te na 2 2m LE GRAND VAINCU Suite de la ire Page s'ils ne s'étaient pas lévés pour défendre leurs frères blancs. —Je reconnais le cœur géné- reux de mon fils rouge. L'Aigle- Noir est un grand guerrier, et les ennemis des Français peu- vert compter les vides que son tomahawk a faits dans leurs rangs. Ouinnipeg se redressa fière- ( ment. et cet éloge fit jaillir une flamme de sa noire prunelle. —(Com'nent se porte ma chère fille Sewannah ? reprit le mis- sionnaire. Dieu at-il rendu à ton fils bien-aimé la santé et la vigueur ? —Le grand-Esprit a accordé ses bénédictions a la compagne de l’Aigle-Noir. Quant à mon fils, depuis que tes soins et tes prières lui ont rendu la vie l’an dernier, ajouta le chef sauvage dont Ja voix pritune tou- chante expression de doaceur et de reconnais- sance, 11 est devenu robuste et commence à tendre l'arc. 1l m'a demandé souvent si son père à la barbe blanche ne viendrait pas visiter cette année les Wig- wams des guerriers abénaquis. —J'irai lies visiter dans quatre ou cinq lunes, s’il plait à Dieu. Mais tu sais, mon cher fils, que ma place est avec les gue:riers. Je dois rester ici tant que la hache de guerre sera levée entre ma nation et ses ennemis. A ce moment, les yeux du vieillard tombèrent sur Jean d’'Arramonde. Le missioanaie regarda quel- ques instants avec attention le jeune gentilhomme, puis, quit- tant le ton grave et solennel qu'ilavaiïi pris pour parler au chef sauvage. —Je vous prie d'excuser mon indiscrétion, monsieur, dit-il en adressant à d’Arramonde un sourire bicuveillant. D’après les insignes que vous portez, je vois que vous êtes officier. Or je con- nais tous les braves lieutenants de M. de Montcalm, et cepen- dant il me semble que je n'ai pas encore eu le plaisir de vous rencontrer. —Je ne suis à l'armée que de: puis hier, mon père, répondit Jean d'Arramonde. —AÀh ! c'est donc cela ? —Je suis arrivé de France il y a dix jours à peine. —Vous venez de France, dit le missionnaire avec émotion, de ce beau pays que j'aime sans le connaitre et que je ne verrai sans doute jamais !...Ainsi, re- prit-il après une pause, vous a- vez demandé à l’Aigle-Noir de vous faire visiter les rives om- bragées du lac Champlain ? —Non, mon père ; M. de Montcalm m'a confié le com- mandement d’une petite expédi- tion, et le chef indien m'accom- pague avec quelques-uns de ses guerriers pour me montrer la route et me prêter maiu-forte au besoin —Quoi ! vous allez vous bat- tre contre les Anglais ! —Oui, mon père. Le père André redressa sa haute taille ; son regard s’ani- ma soudain. Puis 1l demeura silencieux et ses mains tourmentèrent sa longue barbe. Le bon mission- paire semblait obsédé par une pensée ou par un désir qu’il n’o sait exprimer. —J'étais en train de vêcher, comme vous le voyez, dit-il en- fin ; mais je crois, en vérité, que les poissons du lac commencent à connaître ma grande barbe. 1ls n'approchent plus de mes lignes. 1l est vrai que je leur fais depuis deux mois une guerre acharnée...Ah ! je m'a- perçois que je vigillis, Aigie- Noir. Autrefois je ne serais Das resté ainsi inactif pendant deux mois. Te rappelles-tu, mon cher fils, le temps où j'accompagnais ‘dans les grandes chasses aux bi- d mess <> — NS = sons Ja tribu dont ton père était le vaillant sachem ? Tu n'étais alors qu'un enfant. À cette 6- poque, ajouta t-il avec un sou- pir, on pouvait parcourir les vastes prairies de l'Amérique et ses grands :acs sans rencoutrer un seul Anglais. Notre nation é- | tait souveraine maitresse du pays et des chasses depuis le Saint-Laurent jusqu’au Missis- sipi !.