D ob gts. pa Coup d'œil Retrospectif L'union législative du Haut et du Bas Canada apparut, dès son aurore, #rosse de menaces pour notre natio- nalité, Une fois encore, nos pères étaient Vaincus. Un esprit arbitraire, tyran- nique avait présidé à la naissance de la nouvelle constitution. Soumis au joug d’une mujorité anglaise et hos- tile, le Bas Canada voyait proscrire l'usage officiel de la langue française. Et,—maiheur suprôme qui arrive souvent aux jours de défaillances na- tionales,—on comptait des désertions. Las de tant d'efforts, quelques-uns des nôtres doutaient de nos destinées. Il était bien évident que nos mat- tres voulaient pour nous l'abaisse- rent, l’infériorité politique. La pers- pective qu’il réservait à motre race s'était même traduite en un mot, res- té célèbre: “hewers of wood and drawers of water’, Uanadiens-français, vous serez fen- deurs de bois et porteurs d'eau! Jamais peut être, au cours de no- tre histoire, nous ne voyons plus de patriotisme éclairé, plus d’ardeur, de foi en notre avenir que chez la géné- ration de 1840 et des années qui sui- virent. Comme l’a dit le poète : “Les moments difficiles En héros sont fertiles.” Je me plaïs à penser que le mot outrageant, lancé ipar nos ennemis, eut un effet. superbe. C’est, dit-on, en se le répétant que F. X. Garneau, voulant laisser à sa race, qui mena- çeait de descendre au tombeau, un mausolée digne d'elle, entreprit d’é- crire son histoire. { Vous serez fendeurs de bois, por- teurs d'eau ou anglais! Pour nos an- cêtres, le choix n’était pas fameux. Pourtant ils seraient devenus fen- deurs de bois, en restant catholiques et français, plutôt que de gagner les droits d'hommes libres, au prix de leur langue et de leur foi. En face de cette alternative, ils n'hésitèrent nullement. Ils se mirent à l'oeuvre. Depuis, les années ont passé. Et Dieu merci, nous ne sommes devenus ni porteurs d'eau, ni anglais. Nos pères n'ont pas eu les mains vides. Mais ils n’ont pas porté que la civilisation là, où n’existuient que la solitude et parfois la barbarie. leurs maîtres, qui les destinaient à l'existence de valets porteurs d’eau, ont été heureux un jour de les voir tenir les armes pour sauver Ja colo- ne. 2 peupie français canadien fut doublement fidèle: à l'Angleterre, puis à son origine. L'histoire impar- ijale dit aujourd’hui que nos aieux furent plus d’une fois les arbitres de lewrs destinéés. Nous aimons à croire que, sans nous, le Canada serait de- nuis longtemps annexé à la républi- que voisine. Les aveugles qui dou- tent de notre loyauté, lu trouveront sous les murs de Québec, repoussant Montgomery et,plus tard, dans le ravin de Chateauguay. Avons nous été fendeurs de boisf Peut-être. Au lendemaîn de la défaite, vain- eus, écrasés, délaissés de tous, nos an- côêtres échangèrent le Kképi du soldat contre la bure du laboureur. Ils de- vinrent agriculteurs. Un dieu de l'antiquité touchait Ja terre, dit-on, pour retrouver sa for- ce. Nos aïeux firent de même. En s'appuyant sur le sol, ils puisèrent une vigueur nouvelle, un regain de vie. Ils ne s’effrayèrent pas de la fo- rêt qui recula devant eux. Fendeurs de bois, nos LDères, je le veux bien, avec, au front, la zloire des valeureux pionniers, ces conqué- rants du sol qui font les peuples du- rables. En vivant comme de bons et hon- nêtes paysans, ils eurent à soutenir des combats terribles pour maintenir intègre le précieux héritage laissé sur nos bords. En retour de leur fidélité, la main du maitre se fit de plus en us oppressive. VOUS Deer: Les nations fortes ont, à leurs bases, les sacrifices, les sueurs et parfois même le sang. Daus les peuples comme dans les individus, s’étiolent les initiatives fécondes, les généreux vouloirs, les virils desseins, à mesure que l’on perd la jeunesse et la pauvreté. Notre grandeur naquit de la ty- rannie. Quand une oligarchie mépri- sée imagina des moyens nouveaux de ruiner notre caractère distinctif, quand elle maria notre race à l'élé- inent francophobe du Haut-Canada, ‘se fut alors que nous levames la tête et que notre nationalité prit cons- cience d'elle-même. Nos pères étaient iznorés, dédai- gnés, ignorants. Ils se firent esti- mer. De leurs maisons d'éducation, sont sortis des générations d'hommes éminents; prêtres, avocats, médecins brillent au premier rang. Et l'un de nos gouverneurs géné- raux a pu dire que les chefs de notre politique, vraiment hommes d'Etat, étaient des Canadiens-français. È li faut compter avec nous mainte- nant. La race française s'est dévelop pée dans l'Amérique Britannique du Nord avec pius de rapidité que dans aucune autre