ere ee Ed re es ce raliéense me LS SE en ee ed là im —— es an Le Geant Beaupre S'EN RETOURNE DANS LES PRAIRES pu MANITOBA OÙ 11, KEST NE Le géant Beaupré a quitté Mon- tréal pour aller s'établir au Mani- toba. Ily a deux ans, Edouard Beaupré arrivait à Montréal, igonré pauvre, sans amis. Quelques heures après son arri- vée Jr télégraphe annonçait aux quatre coins du pays que l’homme le plus grand du monde était à Montréal. . On n'oubliera jamais l’impres- sion que créa le géant parmi les garçons de l'hôtel lorsqu'il arriva de Winnipeg dans le train de mi- nuit. Edouard, qui mesurait alors 8 pieds et % de pouce, sortit de l'omnibus et ouvrit timidement la porte. Il faisait piètre figure avec sa cu- lotte un quart trop courte, son gi- let dont le bout des manches lui at- teignait presque les coudes et son chapeau informe, produit sans dout: de quelques chapeliers ha- biles des districts ruraux de l’Ouest. Debout, dans l'encadrement de la porte, Hdouard Beaupré semblait un ogre meneçant dont on aime à lire la description dans les contes ingénieux des fées. Les garçons d'hôtels, fatigués d'une longue journée de travail, é- taient tous réunis autour de [’ im- meuse foyer de la salle d'entrée. Les pieds étendus sur les chenets, ils é- changeaient dans un gai babillage, leurs impressions de la journée lorsque soudain la porte s’ouvrit. Une bouffée d'air glacé saisit d'a- bord les garçonnets, puis, la haute forme éu géant parut dans un tour- billon de neige prenant à leurs yeax épouvantés des proportions gigan- tesques. Ils s’éclipsèrent comme par euchantement, les uns sous les comptoirs, les autres un peu par- tout . Beaupré qui était arrivé à Mon- tréal sur les sollicitations de M. El zéar Fortin, hôtelier, n'avait pas uu sou dans sa poche. Le lende- main il palpait le premier billet de $5,00 qu'il avait eu dans sa vie. Depuis lors il devint célébre. Il fit une tournée retent issante dans la Nouvelle-Angleterre et épata les sudits américains, si bien qu’on lui fit des offres incroyables. Une millionnaire s’agenouilla devant ses bottes de 21 points et lui offrit son cœur. Edouard refusa net. Mais, comme le sauvage qu'on enlèverait à ses forêts pour l’ame- ner dans des mondes éloignés et inconnus, s’étiole par suite de l'en- nui et des découragements de son âme, ainsi Edouard fut prit d’une nostalgie qu'expliquent ses vingt et un anus. Il pensait à sa mère, à ces plaines immenses et fertiles de l’ouest, à son ‘‘ranch,’’ et sou- tout à la belle et jeune institntrice de là-bas, avec laquelle il entrete- nait depuis quelques mois une cor- respondance effrénée, précurseur d’une longue fugue prochaine. La semaine dernière, Edouard, qui maintenant est vêtu à la façon des gentlemen canadiens, annon- çait à M. Fortin, son ami, qu'il avait résolu de s’en retourner au pays. Il abandonnait <ette vie mouvementée qui l'avait enrichi, pour reprendre <es nippes d’autres- fois et revivre dans l’atmosphère embaumée de 14 famille. Edouard Beaupré est parti hier pour aller cultiver sa terre au Ma- nitoba. Ila amassé durant son court séjour à Montréal, la somme de $9,000 avec laquelle il se pro- pose d'acheter une bonne ferme et tout le roulant nécessaire. Ila grandi d’un demi pouce et sa tête a grossi d’un quart de poiut. Avant sou départ, il a donné une exhibi- tion de sa force. Au moyen d’un harnais il a soulevé d’une main, un cheval pesant 1,409 livres.