…. Comme tout cela a chan- gé ! Et comme nous changeons nous-mêmes !....… Assurément, il y a quelques aïnées, je n’au- rais pu rester pendant de lon- gucs semaines à la même place, un roseau à ia main, attendant le bon plaisir des poissons qui, je le crains bien, sont plus ma- drés que moi. 1l y eut une pause de quel- ques instants. —Mon père, dit l’Aigle-Noir dont l'esprit subtil semblait de- viner ce quise passait dans le cœvrr du vieux missionnaire, puisque les poissons du lac ne se laissent pas prendre à tes lignes, pourquoi ne viendrais-tu pas avec nous ? La poudre va peut-être bientôt parler, et si le Grand-Esprit rappelle à lui quelques uns d'entre nous, tu pourrais leur dire les paroles qui ouvrent aux guerriers les prairies bienheureuses où ils chassent éternellement. —Ouianipeg a raison ! s'écria d'Arramonde. Venez avec nous, mon père. Nous aurons grand besoin sans doute de votre ex- périence, et peut-être, ajouta-t il plus bas, de votre saint minis- tère. —Eh bien ! j'accepte, dit le missionnaire, qui brûlait d'envie de suivre la petite expédition. 11 jeta ses lignes et ses filets dans le bateau qu’il poussa vive- ment sous les saules, puis sauta dans la pirogue de Ouinaipeg et vint s'asseoir auprès du gen- tilhomme bearnais. L'Aigle-Noir fit un signal ; aussitôt les rameyrs abénaquis saisirent leur longues pagaiss, et bientôt les six barques glis- sèrent de neuveau silencieuses et rapides sur la surface argen tée du lac. Ace moment, Jean d’Arra- monde sentit une main timide iui toucher le bras. 1l se retourna. Paterne, l'œil triste et l’air piteux, se pencha vers lui et d’une voix mal assu- rée : —Monsieur, fit-il, n’avez-vous pas dit tout à l'heure que nous alliens nous battre contre les Anglais ? —AÀije dit cela ? répliqua d’Arramonde un peu interdit. Au fait, reprit-1l, c'est bien pos- sible, mon garçon. Nous rencon- trerone peut être quelques ha bits ronges là-bas, dans les bois. —Mais, monsieur, je ne suis terne, tu trouveras bien toujours pas venu ici pour me battre, moi ! —Ekh ! sois iranquille, Pa- un arbre pour abriter ta pré- cleuse personne, dans le cas où on nous tirerait des coups de fusil. D'ailleurs tu dois être ras- suré maintenant Si une ballete touche, voici un saint mission- naire qui pourra te donner l’ab- soluticn et te pardonner toutes les erreurs que tu as dû commettre an préjudice des chents de ton ancien patron, nable:s drogues. Cette perspective ne parut sourire que médiocrement à l'infortuné Paterne. 11 fit une grimace significative. Mais son maitre lui ayant représenté qu'il était trop tard peur reculer et, que s'il déharquaait, il risquait ds se perdre et de tomber sous le couteau à scalper des sauvra- ges, le pauvre diable poussa un AR DEUXIEME PARTIE LA GUERRE DES BOIS I CONFIDENCES Jean d'Arramonde béuit le rencontrer le père André. La perspective d'avoir un chef peau-rouge pour unique compa- guon pendant une longue route ne lui souriait que médiocre- ment ; car, bien que Ouinnipeg se fût toujours montré pour lui plein de politesse et de défé rence, 11 y avait dans ses ma- nières un air de dignité froideet de supériorite un peu o”gueil- leuse auquel le jeune Français avait peine à s’habituer. Et puis l’Aigle-Noir était grave, silencieux, et détestait les paroles inutiles. Or Jean d’Arra- monde avait un vif besoin d’ex- pansion, de mouvement, qu'il pouvait difficilement satisfaire dans la compagnie de cet 1n- dien taciturne qui ne parlait que par sentences, entre les len- tes bonflées de sou calume, et qui ignorait jusqu'à l'existence (du grand roi Henri. Les détails que le mission- naire lui donna sur l’histoire de la Nouvello-France, sur les mœurs des colons français ou des peuples sauvages qui l’habi- taient, l’intéressèrent d'autant plus que toutes ces choses é- taient parfaitement inconnues de cette France frivole qui soupçonnait à peine leriche et magnifique empire qu'elle pos- sédait en Amérique. Puis la conversation tomba sur M. de Montcalm et son ar- mée. Alors la voix du vieux missionnaire devint émue, pé- nétrée, enthousiaste. 