L'EMPARTIAL AGRICULTURE. LE JOURNAL D'AGRIOULTURE Le Journal d‘Agricu'ture est trè: important pour les ceultvateurs. C: journal qui est sous 'e pitronage da gouvernement es! tiré à30,000 exemp- laïres etenvoyé à tous les membres des cercles agricoles de la province, ii est très intéressant, bien fai!, remp i d'expériences pratig23, de cons°ils utiles, de recettes pré.ieuses, en un mot, ce journal est indispensable à | tout cultivateur. L':p"récie-t on à sa juste valeur ? Chez plusieurs cultiva- teurs, oui ; chez plusi.urs autres, non. Combien de cultivateurs conservent ils la fil: de ce journal pour le fair: relier plus tard et avoir par la de beaux volime: remplis de conseils, d s recettes les plus utiles ? Fort peu, si l‘on en jnge parle peu de soin que UN ERMITE Combien d: nos lecteurs savent qu'il yaun ermite qui vit à qu'/ques arpents d'eux P Il rêside dans un p:tit vallon, à mpit.é chemin entre la résidence de M. John K. McQuesten et la rivièce Merrimack, quelques eentaines ce pieds rord de la ligne de Bedford Il s'apelle L:vi C Idwell. Sa demeure est au:si primiive que celle des patri:rches des premiers temps. Elle a six pieds et demi de haut sur environ dix pieds carré. Il n’y a qu'un signe qui ind que que là vit un être humain. C'est uae feuille de truyau qui soit d’un des côié: de la masure. Cet homme par:î. avoir no peu plus de soixante ans E est d’ure grandeur et d’une grosseur moyerne. Il porte toute sa barbe, mais 1: est tré; LA VISION On amena, Le soir du 21 dé- cembre 1870, à l'ambiance du Grand Hôtel, un officier qui a- vait été blessé, le matin, à l'at- taque du Bourget. Une balle Im avait brisé le genou. [l souffrait horriblement mais, vieux soldat qu'il était il se contentait de mordiller sa lèvre inférieure et un peu sa barbiche, Lorqu'on le descendit de Ia voiture d’am- bulance pour le transporter ‘dans un lit, il dit froidement ‘aux hommes qui le portaient et dont chaque mouvement eût di fui tirer un cri, tant sa blessure | était doulourense : l Fâch£ de la peine, les amis, mais il faut bien avoir recours aux bras des autres quand on n'a plus ses jambes à soi! On le coucha sur ün lit 1 enleva lui-même sa tunique, lots de 1870, attristé ; La Prusse aura son heure! C’est pas toujours les mêmes Qu'auront l'assiette au beurre! Merlier n'était pas depuis deux heures au Grand Hotel que le chirurgien lui dit que ka blessure reçue nécessiterait l’'amputation; il regarda fixé- ment le docteur et lui dit ; Il n’y a pas moyen de me sau- vez cette jambe ? J'ai un fils au colkége, il me faut l’élever, et je voudrais bien n'être pas mis à la retraite et aux impotents. C’est impossible, dant. Notez que j'aimerais autant en finir que de me voir forcé de me trainer comme un escar- à La fois gamin et y . | got avec un pilon comme sou- pied. L'os est broyé, mon comman- dant ; nous serions impuissants COmMAIL- Alors, il se dit qu'il voulait au moins voir son fils et l’em- brasser. li n'avait pas voulu, jusqu'ici qu’on dérangeñt l’eu- fant, qu'on l'attristât déjà. Maintenant, il le fallait. El de- manda un capitaine de son ré- giment, Lavoine, un vrai soldat, esclave de la discipline et de l'amitié. Lorsque le capitaine fut à son chevet, Merlier lui dit en lui | tendant la main : Ecoutez, il y a à Paris, au ] collège Chaptal, un garçon il a | dix ans, que je fais éiéver là. Ma femme étant morte jeune. le | pauvre petit n'a jamais été bien _dorioté. Mais c’est un brave en- | fant et je met trais ma main au feu qu'il sera un homme. C’est à vous que je confie son éduca- tion, le soin de lui apprendre que je ne boudais pas au feu et le souci de lui conserver les de ta petite main science, par le travail, par la force ou le droit, à la patrie Sa grandeur, reviens alors frapper devenue forte sur la pièrre ou je vais dormir et dis-moi quatre mots seuls, mais dis les: ‘Le revanche est