JOBIN HISTOIRE VENDEBNNE Après l'attaque de Salbœuf| qui nous procura trois mille cartouches, soixante dix fusils et cent paires de soulliers, nous nous renfonçames dans le bois de Chemiilé. Par le chemin nouvellement battu, nos gars nous avaient devancés, l'abbé Piokerit et moi : ils se hâtaient vers la elairière d'où s'échap- pait nne fumée légère. Déjà, de loia, au travers des allées et ve nues de nos Vendéens, nous apereevions, sur un feu qu'ae- tivaient deux vieilles femmes, l’immense chaudron rempli de viande et les pains de douce livres entassés en piles sur le gazon. Un bruissement de teuil les nous fit teurner la tête et neus reconnûmes Jebin,' de la Bultière, qui, un homme sur le dos sautait du taillis dans Ja sente. Un camerade blessé qu'il ra- mène —murmurai-je. Non! nou !—me dit le bon abbé dont le visage prit sondai. “ement une expression de tris- tesses inquiète— C'est un pri- sonnier ; Jobin l’a baillonné, puis lui s Hé les mains et les pieds. Allons vers eux... Et, tout en revenant rapide. ment sur nes pas, l'abbé me soufHlait très bas : ©e Jobin, au retour d’ountre Loire, a trouvé sa masure 1ncen- diée, sa jeune femme et son pe- tit enfant égorgés par les bleus Jobin est brutal ; je erains qu'il ne prépare quelque farouche re- vanehe. Quand nons rejoignimes Jo- bin, il avait jeté son prisonuier en face de lui, sur le talus et, reprenant haleine, il chargeait lentement son mousquet. L'abbé lui demanda : Que fais-tu là, Jobin ? les au tres sont à manger, rejoins-les. Bécouvrant ses dents blan- ches de Loup, Jobin rieana sau- vagement : J'ai bien le temps. Aupara vant je veux m'amuser un brin avec ee pataud-)à 11 montrait l’homme qui, échevelé, les vêtements en lam- beaux, souillé de poudre et de poussière, les yeux injectés de sang, râlait sous le baillon, se tordait dans les cordes qui lui coupaient la chair lui sciaient les poignets et ies chevilles. Jo bin reprit d’une gaieté farou- ehe : Je ne l’ai pas eu sans mal, al lez ! 11 détalait comme un liè- vre. Je l’ai visé au défaut du genou afin de l'avoir vivant. 1] est tombé pâmé. Je l'ai ficelé et chargé sur mes épaules. Je suis tranquille : on ne me le repren dra plus. Le voilà qui se tortille oomume un ver, j'attends qu'il se ranime tout à fait pour lui faire des tourments. L'abbé Picherit l'interrempit d'une voix cassée par l'émotion: Ta ne vas pas le tuer, Jobin ? Non pas tout de suite, mon sieur l'abbé,—dit le gars en po- sant son fusil chargé contre un arbre— Rien ne presse ; je vais le faire souffrir avant... L'abbé devint tris pâle : Un homme désarmé, lié, bail- lonné. Tu ne feras pas ça ? Jebin éolata de rire : Ah! ben, restez seulement : vous allez voir. L'abbé se mit devant l’hem- me et oria vaillament : Je ne veux pas. Les yeux du gars s’assombri- rent sous ses sourcils froncés : son mentom s'avança dans une provocation. Vous ne voulez pas ! de quel droit ? Ca n’est pas vous qui l’a- vez pris ; c'est pas à veus. M. Stofllet sait ce que j'ai souffert des bleus ; les prisonniers que LPENRP AMRTIA là. Devant cette eoière, l'abbé eut honte de sa colère. 1l reprit doueement : Sije te demandais de me donner ce misérable, Jobin ? Rendes- moi ma femme et mon petiot, et vous l'aurez. Je ne te eommande pas, Jo- bin, je te prie, très hamblement. Les narines pincé:s, les dents serrées, Jobin répétait, impla | cable : Ne vous abaissez pas à me prier, monsieur l'abbé: ga ne sert à rien. J'ai mon droit de soldat, j'en userai. Plus vous m'en retarde- rez plusl'autre s'en ressentira. Le regard de Jebin bravait. Oelut de l'abbé se mouillait de pitié désespérée. Puis daus une dignité soudaine, il se dressa et sa parele vibra d’ane sorte d'éx- altatian. Soit, fit-il, dispose de eette vie. Homme, je t'ai supplié en homme. Maintenant, je te par- le ea prêtre. #itu es chrétien, avant de tuer mets-toi à génoux. Jebin hésitait, défiant : Pourquoi faire ? Mets-toi à genoux,—répéta l'abbé avec ferce. Il prit son eruoifix attaohé à son ehapelet, le présenta à Jo- bin. Sais-tu encore ton ‘‘Pater’, Jobin ? Me prenez-vous pour un pay- en, monsiéur l'abbé ? Certaine- ment que je le sais. $i tu le sais, récite, le, joints les mains en regardent le eruci- fé. Jobin joiguit les mains réeita le ‘“‘Pater.” Quaud il eût pro- noncé @es mots: ‘Seigneur. pardonnez mous nos offenses comme nous pardonnons a seux qui nous ont offensés....