1] raconta cette merveilleuse épopée qui durait depuis quatre ans et dont le grand marquis était le vail- lant héros. 1l redit ces victoires rempertées dans les vastes soli- tudes de l'Amérique et dont le faible écho était à peine arrivé à Paris, ces batailles gagnées contre un ennemi dix fois supé- rieur en nombre, cette invasion chaque année plus menaçante ct repoussée chaque année avec un bonheur qui tenait du pro- dige, l'incroyable valeur et l'i- ualtérable gaieté du soldat au milieu des privations et des souffrances les plus cruelles, l'audace des officiers, Lévis, Bougainvile, Bourlamaque, et enfin les vertus du général en chef, grand et simple comme un de ces héros de Plutarque dans l'intimité desquels ii vivait, in- fatigable. valeureux, modeste, aimant la France par-dessus tout, demandant chaque jour secours à Dieu, en bon chrétien, se conduisant ensuite en bon soldat et facilitant par son gé- nie de capitaine les effets de cette protection divine. Puis le père André dévoilà avec indignation les plaies se- crètes qui rongeaient cette belle et malheurese colonie ; il fit le portrait exact dn gouverneur, homme honnête, mais faible, indécis, subjagué par les adroi- tes manœuvres de l'intendant Bigt ; il révéla l'existence hon:- teuse de cette société d'’accapa- reurs et de concussionnaires qui ruinaient la colonie et déshono- raient l2 nom français, —AÀh ! dit le missionnaire a- lorsque tu préparais tes abomi- | sec tristesse, si M. de Montcalm n'avait d’autres ennemis que les Anglais !.. Mais croiriez-vous, monsieur, qu'après chacune de ses victoires ii est obligé d'ex- pliquer sa conduite et de s’ex- cuser presque d’avoir vaincu ! Le lendemain de la bataille de Carillon où nos 3,000 soldats se battirent contre 20,000 Anglais et en tuèrent 6,000, M. de Mont- calm écrivit à Paris une iettre soupir et parut se résigner à son | rôle de héros malgré lui. | FIN DE LA PREMIERE PARTIE x tits ui amenée TT qu'il m’à montrée ; et savez- vous quelle faveur il demandait pour récompense de sa victoire ? 1l suppliaitt le ministre de le D CT TT hasard heureux qui lui avait fait | muet rangé M A A REA à de Panne cr Li ÈS CE AN PORN Er (UNSS NE ns Sin nsc das AL, JEDUI LE 24 NOVEMBRE, 1988. Melle Bertha Ledoux RUE. 7, COTE 1 A Ne dit DEPUIS NOMBRE D'ANNEFS TORTUREE PAR LE BEAU- MAL ET PLUSIEURS AUTRES MALADIES. Les Pilules Rouges du Dr. Coderre ont mis fin a toutes ses Souf- frances. Aujourd’hui, guerie et heureuse, elle publie la grande efficacite des Pilules Rouges du Dr. Coderre. . L'anémie — ou en d’autres mots la pauvreté du sang — est une des maladies les plus communes de nos jours. Elle affecte sans exception, les femmes de tous les âges, mais lus particulièrement les jeunes 1les entre 13 et 20 ans.—Etes-vous anémique ?