peer: Ce CR RL EReT Se pneu AA > 25 A DE cc ue ee sc a gs ac Eee pe Te ne TP D der TT L'IMPARTIAL ange 28 AR eg | i i | 1 À $ 4 LE: È 1 | ; UNE AVENTURE DE CHASSE SE DU ROI HENRI IV Le roi Henri 1V aimait pas sionnément la chasse. Un jour qu'il chassait dans la forêt d'E tampes, il s’'égara à la pour suite d’an sanglier. Son che val l'emporta loin des seigneurs: de sa cour, et, à l'approche de la puit, ilse trouva seul dans un endroit de la forêt qu'il n: connaissait pas, et où aucun sentier n'était tracé. 1l erra quelque temps à droite, à gau- ché, sans rencontrer personne. Enfin, un charbonnier et son âne vinrent à passer près de là. — Bonhomme, lui cria le roi. indiquez-moi, je vous prie, le chemin de Paris. Le charbonnier le regarda de travers, et, sans lui répondre. donna deux coups de talou dans les flancs de sa monture. —Etes vous sourd, &.es-rous muet, l'ami ? continua à crier le roi, en pressant de son côt: son cheval. —Bier, bien, camarade, mur mura le charbonnier Je n'aime pas qu'on me plainsante ; vous savez votre chemin aussi bien que moi. —Sur mon honneur, je parle sériensement ; et si vous n? me répcudez pas de même, il me faudra passer la nuit sous un des ces arbres. — Un grand malheur, en vé- rité, dit le charbonnier ; ce n. sera pas la première fois je pen e, que vous vous serez choisis votre chambre à coucher dans la forêt. —Et pour qui me prenez- . vous donc ? —Pour ce que vous êtes, mon jeune brave Tenez votre cheval à distance, je vous prie. 1l était évident que le bon- homme croyait avoir affaire à un voleur. Le prince riant à demi, essaya de dissiper, au moins en partie, sa méprise. 1! lui assura qu'il Ctait gentil homme. — Vous, gentilhomme, reprit le charbonnier ; vous m'avez bien l'air de porter toute votre gentilhommerie sur votre dos, et vous seriez fort embarrassé, Je crois, de fair: sonner l‘Ange- lus à votre bourse. Il devinait juste ; ie roi n'a vait pas même de bourse. — C'est égal, dit le charbon- hi-r après avoir réfléchi unins- taut, j'aime encore mieux m'’ex poser à être dupe que de man quer de charité. Anrès tout, i: est possible que J'aie tort. Sui vez-moi, beau sire. Pans est trop loin pour qne vous y arri- viez cette nuit ; mais, si vou. êtes vraiment nn honnête hom me,on ne vous laissera pa: cormir au clair de la June. —Je suis un honrête homm: vous pouvez m'en croire, dit le roi, et Comme gage voici ma nain. —Tout beau ! mon cher, ré pondit le charbonnier ; je ne donne pas de poignées de maiu quand 1l fait si noir. Plus tard, nous nous conbaitrons mieux. Après une demi-heure de marche, le roi découvrit au bas d'une colline une petite ha bitation ; la lumière rayonnait à travers les fenêtres de Ja porte, et quelques étincelles voltigeaient au-dessus de la cheminée. C'était la demeure du charbonnier. Tous deux mirent pied à terre. En entrant, le roi sentit une forte odeur de lard bouilli, | et il fut presque aveuglé par! ia fumée. Le premier soin du charbon- nier fut d'examiner ]ax physio- nomie de sou compagnon. —Ma foi, dit-il voilà une fi- gure qui me revient assez. Tu ne m'as pas l'air aussi coquin que je croyais. Si tu ne léplais pas à la ménasère, tu souperas et tu coucheras dans la chau- fmière. Henri avait ôté poliment son chapeau et se tenait respectu- eusement debout devant la charbonnière qui travaillait à arrivèrent tout effarés ; Joyeux faire reluire quelque pot dé- tain. —C'est un pauvre diable, dit tout bas le mari à la femme mais nous ne pouvons pas le laisser à la porte. Regarde, il a presque l'air d’un homme com- me il faut : il a de la civilité et on voit qu'il sait le respect qu’il doit aux gens qui valent mieux que lui. La femme parut n’avoir pas plus mauvaise opinion de Hen- ri, Car elle lui adressa la parole avec bonne humeur : —$Soyez le bienvenu, mon