tapant es né ent mme LE VE oo ns an at DIEU NE Orpheline à douze ans, Mo- nique avaitreu, pourtout héri- tage, le vieil orgue de Barbarie sur le chariot roulant que pous- sait devant lui, au gré de sa vie nomade, le père manchot et :i- vrogne Restée seule, l'enfant s'était attelée à la bricole et continuait à errer par le monde, faisait halte, sur les places et aux car- refours ponr meudre les refrains démodés du vieil instrument. Maigrette, la taille grèle, les membres anguleux, la face sou freetense, Monique ne capti- vait guere la pitié égoiste des xassants que ne séduisait point son enfance san jeunesse. En public, d'un geste mono- tone, elle tournait la manivelle indifférente; mais quand, sur les routes solitaites, elle se sen- tait lasse, Monique s'arrêtait à l'écart et d’une main caressante égrenait lentement les vieux airs. Elle jouait alors pour elle: son âme s’assorait vers l’extasse, dans l'envolée des notes épan- dues par l’air libre vers le Père, des misérables. C'était la prière de son cœur ignorant. Par les belles nuits d'été, Monique préférait à la paille des étables les lits de mousse au dais de feuillage, sous le grand pavillon d'azur dont la soie foisonnait d'étoiles. Là, au milieu de l’apaisement noctur- ne, elle éveillait partois la plain- te de l'orgue dont l'harmonie s’épurait dans le recueillement des êtres et des choses. 11 lui semblait évoquer l’écho des con certs lointains que vers Dieu exhalent les anges aux blan- ches ailes ertrevus par l'enfant dans les images. Mais l’autemne flétrit les feuilles, les rouille de gel et de pluie. Monique dut chercher refuge dans les maisons dont l’effrayaient les rougues hôtes. Souvent rabronée elle s’éloig- nait silencieuse et humble, à la quête d’un autre gite. Elle ce trouvait bien dans les étables, chauffée par l’haleine des bêtes compatissantes qui la contemplaient de leurs grands yeux doux et étonnés. Elle n’a- vait rien à craindre de leur mé- chanté et ne redoutait que ceile des hommes. Un dimanche matin, à l’appro- che d’un bourg, l’envolée des cloches carillonnait la messe prochaine. Monique pins vivement poussa ‘son chariot | dans l’espeir d'obtenir quelque aubaine de la charité des fidè-| | lui les. Elle déboucha sur Ja place, fit halte sous le porche de l’é- glise, dégagea du fichu de lai- ne ses menotes crevassèes, et les pieds äans la boue, décian- cha la manivelle. L'orgue déroulant les mesu- ressans tillantes d‘une valse, elles détonnaient profanes, de- vant la majesté du sanctuaire, au portail ouvert, et dont l’om- bre profonde s‘étoilait au loin des lueurs sacrées des cierges de l'autel. Les gens s'indignérent. Etait ce le lieu destiné aux Cancans de la bastingue? Vrai- ment la police était trop tolé- rente pour ces vagabonds sans respect. —Vat-en! dit une femme à l'enfant. Etonnée, Monique la regarda La femme dispararassent dans l'église. La petite continua à jouer. —Tu n’as pas honte de faire ce métier de parresseuse! jeta un passant. Paresseuse!... Monique sourit. Elle pensait aux heures rudes, ou le long des côtes, a:- telée à sa charrette, elle tirait, les reins cassés, les pied ensar- glantes par leur lutte contre les cailloux et la boue des orni- êtes" Et il forte de sou la- beur elle joua encore. La foule s'amassait; un tu-|rent les gazovil | les solitudes ombreuses et les RUE MERS Dar nn A RER Ce sen nn mn LA JOUEUSE D'ORGUE | sicienne. Seules, quelques âme ! simples, compatissantes aux miséres d'autre avaient un pas- sage, déposés leur sou sur l'or. gue. La convoitises'e:npara des gamins qui, encouragés par l'hostilité des devits, moles taient la pauvre fiile. Une bousculade secoua dans son remou, le chariot et l'en- fant; mains rapaces raflèrent la monnaie. Monique cria; des poings se levèrent. Pleurante, elle se refugiat. accrou-pie, derrière l'orgue bal- lotté, quand s’aplanit un grand silence. En aube, debout sous le por- che se tenait le curé. C'était un haut vieillard au cheveux de neige. De Ja sacris- tie, en se vétant pour le sacri- fice divin, ilavait entendu le tumuilte. D'un regard il comprit. Il vint droit à monique et sur le front de l'enfant étendit sa tutelaire. Ses yeux indignés chatièrent la foule et pésèrent sur les fronts lourds de honte. 