Lite pda ge à La Ce EE - NUS Es de Ve \ CIE DE L'IMPARTIAL, Proprietaire Fondé en 1893 par Gilbert Buote et son fils Francois Joseph Z F. J. BUOTE, Redacteur, Mme. F J. BUOTE Assistante Vol. 3 No. 43 Nouvelle Serie TIGNISH, ILE DU PRINCE EDOUARXD, MARDI LE 8 MAI I9II 18 ANNEE LES NOUVELLES LES PLUS RECENTES Sont dans l’Impartial. PROGRES DE LA FOLEN CHINE ET EN MONGOLIE Sous ce titre, nous lisons dans la | dernière livraison de la Revue des Missionnaires de Scheut: La publication de l’‘‘Annuaire’’ par les RR. PP. Jésuites de Zika- wei (Shanghaï)eat toujours une bonne fortune pour quiconque s’in- téresse aux questions scientifiques, commerciales, politiques ou reli- gieuses de l’Empire chinois. Nous devons aux savants et dé- voués auteurs de ce travail unere- connaissance particulière parce que, entre autresfrenseignements utiles, l'Annuaire nous présente le bilan, sommaire mais complet, de toutes les missions de Chine durant le der- nier exercice. Cet exposé substan- tiel est précieux, voire même né- cessaire, à qui veut se rendre un compte exact des progrès réelle- ment intensifs et remarquables gue le catéchisme fait en Chine. D'après le dernier Annuaire, en 1910, la population chrétienne de la Chine s’élévait à 1,752,000 fidè- les, dont, 1,293,634 baptisés, contre 1,210,054 l’anuée précédente: soit un gain de 83,580 néophytes. Remontons maintenant à vingt ans plus haut. Pour ce faire, nons n'avons qu'à additionner les pa- tiente statistiques que le R. P. Jo. seph Hoogers, procureur des mis- sions de Scheut, à Shanghaï, a bien voulu dresser pour l’année 1889. Nous trouvons qu'à cette époque la Chine ne comptait qu’en viron 400,000 fidèles dont 342,664 baptisés. La comparaison de ces données avec le total de 1910 est aisée, non moins qu'éloquente, elle nous ré- vèle qu’au cours des vingt derniè- res années,—et ce, en dépit d’une persécution terrible qui ruina des missions entières et fit des millier de martyrs, —l’apostolat catholi- que accuse un progrès de 1,351,- 000 fidèles et compte près d’un million (950,970) d:. néophytes. Dans ie même laps de temps, la jeune mission de Mongolie ne s’est pas moins vigoureusement dévelop- pée. Les chrétiens et catéchumè- nes qui en l’année 1889 n'’attei- guaient pas le chiffre de 2,0oco, dé- passent aujourd'hui les 80,000 ! LE CANADA BILIN LE, Nous empruntons au confrère irlandaisle ‘An Claidheamh So lui’’, publié à Dublin, en gaélic et en anglais, le bon article suivant, qui ne peut que contribuer à réta blir la bonne entente entre les deux principaux groupes des catholiques, au Canaï1a. Eu voici une traduction: La lutte des Canadiens-français en faveur de leur langue a, pour les Irlandais, un intérêt direct. Le hasard a voulu que les exilés Ir- landais, ou leurs descendants au Canada, soient rangés dans le camp des Anglais, dans le combat qui continue de se livrer contre le dit- fusion de la langue française daus Puissance du Caua la. La vitalité de ia langue française et la manière admirable avec la- quelle elle s'adapte aux exigences de la vie moderne, de même que le patriotisme des Canadiens-français et la façon dont ils s'afhrment, tou tes ces raisons, en un mot, Ont sou levé au sein dela population au- glaise la crainte que Île Canada ne devienne, d’un océan à l’autre, une nation française. Lorsque, en 1763, le Canada tomba sous la domina- tion anglaise, sa population, qui é- tait alors de 70,000 habitants, était d'origine exclusivement française. [es colons français furent grou- pés, à l’origine, dans la province de Québec où leurs descendants attei- gnent maintenant le chiffre de 1,- 322,000 Sur uué population de 17;,- 600,000. Ils ont fourni aux Etats- Unis une population de 1,200,000. Les Français du diocèse de London, | Ontario, dénassent le chiffre de 32,000. La branche américaine de la race française montre une tendan- ce