î 4 # À L'IMPARTIAL JEUDI LE 29 JANVIER Le Cri du Sang (suite de la 1re page) nait une hauteur : cette ligne était la bande de sable qui sépare l'étang de Thau de la Méditerranée ; cette hauteur était la butte ou brèche au piee de laquelle la ville de Cette est bâtie. Par delà cette étroite barrière, on apercevait la mer, dans laquelle le soleil semblait s’enfoncer en ce moment comme dans un océan de feu. Toute la journée avait soufflé un de ces vents du sud, qui semblent venir en droite ligne des déserts africains ; le ciel nuageux, lourd, chargé de larges taches grises et cuivrées, annonçait un orage im- minent. Les sables du rivage tour- billonnaïent en spirales rapides, et chaque bouffée de ce vent enflammé qui les emportait était comme la vapeur qui s'échappe de la bouche d’un four. Les eaux du lac s’en- flaient avec une rapidité croissante; une écume blanche courennait le faîte des lames courtes, rapides, qui venaient bruyamment s’abattre sur la plage. Les oiseaux de mer, goëlands, mouettes, cormorans, re- gaguaient la terre en effleurant la cime des vagues de leurs longues ailes et en poussant des cris lugu- bres. Les petites barques de pêche qui, toute la journée, avaient pris leurs ébats au large, rentraient au port l’une après l’autre, effrayées comme les oiseaux eux-mêines. Aussi, quand un coup de tonnerre, lointain et dominateur, se orolon- gea sur les eaux, n’apercevait-on pas une seule embarcation à la sur- face turbuleute du lac. A ce bruit sinistre, la marquise tressaillit. ‘‘Ferme la fenêtre, Amélie ! s’é- cria-t-elle , voici l'orage qui com- menuce...Æh bien ! tant mieux, ajouta-t-elle presque aussitôt ; peut-être la pluie abattra-t-elle cette chaleur dévorante qui me tue. En vérité, j'ai le teint rouge et enlu- miné comme une pêcheuse !’’ Mais la jeune fille ne répondit pas à cette observation ; elle resta immobile, en tenant toujours sa lunette braquée sur un point éloigné de l'étang. ‘Ne m’'entendez-vous pas, made- moiselle : reprit Mme de Norville avec aigreur ; je vous dis de fermer cette fenêtre. ...Que regardez-vous donc là depuis une heure ? —Pardon, pardon, maman, ré- 2 2 £ , » f + 18197: 1GC + a +jdra 3Q Ge . . pliqua Amélie d’un air triste, l’o- | €! disparaissait derrière ces mons en jupon court et à jambes aues, rage n'éclatera pas de sitôt ! et | cependant, voyez déjà comme les | Vainement les intrépides marins es- 2 sawatent.tle ln Va car ü à caux du lac sont agitées | Bon |Styaient-ils de la pousser au large. té. que sera-ce donc plus | Elle pivotait sur elle-mêine, à demi- Dieu ! tard !”? / Tout à coup, elle fit un mouve- ent de joie. Dans la petite anse qui formait le port de Balaruc, en face de la maison des bains, deux hommes, sortis d’une hutte voisine, s'efforçaient de mettre à flot un bateau que, par précaution, on avait tiré assez loin sur le sable. ‘Que le ciel soit loué ! s’écria la jeune fiile, dont le visage s’illu- mina d’espérance, voici le patron Poncet et son fils Etienne qui vont sans doute à ‘‘son’’ secours. —De qui s'agit-il donc. Amélie ? demanda la mère en s’éventant avec son mouchoir de dentelle, Notre beau suranné, M. Male- vieux, dirait que tu parles comme le sphinx. —Quoi ! maman, ignorez-vous que M. Adrien de Laroyère est parti seul depuis ce matin, dans une de ces coquilles de noix que les gens du pays aypellent un ‘‘nêgue fol’’, pour aller tirer des flamants roses au rocher de Roquairo! C'est l'endroit le plus dangereux de l'étang, et si M- Adrien, dont vous connaissez la témérité, se laisse surprendre par la tempête. .”’ La marquise, si rouge tout à l'heure, était subitement devenue pâle. Secouant son accahlement, elle courut avec vivacité à la fe. uêtre : 1 d'une voix altérée : mais sûrement ses "POUR... TOUTES iln'est pat rentré; je n'ai pas quitté cette fenêtre depuis plusieurs heures. AFFECI DR OT SET 27e mn MER AM m2 PEN IS s DE ARE A ME HÉT omvere re IS 03 CATARRHALES —Ah ! et qu’attendiez-vous donc, Amélie ? demanda la mar- quise en fronçant le sourcil ; mais, ajouta-t-elle aussitôt, nous sommes folles de nous tourmenter ainsi : cet étourdi aura abordé d'un autre côté de l'étang : nous le verrons revenir sain et sauf dès que la tem- pâte sera passée, —Puissiez-vous dire vrai, ma- man ! répliqua la jeune fille, qui, malgré sa for:e d'âme, avait peine à cacher ses angoisses, mais ce ro- cher de Roquairol est précisément au milieu du lac et fort loin de la rive. Sice malheureux jeune hom- me s’est laissé attarder par son a- mour pour la chasse, il est possible. Et voyez, ajouta-t-elle en désignant les deux hommes qui venaient enfin de pousser la barque à l’eau après de viol-nts eïfcrts, ne faut-il pas | des raisons bien fortes pour décider le patron Poncet et son fils Etienne à se mettre à flot par cet effroyable temps ? Mais ces braves gens, qui adorent M. Adrien, savent le péril auquel i' est exposé et ils braveront tout pour le sauver. — Oui, oui, tu as raison, ma fille : ce sont, à ce qu'on dit, les meil- [leurs marins du voisinage, et ils ré- .. Allons ! ils prennent leurs rames, ils vont ussiront, j'en suis sûre. | partir...ah ! que Dieu les protège ! | Un nouveau coup de tonnerre, | plus violent et plus rapproché que |le premier, ébranla le sol ; en mé- | me temps, le vent se déchaîna avec | irrésistible. Les | deux dames reculèrent involontai- june puissance |rement ; maïs ni l’une ni l’autrene Un tourbillon de sable et de pluie ob- 1 | à | John L. Shepard. |songeait à fermer la fenêtre. | | | | | rhe. scurcissait l’atmosphère : Ja terre | jet le ciel semblaient se confondre dans un affreux chaos. Enfin, le | Etats-Unis. Toutes Les clances de-bn eogiéti tourbillon se dissipa, et l’on put|en sont frappées. Ceus qoi aortiet pcg a x x és | à reconnaitre ce qui se passait à quel- | ceux qui sortent besncosg Las messe es vrière et la la classe sédextatus en pensé ie times. . ; Le médecin tæurs dans à ane as coinme une cuve de vendange en! ; ï a De 8 | ennemi constant et 1osjous préaeas fermentation. Ce n'étaient pas ces |! complique presque tautes les 22kfics gr. | vagues monstruenses mais réguli- que distance du rivage. Les eaux de l’étang se gonflaient | est appelé À traiter. | ères de l'océan, qui viennent s’abat- | pa | | et sur laquelle toiss Les médeciss gent d'ac- - + D. ? 444. ne à itre l’une après l'autre sur les grè- | |ves ; il n’y avait plus de lames dis- | Lu 1 . . |tinctes ; c'étaient un tournoiement, | } à à , | un bouillonnement insensé où l’on | | Î [ne distinguait qu’une écume phos- } 4 horescents représenter l’inutiNté et le danger Les Poucet à d'Llnsimsst d y © LAC Vaiil ou l’une |p s’abais- ide leur entreprise. ant au gré force | c 1 vra natita 111a nice ‘ | . CT e . (La pauvre petite barque paraissait | mais une vieille femme débraillée, ! trueuses aspérités du lac 5 Mais | qui se démenait au wilieu des assis- tants, finit par traucher la diffcul- Elle s’empara avec résolution du gouvernail, des avirous et du ‘‘rouquet’”, chargea le tout sur ses robustes épaules et reutra dans la cabane ; c'était la vieille Margue. rite Poncet, la femme de l’un des bateliers et la mère l’autre, LRé- duits à l’impuissance par ce coup d'autorité, les deux marius se dé- cidèrent, avec l’aide de leurs voi- sins, à tirer la barque sur le sable : puis ilse dirigèrent vers leur de- meure, n0n sans se retourner fré- quemment pour jeter un regard de regret sur les eaux furieuses. Aus- sitôt les curieux disparureut et se refugièrent dans les maisons voi- e sines, efin d’éviter la pluie, qui RE commençait à tomber par torrents. — 0 © CPORVARE | Ces événements s'étaient passés Mine, _ Norviile se couvrit le ” en moins de temps qu’il s’en faut Plus PRE Amélie | bour les raconter. resta