Elle était âgée et elle venait pour délivrer le bébé. Elle était vaillante. Ca prend une femme avec du courage pour faire de quoi de même. Elle encourageait les femmes. Cette liste est loin d'être exhaustive. Elle sert seulement à illustrer la grande contribution des sages— femmes acadiennes dans leur milieu. Outre les sages—femmes, il y a eu un nombre incal— culable de femmes qui ont assisté le médecin aux accouchements â domicile. En aidant au médecin, ces personnes remplissaient en quelque sorte le rôle de garde— malade. En particulier, elles rassuraient et encoura— geaient les futures mamans et les préparaient pour le docteur. Après l'accouchement, elles lavaient et habillaient le nouveau—né. "On était là pour servir le docteur," de dire Une informatrice de Mont—Carmel, qui a souvent aidé ses voisines lors de leurs accouchements. La plupart du temps, ces femmes ne demandaient aucun paiement pour leurs services; elles recevaient parfois une somme minime d'un dollar. Une femme de Tignish explique ainsi son rôle aux accouchements. Je ne chargeais rien, j'allais justement là pour leur aider. Tout ce que je faisais moi c'est laver l'enfant et l'habiller, parler à la femme pour lui donner un petit brin de courage quand je voyais qu'elle pâtissait trop... lui dire de prendre courage,et puis quand ses mais veniont fallit qu'elle forcit pour lui aider... J'y parlais, je les encourageais. Dans tdutes les communautés acadiennes, nombreuses sont celles qui étaient toujours prêtes ä offrir ce service. A Rustico, à titre d'exemple, il y avait entre autres Bugénie Gallant, Eulalie Gallant et Marie Martin. Le témoignage suivant reflète le grand dévouement de ces femmes: Ma belle—mère en était une. Elle s'appelait Marie Martin (née Doiron). Elle aimait ça. Tous les enfants qu'ont été nés que je me rappelle, moi, c'était' elle qui était là. Ah! oui, elle était bonne avec ces femmes-là. Elle était aussi- bonne comme le docteur. Il y-en a que je connais bien moi qui l'ont eue-et, après qu'elle est morte, elles l'ont manquée