RE I’IMPARTIAI, JEUDI LE 11 OCT 1900. pee ” LA GRACE DE DIEU (De la lère. page) rêt, ton baiser d'amour ma dam- mation...Quand je syis né,un démon s'est incarné en moi,— mon àme,—mon ême inquiète et sans repos, voilà le démon qui me torture !...Oh ! ce mon- de est trop froid pour moi ! @'en est fait |. À ees mots, 1l tira de sa poche une bouteille, et but d’un seul trait tout ce qu’elle contenait. —Âh ! voilà ma dernière liba- tion faite. Sans cela, j'eusse peut être été trop lâche ! 11 prit le bout de la corde, se- la noua autour des reins, et s’ap- procha avec la pierre du bord de Ja rivière. L'ombre noire le suivit pas à pas, ense rendant lavisible pour le jeune homme en suivant tous ses mouvye- ments. —Adieu! s'écriatil, adieu Ludwina ! Je pars. Et, jetant la pierre en avant, il s'élança au-dessus des flots. Deux robustes mains l'arrêtè- rent dans sa chute en lui étre guant la taille, et le ramenèrent sur le rivage. —Jeune homme! dit une voix grave au moment où Godefroi sentait ses pieds toucher de nou- veau le sol ; sue diable, l’exis- tence parmi les hommes vous est-elle tellement à charge que vous songiez à aller habiter chez des poissons ? Godetroi chercha à s'échap- per des bras de l'étranger par la force, mais il lui fut impossible de faire le moindre mouve- ment. Surpris comme il l'était de la vigueur herculéenne de son sauveur, il répondit: — Qui que voussoyez, lâchez- moi, je vous en prie, car je veux mourir... Aussi bien ne pouves- vous m'en empéoher que pen- dant quelques instants. —Godetroi de Beukeleer ! s’é- cria l'inconnu, promettez vous de ne faire pour le moment au- cune tentative de suicide ? En ce eas, je vous rendrai la liber- té. Le jeune homme tressaillit d’effroi en entendaat l‘ineonnu prononcer on nom. — Je le promets, dit il en sou- pirant, car vous me connaissez ! Tandis que l'inconnu déta chait la corde ues reins de Go- defroi il dit: —Ah 'je vous connais !… Pourquoi ne veus connaîtrais je pas ? Ne sais-je pas que vons vous nommez (odefroi de Ben- keleer. que le mariage de Lud- wina Van Gen Cruyoe vous met au désespoir, et que pour la der- nière fois veus avez ce matin pressé sa noble main sous le por- tail de l'église de Sainte Wai- burge ? Ne sais-je pas tout cela, dites ? À ces mots, Godefroi se retour na, et eonsidéra avee stupéfao: tiou l'homme qui le connaissait si bien. Ceiui-ci n'avait de par- ticulier que ses yeux étinselants sa longue barbe en peinte et l’impalpable vêtement qui l‘en- veloppait comme une ombre. Voudriez-vous me dire, demanda Godefroi, quel est ce- lui qui pénètre si profondément les secrets de mon cœur ? — Mon nom ? répondit l'incon- au, vous le connaissez. 1h n'ya pas un enfant qui ne sache mon nom, il n’y a pas un chien dans Anvers qui ne me connaisse mieux qu'il ne connaît son mai- tre. —Je ne vous comprends pas. Voudriez-vous voas railler de moi? Eloignez-vous plutôt et laissez-moi agir selon ma fantai- sie, car Je suis si fermement ré. solu à mener à fin mon prejet que cela me semble la chose la plus ordinaire. Je me mnoierai tout à Fhenre quei que vous puissiez faire, —(todefroi ! s'écria l'inconnu, fais attention ! si tu fais cela, de-| main je déeouvrirai ton cadavre. Ton corps sera traîné par les rues comme celui d'un suicidé, et sera suspendu à ia potence au milieu des malfaiteurs, à Ja honte de tes proches et de tes amis. C’est ponr empêcher cela que tu t'étais attavhé cette pier- re au corps. Je le vois bien...tu es un fin compère ! —Pardien ! s'écria Godefroi irrité, parle donc, démon ou fils de démon ? qui t'a poussé à me suivre ? quies tu, amion enne- mi ? —Nomme-moi comme tu vou- dras...en tout cas je suis ici, u- niquement pour savoir si tu ai- merais la yie dans les bras de Ludwina. Ne t'étonne pas ainsi, Jeune homme; je puis te donner Ludwina Van den Cruyce. — Veus ? vous ? s’éoria Gode- froi d’une voix