10 ou à la pluie, et, le soir, rentrer des champs non pour se reposer, mais pour vaquer à l'enzretien des dépendances de la ferme, faire le "train". Les animaux, fidèles collaborateurs du fermier réclament leur part de soins et de subsisrance quotidienne. Cela recommence chaque jourf Éternel recommencementî... Pour le cultivateur comme pour aucun autre, cela signifie: éternel rejailllssee ment de vie et de fécondité, Cela se voit ä l'oeil nu, tous les ans! Je ne m'arrête pas à décrire en détail la vie d‘un fermier de mon coin de paye. Ceux qui me liront sont ä même d'être renseignés ä bonne souïce. Rappelonsmnous seulement qu'au début de sa carrière, mon père a connu les instruments de travail fort rudimentaires. Les plus vieux e de la paroisse se souviennent des semailles et de l'art de "mêtiver" a la main. (couper le grain) Je veux simplement évoquer l'une des plus belles images de Papa qui restent gravées dane ma mémoire. C'est celle de Papa "endimanchê", se promenant dans les champs de blé ou de patates, après le dîner dominical, tel un grand seigneuï visitant Bon domaine pour voir si îout y est ä l'ordre: pour voir si les jeunes pousses répondent â l'attente, pour voit enfin si quelqu'ennemî effrüntê ose menacer l'avenir des récoltes. Qu’estece qu'en entenâ, un beau matin, avant le départ pour l'école, ou un samedi: "Les enfante, il y a de la moutarde dans tel coin du jardin"; ou bien: "Les patates ont besoin d‘être “arrousêes” et les "navets esharhêe"... Ksharber n'eet pas au dictionnaire. Vestige savouœ reux du vieux parler français: de exherber, eareler. Vive sollicitude du jardinier peut la qualité de ses récoltes et grand désarroi des jeunee dont les projets de loisir s'eetempentî Oui, mon père était cultivateur de ïoute son âme. Il rêvait bons et beaux les légumes de son jardin. Et c'était deux et trois fois qu’il nous fallait "esherber" les lnterminablessillonsde blé d'inde, de navets, de "mangols", (sorte de betteTaVËB'â Väche) etc... Et nous qui rêvions de bains de mer ou de cueillette de fruits sauvages, paSSeetemps délicieux malgré les maringouins! "Chaque chosa en son tempe“, semblait croire mon père. "Il y aura du temps pour s'esearrer après". Et certes, il n'avait pas tort. Nos beaux jours sacrifiés si durement, recevaient pleine récompense tout au long des mois d'hiver, oü la table bien garnie de légumes frais conservés dans l'immense cave du souswsol äe la maison, ravitailîait la mangeaîlle et la maintenait en bonne santé, à preuve: tous ont suivi régulièrement leurs années scolaires, hiver comme été, en parcourant oedînairement a pied les deux milles qu'il fallait frflnchir‘ Papa aubliaîttous les longs et durs travaux de l'année, quand, à l'Expositîon agricole? 11 contemplai: avec une fierté légitime, les prémices de ses bêtes ou des ses légumes portant les premiers pri.. Et cela arrivait assez souvent. Comme il partageait alors la joie des enfants qui «Croyaient aVOir beaucoup de mérite parce qu'ils avaient eu l’hcnneur de faire le choix des exhibîts; mais le jardinier en avaithîl moins?