de la vallée dela Seine, où il y. | Ë . AT Union Jjait la Force? 3 LA CIE. ee Ré DE L'IMPARTIAL, PROPRIETAIRE. A de G. BUOTE, RÉDACTEUR. F J. BUOTE, GÉRANT VOL. 1. NO. 32 TIGNISH, ILE du PRINCE EDOUARD, JEUDI LE I2 SEPT 1901. | + D'ANNÉE Deux Voisins ot sq nn, Il y a des braves gens partout. Le jour où 1ls s‘aimeront les uns les autres, au lieu de s'‘ignoreret quelquefois de se méconnaitre, le monde n'en ira que mienx : ce sera vraiment le règne de la gra ce.” Ainsi soit-il ! M. Matruchot, censeur honoraire des études au lycée Charlemagne était venu prendre sa retraite dans le village de Courteron son pays natal]. Le petit village de Courteron est un des plus jolis en à de charmants. La Seine, encore jeune y est tonte claire et souriante bordée de vieux saules et d'‘une longue file de grands peupliers. Les prés sont verts et peuplés de vaches, rousses et blanches, qui donnent de bon lait ; les coteaux, couronnés d'une ceinture de bois où le liè- vre abonde, sont piantés de vi- gues qui donnent de bon vin Les habitants ont l'humeur franche et joyeuse ; ils conser- vent quelque chose de la bonne simplicité d'aatrefois. M. Ma. truchot n'avait plus de parents à Courteron mais souvenirs d'enfance l'y rappelaient. 11 voulait mourir où il t né ses etal Son père et sa mère étaient en-| x terrés côte à côte, cer vaient vécu, dans le it cime tière derrière l’égiise ils gar- daient auprès d'eux ne place pour leur enfant. En attennant d'al! les re joindre, M. Matrauchot tenait, disait-il, à passer ses derniers jours dans leur voisinage 11 vint donc s'installer à Courteron, dès le lendemain de la distribution des prix, le 2 août 1892, accompagné de son fidèle domestique Joseph, en ieux serviteur. Joseph, n'a- vait pas voulu, il n'aurait pas pu se séparer de pour lequel il épronvait autant d'amitié que d’admiration.. Quand Joseph avait dit : “mon- sieur Matruchot”, il avait tout. dit. M. Matravuhot était pour Jui la loi et les prophètes, la, science et l'autorité : bonté | aussi : car ce vieil universitaire était uu homme très bon et très doux, sous des apparences un. peu froides. 1l ne déplaisait poiut d'ailleurs à l'honnèête Jo- seph de se retirer à ! gue. 1l savait faire un peu de! tout, même la cuisine. les poules et les “Monsieur”, tailler arroser ses flsurs, épousseter ses livres, jouir d'une Jolie chambre au soleik levant et péch:r à ligue le iong des prés : demandait pas plus pour être content La petite maison de chot était propre et avec un gentil jardin donnant sur la Seine. Ce ternelle où les sisns avaient vé- la a Ccampa-| Qi: Ÿ Hieveï] de arbres, lapins St S la li n'en « At ta . Matru- souriante, tt tite MAISON pa- cu, M. Matruchot s'était plu à l’arranger un peu, tous les aps, Le “ avaut de venir y demeurer 1] l'avait agrandie et embellie, fleurie surtout, en ajoutant nn parterre à son potag 11 ai- mait les fleurs, après avoir aimé hom— les entants, cet excellent ai EL , € est aans ce mc. me lis a— son maitre, | [dure parfumée que M. Matrau- chot comptait terminer douce- ment sa vie, la vie d'an sage, et jouir des bienfaits de chaque saison : l'hiver, fumant sa pipe ‘auprès du feuets’intéressant de (très loin à la politique ; —le printemps, voyant s'ouvrir les Jeunes pousses ; —l’6t6 rêévant ou dormant à la fraîcheur et au murmure de l'eau courante ; — l'automne, regardant s'éteindre !les soleils couchants, derrière le rideau, noyé d'or des grands | peupliers ; —le long de l’année 'relisant tour à