ne dE PUS ES 7: Tee EST URION jait ES | RTE SN PSS / eZ & nn LA CIE. DE PUB. DE L IMPARTIAL, PROPRIETAIRE. VOE. 2. NO.-8 TIGNISH, ILE du PRINCE EDOUARD, JEUDI LE G. BUOTE, RÉDACTEUR. mens ER 27 MARS 1902. me ts œ— F. J. BUOTE, GÉRANT | LA GRAND'MERE Par le sentier tout tapissé d'uns printanière floraison, un homme chemine. Bien qu'il soit enoore (lans la force de l’âge, sa marche est pesante, son corps défaillant. 11 tient au boat d’un bâton un paquet qui contient quelques vêtements. De temps en temps, son re- 7" Ward fouille au loin aves une À snxieuse curiosité. Tout d’un coup sa figure ‘flétrie s'éclaire d'un radieux sourire ; son al- | lure devient presque rapide. \ C'est qu'il aperçoit, vaché LE jusque-là par les sinuosités du 1 chemin, un poteau peint de rouge, de blanc et da bleu ! l Ce poteau indique la frontière | française. Le voyageur l'a vite atteinte. Les larmes dans les yeux, les mains jointes, il tombe à genoux : —La France !...…. vingt-cinq aas.....Oh ! Dieu, merei ! 1l se courbe sur le sol qu'il baise pieusement. De son paquet, il sort une vieille capote qu'il endosse, un képi dont il se coifle et qui tous deux ont fait la campagne de 1870. On dirsit, tant cet homme est décharné, le spectre d'un vieux séldat, évadé de ea tombe pour quelque latte fantastique. Sous ces hatllons. le militaire se re- dresse avec fierté. | Pour un instant sa fatigue est oubliée : il marche allègre- ment... Le soleil s'inoline à l'horizon. Le voyageur sent le froid, que le crépuseule avive, pénétrer ses vêtements déchirés; :l ignore quel sera son gite en cette première nuit du retour. Mais, au loiu dans l'obscurité déjà épaisse, brille uie petite lamière !...…… | Il est si fatigue ! Pourra-t-il aller jasqu'’à elle ?.… k, Eu un sourire de son âme, ÿ cette attirante lueur Jui rap- | pelle le ‘Petit Poucet” que lui cortait sa grand'mère quand il ét 4 eufant. 11 fait un effort et se remeten ronte ! Après mor: natal bd Dans une ferme assise en nn plateau des Vosges, les servi- teurs sont À table autour de leur vieille maîtresse, senle en cet instant, sa fille qui dirige l'exploitation avec elle étant absente jusqu’au lendemain. La journée qui va suivre sera rude; on doit terminer jies apprête pour la noce du petit-fils ae la maison, un gentil sous lieute nant de vingt-cinq ans qui vient de sortir de Saint Maixent. L'ai eule—dame Catherine- le voit déjà général ' : La vieiile fermière qui, en- core qu'eile ait ses quatre-vingts ans bien sonnés est robuste et vaillante, se lève pour dire le “ Benedicite.” Chacun limite. _Mon Dieu, bénissez notre i nr':riture afin qu'elle profite à , otre eœur comme à notre $ corps. Mon Dieu, protégez nos # soldats Ramen*‘z dans leurs fa- [milles ceux qui y manquent} encore. S'ils sont morts, ayez pitié de leur âme. Tout en soupant, dame Cathe- rine fait la conversation avec un vieux voisin qui écoute complaisamment des histoires racontées déjà bien des fois : —Ouui, ceia fait bien des an- nées qu’il est mort mon petit- fils, mon pauvre François! Il s'en est allé de ce monde quand son enfant, notre Jean mignon, y est rentré.—1l y avait juste six mois qu'il avait éponsé Bertha Steiner, quaud la guerre a éolaté en 1870. On a appelé la seconde portion du contingent de sa classe, et oomme François était un vrai patriote, il a de- maudé à aller dans un bataillon de guerre. —1l était brave, votre petit. nn. —C'est vrai qu'il a fait crâne. ment son devoir. Dès le début, 1l avait eu le bout d’un de ses pieds emporté par la mitraiile. An lizu de s'en aller qu'il a quitté l'ambulance il s’est fait envoyer à l'armée de la Loire ....C'est là, le 2 décem bre, qu'ilaété tué, à ce qu'on