Lt - DES 2 DES “wmv tous les lé snts PE L'IMPARTIAI,, JEUDI LE CONVENTION ACADIENNE, 1600. — Rapport sur la langue et l’édu- cation françaises en Aca- die, par M. l’abbè À. E. Monbourquette, Rap- perteur. Messieurs : J'ai l'honneur de vous seu- mettre mon rappert sur la lan- gue et l'éducation françaises en Acadie. Mon champ d'étude eompren- dra non seulement la Nouvelle- Ecosse et le Oap-Breten mais encore tout le Nouveau-Bruns- wick, l'ile du Prince Bdouard et les 1les de la Madeleine: J'ai pris des renseignements en lieux sûrs, et je tâcherai de m'y conformer en teus points. Pour plus de clarté, je divise- rai mon travail en quatre par- ties, suivant la divisien eivile ou naturelle des provinees. 1LES DE La MADELÆINE. Les 1les de la Madeleine mé- ritent la première place paroe- que c'est là que le français pa- rait être mieux enseigné. On y trouve un vaillant petit groupe acadien de 5.500 âmes possédant 14 éeoles où l’instruo- tion est donnée à près de 600 en- fants. Les instituteurs sont tous des Acadiens de l'ileet ont à leur tête un bou inspecteur frau- çais dans la personue de M. Da- niel Paquet. Le système d'écoles est oelui de le provinee de Québec C'est dire que le trançais y est bien enseigné. On y suit la seule mé- thode rationnalle, c'est-à-dire l'enseignement de la iangue ma- ternelie d'abord, ensuite oelui de la langue anglaise, Cette méthode donne joi comme ail- leurs d'excellents rèsultats. Il serait diffivile de trouver aueu- ue part un groupe d’Acadiens plus intelligents, plas instruits et plus religieux. Je puis done proposer ce pe- tit groupe d'Acadiens comme modèle pour le reste de la popa: lation acadienne des provinces maritimes. Que ceux d’entre nous qui doutent eucore que l'étade de la langue frangaise soit un avantage pour l'acquisi: tion d'une autre langue, visitent les 1les de la Madeleine et se convainquent à la manière de St. Thomes 1LE DU PRINCE EDouARD. Sar File du Prince Edeuard, où il ya une population fran- çaise d'environ 12,000, le fran- çais s'enseigne dans plus de 50 écoles. Le nombre d’élèves aca- diens qui y apprennent le fran- eais est plus de 1900. Un inspec- teur acadien, M. Joseph Oet. Ar. senauit, visite annuellement ces écoles et en fait un rapport au Surintendant d'édueation. Les inspecteurs anglais ne visitent pas ees mêmes écoles, o'est l’ins peeteur français lui-même qui fait l'examen de l'anglais. Les enfants acadiens eommen- cent par étudier leur langae maternelle, lisant au moins l’a- bécédaire français avant de tou- cher à l'étude de la langue an- glaise. Pendaus tout le reste du eours, on s'applique avec autant de zele à l'étude de l'anglais qu’à celle du frangais. On fait usage des livres de lecture de la série Montpetit et de la grammaire des Frères des Ecoles Chrétiennes ou de l'Aca- démie Pour favoriser l'intérêt et l'é6- mulation parmi les instituteurs, on a organisé une association te- nant des assemblées annuelles où l’on étudie ensemble les meil-! leures méthodes d'enseignement Oa voit que ce systèmes se rapproche beaucoup de eelui des 1les de la Madeleine. Livres, instituteurs, usage du français dans l’enseignemett de l’an- nous encore ici, dans les résnl-; tats de ce système, la confirma: tien d’un principe qui vous est ohèr, o’est-a-dire que pour biem anprendre une langue é traugère il faut commencer par apprendre sa langue maternel- le. Aux examens annuels, le nombre d'Acadiens de l'ile du Prince Edouard qui réussissent à obtenir des brevets d’ensei- gnement est aussi grand, en proportion de la population, que celui des Anglais eux wêmes. NOUVEAU BRUNSWICK. Au Nouveau Brunswick le système d'écoles me semble moins parfait que les deux sys- tèmes que nous venons d'exami- ner. C'est vrai qu'on a à peu près les mêmes livres, que ce sont presque toujours des insti- tuteurs français qui enseignent dans ces écoles, mais générale- ment on eommet la faute d'en seigner les deux langues en mé- me aux commemeants. De plus le gouvernement ne leur a pas encore aecordé un inspecteur francais, ces deux défants cau- seot un mal immense à l'éduea tion francaise dans cette proviu- ce. Les statistiques sur l'éduca: tion prov vent ]æ vérité de mon avaneé. M. le prof. Belliveau, de l'école normale de Krédériston, m,éorit que “la raoyenne aunu- lie, pour les dix dernières an- nées, d'instituteurs franeais di- plômés à l’école normale est 37 La moyenne anglaise pour le même nombre d'années est 240.