En 1744, le statut d'avant-poste militaire de Port-La—Joye a été rétrogradé et, pendant l'hiver, les troupes ont été mises en garnison à Havre—Saint-Pierre. Renforcées de leurs alliés mi'kmaq et acadiens, les troupes se sont engagées... contre les Anglais... îÏZ «z: "" . 52? «,2 il? Cette augmentation a eu lieu malgré quelques sinistres tels qu’une épidémie de souris dévastatrice en 1738, et des incendies de forêt en 1736 et 1742. Ceux—ci ont détruit forêts, maisons et cultures à Havre-Saint-Pierre et le long de la rivière Hillsborough. Plusieurs administrateurs militaires à Port-La- one ont recommandé que le quartier général de la colonie soit déménagé à Havre-Saint-Pierre puisque cet endroit s’avérerait plus convenable comme avant-poste principal du roi. Pour appuyer leurs arguments, ils se référaient à la supériorité de la pêche, de l’agriculture et du commerce ainsi qu’une population plus élevée. Toute- ‘fois, le ministre responsable a refusé leur proposition en raison de l’incapa- cité du havre d’accommoder les vaisseaux du mi." En 1744, le statut de l’avant-poste militaire de Port—La—one a été rétrogradé et, pendant l’hiver, les troupes ont été mises en garnison à Havre—Saint—Pierre. Renforcées de leurs alliés mi’kmaq et acadiens, les troupes se sont engagées dans une action militaire contre les Anglais de la Nouvelle—Angleterre à la rivière Hillsborough en juin 1745. Nous croyons qu’au cours de la bataille, ils auraient tué quelques soldats anglais et en capturé vingt-huit ainsi qu'un vaisseau anglais, avant de regagner Havre-Saint-Pierre et d'embarquer pour Québec an août 1745.7 L’administration française fut de retour en 1748, année qui marqua la restitution de l’Île Saint-Jean à la France grâce au traité d'Aix—la- Chapelle. Encore une fois, Port-La— one est devenu le port principal et le siège du gouvernement. Marin, pê- cheur et marchand, François Douville a fait construire un moulin à farine à Havre-Saint-Pierre pour prendre avantage de la croissance économique. Malgré les tensions militaires entre les Anglais et les Français en Améri- que du Nord, les habitants de l’Île Barbara Schmeisser, op,cit., pp. 20-31. LA PETITE SOUVENANCE Saint-Jean ont pu poursuivre leur vie tranquille de culture et d’élevage. À sa plus belle époque pendant les années 1750, Havre-Saint—Pierre était une communauté très prospère. Des fouilles récentes entreprises par Parcs Canada sur la côte nord de la baie de Saint-Pierre à Greenwich ont permi de découvrir la propriété d’un forgeron. L’archéologue Rob Ferguson a déclaré que des morceaux de porcelaine ont été trouvés ainsi que des verres de vin et de la vaisselle allemande, anglaise et française. Il a rapporté que : «Ces gens n’étaient pas que de simples paysans; ils étaient des entrepreneurs, ils avaient des surplus et de l'argent pour acheter des articles de luxe» (traduction de l’auteur).B Le village comptait une belle église et un presby- tère ainsi qu'un curé. De toute évi- dence, il s’agissait d’une communauté complète, prospère et indépendante. Afin de fournir un moyen de transport plus efficace entre Port-La-Joye et Havre—Saint—Pierre, une route fut construite afin de lier le haut de la rivière Hillsborough à ce qui était devenu le centre commercial le plus important de l’Île Saint-Jean. La visite de Louis Franquet en août 1751 La meilleure description du chemin allant à Havre—Saint—Pierre est celle de l’ingénieur français Louis Franquet qui, dans sa capacité d’inspecteur général des fortifications, a préparé un compte-rendu détaillé de son voyage d’inspection à l’Île en 1751. Ordonné par le roi à dessiner des fortifications pour protéger l’Île Royale et l’Île Saint—Jean contre les Anglais, suite au traité d’Aix«la-Chapelle de 1748, Franquet soumet un rapport qui est considéré par, la plupart des historiens comme un p rtrait réaliste de ce qu’il a vu et vécu. Contrairement à d’autres voyageurs, il n’avait pas l'intention A. W. Warburton, A History of Prince Edward Island, Barnes and Co., Saint John, N.B., Section C., pp. 1-2. Mary MacKay, «Buried Treasures», Thc Guardian, Charlottetown, RE.I., Iuly 26, 2003, Section C., pp. 1-2.