prise !” É Le commandant Merlier pro- nonça encore quelque mots que l'eufant seul entendit. - Debout, l’ofHicier prussien 6- coutait cette voix sépulcrale qui semblait déjà venir d'outre tom- be, pareille à une voix de pro- phête, et il lui sembla, dans une hallucination qu'il attribua plus tard à la fièvre, à l'ombre de la nuit, aux fantomes produits par les vei!leuses vacillantes, il lui -sembla qu'il voyait cet enfant grandi, menaçant l'épée au poing et marchant d'un air ré- solu, et agitant son glaive, vers un grand fleuve immense, le ‘vieux Rhin”. dont l’eau verte | quatre sous que je laisse après | moi. Je puis compter sur vous, : Lavoine ? is Le capitaine sera la main de À VOUS SAUVET Si VOUS VOUS re- fusiez à l'ampni:tion. C’est bon ; charcutez ! On lui proposa de l’endormir chauve. I! s'habille comtortablement ; comme un homme qui est supoosé vuvre et faire la chasse dans les bois Il a dans sa cabane tout ce qu'il lui | son gilet, dèfit ses hreteiles, | mais arrivé au pantalon, les | forces lui manquèrent : Non, c’est impossible! dit- }‘on apporle à la conservation de ce juurnal, A-t-on besoin de papie: pour envelopper un piqre' que'conque, vit? mugissait au loin. Illusion, sans doute ! L'enfant, à genoux. les lèvres à le journal d‘agricuitur: est sacrifie. Les enfants ont ils besoin de papier pour recouvrir leurs livres d'école, leurs cahiers, ils out encore recours au journal qu'is découpent sans pitié. Croyez-moi, cu'tivateurs, c‘est mal cela, vous ê:2s dans un temps ou vous devez nécessairement vous instruire pour arriver au suc às, VOUS avez à votre disposition dans le j urna! d'‘A- griculture une vé,itab'e min: d'instruc- tion et vous la gaspill z ; °s‘ ce bien sensé cela ? Pensez y sé:ieusemert et veus verrez que j‘2i raison. MOYEN D'ENLEVER LA ROUILLE Pr Pour dérouiller les objets en fer ou en acier, lisons-nous dans “Cosmos on commence par erl.ver touts tache de graisse avec un linge propre bien faut pour mener l4 vie qu'il a adop'ée, Son lit est à mê.ne la maisen, c'oué au lambris. Ila un pcele, une petite table, quelques tableites q'ril a faites lui-même .Il n’a pas de chaise. C'est là tout ce qui compose son mobilier. Suspendu au toit, en face du Lit, se rouve le drapeau amé icain. Le seule chose qui puisse passez pou: une i- | mag? est un c2rlificate de renvoi hono- rable du service militaire de l'Etat. M. Cz2ldwell faisait partie de la compagnie G. du seizième régiment voloataires du N:w Hampshir:. I!a pris part à tous les engigemen s ou s'est trouvée cet:z comp gni”. Jiest né à N:w Bos'on. Durant 15 ans, il a vécu à Mapcheiter ; et depuis ua an il réside ou il est maintenant: Il préfère la vie tranquille qu'il il. Et ïl s’abandonna aux firmiers. | I s'appelait Merlier, Il avait quarante-cinq ans. Il était commandant d'infanterie de ligne. Dans sa vie cet homme avait vu souvent a mort de près et senti passer sur le froid du fer ou le sitlement de la in- baile. Il n'avait jémais été bles-. sé. En Italie, au Mexique, à Wissemboure à Fræschwiliér, 11 eut dû rester cent iois sur le carreau. ‘C’est une des plus belles chances de soldat qu'on puisse rencontrer, disait-on de lui au régiment: pour tant de campagnes, pas uie égratig- nure |” Le commandant Merlier avait avec une poignée d'hommes, avec du chloroferme pendant l'amputation ; le commandant se mit à rire ; * Vous me prenez donc pour | un poulet ? Il regarda, pâle. mordillant ne cigarette de laquelle il ti- rait de temps à autre une bou- fe, il regarda l'opération, cette jambe tuméffée qui était la sienne, ces instruments posés sur le linge blanc, ces aiguii- les, cette charpte posée en bour- dounets, et ce chirurgien qui, plus ému que lui, préparait toutes choses, Durant l'opération, ilne pous- sa pas -même ul soupir, Mais quand il vit ce moignon sang- lant, cette cuisse d'ou s’échap- pait un sang