éclatante, vous, me donner Ludwina pour fera- me ? Parlez ! peut-être êtes-vous un ange ! w —En effet, je suis un ange répondit le mystérieux person- nage, mais non comme vous le pensez ; asseyes-vous sur cette pierre et écoutez moi. En proie à une attents pleine d'anxiété, Godefroi s’assit sur la pierre qu'il avait appoïtée. L'inconnu s’aceroupit sur le sol à côté de lui, et dit d'une voix expressiveen fixant sur le jeu- ne homme ses yeux ardents : —Je puis te donner de l’or à foison, une immense fortnne, et aussi un arbre généalogique de la pius haute neblesse. Tu ne sais pas, n’est-ee pas, que tu es vraiment noble ? À ces mots, àl tira de son sein une feuille de parehemin. Tan- dis que Godefroi ne pouvait comprendre ce qu’il voulait fai- re de cet écrit dans les ténébres, l'inconnu arracha une branche d'une tonffe de saules voisine et porta cette branche à ses lèvres. Au même instant la branche lança des rayons bleuâtres et fantastiques et donna assez de flamme et de lumière pour qu'on pût lire ee qui était écrit sur le parchemin. L'inconnu appuya son doigt sur celui-ei et dit : — Vois-tu là, tont au-dessus, ce nom Adam Hoé? Esoute maintenant. En l'an 1097, lors- que l’héroïique Godefroi de Bouillon se mit à la tête des oroisés, beaucoup de ménestrels ou de bardes aussi prirent la croix. Parmi ceux-ei se trouvait dam Hoë. 1l était aussi vaillant que le meilleur guerrier ; et sou- vent il échangeait la harpe eon tre la }anoe ou l'épée de combat Son bouclier était si extraordi- nairement grand pour sa foree que les croisés flamands disaient proverbialement : J'aimerais mieux porter le bouclier de Hoé! quand ïls parlaient de quelque lourd fardeau. Tu sais que Godefroi assiégea Jérusa- lem et s’en rendit maître, vers le milieu de l‘année 1899. Quand on donna, pour la dernière fois, un assaut général, le duo Gode- trei se trouva eomme toujours au premier rang. An moment où él portait le bras sur l'échelle d'assaut et saisissait un éche- lon de son gantelet de fer, un Sarrasin jeta, du haut du rem- part,une énorme pierre sur l'é- chelle, Assurément si oette pier- re eût atteint Godefroi il ne {ài jamais monté sur le irêne de Salomon, mais le ménestrel Hoë détourna 6e malhsur. 11 se trou- vait aupres de Godetroi et avait suivi le mouvement du Sarra- sin ; il étendit son large boucli- er au-dessus de la tête de &ode- trel, et la pierre tomba si lour- dement sur ce bouelier qu’elle brisa le bras gauche de Hoëé. Le duc ne laissa pas sans réeom- | pense cet acte de générosité et ide dévouement; car, pen de temps après, lorsqu'il fut ferme- ment assis sur le trône de Pa- lestine, Adam Hoé, en même temps que d’autres vaillants hommes, fut créé chevalier et a- nobli. En cette solennelle oeea- sion, le nom de Beukeler fut donné à ses descendants, eu sou- yenir éternel de sa belle action. Par la suite, il épousa Hilde- garde, fille de messire Hugo un jeune Grantois du nom d'A-| Wiagard de Tongres. Pour te raconter brièvement comment | il se peut qu'après cinq cents. ans, tu sois encore un desoen- dant de ce ménestre] auobli, ik faut qu tu saches que iors de la prise par les Tures d'un fort dans :equel Hoé se trouvait à | vec sa femme et son fils âgé cel trois aus, ce fiis fat perdu. | (A Suivre) Tired Housckecpers. { ) { Disordered Kidneys bring them | a multitude of pains and aches. How often women ive out before the ay's work is fairly begun and sink into à chair utterly worn out. But the housework must be done even though the back does ache, and the head feels ready to burst. These women can't | understand why they | are never strong, why the night does not bring rest, why they ES are always tired, have no appetite and seem to be pains and aches all over. As a rule the real cause of the trouble is the last one thought of. Ib all comes from the kidneys. 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