PAGE 34 La souvenance d’une bonne leçon paternelle! rancis Cyril. le septième enfant de la famille du professeur J. Henri Blanchard et de Ursule Gallant. fut enseignement fort bien intentionné du père. l’innocent bénéficiaire d’un C‘était un après-midi. probablement au mois de septembre ou même au mois d'octobre. pendant la saison et la série des compétitions collégiales du football anglais. le rugby. Le jeune Francis avait onze ou douze ans. et il voulait résolument voir cette dernière partie de la saison automnale. entre les << Welshmen » du Collège Prince— de—Galles et les « Saints >> du Collège Saint-Dunstan. ou avait lieu laditejoute. Le jeune garçon est parti de son école en toute hâte pour arriver à la maison avant le départ de son père vers Saint- Dunstan. Le père. J. Henri Blanchard, ne manquait que rarement les joutes quand son fils. mon frère Elmer. jouait sur l‘équipe des << Welshmen ». Elmer était un très bon joueur. comme l’était d’ailleurs J. Henri Blanchard. L’équipe du Collège Prince—de-Galles comptait beau— coup sur ses prouesses, et périodiquement. il réussissait un franc but pour son équipe. Les journaux en parlaient avec éloges et pour tout cela. je voulais être présent à cette compétition importante. qui devait se jouer vers les 16 heures. J'avais couru en toute vitesse de l'école a la maison. ce qui était pour moi d’une assez bonne distance. Je savais qu'en arrivant. il y aurait. en toute probabilité. un refus. non équivoque qui m'attendait. car. durant la semaine précédente. j‘avais manqué de l'école à cause d‘une méchante grippe. J'étais résolu. tout de même. de tenter mes chances. Croyez-moi. j'étais des plus heureux. Mon père eïi moi—même. nous sommes partis à pied vers Saint“ Dunstan pour assister a la joute. En route. nous avoné. passé devant une épicerie. La fringale me prend et je. demande quelques sous à mon père pour l'achat d’une: barre de chocolat. D‘un ton fulgurant certain et rassurant; il me dit : « Non >>. La réponse était ferme et non équisl voque. Moi. comme un enfant gâté. je boude. Oh! Quelle chance! Je me suis mis ensuite à marcher en zigzaguant avec le dos courbé. Souvent. mon père me disait de marcher avec mes épaules en belle et forte carrure. Mon père n’a: pas fait mine de m'avoir observé. Tous deux. nous nous sommes rendus à la compétition au Collège. La partie était des plus belles! Toutefois. je crois que: la victoire est allée à l'équipe des « Saints ». Francis, Wilmer et leur père, le professeur Blan— * chard, après une joute de rugby entre le Collège I Prince—de—Galles et le Collège Saint—Dunstan Et comme de raÎSOU. m0n père m'a bien refusé de La rentrée au bercail s‘est faite sans les gesticulations ——g prime abord. Mais moi de mon côté. j‘ai continué à du départ. Arrivés à la maison. la leçon du père Æ quémander. Pour lui. c‘était toujours le refus. À répéter s’est faite en bonne et due forme. Le professeur mes demandes. finalement. mon père a cédé. ll me dit laisse entrer le jeune gosse en premier devant lui. :9 alors, va demander à maman. Ma mère ne voulait abso- Une fois dépassé le seuil de la porte. le père grimpe Q lument pas. puisquej’avais été retenu à la maison toute la l‘épaule du jeune Francis. le tourne de bord et lui semaine d‘avant. Mais. vu le succès que j‘ai réussi avec dit d’un ton menaçant et autoritaire : « Mon fils. i! mon père, j’ai persisté dans ma requête. Hélas! Victoire! ne fais jamais plus de pareilles démonstrations Ë Ma mère a fléchi sous mes insistances réitérées et m’a avec moi », Il m‘a pris complètement par surprise. g dit:« Oui.vas—y, mais si tu retombes malade. par la suite. dis et la leçon me fut fort bien transmise avec toute U.— à ton père. que ce sera lui qui aura la tâche de te soigner ». l‘emphase qu‘il me fallait. * LA PETITE SOUVENANCE 2007