à accroître rapidement en nom- bre, et il est indubitable qu’elle est douée d’une grande force pour con- server sa langue et les caractéristi- ques de sa race. Dans la province de Québec, où le français est la langue ordinaire, l'élément fran- çais ne souffre pas de graves diff- cultés. On parie l’anglais dans les viles; mais les deux langues sont officiellement reconnues dans les écoles, les cours de justice et les différents départements de l’admi- nistration publique. Le français est aussi langue officielle au Par. lsment de la Puissance. Dans les ncuvelles provinces, où les Anglais prédominent, où n’encourage pas la langue française; msisles Fran- çais, qui ont le génie de l’organisa- tion religieuse, revendiquent le droit d’avoir des prêtres de leur propre race; et c'est sur ce point qu'ils viennent en confit avec les Ir- landais du Canada. Les catholi- ques de langue anglaise, au (Cana- da sont presque tous irlandais. Les prêtres et les évêques sont ou irlan- dais on d’origine irlandaise. Ils n'ont jamais été sympathiques aux Français; et, dans ces derniers temps, ils semblent s’être ligués à l'effet de mettre fin à l’usage de la Ê langue française en matière d'instruction religieuse et de cété- monies dn culie dans cette partie de la province d'Ontario où la po- çaise excède de plusieurs milliers l’élément catholique de langue an- glaise. ——— La question bilingue est mainte- pant de la plus haute importance dans la politique d’Ontario ; et l’an dernier elle fut encore augmentée par l’intervention de ;l’Archevêque pulation cathoiique de langue fran- ! de Westminster, qui a profondé- ment blessé les Français, en leur conseillant d'apprendre l'anglais pour leur bien spirituel. Les}Fran- | çais, dévots catholiques, constituent un peuple d'une valeur industrielle considérable et d’une grande cul: ture intellectuelle, Leur opinion en ces matières est digne de respect. Ils se rendent; parfaitement compte du mouvement qui s’accomplit teus les jours contre leur langue et leur nationalité ; et ils ressentent pro- fondément l’action de certains évé- ques du Canada, qui se sent unis à ceux qui sont ligués contre eux. Ils ont des griefs spéciaux contre le clergé irlandais du Canada, qui ne devrait avoir aucune raison quel- conque de s'opposer à l'usage du français et encore moins de seu- mettre les Canadiens français À un procédé qui a presque entièrement paralysé l'usage de la langue irlan- daise non seulement en Amérique, mais même en Irlande. On peut dire que les prêtres ca- nadiens irlandais qui détournent les gens de l'usage du français et refu- sent de se servir eux-mêmrs de cette langue. agissent ainsi pour de bon- nes raisons religieuses, puisqu'ils pensent, comme le font plusieurs membres de notre propre clergé, que ;des catholiques sans notions suffisantes de la langue anglaise, | seraient inutiles comme missionnai- ‘res au milieu des peuples non ca-! tholiques. 1Ily a lengtemps que, cèt argument captieux a perdu sa force. TJn écrivain à admis, dans l'Encyclopédie Catholique, qu’il y avait des raisons politiques pour ne pas encourager ou faciliter l'usage du français par les prêtres des con- grégations ou paroisses françaises des Etats-Unis. On peut en conclu- re que certaines raisons politiques se cachent aussi derrière la campagne que l’on conduit actuellement cou- tre la laugue des Canadiens fran- çais. Les Irlandais des Etats-Unis et du Canada peuvent eux aussi trou- ver sage de retourner à leur propre langne. (Chez nous nous avons risqué nos fortunes pour le rétablis- sement de la langue irlandaise. C'est être à la fois borné et, comme l'a dit un écrivain français, ingrat, de la part des Irlandais du Canada, de soumettre les Français du Caua- da à des difficultés analogues à cel- les contre lesquelles nous avons pré sentement à lutter chez nous. Un écrivain anglais