tour Horace et | Voltaire, et, par une dernière piété envers Lhomond, appre- nant “rosa“, la rose, à quelqu's gamins. Vous ai-je dit que la maison ide M. Matrauchot touchait au presbytère et que son jardiin In‘était séparé du jardin de M. Île curé que par une haie ? On [n'a pas encore chez nous l‘habi- itude des murs de pierre, qui ont, du reste, méfiants et dis- [coartois. On vit un peu jes |mns chez les autres, ce qui ne | veut pas dire les ans sur les au- On se voit, et on se cause volontiers, entre voisins, par ta | S | } l ? itres. dessus les haies qui ne sont pas | jhautes. Cela fait les relations plus agréables, les après-midi moins longs et la vie plus douct Les premiers rapports de M de M. je caré ne laurent pas tout de suite, trèg fa. imiliers. L'abbé Socard était | ponrtant un excellent prêtre,un Le aint homme et un brave hom- lime. De bons yeux clairs, tou- Jours avénants, donnaient une Matrnchot et grande expression de douceur à 1] était de maniè- \res parfaitement polies, n'éle- |vant presque jamais le pas, et {SON VIsage. } © / {marchant de la même «allure, | paisible et grave, sauf quand il |y a avait un service à reudre on un malade à visiter. { Au rebours de ini, sa servante Divine, Mile Divine, —ou Ludi- vine, si vous aimez mIeux.—une petite femme de cinquante-cinq ans, toujours en l'air, était vive comme la poudre, affairée eom-- me une mère poule, et n'était pas muette comme les poissons. ! On n'entendait qu'elle dans le jardin, lorsqu'elle y était pour! arracher une salade on cueillir! On l’entendait même encore lorsqu'lle n'y était plus , car le bruit de sa voix ar rivait de la cuisine ,soit qu'elle grondât M. le curé, qui était charitable comme saint Maïtin, pour avoir fait l'anmône à des vagabonds” à des ‘’“amps-vo- lants” ; soit qu'elle tât en grande conversation avec Îles deux reii- gieuses du pays, la soeur Eloi et la soeur Maximin ; soit qu’- ‘ses ‘‘ haricots. là Mile Divina elle-même, qi | fat suffoqaés par ces ‘obicrva |tions”. Elle n'en tint, comme ds jaste pas Île moindre compte, et elle envoya promeger le bou Joseph ‘avec nn “De quoi je me mêle ? des plus expr ssifs,cn le foudro yant de ses Et voilà la guerre allumée, on peu s'en faut, pour quelques fausses notes ropéen” Le ‘‘vouccrt er- a été parfois troublé pour anssl pen de chose. medi, veille du dimanche, fête de l’Assompticn, Mile Divine, comme si rien de rivu ne s'était passé. —elle oubliait volontiers ses torts envers les autres sans pardonner aux leurs aussi chré- tiennement, —Mile Divine elle- même, après avoir pour Ja forme à ja porte d à enfila le couloir y attenant dé. vala dans le deux on tiois jeanes paysannes qui portaient de grands cisea et de grands paniers n'essaya pas d'arrêter ceite vasion,—elle Jui sur le corps, —+ de D PE t cr Ten SUIVIT jardin, ux in- aurait passé il recala, mais il voulut au moins en savoir ja cause. — Monsieur Joseph, lui ra Mile Divine, cfest demain fête de l’Assowr'ion. nons, les ‘‘filles de Maria” et moi Nocs ve 13: cueilir des fleurs chez vous pour notre auiel de la Vierge. Vous n'êtes pas sonrd ; vous avez té és A 2 iv Q » Eve me l'oreille un peu ter ce qu'il parait... Vous m'aviz eu tendue, vous m'avez comprise... de la part de M. le enré, qui‘le remercie. Nous elons aussi #t Dons vous remer-— cierons encore ous I1emer- tout à l'heure, …. Conduisez nous, —Mais, mademoiselle cria Joseph, qui temait, en jardinier, aux fl:urs de sont tre. —iln'ya pas selle, répliqua Divine. on vous dit qua c'est demain ! 