penchée à {a fenêtre. LS “Vous ie voyez, dit Amélie de les voici ! s’écria-t-| Norville avec une douleur profonde submergée, sans obéir aux rames et au gouvernail. Sa situation était comparable à celle d'un bâteau. en- gagé sur LER o la chute d’eau d’un mou- lin et auquel l’on voudrait faire re- On voyait les muscles des vigoureux rameurs se monter le courant. roidir à mesure qu’ils pesaient sur les avirons ; mais leurs eflorts ne pouvaient réussir à avancer d’une longueur. Bientôt une vague, se malgré la pression du vent, prit la barque en travers, l'emporta comme un bou- » chon, et la jeta chavirée sur la pla- se Î ré + é à Smet À SOUIevant avec ma JESLE, eac sage. courageuse, ‘Les voici ! ‘‘Amélie, mon enfant, es-tu sûre que M. Adrien ne soit pas rentré encore ?...En effet, il serait certai- nement venu nous voir, s’il était à la maison...Bon Dieu ! mais alors. il doit courir un grand danger ! — Je ne sais, dit Mile de Norvillie à 1 Ü5 . 11 d 4 1 à At À : . , ” endin : ils n’ont pas été En- |en se jetant sur un siège, le danger gloutis...Ils sortent de l’eau, ils re- est trop grand : tout secours hn- : U dre: 1 leur barot à 1 & vrai a r re... e * lève: t leur arque, 5 veulent la re main est impossible | mettre à ilot...Oh ! braves gens !| _n, es une folle |! s'écria la ra " .., | marquise dans une agitation ex- ER DR décida | traordinaire : ce méchant étang ne à rouvrir les yeux. Les deux in- - : : paie pus pat à CS CEUX 11- | beut-être si terrible | Il faut aller trépides marins, e effet, n° paraïs- : à : 1 ee CAC, Re ParAS-| voir ces pêcheurs, leur offrir de sa'ent pas aécourages par B )re- ; ° Ms, PF SE PTE |largent, les décider, coûte que nier êchec et se préparaient à lutter coûte, à se rembarquer.… 1 1 … ? q de no :veau contre la tempête, A- PAS D dE | —Croyez-vous que, pour aucun près avoir ‘‘écopé’”’ leur bateau, ils i _ CDR, IE l'argent, pour aucune promesse, ils iliaient Gonc essayer de le pousser ù d , | | POESSET l'fcraient ce qu’ils n’ont pu faire par Au larze, quand plusieurs person- : affection et par dévouement ? nes, hoïtnmes, lemmes et enfants. : : : PS — N'importe, n’importe...il faut accourant Ges cabanes voisines, s’y les voir ; on ne peut abandonner ainsi ce noble enfant | Je vais leur parler ; je les déciderai, j'en suis sûre. —Ma bonne mère, s’écria la jeu- opposèrent énergiquement. Les uns s’attachaient à leurs vêtements : les autres leur parlaient avec viva- cité, et, leur montrant l'étang sou- La Pe-ru-na est le remèd écrit le Membre du Congrès La deuxième daose à prepes de cutsxke lt cord, c’est qu'il est dufiols des gaasis. Des jmilliers de gens tous les ans. pa T Et 2 > L4 x? HRlekE}:le RH oxererelcIorer ( . VA a a 2010207070 7, 8e 20 Ye VTT, Fe ToTe ete v: L 61016707 Yet ”, + ” ere ToEs + à g" PIX Te ToE A ? 4 PA p:4 ès, du Texas, écrit : Messieurs : —* J'al anus, 6 la ênnse ma famlie et !a trouve le remède par excellence pour iesies te satarracies.'"—-Lo Membre Gu Congrès, Il y a deux choses eur lequel tons les momies locaux peuvent soulager, mais n'ef- médecins sont d'accord à propos és ester |-Éectueront pas une cure permanente. La premièse, c'est que le cntarzhe eut lets de liquides où des prises de poudre | la plus régnante et la ples muévassalle ægsle | n'ont que peu ou point d'effet, à part un | die à laquelle soient sujets Les babigants des }soulasement mormnentané. Des Le catarrhe est souvent logé dans les or- nes intérieurs qui ne peuvent être atteints aucune sorte de traitement local. médecin sait cela. Découvrir un remède interne qui attei- ît le catarrhe à sa source, le déracinât r toujours du systèmo—telle fut long- empé l'ambition des médecins. Il y a qua- sante ans le Dr. Hartman entreprit la solu- on ge ce problème. I] crut alors l'avoir ouyée. Ille croit toujours. Il guérit des Pendant Tout de vous suivre. ”” Ce moment chaleureux parut rap- différent. Klle jeta un regard o- blique sur Amélie. ‘II me semble, au sort de ce jeune homme ! —Ma inère, répliqua Mlle. de Norville en baissant les yeux, m’est- il donc défendu d’être bonne et hu- | maine comme vous ?... M.is, de grâce, ne perdons pas un instant.’’ La marquise réfléchit quelques secondes. ‘Décidément, reprit-elle, une pareïlle démarche ne nous convient ui À l’une ni à l’antre. M. de La- royère a ici un parent, un tuteur, à qui seul appartient l'initiative en cette circonstance, Il faut aller trouver M. Malevieux, l’avertir de! ce qui se passe, s’il l’ignore encore, et l’inviter à prendre les mesures qus réclame l’imminence du dan- ger. Toute autre interrention de uotre part pourrait être mal prétée. inter- (à continuer) ‘Te pie et 1e \ Eveur f'on$ aucun eïot sur lo harnais traité à l'Huile Eu- teks pour Harneis. Elle résiste à l'humi. té, SES le cuir doux et Sexible. Les coutures Be €e rom- pent pas, Aucune Surface grossière \ levé, le ciel en feu, semblaient leurgne fille en se levaut, nie mademoiselle, | | | | | | r excellence, John L. Sheppard. toutes ces années la Peruna a été le remède sur lequel il a compté. D'abord ce fut une simple prescription, et plus tard la l'eruna fut fabriquée expres- sément pour lui en grandes quantités. Ce remède, la Peruna, se trouve à présent dan: toutes les pharmacies et presque toutes le. familles du continent. C’est le remède in terne digne de confiance jamais découvert pour guérir n'importe quel cas de catarrhe, quelle que soit son ancienneté. Un cas de Catarrhe Nasal, datant de cinq ans, guéri par la Peruna. L’'Hon. Rudolph M. Patterson, avocat bien connu, de Chicago, IIL, écrit : The Peruna Medicine Co., Columbus, ©. :— Messieurs :—‘* Je souffrais d’un catharre nasal depuis ces cinq dernières années, et cédant aux sollicitations pressantes d'un ami, j’essayai la Peruna et je suis heureux de déclarer qu’elle a opéré une guérison complète. C’est avec plaisir que je la recom- inande aux autres.”—Rudolph M. Patterson. M. Camillus Senne, 257 West 129th St, New-York, écrit : ‘* Je suis complètement guéri de mes af- fections catarrhales. j'ai souffert trois ans d'un catarrhe du cerveau, du nez et de la gorge. J'aiessayé 9% : RUE toutes sortes de : médecines sans : soulagement, mais enfin j'ai été guéri par le remède mer- veilleux appelé la : Peruna. J’aiconnu la Peruna en lisant votre Almanac et vous ai demandé, } ar écrit, des 3 DE ÎZ par écrit, des con- F à seils que j'aisuivis. ë. M. Camiilus Benne, ICO OONODOGDOSOICOCOMEOC: ‘“ Une bouteille et demie de Peruna m'a complètement guéri et je puis recomman- der la Peruna à tout le monde comme le meilleur et le plus sûr remède pour toute affection catarrhale.” —Camillus Senne. L'Ouîe perdue par le Catarrhe.—Renäue par la Peruna. M. William Bauer, Burton, Texas, un fa- bricant de Gin et Meunier, écrit : ‘ Il y a quelques années je perdis l’ouïe de l'oreille gauche, et après m'avoir exami- né, un spécialiste déclara que c'était dû à un Catarrhe. Je suivis un traitement et re- couvrai l’ouïe pour quelque temps mais la reperdis bientôt et complètement. Je com- bmençai à prendre de la Peruna selon les pepe et en ai pris huit bouteilles en tout, et mon ouïe est complètement revenue, ct je chanterai les louanges de la Peruna toutes les fois que l’occasion s’en présen- tera.”’—W m. Bauer, mmense Opportunity | tee + Dr | : È Le : : invisible. [père et fils hésitaient pourtaut ; | peler la marquise à un ordre d’idées | For Getting a Beautiful Watch and Chain Free.—No Money Re- quired.—Every Man, Woman, Boy, or Girl has the same Op- portunity under our System. | In order to have Dr. Arnoïd.s En- |glish Toxin Pills placed inthe hands ot all persons suffering from bad health we make the following most liberal offer :— ! 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