donne inci- demment, dans le ‘‘Chamber’s Journal’’, un aperçu que nous de- vous croire fondé, de la mentalité des Irlandais Nationalistes du Ca- nada. Ildit : L'enfant naturellement égoiste. L'enfant cependant n’est pas na- turellement insensible. Au cou- traire, son âme neuve et limpide | s'ouvre aux sentiments les plus no- bles et les plus élevés. Seulement, il faut les y faire pénétrer. Laissez-le à lui-même, livrez-le à sa tendance naturelle, il deviendra— ou plutôt il est déjà—un petit ani mal glouton et rapace seplié cons- tamment sur lui-même, qui ne son ge qu’à satisfaire ses appétits sans nul souci des autres. Hélas ! très souvent, on fait pis encore; on favorise le penchant in- né de l'enfant. On le cajole me- sure, on le gave de friandises jus- qu'à en compromettre sa santé, quand pour rien au monde cepen- dant on ne voudrait exposer celle- ci par de petites pratiques de ver- tus austères; on ne résiste À aucun de ses caprices; on le dorlote, on l’entoure de mille petits soins ex- agérés; on sourit de ses incarta das; on badinesur ses inusolences; on concentre sur lui toute l’atten- tion de la famille et des amis ; on en fait enfin un objet de sotte ado- ration, un petit personnage qui, conscient de son importance outrée, devient de ce fait un petit monstre d'égrisme. N'avez-vous pas rencontré sou- vent de ces enfants ? Pas n’est be- soin pour cela de pénétrer dans les boudoirs ou les salons. Il suffit de monter en tramways. Vous y as- sistez à des scènes d'enfants aussi gâtés et mal élszvés que bien mis et pomponnés. Va qu’on est en public, la mère commande de la retenue à son ché ri; elle veut l’empêcher de faire des siennes, de bavarder si haut, de souiller de ses pieds bancs et voisins, de tapoter et de s’aplatir le uez sur les vitres. Inutile; le ché- ri ayant de longue date appris à faire ses quatre volontés, n'ayant jamais subi aucune véritable cou- trainte, à la maison, devient le ty- ran de sa mère et la fait rougir en public. Une semblabie éducation, ou plu- tôt ce manque complet d’éduca- l’appeler éducation à rebours—ne dévelloppe pas seulement l’égois- me, mais engendre aussi la plus funestre mollesse. L'enfant devient quasi incapabl: de vouloir. Ou s’il veut tant soit peu, ce n'est qu'à la condition de voir récompenser le moindre effort qu'il lui faudra faire. Et cela se comprend: on ne lui a jamais pro- posé comme objectif la vertn et le devoir, le dévouement et l’abné gation. Lui demande-t-on une chose qui lui répugné ? S'il fait grise mine et rechigne, on lui promet des bon- ‘“Je suppose que les catholiques bous, des poupées, des jouets, une L'EBULATIUN DANS LA FAMILLE promenade, les odieux ‘‘scopes’””. que sais-je encore....Il le fera, mais comme l'animal qui voit sa potion au bout de ia course. A:t-il commis une faute, et l’a-t- on puni ou semoncé ? S'il pleure ou fait la moue, on l'apaise encore par de belles promesses ; on se met littéralement à ses genoux, comme pour lui prouver que, après tout, ce n’est pas lui quia tort, mais ceux qui l'ont grondé. On ne saurait mieux s’y prendre pour former le type parfait de l'en fant maussade sans idéal, sans é- nergie et sans caractère. Que deviendra cet enfant, quand la curiosité, les amis doateux, les spectacles et les images de la rue aussi bien que l’âge auront éveillé ses passions ? Ce qu’il deviendra? Il ne faut pas être grand psychologue pour le prévoir. KEûtil été jusque-là le plus pur des enfants, la fleur de son innocence se flétrira en un jour, et la corruption gaguera Ce que les mères redoutent par- dessus tout pour leurs enfants ; ce que cependant elles s'acharnent à ne point voir et que souvent, dans tôt un fait accompli. | geur de la volupté aura fait son tion—a moins qu'on ne préfère | rents insensés, 4 leur tendresse aveugle, soupçonnent même pas, sera bien- Le ver ron- oeuvre, Lentement, secrètement, il