partie du monde. La province de Québec, où eile do- mine, a ses lois, sa langue, des ins- titutions qui lui sont propres, privi- lèges que nous n'avons pas conquis toutefois sans luttes, sans efforts et ans sacrifices. à 7" peuple français-canadien possède l'égalité politique et sa seule ambi- tion est de cons:rver son homogenéi- té, en perfectionnant tous les jours son caractère distinctif, ses institu- i lois. . Te AE et le présent n’indiquent donc pas qu'il est coin posé de fen- deurs de bois et de porteurs d'eau”. S UPPLEMENT D am FETES S Notre passé généreusement promis par nos enne- mis, soit à jamais impossible pour nous. r Présentement, il importe d'occuper dans le commerce, l'industrie, les carrières scientifiques, une position prépondérante. Il n'y a aucune raison pour ne pas avoir, dans ces états de vie, la supé- riorité que nous avons sur d'autres terrains. Mais en voulant donner à notre ca- ractère national une tournure plus pratique, plus positive, n'oublions pas ce qui fait la force et le charme de notre race. Etudions bien “l'âme” canadienne française et conservons-la telle que uous l'ont transmise nos pères. Quand des hommes ont donné leur vie à ce qu’on croît être la véritable grandeur, il reste toujours quelque chose à faire après eux, c’est de s'as- socier à leur oeuvre. l'héritage ancestral est fait des initiatives généreuses, des vertus brillantes frémis dans notre vie de peuple tout un monde latent de poé- sie, d'art, de grandeur intellectuelle ? Etendre le rayonnement du génie français, préserver de tout vent mau- vais l'étoile qui toujours zuida notre race sur les routes de l'idéal, c’est là, il semble, servir l'oeuvre de nos pères, C’est en faisant éclore les fleurset les fruits de la pensée que nous dé- montrerons, à l'évidence, qu'il nous est impossible d'être des “hewers of wood and drawers of witer.” Rappelons-nous toujours ces paro- les de Charles Sainte-Foi : “La preraière richesse d’une nation consiste dans la valeur des hommes qui La composent et l’homme vaut | x comine membres des KE à dans edcublons d'efforts pour que eau prochain cet état inférieur, Notre Notre Avenir par les forces de sa volontéet de son intelligence que par celles de son corps”. CHRISTIAN. Arthabaskaville, juin 1902. —-— —— + D e- Mamans L'ONTARIO FRANÇAIS Les Canadiens Français d'Ontario ont célébré duns différentes partws de la pro vince, cette année avec un grand éclat à Ottarva, à Windsor et atllewrs Les Ca nadiens-Français du Nouvel Ontario, qui comprend les districts de Nipissing. Alqo: ma et Sardlt Ste Marie feront la celébration da la St Jean-Baptiste le 8 septembre pro- | chain. Une grande excursion à prix ré duits de toutes les parties du Canada et des [ 7. Ée. . Etats-Unis aura lien à cette occasion, afin Le permettre à tons de venir visiter les ter- res magnifiques qui n eltendent que les bras du défricheur. ÆEmparons-nous du sol, Le fondateur de la Société St- Jean-Baptiste en 1834. Ta société St-Jean-Baptiste était à cette époque plutôt une société polittque que nationale. Elle comptait :cossais, des Trlandaïs et même des Anglais opposés au régime oligarchique d'alors. Elle avait des ramifications dans te Haut Canada, et ses couleurs étaient Eq le bleu, le blanc et le vert. r présent Une Voix Acadienne Tout Acadien qui veut se donner la peine de jeter un coup d'oeil sur les rezistres du piys sera convaincu que les hypothèques, les jugements, etc., qui se trouvent attachés aux noms d’un grand nombre de nos gens contribuent pour la plus forte partie au malaise dont ne se plaint, et quoi- qu’il soit pénible de l’admettre, le fait n’en est pas moins indéniable, et {si cet état fâgheux continue, nousau- î |rons malheureusement à constater, dans un avenir peu éloigné, le dépeu- plement complet de nos centres iran- | Çaïs. Nous avons déjà à enregistrer ce nn. > ZSS SS canne ass SSD * « ; J DATES JEAN-BAPTISTE LE 24 JUIN Eélisesr dans des villages jadis flo. rissant sous la main des Acadiens, mais, aujourd'hui, entièrement entre les mains des Anzlais. Nous pourrions citer des exemples de grandes parois- ses françaises où nos Acadiens, après avoir défriché les terres, se voient obligés d'abandonner les fruits de leurs labeurs à des étrangers et eom- mencer une seconde vie de misère eft de privations sur des nouvelles ter- res, ou de s'’expatrier et passer Île reste de leurs jours comme esclaves dans les usines des Etats-Unis. Quel- le est la cause de tout cela ? La cau- sæ est due en grande partie à l'im- prévoyance de nos gens Lens Aca- diens, à quelque exception près, ne sont pas aussi versés dans !a