garçon. Vous aurez pour cou- cher une botte de paille faiche et une paire de draps de toile ueuve. —Pourvu qu'il soit propre sur lui et n'ait pas de ‘‘compa- gunie”, observa la femme. —$S'il en a, je ne veux pas qu’il couche avec woi! s’écria le gros Guiliaume, la bouche tonte pleine. La figure de Guillaume était si singulière, et son ton si plaisant, que le roi partit d'un grand éclat de rire : sa gaité, au lieu d'oftenser ses hôtes, les rendit encore plus communica- tifs. On se mit à table devant au morceau de lard, un plat 12 choux surmonté d'un énorme andouille et une terrine d: pommes cuites ;on arrosa Île tout de fréquentes libations dun bon cidre mousseux. Le roi, qui n'avait jamais mangé de meil- leur appétit buvait à même la cruche comme ses hôtes ; en ce temps les gobelets n'étaient en usage que chez les riches. .=AÀ ta sauté, Ivi dit le char- bonnier : et à celle de tous les braves gens qui se laissent gouverner par ieurs femmes. ajouta-t-il en lançant uu regard malin à sa compagne. —Grand merci, dit le roi. Moi, je bois à ia santé de Guillau- me ; jesuissür que cest un bon enfant. —Ne parle pas tans, inter- rompit Guillaume, bois plus vite, et paasemoi la cruche ; tu la retiens trop longtemps. Le charbonnier devenait de plus en pius jovial ; il était tout à fait revenu de ses soup. çons sur le compte de j’étran- ger. —Femme, dit-il n’astu rien de plus à nous servir ? Je crois] à LR ; [la main au charhonnier et àältatioi fer their authsrs. A: que si tu voulais bien, tu trou- verais encore dans Ja huche quelque morceau de ‘pied lé- LL ger”. La femme ne se fit pas prier! et elle mit devant son mari une grill:de qui fut bienoôt dé- pec ’u- — Voiià qui est délicivux, dit le roi en dévorant ; c'est uu morcea. exquis. Et à quel mar- ché vend on de s1 boune vian- | vec un gros rire, sauf votre res-| Cha: Cr. D itoberts. dé ? —Nous ne sommes pas assez sots pour l’acheter, dit Guillau- me, et nous en monzeons tous les jours En fait de marché, ie mellleur est la forét d'Etam- pes —Abh ! ditle roi ne serait-ce point là du chevreuil 2? —Vraiment, tu es sorcier ! dit le charhonnier d'un ton railleur. 11 faut que tu riennes qu'on se fasse faute de gibier quand on l’à sous la main. Un honnête homme qui se respec- te a toujours quelque quartier de “pied léger” en réserve. Mais ue t’avise pas d’en dire un mot. Je ne voudrais pas pour quatre sous être dénoncé au roi;ne baline pas sur ses droits de chasse. —Soyez tranquille, dit Hen- ri ; Ce n'est pas mGi qui en par- lerai jamais au roi. La fin du souper fut cncore sans cesser de manger. C'est | plus gaie que le commence- | | | | | | | ! | | | } | | | | | | | ' | | \ | laume, qui depuis le fameux cher avec Guillaume. | La lendemin. au moment où il prenait congé de ses hôtes ct s'apprétait à monter à cheval, quelques seigneurs de sa cour! de le retrouver, 1ls l'appelèrent Stre, Majesté, ete….....On ima- gine aisément la stupéfaction! du charbonuier. La peur le prit si fort qu'il en trembia de tous ses membres : mais le roi le rus- sura amivalement et lui donna en riant l’accolade des cheva- liers ; puis il s’éloigna au galop avec sa suite. Environ un mois après, un page vint frapper à la porte du charbonnier. Le roi vous invite tous trois à venir le trouver au Louvre. — Au Louvre ! dit la femme; eh ! mon Dieu! que veut le roi à de pauvres gens comme nous ? — Parbleu, interrompit Guil- souper n'avait fait que de mau- vais rêves, il se souvient du pied léger, et il veut nous voir pendre haut et court. —Voas jugez mal le roi, dit le pge. 11 a beaucoup d'amitié pour vous, etil vous invite à dia r. —Let-il vrai, s'écria le char- bonuier ; eh bien, nous ne nous ferons pas prier. Jeune homme allez dire à votre maitre que nous acceptons. : Le page partit, le charbon- nier prit un