pénétra jusqu'aux fibres les plus intimes de la chair et de l'âme. Il en fera sa pâture, sans que le pau- vre enfant oppose la moindre résis- tance. Comment a pu s’accomplir une transformation aussi soudaine et aussi désastreuse ? Oh ! la raison en est bien simple. Elle réside dans la fausse éducation première. N'ayant depuis son tout bas âge, jamais connu de frein à ses capri ces, ni de vrais et nobles stimulants à la pratique de ses légers devoir : inhabitué à tout effort et à tout es- prit de sacrifice ; n'ayant jamais eu qu'un seul objectif : lui-même et ses petites satisfactions person- nelles servies à souhait par des pa comment voulez- vous qu’un pareil enfant résiste au premier aiguillon des mauvaises passions. Comment voulez-vous que le sens dépravé—qu’on appelle aussi sens reprouvé,—qui est la personnification de l’égois- me qui sacrifie tout—affection, amitiés honneur, santé—-pour se satisfaire, me prédomine pas im médiatement chez ce petit égoiste ? Lui eût-on même appris à garder une certaine dignité personnelle et inspiré de l'horreur pour les choses basses, qu'iline serait,pas moins la proie de la volupté. (Car il ne suffit pas de savoir ce qui est mal et répugne à l'honneur il faut de bieutôt le coeur et les sens. elles ne { plns l'énergielet la force d'y résis- ter. Or toute sa première enfance se compose d’une série de défaites en face de moindre difficultés. Comment espérer qu’il triomphe maintenant du plus terrible enne- mi : la mauvaise passion ?.... La sainte Vierge et les anges pleurent sur les ruines de son inno- cence. Attendez, bientôt sa mère pleurera à son tour sur ses désor- dres et sur les débris d'une affec- tion qui déjà luiest ravie par le sens essentiellement égoiste, le sens dépravé. Si au moins dans sa douleur, elle pouvait comprendre que par son a- mour mal entendu elle en a été la cause principale ! HKRMAS LALANDE,S. J. ‘Le Messager Canadien’’. PRODIGE ATTRIBUE À PIE X Nous lisons dans l’‘‘Echo de S. François'’, de Belgique, cette anec- dote signée par son correspondant de Rome. Il y a peu de jours, on pouvait voir parmi les pèlerins rangés dans une des salles d'audiences du Vati- can, une jeune fille étendue sur uue chaine longue, attendant avec uu regard candide et confiant le passage du blanc Vieillard. Le Pape la discerna et ia bénit ; et lorsque la jeune fille lui eut dit qu’elle sollicitait une grâce spécia- le, Pie X, qui l'avait déjà dépas- sée, se retourna vers elle et, sans rien lui dire, lui redonna sa béné- diction et passa outre. L'audience finie, les pèlerins quittèrent la salle ; et quand les ser- viteurs du Vatican se disposèrent à transporter la jeune fille, qui souf- frait d'une paralysie des membres inférieurs, celle-ci leur tout sim- plement : ‘‘Merci, c'est inutile : je me sens guérie !’ Kt sans l'al- de de personne, elle se leva et s'en alla avec ses parents émerveillés et ravis de bonheur. Peu de jours après ce fait extra- ordinaire, que la modestie du Saint- Père fittenir aussi secret que possi- ble, une dame de Rome fort connue pour sa piété, se trouvant en audi- ence voulut en parler au Pape ; mais Pie X détourna le discours : ‘‘Je ne fais pas de miracles, dit il, c'est Dieu qui les opère et le pou- voir des Clefs ; parlons d'autre chose.” Ce n’est pas la première es gué- risons prodigieuses accomplies au Vatican par l'intercession du Saint- Père dont la haute vertu est unani- mement reconnue.’’ irlandais ne s’objecteraient pas beaucoup à l'union du Canada avec les Etats-Unis, puisqu'il n’y a pas de doute qu'ils penseraient, par ce fait, réaliser leur double projet, de se soustraire à la domination de l'‘‘Union Jack’’ et de dominer les catholiques canadiens-français dans la ‘question de langue’’ qui de- vient acerbe entre Irlandais et Ca- nadiers-français.’” Le Seul Journal Fran- çais de lle, é E