Notes biographiques Pierre-Amand Landry Né en 1846 à Memramcook, Pierre- Amand Landry a été l'un des chefs les plus importants de la Renaissance acadienne de la fin du 19e siècle. Son père, Amand Landry, le premier Acadien à siéger à l'Assemblée légis- lative du Nouveau-Brunswick, tenait à ce que son fils apprenne à apprécier la valeur des deux peuples fondateurs de la société canadienne. Il l'envoya d'abord dans une école secondaire de langue anglaise et l'encouragea en- suite à étudier dans un collège classi- que bilingue. Premier Acadien à être nommé ministre au sein de la Législature du Nouveau-Brunswick, Pierre-Amand Landry fut aussi l'un des premiers Acadiens membres du Parlement canadien, le premier Acadien à remplir la fonction de juge à la Cour suprême du Nouveau-Brunswick et le seul de son peuple à être reçu chevalier. Il contribua de façon considérable à 28 l'organisation des premières Con- ventions nationales acadiennes et en assuma la présidence à trois reprises. Il contribua également à faire nommer le premier sénateur acadien en 1885. De concert avec Pascal Poirier, le juge Landry mena une lutte des plus acharnées auprès de l'hiérarchie catholique des Provinces Maritimes et du Vatican afin d'obtenir la nomi- nation d'un évêque acadien. Landry et les autres leaders acadiens reconnais- saient l'importance du fait français au niveau de l'épiscopat. Ils étaient con- scients que l'Église pouvait jouer un rôle de premier plan dans le dévelop- pement du peuple acadien, notam- ment au niveau de l'éducation et du maintien de la langue française. Pierre-Amand Landry a été l'un des grands défenseurs des droits des Acadiens, notamment du droit à l’édu- cation en français. Dans son discours d'ouverture à La Convention de Pointe-de-l'Église en 1890, il affir- mait la nécessité de faire tous les efforts possibles pour établir et main- tenir des écoles où la langue française serait enseignée. ‘Insistons sur ce point sans relâche, sans fléchir,” disait-il alors à ses compatriotes. Toute la carrière de cet homme fut axée sur sa conviction profonde que les Canadiens de langue anglaise et de langue française pouvaient vivre ensemble en toute égalité. Apprendre à s'accepter mutuellement et à tolérer les points de vue de chacun, c'était là, selon Pierre Landry, le moyen qui permettrait aux peuples du Canada de vivre dans l'harmonie. L'unité s'obtiendrait au prix de la tolérance. Source: Deila M. Stanley, Pierre- Amand Landry, An service de deux peuples, Moncton, Éditions d’'Acadie, 1977, 260 pages. Pascal Poirier Pascal Poirier, l'un des plus grands chefs de file de la Renaissance acadienne, est né à Shédiac le 15 février 1852. Il était le douzième et dernier enfant de Simon Poirier, l’un des pionniers de l'endroit. Ses études primaires terminées, le jeune Pascal s'inscrit au Collège Saint- Joseph de Memramcook, lequel venait tout juste d'ouvrir ses portes. Le Père Camille Lefebvre, fondateur de ce premier collège acadien, a eu une grande influence sur ce jeune acadien. Il lui aida surtout à prendre conscience de la situation dans laquelle se trou- vaient ses compatriotes. A l'âge de vingt ans, grâce aux excellentes recommandations du Père Lefebvre, Pascal Poirier fut nommé maître de Poste à la Chambre des Communes, à Ottawa. A ce poste, ilse vit confier la direction d'un bureau qui comptait une douzaine d'employés et dont il ignorait tout du fonctionne- ment. Mais il réussit très tôt à s'affirmer comme un fonctionnaire compétant dans la capitale fédérale. Dans ses moments libres il étudia le