vie commerciale que le sont leurs voisins d'autre nationalité. Nous pourrions dire plus. Nos Acadiens ne sont pas assez méchants d'eux-mêmes; ils se laissent trop souvent entraîner dans les dettes sans se rendre un compte exact de la situation où ils se trou- vent, et ne se réveillent de leur en- zourdissement que pour se voir jeter sur le pavé. ’ Assurément, les aspirations, de no- tre peuple doivent être plus nobles. Nous sommes doués d'autant d'in- telligence que les autres nationali- tés; nous sommes aussi braves que les Anglais qui nous entourent ; nous avons tous les qualités requises pour nous faire marcher de front avec nos voisins. Mais, nous le répétons, ce qui nous fait défaut, c'est l'impré- voyance, c'est le manque d'économie. Il nous incombe donc de faire halte dans cette course imprudente et de prendre de fermes résolutions bour l'avenir. Dans le morde commercial celui qui comprend ses affaires ne manque ja- mais de se rendre compte de ses transactions quotidiennes et l’un de ses principaux soins est de tenir les dépenses dans les bornes du revenu C'est là le succès. Il doit en &être ain- si de celui qui dépend du produit de la terre pour se maintenir. Donc, pouvoir toujours se rendre compte de l’état où l'on se trouve: ne jamais se laisser aller aux dettes dans l'a- chat d'articles superflus voilà le point essentiel que nous ne devons jamais perdre de vue. Un autre point que nous &evons aussi considérer sérieusement eat l'habitude qu'ont un grand nombre d'entre nous d'entreprendre de vivre à la pêche et à la terre simultané. ment. L'expérience de tous les ans démontre que ce sont ceux qui s'a- venturent dans cette double sogne qui sont les plus souffrants. La p&- che est une branche d'industrie d'une grande valeur, mais elle ne doit être que pour ceux qui s'en occupent un quement ét qui en comprennent tou- tes les péripéties Règle générale, ik n'y à que ceux qui comprenheht ce métier qui réunissent, tandis que ceux qui entreprennent de vivre à læ pêche et à la terre en même temps, n'atteignent ni l’un ni l'autre but et finissent par se trouver acculés au pied du mur au point de se voir cous verts de dettes, obligés de céder leurs terres et jetés sur le pavé. , Le travail de la terre et l'écono. mie: voilà notre salut ; voilà la règle que nous devons suivre si nous vou- lons conserver les biens qui nous res- tent encore. Sommes-nous jitiquiets dans nos vicissitudes f Suivons les tra ces que nous ont montrées nos pères. Ayons recours à ceux qui ont véri- tablement à coeur le bien-être de la population acadienne. Nous avons au milieu de nous nos prêtres acadiens qui partagent nos aspirations, sont au courant de nos coutumes, de nos moeurs, de nos traditions, et qui s'intéressent à nous d'une manière toute spéciale. Ces prêtres nous sont donnés pour nous guider par leurs sages Conseils, non seulement dans les affaires spirituelles, mais ausai dans la voie que nous devons suivre dans nos affaires temporelles. Aves quels sentiments decrainte et d'an- xiété ne voient-il pas tant ée nos zens perdre leurs biens et s'enfoncer dans les sentiers de la misère f Combien de fois ne nous ont-ils pas mis sur nos gardes contre ce spectacle pavrant $ Tachons donc d'ouvrir Jes yeux à l'é. vidence ; d'écouter leurs sages con- seils lorsque nous nous trouvons, en- vahis par les difficultés. { _— Fes En outre, ne serait-il pas bien d'a. voir des organisations parmi nous afin de soulager, autant que possible, ceux qui voient leurs terres leur échapper des mains, en leur indiquant les moy ens les plus avantageux possibles de faire des emprunts pour conserver en biens, si la nécessité les y obii- ee . TE . Le besoin se fait vivement senti d’avoir des conventions parmi nous, mais il n’y « pas de convention qui exige plus notre attention immédiate que celle qu: aurait pour motif de porter remède au triste état de chose que nous citons plus haut, qui ce notre existence même. Bannissons la politique qui occupe l'attention d’un trop grand nombre. Mettons fin aux divisions qui pourraient exister et travaillons d’un commun accord à la conservation de nos foyers, sinon nous aurons Ja mortification avant plusieurs décades de voir nos beaux et magnifiques temples vides et une autre déportation plus cruelle que cel. les de 1755 et 1758. Mais cette fois des Acadiens eux-mêmes seraient leurs propres bourreaux. Le ESS BUOTE, acteur de “l'Im ial” Tignish, LP.E., 19 juin, 1902 rs E “Les palettes de Tabas 5 Fumer Amber”, s'imposent par leur seul mé rite, En avez-vous essayé f Conservez jes la valeur, nue he mu Moi mm me ne 7 M . " 2 fers: