ee si as Be neo deg iérr rEé dos t te PAR OT * OPA ER bi k L'IMPARTI ” & 4 ane cils ttes ÉRRRS — Mlbonnnd nms pe em LE SERA A A Al, JEUDI LE 24 NOVEMBRE, 1898. ant. s _e ass LAFAYETTE Conférence donnée, le 19 oc- tobre, devant les Acadiens et les Canadiens de Lyvn, Mass. par $ L'Hon. Pascal Poirier, sénateur. — mn, [Suite] : ES La France, mais elle est ici, ce soir, representée par ses deux plus vieilles colonies, le Canada et l’Acadie, et c’est le drapeau étoilé que Lafayette promena victorieusement de Boston à Yorktown qui flotte sur cette salle hospitalière ; c'est sous ces plis glorieux que nous parlons d'elle devant un auditoire amé- ricain. Parler de la France, c'est par- ler de nous-mêmes, n’essayons pas plus longtemps de nous le cocher, et si nous frissonnons au récit de ses gloires et à l'éveca- tion de ses héros, c'est qu’il en rejaillit des étincelles sur nous, qui sommes peut être, sur ce continent la moisson lentement mürissante dont les décou- vreurs, les saints missionnaires et les vaillants guerriers fran- çais du 17e et dun 18e siècles ont été la semence féconde. Cette moisson il me semble à moi que c’est notre évidente destinée de la faire forte, saine et bienfaisante, et que c’est de cette manière que nous nons ac- quitterons, les uns envers J’An- gleterre qui nous accorde la plé- pitude de ses libertés civiles et religieuses, vous autres, Mes- sieurs, envers la République des Etats-Unis qui vous admet au nombre de ses citoyens Car c'est un fait qu'il est utile de se rappeler, fut-il connu comme le jour qui nous éclaire, si vons êtes la plupart d’entre vous des citoyens américains et si je suis moi sujet auglais, nous devons les uns et les autres à l'Etat qui nous donne ia protec;ion de ses lois la rême fidélitéet. s’il se peut, le même amour que nous donnerions à la France si elle é- tait encore la souveraiue de la moitié du continent nord-amér-- cain. Nous sommes ici vis-à-vis de notre pays d‘adoption un peu dans le cas d‘an enfant aban- donaé de ses parents et que ces rouveaux maitres auraient ad- mis avec leurs autres enfants à leur table, et auxquels ils réser- veraient une portion de lear hé- ritage. C'est-a-dire qu’à part Ja fidèlité et l'amour nous avons une dette réelle de recounais- sance à acquitter les uns envers l'Anglaterre, les autres envers les Etats-Unis. (C'est hbeancoup d'ebligations, re dir:z vous. it qu'importe le montant de nons sommes sol nous fait à nous Île la dette, «1 vahies. Que Frauce et fidèles. devoir d'aimer la d'être en même temps Jovaux et reconnaïssants aux gouvernements de qui nous dé- pendons si nous avons dans nos cœurs de quoi payer ces dettes diverses et garder encore pour uous un précieux avoir ? Notre dette de reconnaissance, payons-la d’abord, celle-là. Les natures d'élite s'acquittent pre- mièrement de leurs dettes d'hon neur. Or, comment payer, cette dette, vous autres à Ja République américaine, moi à la couronne d'Angleterre ? Permettiz 1 dire ie toute ma peurée, VOUS voudrez. Nous paie- allons nous Ja o! de en ferez | | ce que vous rons Ceile dette tant les uns et les autics plus! fidèles, nlus imtegres, pius é- e , si $ 24 di 1 ds id clairés, pius uilleS, plus vertu eux qne ue le sont les Améri- : tie Anœinià calins ou ies AUSIA:S. L est beaucoup entreprenare, me direz-vous ehCOTE, + qu'est ce: heavy coutrac'.” 4 avons, par exemple, de quoi reun- plir encore cetto obligation ? Je vous citerais bien ici un vers d’un poète anglais : ‘In a great enterprise tis glo- rious e’en to fall,” mais nous n'avons pas besoin de vers anglais pour comprendre nos strictes devoirs et nous pé uétrer de la grande mission qui nous semble réservée sur le continent américain. Nous sommes francais d'ori- gine et nous sommes catho- liques par la grâce. Jela, Mesdames et Messieurs, doit signifier que nous serons français et catholiques toujours ! Vous avez compris ma pensée, n'est-ce pas ? Etre français, le demeurer toujours, veut dire pratiquer les vertus qui sont plus particulièrement l’apanage des Français : la politesse, l’ur- banité, la franchise, l'honnêteté dans les affaires commerciales, la fuite de la fraude et de la banqueroute volontaire comme cheses déshonorantes, un peu d'enthousiasme, beaucoup } A | même, une grande loyauté en toutes choses, du courage, de la gaité, de l'esprit, et conserver toujours avec un soin jaloux la langne trançaise pour sa langue maternelle. Mais les Américains ont tout sela, moins la langue, me direz vous ? Soit. Mais l’ont-ils au mème degré, lJ'ont-ils de Ja même manière ? Si par vos exemples vous a- méliorez leurs procédés, vous af- finez leurs qualités natives, vous aurez fait œuvre digne de la France, et vous vous serez acquittés de toute la dette que vous leur devez. J'ai dit Français, et j'ai dit aussi catholiques. Oui, catho- liques, Mesdames et Messieurs. Etre catholique entraîne avec sui des obligations plus grandes encore qu'être tont simplement | français. Ces obligations, je ne les entends pent-être pas, pour ma part, comme les entendent certains pubiicistes et politiciens du Pominion d'où je viens. Je vais vous donner ma manière de les comprendre, sans aucune- ment garantir qu'elle vaille mieux ou même aussi bien que lédictions, furent proferées con- tre ceux qui quittaient un pays jet rempli de bénedictions du ciel pour s'en venir se perdre parmi les mécréants, à la State. Malgré ces avis et ces aver- [tissements, malgré la gazette et la chaire, le mouvement conti- nua, inquiétant, incontrélabie, Des jeunes gens, d’abord, des familles, ensuite, puis des vil- lages entiers émigrèrent. On au- rait dit que les vieilles paroisses bénéfice de la Nouvelle Angle- terre. La marée montait ton- Jours, et l’on fut étonné, cons- terné, 11 y a quelques années, de constater qu'il se trouvait dans la République Américaine uu miilion de Canadiens français Les prophètes de profession — nous en avons quelques-uns de l’autre côté de la ligue, bien portants, bien nourris, ét qui u’ont pas besoin, comme Elie ou Elizée, de se faire apporter leur diner par des corbeaux— ces prophètes, dis-je, voyant l'a- bomination de la désolation dans Israel, déclarèreut que c'en était fait de la race fran. çaise au Canada, et de la religion cathoiique en Améri. que’ Plusieurs le soutiennent encore. Les événements ieur donnent- ils raison aux uns et aux autres? Examinone seulement la ques- tion de nationalité, et voyons si le Bas-Canada est moins fran. çais aujouid'hui qu'ilne l'était il y a soixante ans, par exem- ple. On se battait, il y a soixante ans, à Saint-Denis et à Saint- Eustache pour la liberté et Ja langue française. Le Canada est aujourd'Lui le pays le plus libre qu'il y ait au au monde, et la langue française est la langue officielle de toute la confédération, à l’égal de Ja | langue anglaise. La province de Québec n'était qu'en partie française, il y a soixante ans, les Cant ns de l'Est ayant été réservés pour les colons d'origine anglaise. Elle est aujourd'hui, on peut bien le dire, toute française, les cantons de l’est étant, à l'heure qu'il est, plus qu'à deni peuplés par la manière de voir de ceux qui pensent autrement que moi. Etre catholique, tel que j'en- tends la chose, ne consiste pas à se croire meilleurs que les