—Ze Courrier de Montmaszny. | Southern Pines MoorE Co., N. C, a — Le Dernier Jour de Decembre ——_J x ————— Jeunes enfants, où courez-vous ? Que cherchez vous donc par la rue, Dans la neige jusqu'aux genoux Trépignant de joie inconnue ? Vous vous jetez sur vos traîneaux Sillonnant le frimas qui crie, Bondissant comme des agneaux Sur le gazon de la prairie. Que respirez-vous donc dans l'air ? On voit à travers vos fourrures Sourire aux frissons de l'hiver Vos fraîches et douces figures ; Et vos regards n’arrêtent pas, Tout le charme les intéresse, Que se passz-t-il ici-bas ? D'où vient ce souffle d’allégresse ? Sera-ce un rayon de printemps Dont Dieu réjouirait la terre Tout exprès pour vous, chers enfants ? Enfants, d’où vient donc ce mystère ? Jetez autour de vous les yeux ! Voyez, c'est la même tristesse ! Le monde n’est pas plus heureux, Et le même souci l’oppresse. L'homme reste sombre et rêveur, Plein des affaires de la vie, Traînant les chaînes du labeur Où l’existence le convie. La ville est la même qu’hier Et malgré ses grands airs de fête, Souffiant, sous le froid de l’hiver, Le pauvre courbe encor la tête. Le vieillard n’en est pas plus gai, Ce jour même ajoute une ride, A son front pâle et fatigué ! Son sort n’en es! pas moins rigide Dites, enfants, quel est ce jour Exempt de larme, exempt d'orage, Qui dans un horizon d'amour Se lève en saluant votre âge ? Réjouissez-vous, profitez-en, Il est pour vous plein de promesses, Chers anges, c’est le nouvel an, C’est le jour des grandes caresses. Oui, préparez-vous-y, chéris, Par des gaîtés folles et pures, Dominez de vos joyeux cris Les misères et les murmures. Et quand à son dernier soupir, A l'heure où la nuit solennelle Ouvrira, fraîche, à l'avenir, Sa tremblottante et rèveuse aile— Décembre dans les bras du temps Engloutira ses débris sombres, Alors, anxieux, palpitants, Enfant, prêtez l'oreille aux ombres ; Ces ombres dont vous ont parlé, En souriant, mères, marraines, Qui viennent du C'el étoilé, Traînant un char chargé d’étrennes. Puis elle rempliront vos bas De bîjoux, bonbons, mille choses Que toute la nuit, sous vos draps, Vous verrez dans des rêves roses Ainsi l'imagination Vous fait voir la nouvelle année. Tendre fleur ce l'illusion Hélas ! ponrquoi t’'es-tu fanée ! Je voudrais rebrousser chemin, Revivre en ce temps éphemère, Où de la veille au lendemain. Je poursuivais quelque chimère. Mais je suis au temps du réveil La réalité se dévoile, Et je vois au lieu d’un soleil Vaciller une pâle étoile. Chaque an qui passe sur mon front Lui donne un baiser de tristesse Enlève un rayon au fleuron De ma fugitive jeunesse. Mais que dis-je ! non, n0n, je veux Te saluer quatre viugt-ouze ! Dans tes longs plis reçois mes vœux ! Que tes plis soient d’or ou de bronze. Puis aux êtres qui me sont chers, Que ces vœux te fassent sourire, Que de bonheur soient tous les airs Dont pour eux vibrera ma lyre ! J. W. PorrRaAs L'IMPARTIAL, JEUDI, LE 81 DEC. 1908. SOME SPECIA } Notice All parties indebted to the late Peter Mclnnis, testate, Sea Cow Pond, are hereby notified to pay at onceto Chas. Dalton, Tignish. All bills against the said estate The most delightf ul climate for a! Home or Winter Resort. | Only sixteen hours from New York. Write to Board of Trace of Southern Pines for booklet, hu. must be fyled duty attested on or before April 22nd. 1904. CHAS. 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