… - Le prêtre l'interrompit : Comprends-tw ces paroles là, Jobin? Oni, je les comprends —fit Jobin d'une voix sourde. Si tu les comprends, redis les avee moi, tout bas dans le fond de ton cœur, en baisant ce front déchiré d’'épines et les oinq plaies béantes qui pleurent tout leur sang. Jobin baisa les plaies offertes à ses lèvres, tandis que l'abbé, dans le erépuscule et dans le silence profend de la forêt, d’un aséent d'angoisse et de pitié poignantes, disait: ‘Seigneur, pardonnez-nous pes offensos eomms nous pardonnens à veux qui vous ont offensés !’’ Puis ayant achevé, ji s’écarta, déceu: vrit le prisonnier et dit très simplement : Relève toi, Jobin...… Main- tenant torture et tue si tu le peux. B: Jobin, sans lever les yeux, presque a@ssi pâle que le prêtre répondit : Jene veux plus, mensieur l'abbé, l'envie m'en a passé. CHARLES FoOLTY. Da Confession des Sauvages Le KR. P. Bonnald, mission- aire dans les régions glacées de l'Amérique du Nord, raconte ce trait touchant, que reproduit la ‘Semaine Religiense” de Mende : li y a quelque temps, aa eœur de l'hiver, une fève éruptive, d'une violenee inouie, éelata dans le village où se trouve la résidence. En quelque jours, la plus grande partie de la population était atteinte. J'é. tais presque seul, dans le villa- ge. que le fléau eût épargné. Mes jours ot mes nuits étaient abscrbés par les soins à donner à ces malheureux, dénués toute ressource : les visiter, leë) encourager, lenr apporter les! je fais il me ’/; donne! Ca ne Secours de la religion, leur don-| de Opp. Prowse Bros. ques remèdes, me constituer], l'infirmier de mou villege-hôpi- tal, ce fut ma vie. L'épreuve était terrible : la mort moisson- nait nos pauvres amis : le cœur du pèresaignait, mais la bonté divine ne le laissa pas sans con- solation. Au milieu de oette crise ter- rible, un envoyé m'arriva du groupe voisin, à oent kilomètres de distance, pour m'appeler d'urgence au secours : là aussi, le terrible fléau faisait des vio times ; les plus robustes chas- seurs étaient atteints, la popn- lation était déoimée et le Père n'était pas là pour leur donner Bieu. Que taire ? 11 m'étsit impos- sible de répondre immédiate- ment à cet appel désespéré. A! la nouvelle qu'on venait cher- cher le Père et qu'il allait par- tir, tont ce qu'il y avait de va- lide dans le village entours ma case, aveo des eris de détresse : “ÆBitu pars, Pére, disaient ils, quand tu reviendras, tu ne trou- veras que des merts.”’ Je restai, mois dès que l'épi- démie fut à son déelin, je pris mes chiens et non traineau, et j'eus vite franchi les 100 kilo- mètres de glace qui me sépa- raient de mes chers délaissés. Quel speatacle ! les cases regor- geaient de malades, ot la mort avait prie sa large part. Je trouvai onze cadavres : ils étaient sar leur natt, rigides, glacés par la mort et par un froid de 400. Je m'approohais &e leur dépouille pour prier, quand je m'aperçus aveo étonnement que chaque cadavre tenait dans la main un petit paquet : v'était uue feuille d'écoree de bouleau pliéo en deux. L'écorce du bonu- kan est le papyrus du pôle. Un moment, an affreux soup que malheureuse pratique de superstition !”” m'écriaije, Je eœur narré. Je vonlus voir. Je pris la feuille : elle pertait quel- ques mots écrits. Je lus : “Notre père doit seul lire les lignes qui suivent.” C'était leur confession! Ces pauvres gens, sentant venir la mort et ne pouvant eonfesser leur péchés, les avaient éerits sur cette feuilie légère. Com- ment avaientils fais? Se sen- tant mourir avaient ils tracé ces caractéres de leur main défail. lante, ou bien avaient ils em- ployé un eonfident ? Je ne sais. Devant ce témoignage de foi naive, un sanglot sortit de ma poitriæs et les larmes tembèrent de mes y:ux à torrents. Chers grands enfants! ils m'avaient entendu dire qu'à défaut de pré. tre, ia contrition parfaite, jointe au désir de reosvoir le sacre- ment, opère