11 frôla d’une caresse la joue de l’errante ; puis, tête dé- couverte, la calotte à la main, ilalla au public la main ten- due. Une révolution avait chaviré les âmes, les sous tombérent dru. Le prêtre revient près de Mo- nique, à sa collecte, il avait a- jouté une pièce blanche, et dit: — Pour vous, mon enfant. La petite le dévisagea, é- blouié. Mais déjà le curé avait rega- gné le chœur et montait à l’au- tel. Moniqne suivit la fou- le. Près du seui!, elle s’immobi- lisait dans le contemplation de cet homme blanc parmi l'or de ‘étoile et du chasuble qui, par instant, se tournait vers ie peu- ple, les bras élargis pour un embrassement. Et, au du prêtre, sur le fait de l'autel, une image perpetuai: le geste auguste, l’étreinte ouverte l'humanité par je crucifix d’a- mour. L’'officiant ouvrit la bouche pour le prône. Sa voix grave et douce remplit d’un charme ja paix des voûtes, “Laissez venir à moi les pe- tits enfants”, Monique s’ouvrait à la divi- ne parole ; son cœur, sevré de toutes tendresses humaines, al- lait confiant à l'appel de cette voix de bonté. Cependant, son ingnorance laissait une inquiétude; mais la source de lumière jail- lissait des lèvres de l’apôtre. —“ En vérité, en vérité, je |vous le dis, laissez-là ces ‘en- | fants ; xe les empêchez point de venir à moi, Car le royaume des cieux est pour ceux qui | leur ressemblent. | “Bienheureux les simpies d’esprits, parce qu'ils auront le Ciel. | “Bienheureux les doux, par- ce qu'ils possèderont la terre. | _‘Bienheureux ceux qui pleu- ‘rent parce qu'ils seront conso- lés. | “Bienheureux ceux qui sont dessus à miséricordieux, parce qu'ils obtiendront eux-même miséri- corde”. Et le prêtre bénissant l’as- semblée, du grand signe ré- dempteur, revint achever le sacrifice de gloire et d’amour. l'âme inondée de joie et de lumières, l'enfant comprit Dieu; sa prière bégayante s’éleva à L'TMPARTIAL les rites des eâux vives, et ces ‘hants dont était jalouse son âme comme de sa seule riches- se, montèrent en hymne d'ac- | tions de grâces, vers Celui qui l'avait consolée de la terre en lui montrant le ciel. Elle joua pour le curé. George de Lys LE PERE ET LA MERE Dans la famille, le père et la mére réfléchisseni souvent à leurs grands devoirs. amour sans défaillance. Se respectent comme des tem pies sacrés. S'aident dans leur commune tâche. : Se supportent dans leurs mu- luels défauts. En face de leurs enfants, ils se disent: ‘ce sont des âmes que nous devons condwre au ciel. 1ls les font baptiser le jour même de la naissance, ou le len- demain, au plus tard. Ils leur apprennent à con- naiître Dieu, dès le premier sou- rire. 1ls àe s’affligent pas de ies voir se multiplier: le bon Dieu bénit les familles nombreuses. 1l ne les bourrent pas de fri- andises et ne les attifent point comme des poupées. Ils se souviennent que l’'Es- prit Saint a dit:‘“ celui qui é- pargne ia punition n’aime pas son fils.” lis prient poureux beaucoup, beauconp, beaucoup. 