air d'importance. —Cà, mon fils et ma femme, il s'agit de paraitre bravement devant le roi Ce n’est pas le moment de songer à l'épargne 11 faut nous couvrir de notre! mieux, et faire notre entrée à la cour de manière à étonner un peu les gens. —Soyez tranquille, mon ma- ri ; nous ne terons honte à per- sonne. Et la bonne femme se hâta d’apprêter les habits de fête ; elle enleva quelques taches aux pourpoints et à sa robe rouge. Guillaume frotta son chapeau neuf et arracha au coq sa plus belle plume pour s'en faire un panache. On harnacha le bau- dot du mieux possible : on lui! jeta sur le dos une couverture | verte et deux oreilles à fran. ches ; ce fut le palefroi de la charbounière. Elle entra au Louvre escortée par son mari et son fils. | La cour leur fit un accueil, hounête et gracieux Le roi a- vait formellement défend | qu'on usât envers eux de rail | ieries ou d’insolence, 11 tendit | a Guillaume, et soul aita la bivn-| venue à la brave fainme. | — C'est pourtant Ja véiité, 11! ne nous a pas oabiés, dit. Guillaume. | Le charbonnier ut poussa l: cou le, — Et commeñt auraisj: pa Oublier mon camarade de nuit, répondit ie roi. —0h !'oh ! dit Guillaume a by express C. O. D., or by mail. pect, vous n'était pas kon con:| :cheur, et sans quelques bons! “Earth's Hniginas.” | coups de poings sur le des... Cette conversation fut in-| terrompue par l'arrivée de Ja reine qui embrassa la charbon-| uiére : la bonne femme en resta | tout ébahie et toute raide com. ia Dame de Piane. | Le diner couronua digne-| ment ce royal accueil. Le char- | |bonnier but sans sourciller tout de l’autre monde pour croire! | | “4 } ce qu'ou versa dans son verre fouies! vins et liqueurs de sortes. 11 ne parla qu'après a-! voir goûté de toutes les bou- | teilles et de tous iles plats. | —1l faut être de bonne foi, ma femme, dit-il, nous r’avons jamais bu de pareils vins, | —Mais vous avez de meil- leurs rôtis, observa le roi. Je | suis fâché de n'avoir pas un. peu de pied léger à vous of. frir, —Halte là, eria Guillaume! . : | une trahison, sire. Vous aviez The.” à personne. Tu as raison, Grillaume, dit le roi. 11 ne faut pas que le roi le sache. Et il demanda au gros garçon le plat qu'il préférait. —Voulez-vous que je parle en conscience, dit Guillaume toutes ces friandises là‘ ne va- lent pas une bonne audouille. —Je crois qu'il a raison, dit Henri à la reine. —Je n'en ai jamais mangé. répondit-elle. —Comme ceia se trouve ! cria Guillaume. J'en ai juste- ment apporté une. Et il tira en effet, du fond de son chapeau une andouiile qu’- il plaça saus façou sur ia table. Les courtisans eur nt bien de la peine à ne pas rire. La reine fut obligée de tâter de l'an- douille. Le roi complimenta Guillaume sur sa galanterie et, vers Ja fin du repas, lui dit : —Guillaume, regarde au- tour de la table et dis-moi quelle est la demoiselle qui te plait de plus. Je te la donnerai pour femime. Guillaume promena uu re- gard un peu dédaigneux sur les jeunes dames pâles et min- ces de la cour. —Sauf respect, dit-il ces dames peuvent être Jolies, mais j'aime mieax les bonnes grosses joues rouges de Jeanne le Sans- Souci. Quand les trois convives vou- lurent prendre congé, le roi annonça au charbonnier qu'il l'avait nommé son garde-chasse de la forêtt d'Eampes ; etil a- jouta : — Prenez garde seulement à ne plus me voler mon gibier, mon hôte. Et vous pouvez compter désormais sur ma bon- ne amitié. ‘A PRACTICAL WAY TO ADVERTISE THE MARITIME PRO: VINCES The Dominion Atlantic Raïl- way Company ever anxious and enterprising to grasp aud adopt new ideas in ‘he line oi tourist developement of the Maritime Provinces, has added la new feature to its many at tractions at its New England Agency, 223 Washipgton St, Boston. 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