aous a dit, car nous n'avons pas pu avoir On exirait mortu- Me se — Peut-êire qu'il n'était pas mort ? | — Nous nous le sommes dit parfois d’abord. Arès an si.ence. dame Ca- therine reprend : —Si vous saviez comme mon coeur battait quand il passait par ici des soldats revenant de captivité... Je me raccrochais à l'espérance, et je me disais : “Allons, une autre fois, ce sera lui !” — Paavre grand'mère ! — Maigtenant, c'est fini...) ne vient plus de soldats frau- gais d'Allemagne ! Les deruiers sont morts dans leurs prisons maudites ! .. Oh !ees gueux de Prussiens, fait la vieiile en mon trant le poing, à Cause d'eux aous arons quitté notre Alsace chérie, —nous voulions rester Français !—ilsont tuêé notre François et sa femme B:rtha, qui est morte, tant elle avait en de peines, en donnant le jour à son enfant. D:s larmes coulent lente- ment sur les joues de l’aieule.. Le repas est terminé, le vieux père Thomas prend congé de sa voisine Dame Cath:rine rentre dans sa chambre. Déjà elle a quitté son bonnet d’Alsa:ienne Les longues mêches de sa chere- lure encadrent de neige ses joues fraiches encore. Tout d'un cou» Clairon, le chien de garde, fait entendre des aboiements furieux. Des vaiets viennent cogner à la porte de la fermière. _Not maitresse, c'est un sol- aussitôt FrrsTr-CLAss | FARM FENCING | | ONLY | ji 30 cents per ROD. | FOR SALE BY THE ONT. WIRE FENCING Co. Limited. PICTON, ONT. maison ? Sans prendre le temps de si recoiffer, la vieille descend. — Ge soldat évauoui que l'on vieut d'installer dans un: chambre de la ferme est celui qui, quelques heures aupara vaut, a salué le sol de son pays, avec tant d'amour. Ne con naissant pas les chemins, dans la nait noire, il s'est égaré, e: ce n'est qu'après de lougs dé- tours qu'il a fiui par arriver épuisé, sur le seuil de la de- meure eutrevae de si loin !…. À la luear du friot qu'ell- promène autour du pauvre di abl+: assis dans un g'aud faa teuil, dame Catherine voit la maigreur de s:0n corps, la pà leur de ses traits, la mirère de ses vêtements. — Mo Dieu, dit-cile. il y en avait douc encore des nôtres, la bas ! . Le feu pétile ; du vinaigre appliqué sous les narines du ma'ade et frotté enr Ses t:mps, réveille Ses S:1s assoupis. Ses joues se colorezt, ses ièvres s'agitent ; ses jaupières battent. Elles finissent par se soulever, lais saut voir un rgard vacil- lant et inquikt. — Je suis bicn eu France, de- minde-t-ii ? —Oai, mon fils. ‘Mon fils” répète le scldat dout lâme s{pauouit en ane joie inexpliq iée...……. Pourquoi m'appelez vous alusi ? — Parce que je suis vieilie, parce que je ruis Françase et que vous avez soaff-rt pour la patrie ! 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Elle regarde son hôte attentivement. —Oui,se dit-elle, il lui 1e- semble...Mon Dieu! sic'était lai. Elle n'ose questionner, redoa- tant de voir s’euvoler l'espoir qui lui revient. — Eh bien ! mon fils, deman- dat étendu sur le chemin !.. _Eh bien, ouvrez, vite. De puis quand laissé.t on les sol- dats français à la norte de notre de-t-elle, vous réchauffez vous ? —Oh ! oui, ‘‘bonne raère”… [suite à la 8me page| NOTICE As we require cash to pay our bills will of all accounts rendered 8ist December. All accounts not settled by I15th February will be handed to our solicitor for collection. Bruce Stewart ané Co. Steam Navigation Co’s Wharf SPRING, PERTE IX LT P, E.I Nets and all the supplies for the Fisherman. Seeds and Hardware for the Farmer. Stoves and Furniture for the Housekeeper. Flour and Fish for the Cook. Lowest prices for good goods. Brace, McKay & Co. Ltd Sammerside, P. E, 1. February 29th 1902, E. 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