1ls veillent a ce qu'ilsne li- sent pas de livres et de jour- naux mauvais, ne regardent pas de gravures dangereuses, ne fréquenteut pas de compa- gnies suspectes. lis ne cherchet point à leur inspirer telle ou telle vocation mais ils s’enquièrent aves soin et prudence de celle que le Cré ateur leur a donnée, et ils leur facilitent les moyens de la sui- vie Quand ils se marient, ils son gent qu'ils n'ont pas à marie un coffre-fort avec une bourse mails ayant tout une âme avec une âme. POUR LES JEUNES FILLES Les jeunes filles communes sont nombreuses, très nom- breuses. Il ne faut guère s’en éton- uer, pour celles dont l’éduca- tion a été negligée. N'y at-il pas matière à surprise, pour celles qui ser- tent de nos couvents, après y avoir reçu pendant cinq ou six ans les sois les plus déli- cats et les plus empressés ? C'est qu'il ne suflit pas de vivre au Couvent, pour arri- ver à la distinction. Aide-toi, le ciei t’aidera. Voilà la selution du pro- blème. Une jeune fille, au couvent est-elle revêche désebéissante irrégulière, capricieuse et vo- lontaire, les leçons de la meil- leure éducatien tomberont sur elle comme sur roche. N'attendons rien de cette pe- tite demoiselie. Hervé Bazin écrivait: “Je ne Cenuaïis pas de séduction comparable à celle qu'exei ce sur moi la vue d’un jeune homme distingué." Le spectale d‘une jeune fille distinguée exerce Ja méme séauction, et elle l‘ex- cerce pour le bien. Jeunes filles, soyée distin- guées. F. A.B,. IMPRU- CONFIDENCE DENTE l'hostie sainte, qui, aux mains du prêtre, plana sur les fronts | |courbés dès fidèles. | La messe terminée, le cœur itrop plein de reconnaissance, | | Monique près de son vieil or-| gue, se souvint des harmonies. par | S qui ravissalent ses rêves, | . , 112 + d': 11 3/1a rà- Nv-fitie 2 sn à 'nults étoilées. En elle s'élevè- te; ca Je Suis la patronne et lis des oiseaux, Li. | MALI EX à c LS ae PEINE A SEGRRSER 8 pes 57 SRE 1,4 Un voyageur grincheux, nouvellement arrivé dans un hôtel, s'adresse à une dame qui lui est inconnue: Entre eux, ils s'aiment d’un! — Est-ce qu'il y à long- temps que vous étes prison- ière dans cette. | h .ménagerie? tout LISH +LIS Aimez vous les Romans. Les Legendes, Beaux Feuille- tons? Les longues soirees d‘hiver sont arrivees. Lisez et ins- truisez-vous. 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Œiy Pxecu and n ES ‘ ewesi Price, Whae 2e Pete de payer tous les arrérages -14-Trahison vaincue par ‘“ —5-Le Remerds d'un [Faussaite LL" TROP TARD Un député gascon a été passer quelques jours en Al- géric. À son reteur il raconte à ses cullégues ses exploits cynégétiques. —Oh! les lions, dit-il, cela ne me fait pas peur. J'en ai tellement l’habitude! Ain dernièrement j'ai trouvé une lionne en me promenant; eh bien! je lui ai coupé la queue avec mon Canif. Pourquoi ne lui avez-vous pas piutôt coupé la tête? —On la lui avait coupée la ville, On venait souvent deman- der de l'argent à Frençois de Sales, sous forme d'emprunt, et on ne lui rendait guère. Un jour, un indivin: vint le supplier de lui préter vingt ecus en lui offrant un reçu, ave promesse de payer à une certaine date. “Frauçois de Sales, raconte son biographe,” alla quérir dix écur, et, revenu dit à ect homme : : “J'aitrouvé un expéaient qui nous fera aujourd'hui sa- gner dix êcns, si vous voulez ‘ae croire. … Monseigneur, que faudrait- il faire ? “Nous n'avons, vous mel, qu'à ouvrir la main, c n est pas bien difficile, Len voilà dix ecus que je vous donne en pur dun, au lieu de VOUS prêter vingt, gnez ces dix-là, ct et ela vous ga- moi, je tie"drai les dix autres e gagnez, si vous in’excmptez de vous les prêter. Une injure pardonnée est à L'off ce un titre de supériorité sur roffenseur . Opposition et dénigrement : l’une peut être un intérêt, un Plaisir, un de l'autre est une faute Coutre sui in Contre son pays. roir ; dune et » peer a J'entends commencer un ré - ” per ess “Un de mes nini. "hs e Puis m'empêcher de dire :64 f * {ceux Qui possèdent un \6 tab: |: ments, i: peut y | VOUS le chargez ou | Lissez pas de 2, i Le bagage en Du il liissera votre Voila en core un pauvre qui se vante! Heureux | ea ui! gs qui mé it en secret s resse ml : ; = SCT pat qui mord sans fuire de bruit È TE estomac est le cheval qui porte ou s | | AgBgAge; avec de Sages Inénage QUS mener joj15 mais :i tre mesure, en ne lai ‘