de Françoise Françoise était une bonne grosse’ beule, de vieille fille, aussi large que haute. lle était bien âgée de quarante ans au moins, malgré ses prétentions à la jeunesse et à la beauté. De grandes oreilles, des yeux petits, trop petits, enfencés ; des jones saillantes, une lèvres large, épaisse et bleue, des jam- bes trep eourtes, des pieds trep longs, veilà em pen de mets le portrait de ma tante Françeise, qui n'était pas ma tante, mais que teut le monde appelait aia- si pour ne pas être obligé de dire mademoiselle. N'allez pas eroire cependani que Françoise était la première venue. Klle avait du bien au se- leil et de l'argent à l’ombre— tout le monde ne pourrait pas en dire autant—#on père, en mourant, lmi avait laissé une benne petite terre qu'elle calti- yait elle-même sans l’aide de pereonne. @'est elle qui labou- rait le so], rentrait les moissons, allait au moulin, au marché, ete, ete. Bt puis elle était éee- nome mais très eharitable ; em ‘ l’aimait dans la paroisse. Quand elle travaillait dans les champs, au seleil—besegne ardue—les sueurs baignaient sa large figure. Peurtant sous eette | enveloppe épâisse et rude, Françoise avait du eoeur, de ’âme…et de la poésie. Oai, de la poésie ! Grand Dieu, de la poésie. Souvent dans la jenraée, pen- dant que les boeufs s'essou- faient, elle quittait la sharrue etelle allait s'asseoir an pied d'un arbre. Là, am murmure de . la fontsine, seus le eiel eveeses merveilles et ses mystères, elle = RL en ge data amet 6e 8 ras. accepté. } morme rose de pavot rouge à la fert ua jour son argent, sa terre et ....sa personne ; lui, il avait Le matia du mariage, Fran- çoise, qui mes'était pas conehée attendait tonte pimpante, le fu- tur. Oh, mais: elle était dréle à voir. Une jupe trep ceurte, un mautelet en meonsseiine, D chapeau de paille mesurant au moins denx pieds de forme sans ceempter le plamet, et nne é- seinture. Joseph revêtu de la défreque trep étreite d'un 6ee- lier’ ei dont la taille lni venait aux épaules, éelata de rire en voyant Françeice ; celle-ci se fAcha....le malheureux eat peur et s'enfuit. On ne l'avait plus reya dans le village. Pauvre Françoise, elle ne put se censeler, Elle pensait tou- jours à l'absent et eriait son nom aux renees du buisson, anx oiseanx shanteurs, aux abeilles qui vont eherehe leur miel sur les fleurs sauvages: Teujours le cerveau en ébul- hitson, l'esprit tenda, les eens- titntieas les plus fertes ne peuvent pas se maintenir loug- temps dans une féslle état, et François devait dépérir comme la fleur sous un soleil trop ar- dent, iersqu'un jour oui, un jeur, elle était assise et filait sa quenouille....le fil de ehanvre se brisa dans ses deigts, elle eut un tressaillement merveux,..…. un hemme venait de passer à sa fenêtre..…il entrait ..Men Dieu, Jeseph ! et Joseph plus grand et plus mince encore qu'autre- fois se jota as eou de Françoise. —Oh ! Joseph, je t'ai bien pleure, va, penrquei es-tu par- ti? —Ma Francoise, men amour, j'étais pauvre, tm étais riche. s’enfençait dans des réflexions prefendes. Ses petits yeux dis- Paraissaient dans leurs orbites, ses larges mains se eroissaient sur son énerme peitiine et son { âme s'envelait vers les sphères azurées. C'était l’extase, l’extase dans toute sa force ei sa poésie. Frameoise ne vivait plus ; elle révait ! Mais à quei, grand Dieu ? À quei rêve la jeune fille belle et aimante ? À l'objet aimé... Françoise aimait. Oui, elle aimait, et e'était là sa vie, parce qu'elle souffrait : souffrir, c'est vivre. ne pouvait oublier le... beau jeune homme qui lui aveit juré foi et fidélité...elle l'aimait toujours, bien qu'il l’eût aban- donnée, l'ingrat ! Mais elle se cemplaisait dans sa deuleur, et | | comme Rachel, elle était ineun- I dd - RE NE NC y éntééétiriahinh merci solable. Parfois, la voix de la raison se faisait entendre : Françoise, eriait-elle, que fais tu ? Pourquoi t'ensevelir | dans la tembe du souvenir ? | Oublie le passé, conge au pré. | sert, peuse à l'avenir. Tn es | jeune encore, tu es belle, (ah! bah ! |] sois heureuse, ésente la voix de ces jeunes coeurs prêts à se donner à toi, 1emenes à l'in- grat. Mais la voix da l'amour repre- mait, eette voix qui fait braver la mort, sette voix qui rit de la tembe et de l'enfer, cette veix qui fait eouler le sang lui di- sait : “Françoise, senge à tou serment, sois fidèle, l'absent re- viendra, aime, pleure, et seuf- fre...Oui, je senufirirai disait Françoise en se redressant ; et vite elle repremait le manche de ‘fl la eharrue et travaiilait jusqu’au gs 2e RE € 5 eee me _ # PAS PAREIL. !