+ ie, ME RNA EE HOMETE MORT LE SE pes mr L'IMPARTIAL, JEUDI, LE 6 AOUÛUT, 1903. L'Aventurier Malgré Lai a (Suite de la 1re. page) —HEh ! certainement, cette la- gure doit en cacher une centaine. C'est pour cela que cet aniina}—il parlait du nègre, cette fois, —crie comme un brûlé. Au reste, tran- quiilisez-vous, le voilà déjà sors de danger.”’ Boubou avait assisté à la scène ; il regarda le cavalier qui revenait, tenant son cheval par la bride, et l'examina longuement, comme si un soupçon naissait dans sa tête. Et quand l’autre arriva, couvert d'une carapace de boue infecte, le boy l'interpella : “Où est donc Thucydide ? —Sais pas, répondit le nègre. I1 court après les voleurs de cada- vres, probablement.” Michon, en entendant ces pa- roles, sursauta. Le mot ‘‘cadavres’’ l'avait frappé en plein cœur. Mais d'apprendre que Jupiter, Hélégas et l'autre s’'escrimaient encore, sans les avoir arrêtés, derrière les ravisseurs de Sophie, cela le mit hors de lui... “Quoi ! s’écria-t-il, vou; n'avez pas seulement su vous emparer de l’un d'eux ? —Mais si, mais si, répondit le nègre, nous en avions un. Seule- went, les autres l’ont délivré. Ils étaient six et nous quatre. —N'est-ce pas vous, jntervint Arsène, qui avez tiré des coups de revolver ? —C'est moi, oui. Je visais Ca- birol. Alors, il m'a pris le poignet et, comme il est très fort, il a dé- tourné le coup, qui est parti en l'air. _—Et vous n'êtes pas parvenu à en blesser un? Vous êtes des traîtres ou de stupides poli-sons —Des traîtres ? Quand je pou- vais tout à l'heure être mangé par un cairman |!” Ces récriminations se sera'ent probablement prolongées si tout à coup Hélégas n’était sorti du bois, tenant un homme de couleur sous le canon de son revolver et le for- çant à marcher en avant de son cheval. Le prisonnier paraissait indigné de cette violence, mais ne faisait aucune difficulté pour se di- riger vers Michon, qui courut, furieux, au-devant de lui en di- sant : ‘(Enfin ! en voilà un. —J]l m'a donné da mal, clamait Hélégas, mais je voulais le prendre vivant et complet.”” Claude, menaçant, s'avança, prêt à tirer : l'oncle Martin s'interposa presque rudement. ‘Cela me regarde, maintenant, dit-il, mon cher Claude. —Et moi ? est-ce que ça ne me regarde pas aussi, et copieusement ? —Je ne l'entends pas comme vous, répliqua le vieillard. * Je veux dire qu'il s'agit de mener les choses assez adroitement pour en finir ce soir même. Ce bandit va évidem- ment nier, et vous pouvez être cer- eura l'air de ne pas sa- voir le premier mot de cette his- taiu qu’il toire. — Je le ferai bien bavarder, moi ! Michon, gronda qui devenait fé- roce. Où est ma femme? deman- dez-lui où est ma femme ! —Ne craignez rien, je vais pro- céder à son interrogatoire. Vous, abstenez-vous de toute violence, au imoins provisoirement, c'est-à-dire tant qu'il n’aura pas consenti à ré- véler ce qu'est devenue la petite Sophie.”” Le prisonnier n’entendait pas le Assez ému, : français. regardait autour de lui, semblant attendre que la Providence lui envoyât quel- que sauveur. Mais le lieu où cette scène se dé- roulait était complètement désert. Il ne faudrait pas croire, en effet, que les campagnes de la Louisiane, du Mississipi ou de la Floride, quoique peuplées, regorzent de vo- yageurs ou de paysans. Non. Il y a là des savanes cu des terrains plus ou moins cultivés qui sont, à certains moments, de véritables dé- serts. Sans être sinistre, le théâtre de la bagarre à laquelle tous ces nè- gres venaient de prendre part Tétait complètement isolé. (Ju'allait-i] Arriver ? se demandait, sans doute, le prisosnier. “Est-ce toi, interrogea l'oncle Martin, qui te nommes Cabirol ? —Non, ce n'est pas lui, dit Jupi- ter, qui, ayant renoncé à trouver son gué, venait de rallier la petite troupe. —Enfin !enfin ! grondait Claude, déjà soulagé par l'espoir des révé- lations que Boubou, son oncle et lui attendaient. —Puisque vous voilà, Jupiter, reprit aussitôt Martin, contez-moi ce qui s’est passé. —Avec plaisir, dit le nègre ; nous ne parvenions pas à rattraper ces gens-là, mais nous avions fini par nous en