noir, et dont les chairs semblaient palpiter, prises Merlier. Il avait les larmes | dans les yeux. Le mourant sou- | riait, :_ Aïlons, dit-il, je vous remer- | cie mon ami. Le lendemain le commandant, qui s'affaiblissait de plus en plus. demanda à voir son petit CGreorges. On amena le collégien tout ému dans le dortoir de mori- bonds : c'était un enfant pâle et triste, l’air sérieux et bon. Le ! commandant l'embrassa. Ecoute, (Georges, dit-il, j'ai attendu de te voir pour mourir. | Oui, je vais n'en aller. C’est fini, tu ne me-reverras plus. Mais tu m'aimeras, mon petit | Georges ? Je t'ai beaucoup et bien aimé moi! Oh! dit l'enfant, retenhnt ses sur la main froide de Merlier, pleurait, immobile. Quant au commandant, il é- tait mort. Pour nous, hommes d’une €- poque de transition, d’expiation et d'une génération sacrifiée, ce vaincu qui venait d'expirer re- presentait la France d'hier; cet enfant qui priait ce vengeur prêt à grandir, personnifiait la France de demain ! JULES CLARETIE. SENTIMENTS D'UN PRO:ESx- TANT SUR LA CONFESSION La vertu, l. justice, la morale doi- vsat servir dé hase à tons les goav:r- aements. Ii est impossib/o d'ét :blir la vortu, la fus'ice, Ja morsl: sur des bases tint sit peu s..1 des, sains le tri- 1 r DO a , AAA or saher sec, pui: on les frotte avee une krosse trempé: dans ure solution préparée de la manièr: suivante : On dissout + 3oo grammes de chlcrure d’étain dans sanglots, tu m'as aimé si bien que personne ne m'uimera plus comme ça ! Ne dis pas cela fit ie comman- d'un frémissement nerveux tan- dis qu'on les recousait en recou- vrant l'os blanc, et coupé avec | 2 lambeau de eair qui dépas- bunal d: 1: péaitence, parce qe ce : Ë tribunal le p'asredoutable d: toiles _ "ON tribunaux, s’'empire de 1: conscience: : des hommes et ia d rige d'une min'éce . défendu une des dernières mai- sons de Reischofflen et arrêté l'élan de la horde prussienue acharnée à la poursuite de lar- mène à toute autre. Il s’es! marié deux fois, et ne vu: pas tenter la for” tune une troiséige. Sa deuxième fem me est morte d:us le Vermont, i ya 0 ; un litre d‘eau ; on verse ensuite cette : ; £e vaincue ès Bed: sait, il hocha la tête et dit: 1: à ; quelques mois. mée vaincue. Après Sedan, sait, il hocha a tête et dit: dant. Fa plis effisac: q''aucun au‘re tribunal. solution dans un autre contenant 2gr. | honteux et furieux de cette infirme, va! Et, Montrant le capitaine La- Le. ve LS SL Li 5 d'acide tartriqe dissous ans un DU SAVOIR-VIVRE capitulation lâche, Merlier, a- Au moment ou on le transpor- | vole : , PEER RTS" ment aux Gath.! ques romcias JE est impossib e d'é 1bil: le tribunal d: la pénitencs sans Îl1 éroyance ré lle, Tiens! voilà quelqu'un qui me remplacera: respecte-le et obcis à ee qu'ii te dira! tait dans son lit, un officier prus- sien, pâle, élancé, un lorgnon à ? £ 7 , 2 l'œilet le bras en écharpe, en- près avoir trépign< dans la boue de cette ile de la Meuss ou les Allemands avaient’ parqué nos litre d'eau, et f:2lement, on ajoute 20 cen'imètre cubes d'une solution NÉE eau On a déjà peauc :up écrit sur ce sc- FT * a. de TR OO NUE OR RUN CE DEC CET") een on 9 D DR avec un linge sec : on rendra le poli au moyen de sable et de rouge. FIRST :RIZE ! My Welliiston Boots took | took FIRST P ?IZE atthe | P. COUNTY Exhibition, si x Fa ul TN Our Goods are UNEXCELLED. Harnesses, Boots and Shots, at CUT PRICES J. Albert BRENNAN, Tignish, P. E. Island. M Rire -, un triste sire, passe pour prêter la main aux cascades de son épouse. On en causait. --Le ménage, fit quelqu'un est bien simple à définir. La temme à une con- duite louche. Ils habitent une maison borgne, et le mari fait l’aveugle, Entre ouvriers : —Què qu'tus, Polyte ? T'as l'air ‘‘ tout chose ! ” —d'al.