la rémission des pé- chés, et ils avaient reuiu don- uer aote à Bicu, à leur eonsoi- ence et au Père, qu'ils étaient morts dans ces dispositious. Toutes 0es feuilles portaient au bas nne mention à pea près identique. ‘Jete demande, mon Père, de dire une feis la. Sainte Messe Pour le repos de mon âme Je laisse pour toi, en re- coupaissance de ce service... une peau de castor... une peau de martre.”” Un autre avait mis: ‘Ma belle hache... . Ces sauvages, au jugement de Dieu, seront mienx piacés aseu- rément que nos athées et même que nos demi chrétiens. School & College BOOKS Ot‘all kinds ALWAYS ON HAND CHAS.J. 1 TOHELL 144 Queen St. Charlottetown PRE:L Mail orders receive prompt at- tention. Al, JEUDI LE 28 AOUÛUT, 1900. çou traversa mon esprit: ‘“‘Quel-| 1 a | . langue est chargée et blanchâtre, si après vos repas, vous sentez une pesanteur au creux de l'esto- mac et que vous êtes porté à dormir, c’est que votre foie et votre estomac sont dans une mauvaise condition. La bonne digestion est essentielle au bien être général de la santé. Il n’y a pas de bonne santé possible sans le bon fonctionnement de l'estomac. Soyez sur vos gardes et prenez en temps la médecine avec laquelle j'ai guéri tant d'hommes malades et dyspeptiques, et qui aussi vous gué- rira, si vous la prenez avec soin et patience. Les Pilules du Dr Moro pour les hommes vous donneront appétit et feront que vous pourrez manger ce que vous voudrez, sans que cela fatigue votre estomac. Elles vous débarrasseront de la bile que vous avez et vous donneront l'énergie et la force de remplir votre devoir et de faire votre journée d'ouvrage sans fatigue. En facilitant la digestion, elles reconstituent le système et donnent à l’homme émacié et affaibli par un mauvais estomac, sa force primitive. Monsieur J. E. Nolet, No. 325 rue Shawnut, Boston, Mass., m'écrit ce qui suit : Dr, A. A. Moro, Montréal. ‘* Cher Docteur :—Je souffrais de dyspepsie el mon estomac me fatiguait beaucoup depuis plusieurs années. ‘Mes vivres digéraient mal et après mes repas, je ressentais comme une pesanteur au creux de l'eslomac. J'étais “* porté à dormir et j'élais aussi constipé, Mes intestins élatent irréguliers et je souffrais beaucoup de douleurs “* dans les côtés et aussi à la téie. ‘* Les Pilules du Dr Moro me guérirent de la dyspepsie bien vite, et en guérissant celle mmaladie, mes autres ‘maux disparurent. Aujourd'hui je puis mangé et boire ce que je veux sans trouble. ‘* Je recommande les Pilules du Dr Moro à tous Les hommes qui souffrent de leur estomac. ‘t Je demeure, Monsicur, Messieurs, si vous avez des étourdissements, si votre travail vous fatigue, si votre estomac se refuse à digérer les vivres que vous mangez, si le matin votre bouche est mauvaise, que votre ‘# Votre bieu dévoué, , “7. £. NOLET, “No. 325 rue Shawnut, Boston, Mass.” Je répondrai avec plaisir à toutes les lettres qui me seront adressées. Je donnerai des con- seils à tout homme qui m'en demandera, et pour faciliter les hommes malades qui voudraient me consulter, un blanc de questions leur sera envoyé gratuitement, sur demande. Mes consultations sont absolument gratuites. Je soigne les hommes seulement. Les Pilules du Dr Moro se vendent soc. la boîte ou six boîtes pour $2.50. Si votre marchand ne les tient pas, elles vous seront expédiées par la malle sur réception du prix, Adressez vos lettres comme suit : Dr A. A. Moro, Boite 782, Montréal, Canada. LULU LL LL LIL LULU LULU LULU LUS LULU LULU LULU LULU LIU LULU LULU LULU LULU LULU LULU LULU LU LULU LU LOL LL LULU LENS LU TL manannannannnnnnnnnaaaisennane annannnn GRAND MILLINERV OPENING ! SATURDAY, APRIL 2IST This season’s Opening will be More Attractive than Ever The taste displayed by MRS. WRIGHT in the selections of Gems of Paris and New York Millinery, this season, must commend itself to all who will visit us next Saturday. .. As our Millinery openings have always besn abtended by Gentlemen as well as La dies, we propese this ssason to combine a display ef CHRISTY's LONDON HATS and a speacil displey of H1GH CLASS FOOTWEAR for Ladies’, Gents’ and @hildren. /_R. T. HOLMAN. Fm 1 1