rapprocher sensible- ment, etnous leur enjoignions de s'arrêter quand ils obéirent tout à coup. Bien mieux, celui qui con- duisait vira de bord, et la carriole arriva droit sur nous au grand trot. —QOui, Boubou a vu cette ma- noeuvre. Ensuite ? —Quand ils furent à quelques yards, l’un d'eux nous demanda ce que nous voulions. ‘“Eh bien ! il avait de l’aplomb, ce nègre ! s’écria Claude, à qui Boubou traduisait les demandes et les réponses, détail que nous prions le lecteur de considérer comme acquis au récit, une fois pour tou- tes. 4 —Alors, dit Jupiter, nous les avons sommés de nous rendre la dame, et ils ont eu l'air de ne pas comprendre ce que nous disions. —Est-ce vrai ? demanda Martin au prisonnier. —Parfaitement vrai, répondit celui-ci, d'autant plus vrai que nous ignorons encore sous quel prétexte vos domestiques se sont livrés en- vers nous à des actes de briganda- ge. —Comment ! c'est vous qui osez traiter les autres de brigands !”? Le nègre capturé ouvrait de grands yeux et paraissait absolu- ment ahuri. “Voilà un mâtin qui joue admi- rablement son rôle’? dit Arsène en français. : À quoi Michon riposta : ‘Mais, sacrebleu,. mon oncle, vous vous attardez à faire conter des histoires à Jupiter ? Et Sophie ? Sophie ? — Attendez une minute encore. —Vous êtes bien l'oncle le plus flegmatique des deux mondes 1 déclara Claude, qui piétinait ; moi je veux q’on me rende ma femme, et dites à ce gaillard-là que si, dans trois minutes, il ne m'a pas dit où elle est, je lui fais sauter la cervelle. —Bon ! fit l’oncle, tranquille- ment. Et il transmit la menace à qui de droit. —Tu m'entends, ajouta Michon, trois minutes, pas une seconde de plus ! —Votre femme ? dit le prisonnier; qu'est-ce que c'eet que ça, votre femme ? Ces gens-là sont fous ! —Qui donc atiré des coups de revolver ? interrogea Martin. —C'est nous, répondit Jupiter, mais en l'air, pour leur faire peur ; alors, ils ont poussé leurs chevaux contre nous, Quatre d’entre eux ont sauté à terre, ont denné des coups de bâton à nos chevaux et se sont dispersés dans les champs, des deux côtés de la route, pendant que nous étions emportés par nos mon- tures, qu'il nous a fallu calmer a- vant de leur donner la chasse. —Oui, dit le qu’on lui demandât son avis, nous avons cru être attaqués par des dé- prisonnier, avant trousseurs de grand chemin et nous avons agi en...conséquence. En- core une fois, sices cavaliers ne sont pas des voleurs, expliquez- nous. —Ah ! c'est trop d’impudence ! vociféra Claude en s’approchant, sa carabine dirigée contre le prison- nier :tune veux pas révéler où est ma femme ? Encore sa femme ! mais sa- crididi... Michonu allait vraiment tuer cet homme, quand Martin lui dit : ‘“‘Saurez-vous mieux où elle est quand il sera mort ?”’ Le regard de Boubou allait de Jupiter à Hélégas, et de celu:-ci au prisonnier. Très surpris, le pauvre boy n’é- tait pas éloigné de croire que ce dernier disait la vérité. Michon s’exaspérait de plus en plus, et il allait se passer 1à quel- que scène de meurtre, quand, à trois ou quatre cents mètres, appa- rut une voiture menée à fond de train et sur laquelle se tenaient sept à huit personnes. Puis, loin der- rière, accourait une foule brandis- sant des armes de toute sorte. Un violent brouhaha se fit bientôt en- tendre. Des cris de vengeance et de mort sortaient de la voiture, et probable- ment les gens de toute couleur, blancs, quarterons, mulâtres, noirs, qui venaient derrière, poussaient des clameurs semblables. En ce moment, Boubou remar- qua que les nègres recrutés par Martin semblaient mal à l’aise, tan- dis que la physionomie du prison- nier s’éclaira comme s’il avait é- prouvé un profond soulagement. La voiture, ou plutôt la carriole, —Car c'était celle-là même que Ju- piter et s:s acolytes avaient pour- suivie, —s’arrêta auprès du groupe formé par Martin, son neveu et les nègres. \ ‘‘les voilà, les voilà,’ disaient avec un accent de colère les hom- mes de couleur qui se tenaient sur le siège, en montrant Hélégas, Ju- piter et leurs deux acolytes. Une populace furieuse arrivait à quelques centaines de pas. L’oncle Martin, superbe de calme et d’au- torité, s’avança vers les gens de la carriole, et, d’une voix sévère de- manda : ‘Que signifie cette émeute ?’’ Michon, malgré l’état de fureur qui le possédait, admira le calme et la noblesse d'attitude du vieillard en présence d’un danger redoutà- ble ; car, pour lui comme pour son oncle, cette cohue sans frein de- vait être un ramassis de canailles a- meutés par Cabirol et les autres ra- visseurs de Sophie, dans le but de faire un mauvais parti à ceux qui voulaient absolument la délivrer. Mais un vieillard aux longs che- veux blanes et dans les veines de qui ne coulait pas une seule goutte de sang noir, descendit de la voi- ture, et, s'adressant à Martin : ‘‘Je suis, dit-il, le shérif du com- té, Josuah Barbarin. —Abh ! fort bien, répondit Ar- sène. Vous m'en voyez enchanté, car vous m’aiderez à obtenir justice et à punir d’indignes forbavs. De quoi s'agit-il, et qui êtes-vous, vous-même ? —On me nomme Arsène Martin, et voici mon neveu, Claude Mi- chon. —Quoi ! c'est vous, Martin. Avez-vous retrouvé votre nièce ? En tout cas, comment se fait-il que vous vous trouviez mêlé à cette bagarre ? — Mais ce n’est pas un hasard.’’ Très rapidement et très exacte- ment, l’oncle avait commencé à ex- pliquer les choses, quand la horde furieuse qui suivait de loin la car- riole arriva auprès du shérif. Klle entoura le groupe formé par ce dernier, par Michon, Boubou, Ju- piter, Martin, etc., en poussant des cris de mort. “Lynch law ! Lynch law !”’ cri- aient tous ces énergumènes en s’ap- prêtant déjà à saisir Hélégas et Thucydide, qui se trouvaient à leur portée. Heureusemet, le shérif était un homme juste et résolu. ‘Attendez donc ! s'écria-t-il, en monsieur même ton un grand gillard de mu- lâtre. Ils ont attaqué nos concito- yens sur une grande route et à main artiée. — Il y a là un malentendu que je veux éclaircir, interrompit le ma- gistrat, fort décidé à ne pas laisser SOME SPECIAL .VALUES There is no argument half so convinciug as the evidence of your own eyes. For that reason we want £ou to inspect our stock of Winter Dry Goods. We will be most pleased to exhibit our stock and value you will find them very interesting. 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Chicago, ‘‘Ce n’est pas possible, dit le shérif. —Comment ! pas possible, clama Michon, avec cette impétuosité qui, depuis quarante-huit heures, rem- plaçait chez ui a peur de tout et horreur des voyages. Pas possi bie ! quand nos hommes ont suivi 850. Ne depensez pas votrear- 72. gentinutilement. Si vous désirez one Montre qui pour tenir le temps sera égale à n'importe quelle Montre en ©r Solide, envoyez-nous votre nom et votre adresse immédiate- ment et convenez de vendre 10 boîtes, seulement, de nos fameuses Pilules Végétales de Nouvelle Vie à 25c, la boîte, Elles sont un excellent remède contre l'impurité et 1a pauvreté du sang, l'indi- gun les dérangements d'estomac, maux de tête, constipation, ésordres nerveux, rhumatisme, maladies particulières eux femmes, laxatif doux, puissant tonique, forces. 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Ils firent le ré- cit de leur expédition dans le fau- bourg de la Nouvelle-Oriéans ; |éléments féroces ou simplement | Que ceux qui ont du | bon sens se rangent de mon côté.’ | coinme quoi un cride femme leuf; vend au détail à 2Oc. le pied courant, À peu près la É clôture la meilleur marché que vous puissiez faire, Ecrivez et | demandez des informations complètes. Employez la clôture de FFT Page pour fermes, ainsi que 80n tissu à Volaille La Page Wire Fence Co., Limitée : Waïlkerville, Ont., Montréal, Qué., et St. John, N.B. emportés que contient toujours un | assemblage d'êtres illettrés ou sau- | vages reprenaient le dessus. II fallut que le magistrat du comté be usât de toute son autorité pour les mr Ga à JE ELU { s Si aemn AVEZ-VOUS VU 100$ PEMES que son neveu, Jupiter se serai t trompé ? (A Suivre) Vous pouvez les avoir pourun dollar. os os ét Te nn, san nest mt rome are ae Doi dome are ét nsc ». F TR 7 LT EE “ p RS nee ee de PR Le ER er ae 22