-.... que j'ai la migraine. — L. demie ? C'est sien, pourvu que _t'attrape pas la grand ? - La grande ? $ — Oui j'ai uu camarade qu'en est mort. —He qui ? De 1: sr nd'gruie lHgangrène). me STANDARD FAC4I0N CATALOG now readv for #: : 1 Winter of 1592 A: dou ves—over 1! cegant_ illustrations, POLE te PRE ne er + à nd rm savoir-vivre, particulier ; il n’e-tjoint le même pour l'adolescent que pour 1: vieillard, pour le j:uñe homme qre pour la jenne fille. Ce qui serait chez les uns la plus haute expression des usages da monde, deviendrait un grassier manque de politesse ch:z les au'res. Ilen est qui affirment que ‘e savoir- vivre vient du Cœur et n’a pas besoin de rè,les ; c'est une eïreur. Pour bien des personnes peut ê.re, une certaine dos: de tact, de bon sens, et de cœur pourait suppiéer à la connaissance de ces règles, ces trois qualités dic tant en quelque sorte ce qu’on doit faire, et ne perme t:ntpas Ce man- quer positivement aux usag”s. Ce se- rait alors du savoir vivre inspiré par le sentiment. Mais comme il n’est pas donné à tout le monbe d’avoir du tact du ben sens et du cœur, —trois qualités éminentes qu'on trouve déjà assez rarem:nt isoltes, pur ne pas oser es-érer les trouver souvent rêu aies,—il vaut mieux s'astreindre à suivre lis résies. D'autant plus que le meill:ur coeur du monde n’appren- dra jamais à distinguer quel cô 6 choi- sir en signe de remerciement. De la politesse, Véltaire a dit : La politesse est à l'esprit Ce que là grace est au visage, Et La Bruyère ajoute : “11 faut- avoir des qualités bien éminentes pour se soutenir sans la politesse. ‘ LPqolitesselrenferme toutes les ver tus sociales , elle est de rigueur dans les relations de socié 63, d’affaires, dans tous les rapports de la vie, Sans elle toute communication permanente avec nos semblables devient impossi- ble. C'est elle qui adoucit les mœurs,, eratêche les querelles de paîire, calme souvent les irritations et les haines en les forçant à se coutraindre, à s’é.ouf- fer ; c'est elle qui nous fait aimer de nos inferieurs. E'le simule la bienveillance lors- que cette qualité, par malheur, nous fai: défaut. La politesse n’est ni une quali'é ni uae vertu, c'est un talent que nous de vons acquérir, et incupluer à ceux qui sont placés sous notre direction. Il y à des hommes de génie qui ne sa- vent pas se mettre en ayant et qui res- tent là comme valeurs perdues, si per- sonnne ne les pousse : et il y a des sots qui, ayant Je génie de l'intrigue, ar rivent au premier rang, et, une fojsià, eu ssvent plus que sotte Re ES ne née à 2e he * ! h - tops PM T RES au risque d’étre repris et fusil- lé gagnant la Belgiqué. De là, il était rentré à Paris, par le dernier train venant du Nord, et il s'était rendu à Fhôtel du gouverneur de Paris. il ne de- mandait pas un grade plus é- levé, mais il réclamart le droit de commander à Paris comme à Wærth, un bataillon. Le com- mandant Merlier fut des plus intrépides en octobre, le jour de la sanglante tentative de sortie par la Malaison et la Jonchère. Le matin du 22 décembre, à l'attaque de Bourget, il fut frap- pé au milieu de Ia grand’rue, pendant que son régiment se lançait bravement, poitrines dé- couvertes, contre des murailles et des tirailleurs abrités. Par un prodige d'énergie, le commandant, tombé de cheval se tint encore debout, tandis qu'on sonnait la retraite; mais quand il voulut suivre ses fan- tassins, un éblouissement le prit, et s'appuyant sur sol sabre : À moi! dit-il mes enfants, ne partez pas sans moi! Deux de ses hommes le ra- massèrent sous une pluie de balles et le transportèrent daus uue usine, à droite de la route du Bourfiet. Les fusiliers marins avaient enlevé, quelques heures aupar- avant, cette usine comme à l’abordage, la carabine en ban- doulière et la hache à la main. Elle était à nous. On laissa là le commandant durant de longues heures. Un officicr de mobiles Jui avait donné sa gourde, et, de temps à antre, Merlicr humectait ses lèvres d’un peu de