Î..— 1755 {r J763 ——D Au cours de l’hiver de 1756—57, les provisions disponibles pour ravitailler les quelque 1 400 exilés sont minces. Les récoltes ont été mauvaises et afin de prévenir une plus grande crise dans l’avenir, les autorités interdisent aux habitants de tuer le bétail et les moutons pour se nourrir. Villeiouin doit alors limiter la ration mensuelle à 20 livres de farine, 10 de légumes, 12 de boeuf et une livre de beurre ou un pot de mélasse par famille“. Selon sa propre évaluation de la manière dont il avait géré la crise, aucun réfu— gié ne serait mort de faim et de froid. Voici ce qu’il écrit au ministre responsable des colonies le 8 septem- bre 1758 : il y a trois ans, Monsei— gneur, que les derniers refligiés sont sur I'Isle, il leurs a fallu essuyer bien des pertes et bien des fatigues pour s'y rendre, et rendu ils se sont trouves pour ainsy dire, dénués de tout se— cours, la disette de vivres et de vête- ments les a accompagné sur l'Isle, je n’avais que très peu de chose à leurs distribuer, mes distributions n'ont e’te’ que minces et ce n’est qu’en les ren— dant fréquentes que je suis parvenu à ne voir mourir personne de touttes ses misères“. En fondant la colonie de l'île Saint- Iean en 1720, la France souhaitait y attirer les cultivateurs acadiens pour que l’île deviennent le « grenier >> de Louisbourg. Ce n'est que 29 ans plus tard que les Acadiens, se sentant de plus en plus en danger en Nouvelle- Écosse et pressés par les autorités fran— çaises, ont commencé à émigrer dans l’île en grand nombre. Avec le déclen— chement de la Déportation en 1755, leur nombre augmente de beaucoup et malgré qu'ils arrivent dans des circonstances très difficiles, il y a es— poir que les choses vont bientôt s’amé- liorer et que la colonie pourra prospé- rer pour enfin remplir le rôle qu’on lui avait souhaité vis-à—vis de la ville forteresse de Louisbourg. C’est du moins ce que laisse entendre le gou- verneur de la Nouvelle—France, Pierre de Rigaud de Cavagnial, marquis de Vaudreuil, dans une lettre qu’il écrit au ministre, au mois d’août 1756, où il parle du commandant Villeiouin qui s’emploie à amener sur l’île des PAGE 13 Acadiens qui se trouvent encore en Nouvelle-Écosse Il a du inonde en campagne sur les terres de l'accadie qui travaillent aussi/ à en ramasser. Il espère tirer encore des bons habitants du ctitt‘ de Cobequit, des Mines et de pejeguit qui sont aises en bestiaux et en argent, lesquels joints à ceux qu’il a, seront suffisans pour former de bons établisse— ments sur l'isle St. lean'”. Malheureusement, l’île Saint-Jean n’aura pas la chance de se remettre de sa crise et de connaître la prospérité. Avec la prise de Louisbourg, le 26 juil- let 1758, le sort des quelque 4 600 habitants de l'île Saint-Jean est décidé. Ils doivent être expropriés de leurs ter- res et déportés vers la France. Environ 3 000 sont effectivement exilés parmi lesquels se trouve un grand nombre de ceux qui avaient réussi a éviter la Déportation de 1755. D’autres réussis— sent encore à s’évincer des soldats britanniques". Ils seront de ceux qui se retrousseront les manches dans les années qui suivront pour rebâtir l’Acadie sur les côtes du golfe Saint- Laurent. georgSZ@pei.s‘wnpatico.ca 8 D. C. Harvey. The French Régime in Prince Edward Islam]. New Haven. I926 (AMS Edition. New York I970). p. l83. 9 Lettre du 8 septembre I758 de Gabriel Rousseau de Villejouin. commandant de l'île Saint-Jean au ministre de la Marine. Archives des colonies. C”B. vol. 38. p. l65-lô7. 10 Lettre du 7 août I756 de Vaudreuil au ministre de la Marine. lm‘.t'it. | l Earle Lockerhy. « The Deportation of thc Acadians from [le St.-Jean. I758 m Acudienxis. vol. XXVlI. n” 2 (printemps I998). pp. 45—94. Whatever causes existed in Nova Scotia for the deportation ofthe Acadians in lsle St. John, there were none associated Charlottetown may be the only capital city in the world that offers a view. across its scenic harbour, with the conduct ofthe inhabitants. They were ‘an inofl‘ensive people'. They had molested no one, of the site of our country’s expérience with ethnie cleansing. The early Acadian settlers posed no military threat to anyone, either by themsclves or in conjunch'on with the Indians, and the Indians also kept their handsfree fi‘om blood. as their easy conquest surely demonstrated, but were exiled nonetheless in case they might someday become a threat. Quntedfmni Mr-l’hail in A. Il. Warhurton, A Histon ot‘l’lint'e Etlwnrtl Islmnl. 1923. p. 85 -.lohn Ifltlon Green. management consultant. Lieu historique national I’ort-Imloye-Fhrt Amhe/‘st Natit'mal Historie Site. « TheAct‘ulian mit v. 'l‘he Guardinn. Charlottetown. Non. i". 2000. Ç î l