° LE {| soir. (l Oh ? ameur, amour, que ta tif fais de vietimes. L L'histoire de eet amour était }r À connue de tont is mende dass le village, seulement, Françolee avec le temps l'avait imagéu, embellie, poétisée dans son ima- _: gimation. Le jeune homme de Je ne voulais pas...tu eom- prends. J'aitravaillé et aujourd'- hvi, le front haut, je reviens avee beaueonp....de courage et d'amour. Brare soeur, va ! ke % O'est Je jour du mariage. Teut le villège se porte à l’église pour voir Frauçoi:e et Jeseph. Les jeunes promis arriveut, sou. riant de bonheur. L'union est eonsacrée ; alers, ch alors, Fran- ceise se léve, monte sur une chaise, saisit Joseph par le cou et an grand scandale da prêtre et au milieu des fous rires des assistants elle lai appliqua nn baiser d’une sonorité à denner le frissen. Maintenant ils sont mariès. 1ls s'aiment trop, pour ne pas être heurenx: Le ehemin de Ja vie est penyr eux parsemé de fleurs et de roses ; il y aura bien quelques épines, mais Francoise est robuste et Joseph plein de eeurage. 11 l’a prouvé. DIiSGUSSION AN1MEE Ceups de fourchette, Jheveux arachés Danville, Jllineis, — Frank Bpeeht est un allemand qui a ane femme angisise. Wm: Shee- maker est ua anglais qui a une femrae allemande. Les deux conples entretenaient des rela- tions amicales et se visitaient fréquemment. Hier soir, une malheureuse discussion eu su- jet de la guerre du Transvaal s'éleva soudain, et lorsque de pariet d'autre on eut épuisé tous les «rgaments, on en viat aux coups. Les femmes qui a- vaient pris la défense de leur patrie respestive, se rangèrent alers du eôté de leur mari et ja mêlée devint générale. Oensé- quenees : Frank Speeht est grié- vement blessé, ayant reem trois coups de fourehette. Wm. Shoes: maker a la figure en marmelade et perte sur le eorps plasieurs blessures. Mmes Sheemaker et combat, Specht gisait inanimé sous une table’ et les femmes les cheveux. Le Sourire s’arraehaient consoieneiensemen Qu'il est myetérienx, mais parfait, le méeauisme qui trans- met les émotions de l’Ame à la fgure et les y peint avec plus de rapidité et de précision que le pinoeau le plus habile. Be tous les traits du visage, sauf les yeux peut être, les lè- vres se prêtent le ples faeile- ment à l'interprétation &es sentiments qui agitent notre être. Le rire et le sourire sont loin d'être synonymes et sont preve: quées par des eanses sonvent bien differentes. Le rire est bru- yant, le sourire est paisible. Le rire est semblable au vent qui remue puissamment les eaux de la mer ; le sourire, à la brise qui en ride légèrement la sur faee. 11 y a deux sortes de rire : le rire spontané, le ha ! ha ! si eon- tagieux, qui vient dun eœur et qui indique un caractère bon et jevial, et le rire réfléehi, le hi! hi ! qui n’a rien de frane ni de joyeux. Le sourire a beaucoup plus de nuances d'expression. 1] ex- prime, entre autres sentiments, la joie, le contentememt, la re- counaissance, le mépris, le dé- dain, le sarcarme, la douleur même, @ar le seurire est parfois plus pathétique que ies larmes. Eu tout temps, à tout âge, le seurire qui vient d’un bon eœurest plein de charme cet cemme un rayon de soleil, illu- mine le sentier sembre de ja vie. Ua seurire : et la paix et Ja joie rentrent au foyer domes- tique où règue la discerde. Uu souriie : et l'ami qui vous arait offensé sait que vous lui avez Pardenné : un éeurire, et le pauvre qui vous tend la main comprend qu'il a vetre sympa- thie avee votre aumêne. Le pre- mier sourire, avec quelle impa- patience ou l'attend! Quelle Joie il eause au sein de la fa- mille. L'enfant sourit, et l'heu- reuse mère oublie à l’instantses peines et ses fatigues, ce pre- mier sourire en est la rétom- pense. Le dernier sourire, adieu suprême d'uu être aimé que la mort nous enlève, comme nons en chérissons la mémeire ! Plus efficace que le meilleur cosmétique, le sourire embellit la figure la moins attrayante. Quant au rire, les médecins nous assurent qu'il n'y «a rien de tel peur la santé. Voulez- vous vivre longtemps, riez seu- vemt et de manière à secouer tout votre être. Ne soyons donc pas avares de nos sourires puisqu'ils répan- dent la joie autour de nous, et que nous en recevons du bien nous-mêmes. Louisa King. Farm For Sale The undersigned offers for sale his farm situated on the Harper Road, containing 40 a- cres of geod land with House and Barn. Geod wellef water. Every convenience te Mill, Chureh, Seheel and Pest offices: Priee reasenable. Fer further portieulars apply, to Jerome Riehard .#es rêves m'était autre que le : NOTICE s L’IMPARTIAL, JEUDI LE 1 MARS, 1900. ——— | : grand Joseph, un efflanqué, es- Speecht ent l'épiderme passable-! ke : | Le Mariage pèce de crève-faim. Hn déses-|ment endemagé. Lorsque la pe- G1 alu 4 / emen £ AK poir de sause, elle lui avait of-|liee se présenta sur le lien dm| Aucune personne qui écrira au ‘State édbasisix Medical lustitute. 733 Elektron Build c DT un de tons If you have iœth that have ached, or are aching. 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