19 en temps, assis—toi â la table, Jean”. "Merci,j'ai parti en achevant." "Prends une tasse de thé," insiste le père, qui regarde le berceau, "en honneur du petit Emile,"repartit Jean. "Oh, pour ça je ne peux pas refuser." Et pour quel— ques minutes tous parlent en même temps sans être entendu, et dans la mêlée de rires et de distraction, François et André ont dérobé de la table deux couannes de lard qu'ils emportent dans l'escalier, et là, rongent et tirent sans rien dire. Les chats ont quitté leur place habituelle, et maintenant, se frottent contre les jambes des visiteurs en regardant, le coup allongé, les bords de la table. "Poussie, poussie, poussie,"appe11e Madeleine, en vidant une chopine de lait dans un petit bassin de fer blanc à moitié rempli de croutes de pain. "Va te coucher, Singe, ce n'est pas pour toi, je vas te donner ton tchaque de patates machées dans une minute." "Bon là! voilà Arsêne et sa femme qui entrent. C'est le stèque. Il nous faudra avoir une partie de Politaine, ou trûque, comme vous voudrez. Dëbarassez la table, Marie. Les cartes sont sur la planche de l'horloge." En un instant tout est mis! "Apporte—nous donc une couverte de défeusures, ça joue mieux, et Arsène aime à frapper la table avec ses bonnes atouts, ça sera moins dur. Lève la lampe, Baptiste. Diable Latin! c'en est une belle. Les femmes vont jouer elles aussi." "0h non!" dit Marguerite, "j'ai apporte ma brochure, Arsêne a tous les talons à l'air." “Brasse, Baptiste, donne—moi de l'atout. La truie est-elle là? Attends pour mon Jack! Ah le chien Rubis! Moi j'allume ma pipe. Donne—moi donc une paille de balai, Joseph.” Pour une heure et plus ces bons voisins s'amusent et s'entretiennent. Pas un seul fait du voisinage n'est oublié. Arsène voit tout et sait tout. "Je vois que vous coupez des lisses sur la terre des Barry. Avez—vous commencé à hâler votre bois d'été?“ "On a commencé,"rëpond Pacifique, "mais ces jours ici, Joseph hale de l'herbe—boutarde. Il en avait appilotê une centaine de charges à la Points—des—Ormes, l'automne passé. Il coupe à travers les jardins. Il fait trois ou quatre voyages par jour. Les jours sont si courts. Il êpare ça de l'autre côté du rosignon. Il fait si froid que ça hale pesant." "Moi",repnrtit Arsène,'fie hâle de la vase de là—bas de la Grande Rivière, c'en est de la bonne aussi. J'ai pour d'en mettre trop. J'êpars ça par petites gimpës. Je veux mettre du blé dans ce morceau—la. Il faut ben faire quelque chose. La farine ça passe en arbalète.