° C'est à dire que la moyenne franeaise est un sixième environ de la movenne anglaise. Or nous caise du N. B. est un quart de la population anglaise. Donc les 4- cadiens de cette province ne ré ussisent pas aussi bien que les Anglais Donc le système d’en- seignement est imparfait. Mais ce qu’i] ya d'étonnant c'est que les Acadiens réussis- sent aussi bien qu'ils le font, vu les imperfections de l'enseigne- ment. La chose paraitrait même incroyable à toute personne qui ignore que, depuis plus de 25 ans, le collège St. Joseph pro digue l'enseignement français et auglais aux Acadiens de cette province. C’est de cette ex- cel lente institution que soat sortis ces hommes dont toute l’Acadie s’honore, ces vrais patriotes qui ont eonçu l'idée d'une convention acadienne, Les couvents de religieuses en- seignantes out sans doute con- tribué jieur part à l'avancement des Acadiens dans oette partie de l’Acadie. Le département français à l’école normale de Frédéricton a aussi rendu un service signalé à la classe en- seignante de cette province. De- puis l'ouverture de ce départe- ment, le nombre d'instituteurs acadiens qui obtiennent chaque année des diplômes est quatre fois plus grand qu'auparavant. Voyez comme les Acadiens pro fitent bien des avantages qu'on leur offre ? Si on leur aceordait maintenant un inspecteur fran- çais quels progès ne feraient-ils pas encore | Un nowveau collège vient d’être établi a Caraquet par Île R. P. Allard, curé de la parois: se. Les RR. PP. Budistes qui en ont la direetion, s'entendent fort bien dans l’enseignement de la jeunesss, et leur présence au Nouveau Brunswick ne pourra | manquer de tourner à l’avan- tage de la langue et de l‘éduca- tion frangaises danscette pro-|Ë = vince. NouvELLE-EcessE O'est à la Nouvelle-Ecosse que l’état de la langue française est plus déplorable. 1oi le fran- çais n’est enseigné que très im- pariaitement. Nous n’avoné qu’ uu petit nombre d’instituteurs français et même parmi ceux glais, inspecteur français, on 2 qui enséignent le frangais, ! » € a plus de la itié "mi P res a savons que la poquiation fran-| conrenable. Nous avons, il est. vrai, quelques bons instituteurs qui font du zèle pour la con- servatian de notre langue, mais ce ne sont là que des exceptions et rien de plus. Cependant, même avec les instituteurs que mous avons, nos eufants acadiens pourraient eneore faire du progrès dans el français si notre méthode de l‘enseigner était plus ration nelle D'abord on commet la faute mpardonnable d'enseigner en même temps les deux langues aux commençants. On croirait perdre son temps en consacrant un an ou deux à enseigner le français seul aux enfants qui commeneent, comme çase fait ailleurs avec d'excellente résul- tats. Nous avons remarqué com- ment la méthode cantraire réus: sit bien aux 1les de la Madelei- ne et à l'Ile du Prince Edouard: 1ci on croit devoir arriver plus vite à la connaissance de la lan- gue anglaise en commençant par l'étude de cette langue. Le résultat est que ces enfants n’apprennent ni l’une ni l'autre. C'est à dire qu’au lien de dé- velopper l'intelligence de l’en- fant en se servant des idées qu’- il a déjà aequises et surtout de la langue dans laquelle ces idées lui sont arrivées, on essaie de lui appreadre une Jangue étrangère en se servant d’une langue qu'il ne comprend pas. C'est à peu près comme si quel- qu’an essayait de vous appren- dre le grec en ne vous parlant qu'un langue grecque. À voir la manière dont beaucoup de nos instituteurs acadiens ensei- gnent l'anglais, on dirait qu'il existe un décret formel du con- seil d'instruction publique ban- uissant la langue francaise de uos écoles. On ne parait pss mê- me se douter qu'en faisant cela on néglige un des meilleurs moyens d'enseigner l'anglais à nos enfants acadiens, un moyen dont la valeur est reconnue mê me par nos conseils d‘instiuc- tion publique. [Suite à la 7ême page) 18 SEPT, 1900. #5 Kne of RIES, BOOTS & SHOES, CONFECTIONERY etc. 1 have also a fine lot of dry and green @odfish selling cheap. BRAM'S+VILLAGESTORE + My winter Stock is-complete and cheaper than the cheapest. Always on hand a full Assortment of Winter Goods that will suit customers. 1 carry a full DRY GOODS, HARDWARE, CROCKERY WARE, TINWARE, FINE GROCE All selling at rook-bottom price to make roem for spring importations. My expenses are not large and by careful attention to business 1 am enabled to compete 1m rioe and quality with any firm on R E. Island. call in and ascertain for yourselves. 1 take all Linde of farm produce, Lamber, Hides, Pelts, Fire wood, ete., for whivh the highest price will be paid. 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