— Etes-vous pâle et votre teint jaune? Vos yeux sont-ils cernés? Vos lèvres et gencives sont-elles pâles au lieu d’être roses ? Votre appétit variable et faible ? Etes-vous fatiguée et essoufflée après le moindre exercice ? Souf- frez-vous d'étourdissements et de maux de tête? Votre cœur bat-il violemment si vous marchez un peu vite? Etes-vous abattue, mélan- colique et faible? S'ilenest ainsi, vous êtes anémique, vous êtes sur la route de la coms-mption, et par conséquent de la mort, Les Pilules Rouges du Dr. Coderre guérissent l'anémie en faisant du sang riche, rouge et pur. Aux figures pâles et jaunes, elles donnent le rayon de la santé, donnent de la vigueur à tout le système, et font de la vie une bénédiction au lieu d’un fardeau. Melle Ledoux dit : “ Depuis plusieurs années j'ai beau- “coup souffert de grande faiblesse et du beau mal. ‘“ Je n'avais pas d’appétit, je souffrais aussi de maladie “ de foie, toujours mal à la tête, faiblesse dans les ‘€ jambes, pas d’appétit et douleurs dans tous les mem- Je souffrais aussi de faiblesse et pauvreté de “ sang. Une amie m'ayant dit que le seul remède qui “ pouvait me guérir était les Pilules Rouges du Dr “ Coderre, je commençai à en prendre. Jamais je ne “ pourrai faire assez de louanges de ce remède, car “ bres. “il m'a débarrassée de toutes “ Maintenant que je suis guérie, je me fais un devoir le MELLE DiR'uHA LEDOUX. el faible jeune fille. répondra absolument écriveznous pour un font la demande. més inaladies, lettres : “de le recommander à toutes les femmes et jeunes Departement Med “ filles malades.” Elizabeth, Montréal. Nous ne publions jamais de térsoignages sans le! consentement de 1: femme guérie, nous ne les achetons | S'il arrivait que vous désiriez consulter pas non plus. Melle Bertha Ledoux, 150 Ste.| douleurs dans la tête, la poitrine, les côtés et le dos, se déplaçant souvent d'un membre à un autre, mauvaise bouche, vertige, constipa- ment et irrégularité des intestins, couleur jaunâtre des yeux et de la peau, mains et pieds froids, palpita- tion du’ cœur, appétit variable, tantôt nul, tantôt dévorant, miI- graine, bourdonnement dans les oreilles, accès de chaleurs, sensa- tions chaudes qui montent à la tête, perte maladies du retour de l’âge, les pieds, les mains, les jointures et le corps enflés, les maladies du foie, des ovaires, chute de la matrice, prostrations nerveuses. les Rouges du peuvent être prises sans danger par les femmes enceintes, elles de sommeil, toutes les Les Pilu- Dr. (Coderre ur donneront des forces et aide- ront à la constitution de l'enfant ; elles ne contiennent xi morphine, ni opium, ni rien de dangereux, les peuvent être prises par la plus N'oubliez pas que nous avons à votre disposition un médecin spécialiste d’une grande expérience dans le traitement des maladies des femmes. une cescription complète de votie maladie, il vous Ecrivez-lui pour rien. 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Le missiounaire se tut quel ques instants, et son regard dé-| vint triste et pensif comme s'il eût comtemple par avance le fa- tal dénouement du grand drame dont la Nouvelle- France etait le théâtre. Puis, au bout d’un long si- lence, il murmura : —$S'il doit mourir, Dieu veuil- le qu’il périsse du moins de la main des Anglais. (à coatinuer) QUERISSE TOUTES VOS DOULEURS AVEC LR Pain-Killer: Qui vaut a lui seul une boite de remedes, Quérison simple sure et rapide des É CRAMPES. de la DIARRHÉE, de la 1OUX, du RHUME, du RHUMATISME, de la NEVRALGIE. Boutellies de 25 et de 50 cts. Defiez-vous des contrefacons. D N'achetez que l’article veritable, celul de 1 Û PERR DAV:6. &ipans Tabules relieza nausr Ripara Tatüîes cure biliousness. Ripans Tabules cure headache. Ripans Tabules eure jaundice cœur souffrait | 4 |a boom to all spectacles wearers Speciacles Spectacles Chas. 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