illc, Lesuulcdt'(irnntI-I’I'c,21ml,j). 440 Angleterre W (Mum'kton ri son uirlt' lll' urmp, Douqlns Frt/nnm)