4 G. LE de mademoi- Qaard Vous un paien, que je pense, et vovs n êtes y a beau temps Dites nous des fleurs de M. Matruvhoi. ne vous mangerani vors voire…..…..jardin...., D:pêchez vous M. Matrachot était jastemeft assis au bout de son jardin. 11 un n' recouuut aussitôt Ja voix, ie t; Ii ora1 peu plus pereante qu'à ar vap venir à sarencoutre. —Toni ce que vons voudrez, elle ciquetât d'un bon bec, avec des voisines ; soit enfin qu'elle chantàt, sur des notes aigues, un cantique qu'elle gloussait, tout en épluchant ses légu mes. Le son de sa voix ne déplaisait pas trop à M. Matiuchot, qui é- tait patient, — mais elle agaçait l'honnête Joseph qui se piquait 1: : ’? à à ec É n L AFOIr 1 orei te et QUI L A41- mait pas les cantiques, hors de DR RS tn nn de sa: ; 1] i eégtise, plus 11e GC raison. 11 !se plaignit à M. Matruchot, qui ne voulut pas se plaindre à l'abbé Socard. 1losa se plain- un jour, par-dessus ia haie. |mademoiselie, tont ce que vous | voudrez, lai ditil des |mable. Heureux d être gr | ble à M. le curé et d: contribuer à l'ornement de votre égii.e. | — Merci (trachot. | pas aussi 1d uigand de domestique on a!r a!— E a bien, monsieur Ma- regardant que votre en gra ja: — . — Joseph n'est pas un ni 1 { ik etilest à prinsz mon dom - que, Divine, ri posta M. Matrachot, fäché,et qui rederint mademoiselle nn ) un iustaut 1 [suit e à la SR: par yeux farouchs | Le 14 août, qai était un ra! carilionné) M. | Matruchot, ouvrit cette porte, Joseph! M. Matruchot est il là ? Je viens quand ce sera fini, puisque vous. allez nous conduire et nous aider j'Assomption et qu'il faut fleurir. | Notre-Uame. pas ! avez été baptisé, comme moi, 1l. sealement ce qu'on peut conper : On naire, de Mlis Divine, et H se le-\ Au moins, vous n êtes Î GO0D ADVICE { Î | a | _ The following dialogue was heard a few days ago in one of our neighboriug | settlements. Read it'— Pat—"‘1lello, Peter !” | |. Peter—tPel-oh oh-oh-ho, Pat.” ( | Pat, Why Peter, that's a terrible | 1 | | | congh you hive.” Peter. “1! know. ft's killing me Pat.‘ | } Pat. “Why don't you get something | [to cure you ? | | Peter KSure I have tried all the cough } {medicine on the market but they did me | no Kuou, Pat. Why dou‘t you go to the docter ?! | Peter, Well, I interded to go, but! | Barney called over to see me last night | jaud told we notto bother with any of! | them ? | Pat, Why was that, Peter ? Peter, * Well, be says last spring when | Margaret was sick she had alt the |tors in the place to see her, and the de‘il | {the bit she was the better of them. | Pat And will you tell me what cured| | her ? | +. "4 o talx about this MacDONALD'S DRUG | e medicine for | n | STORE keepiug very fin {man or beast, and he started at once to! sec Mr. McDonalds. himself, He gave bim twe bottles of MaeDON ALD $S AN ODYNE PINE EXPECTORANT, which only cost him 25 cents apiece, This cured her completely. Pat, Weli ! Well ! that was cheap Peter, Yes aad he says if he had gove | to McDoruald's Drug Store and got this medicine in the fir-t start he wouid have | saved over 850 that he had paid out for | doctors bi']s and medicines. Pat Dear, oh dear ! My, vuh my Peter, | would advise you to go to Sum- | merside and see tiat man at once! Peter Well, Pat, [ witl go to see him this day with-£the hop ofthe Lord as] the old horse. Good bye, Pat. | Pat, Goced bye, Petrr. | P.S. Pat—-Hoy! Hi! 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