protestants, par exemple ; mais, si c'est possible, l'êsre. Etre ca- tholique ne veut pas dire : Sei- æneur, Seigneur, je vous remer- cie de ce que je ne suis pas com- me ce publicain de méthodiste, de ‘“‘Salvation Army,” de P. P. A. mêine, mais essayer dans l'humilité de son cœur d'être meilieurs que ces frères à qui le royaume de Dieu appartient comme à nous, et qu'il nous est positivement commandé d'aimer autant que nous nous aimons nous-mêmes. Etre catholiques. Mais j'aperçois ici M. Parent, votre digne et vénéré curé, qui certainement entend mieux que moi, puisqu'il a mission d’ensei- guer, ce qu'ii convient de pro tesser à ce sujet. Je vous ren- voie, Mesdames et Messieurs, au sermon de dimanche prochain, très fâché que Je suis de m'être aveuturé sur un terrain qui n’est pas le mien, et où je ne me sens pas du tout le pied eur. Au reste, ce n’est pas mon intention de vous ébaucher un sermon, je sous le jure. Revenons à notre qualité de Français. Aussi bien le terrain! est moins glissant ; je m'y sens A SE PE d'honueur en é:| pus à l'aise. Quand l’exede des Candiens, e: plus tard des Acadiens aux Etats-Unis commença, il y a plas de vingt ans. la province «ement. La presse se mit de Ja . . n ? “it 18 a | partis ; de gros articles farent |! imprimés, des injures et, en Glengariy, Carleton, de Québec s’alarma très serieu-| les nôtres. | L'expansion se fait même du (côté de l’Ontar'o— Prescott, Ottawa même se remplissent de Cana- diens français. Le comté d’Essex, à l'extrémité ouest, conserve ses positions françaises. Sur la ligne du chemin de ter Pacifique Ca- nadien, depuis l'Ottawa jnsqu’- au nord du lac Supérieur, ce sont nos compatriotes qui cColo- nisent. qui s'emparent Gu sol. Si nous allons maintenant du | côté de l’est, nous trouvons 125. :000 Acadiens français à .a Nou- |velle Ecosse, an Nouveau- Brunswick et à l'Ile du Prince- Edouard, se serrant les uns contre les autres, fondant des journaux français—ils en ont quatre aujourd'hui—établissant des collèges—ils en ont deux, et sont à la veille d'en avoir un troisième, mails ceci est une con- fidence dont il ne faut pas parler—se payant le luxe d’un ministre au gouvernement de la Nouvelle-Ecosse, de deux à ce- lui du Nouveaun-Brunswick, a- yant un juge à la cour suprême du Nouveau-Brunswick, M. Landry, qui, entre parenthèse, a failli, ce que nous regrettons | tous, se trouver ici ce soir. | .Sont-ce là des signes d'affai- blissement ? | Sont-ils en décadence, les Ca- inadiens français, à Québec | même, dans la vieille cité de Champlain ? Une commission |internationale y siège en ce mo- ment. L'Angleterre y est repré- sentés par Lord Hershell ; votre pays par ses plus autorisés di- :plomates, et c'est l’un dé nô- | (Suite à la 6me Page) | | de Québec allaient se vider au jque cela fait toujours, si uous certains lieux, presque des “a | habit that insures perfect health. FOR SABLE —0R— lo Let Th: uudersigned offers for sale or to let the property lately occupied by the late S.F. Perry, Tiguish, cousisting of one large dwelling house, suitable for hotel, barn and other outbuild- ings. The house is conveniently sit- uated in the most central part of Tignish, is heated by hot air and thoroughly finished pamp in the house. Possession given at once. For further particulars apply to — _…” J. À. Brennan Tignish, P. E. I. Sept. 1st. 98—9m. DRWOODS NOR WAY PINE /| SEPE UE, COUGHS AND n COLDS, A ANTED- = :SEVERAL, TRUST- #V worthy persons in this state to manage our business in their own and nearby counties. It is mainly office work conducted at home. 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