cognac, mais sans boire : il savait que l'alcool, loin de rechauffer, débilite et glace. Des ambulanciers. se dispu- tant J’honneur de soigner un commandant, arrivèrent au bout de quelque temps. Ces hommes faisaient partie d’ambulances : rivales. Le commandant leur dt, Finissez de vous chamailler, et enlevez-moi, puisque je ne | suis plus bon à rien! On le coucha dans une voi- ture à côté d’un petit mobile de : Paris. pâle, maigre, blessé à la poitrine, ct qui, pendant la } | route, chantonnait encore, d’un ton harquoïs, comme pour bra- LL - mr. | Les LINE TEE gauche, lPAllemand tenait sa! casquette, et, froidement, il de- manda à ceux qui l’escortaient ‘ou était son ht.” lui désigna un lit voisin de cce- lui qu'oc-upait le commandant | Merlicr. Celui-ci vit l'oficier prussien : jeter sa casquette sur le lit, s'as- Quelqu'un moi ; ne l’oublie pas et sols un | homme | | L'enfant répondit d’une voix lente : | Oui. un homme comme toi ! |: Mais plus heureux que moi, dit | le commandant, car Dicu te gar- de de revoir ce que nous avons | vu depuis Wisseimbourg ! seoir et regarder à droite et à. gauche pendant .qu'on retirait sou gant coilé à la chair et qu'on faisait à sa main broyée un pre- mier pansement. Merlier entendit qu’on agi- tait tout bas, parmi les médecins, la question de savoir si on lais- serait le prussien si près du com- mandant ; Pourquoi pas? dit l’amputé en interrompant le colloque à voix basse ; deux blessés ne sont plus ennemis, À ces mots, l'officier prussien se retourna lentement du cé- | té de Merlior. Vous vous trompez, monsieur dit-il d'un petit air impertinent, blessés ou bien portants, les Al- lemands et les Français ne peu- vent jamais être amis! Merlier haussa dédaigneuse- | ment les épaules, Avec votre main en compote | et ma cuisse cassée, dit-il, nous sommes propres et nous avons bien le temps de discuter! mitié qui m'étouffera jamais pour les incendiaires de Razeil- | les et les fusilleurs de femmes ! Le prussien regarda Merlier et aperçut le képi du comman- dant suspendu à la tête du lit: soit respect instinctif du grade, l'Allemand était lieutenant, soit dédain affecté, il ne rependit pas. On offrit encore à Merlier de le transporter ailleurs, de don- ner un autre lit au Prussien. Le commandant ne voulut pas. | Il promit de ne pas s'emporter, d’être calme. Après tout, disait-il, tant que je pourrai manier un sabre ou tenir un revolver, je serai bon à quelque chose! Pendant deux jours, l’ampu- tation parut avoir réussi, mâis au bout de ce temps des symptô- mes alarmauts se manifestè- rent. Merlier sentait yaguement ,à une faiblesae plus grande et aussi a la façon dont on lui par- lait et dont on parlait de lui, qu'il était perdu Se de bas, lieutenant, donnez votre adresse à ce petit, qu'il aille vous rendre votre visite! Il ;osa ses deux mains à plat sur sOn lit, fit un effort violent pour se redresser un peu ef, s'adressant d'une voix, bizarre, strident.,e qui, assis’sur son lit, de sa main gauche feuilletait un livre : \ à l'officier prussien Monsieur, dit-il, oui. vous, là- done L'officier prussien se redresse, | à la fois étonué et ironique, et Ne craignez rien, ce n’est pas l'a-| | | son regard pâls rencontra les | yeux du petit Georges attachés let rivés sur lui il essaya de sou- | rire et ne répondit pas. | Une sorte de transformation | soudaine s'était faite sur le vi- | sage du commandant: il ou- | vrait les paupiéres, il tournait | et retournait sa tête, qui, brus- | Suement avec un soupir, retom- | ba livide sur l’oreiller. Mort ! cria l'enfant en se je- , tant sur son corps amputé, est- | ce qu'il est mort ? Et il regarda le capitaine en pleurant. | Le commandant Merlier n’é- tait pas mort. Mais il ne devait Le soir, l'enfant était toujours à ses côtés, il appela “Georges ! | Creorges !” Et regardant fixe- , ment son fils : ‘Ou es-tu?” lui | demanda-t-il. Ses yeux ouverts ne voyaient plus. Je suis là, dit l'enfant effrayé. À cette voix, un seurire de joie mâle souleva la moustache grise de Merlier. , Je te croyais parti fit-il. Tu es-là, tant mieux ! Alors, il tendit à l'enfant sa large et vaïillante main, ou Greor- ges mit sa petite main trem- blarite, Mon fils, dit le mourant d’une voix lente, fils de soldat, deviens soldat un jour. Et retiens mes paroles, retiens-les, car ce seront les dernières que tu entendras de moi, Sois le soldat de la pa- trie humiliée, qu’il faut venger, et de la France à refaire. Tra- vaille étudie, cherche médite apprends, et quand tu auras, toi | pas, on dit, passer la nuit. et cèux de ton âge, rendu pañ la | d'indigo, diluéé dans deux lifres d'eau | : : oi LA à Li à : 4 Fi Apré; avoir laissé agir le liquide pen- jet, et cependant H reste toujours à | Sojqats prisonniers, s'était, a- | trait dans la salle. On venait de | Il prit la tête de l'enfant à | p incipale base d: la foi catholique x ! 4 ü | d : ttoï dire, sinon des choses neuves, tout au près avoir refusé de donner sa | le faire prisonnier, et il avait ia deux mains, et tous bas, en | romaine, parc: q'ie, s-ns eztte cro- 3 ant queïques secondes, On Relole | ins des choses u'ies. Chaque posi. | barole NE à battrait | main droite brisée. Cette main | l’'embrassant : l i FÉf d'abord avec un linge humide, puis, | Ces [PEN QE De Cr PR Re : FAPS.. Îe CRCEUR AE AS ER ah ; ? | tiun, chaque ag*, chaque sex: a son | point contre la Prusse, échappé, | était encore ganté&, De sa main | Tu t’appelles Merlier, comme | perd sa va/ear et sa considé-ation. Les protcstants approchent de la Sainte Table sis crainte, parc: qu'ils n'y recoivent que lesisne com'né aoratif d: Jé us Carist. L's catholiques, au contriire, tremblant, parce qiis y reg ivant le corps mê:ne de leur B.uveur. n'en aporochent qu’en Aursi, Partout où eette croyance fut dé ruite, le tribunal de la péaitence c:es1 av:c elis, la oconfsss on devint iautils comme pa-tout ou cete kroyance ex's, la confession devient néces- sair ; et ce tribunal qui se trouve né- cessairement 6 abli: avec elle, rend iidispensable l'exercice d : l1 vertu, de li morn'e. Donc, comme je lai déja dit, il est impossible de former un sys ne de guvernement quelconqe qui puisse êre perman:nt et. av:n- tageux, à moins qu'il ne soit appuyé sar le relgion catholique romaine. Voià la solution de la question la plus importante, =pré; celle de l'im- mortalité de là ne, qui puisse @-re pré- seni6: aux hommes : Qielest le mail: leur des gouvernements ? E: plus on l'é udiera, plus on verra que cette cro- yance à la présence 16,1le s'6 end non seulement sur tous Île: es gouverne- ments, mais sur toutes considérations humain s ; qelle est comme le dia- pason ; et qu’elle es', par rapport au monde moral, ce qu'est le s2leil pu rappott au monde physique : Illumi- nanç oranes homines. {L+rd Fitz- William, Lettres d’Atticus.] r Persees. Ua coffre sans s2rrure montre qn‘il ne renfgfme point de tiésor ; une bou che fow}ou:s ouverte annence un cer- veau vide. LA ciselure sur un bijou annonce que la piêce à de la valeur. Un secret est comme 1: vin nou- _ : ilest tonjuurs pié. à se repan- re, Il va des peuples inquiets qu‘on peut comparer aux malades qui pen- sent trouver du souligemeut en chan- geant de situation. 0 La fortune est comme leségrands seigneurs qui aiment mieux faire des libéralités que de payer leurs dettes. Eile ne donne rien aux gens de mérit elle réserve toutes ses faveurs pour les ignorants et les sots. L'histoire nous est plus utile que les romans, même ceux qui ont Ja pré tention d‘enseigner la vertn. L'abeille + ne saurait tirer du miel des fleurs qui ne sont que peintes. L On peut comparer le mariage à un rosier fleuri, anquel il ne reste, au bon de quelque temps, que des épines, nl mnt à RUE à a LE a