PR | : | nu RETE T £ ll 2 ER: Re FEUILLETON. Soenes D'interieur. Ce fut au milieu des eris et des larmes, qui l‘interrom- pirent plusieurs fois, qui M. Bérans fit la lecture du récit de l’évenement qui venait de les plonger daus eet affreux désespoir, Gazette du Midi, 20 octo- bre. Un accident épouvantable est arrivé à la ville de,,,,.,, dans la soirée du 19, aux é- poux Becker et à un jeuue Étranger, logé depuis trois seinaines à l'Hotel des Etran- gers, à Bordeaux. Sir et mistress Lionel Bec- ker habitaient depuis trois mois la villa de D,,,,,., avec leur jeune fille Hélène, àgée de dix ans, et un tres- nombreux personnel de do. mestiques. Le 19 courant, vers quatre heures de Fapres-midi, M. et Mme Becker montèrent seuls dans un canot fort lèger, et enterprirept une promenade | sur le canal qui sert de clôture à leur habitation. Ils avaient invité à diner M. Charles Darwis, et celui-ei se rendit à leur invitation à peu près à quatre heures et demie..N'ay- ant trouvé au salon pour l'at- tendre … la jeune miss Hé. lène, celle-ci lui proposa d‘al- ler retrouver ses parents dans le pare. Un quart d‘heure s'était à peine écoulé depuis | le départ dn jeune homme et de Ï enfant, lorsque les domestiqeus de la villa furent attirés au bord du canal par les cris dé- sespéres de la jeune miss Hé- lène. M. et Mme Becher ain- | si que M. Daïvis, venaient de s'y noyer. Voici comment cet accident avait eu lieu. La petite fille raconta qu'au mo- ment où M. Darvis, ainsi qu’elle, aperçut les deux An- glais qui étaient en canot, M. Becker venait de laisser choir son aviron : il cria à M. Dar- vis de lui en donner un autre qui devait se trouver derrière un massif de bouleaux. Pen- dant le temps que M. Darvis mit à chercher à s‘accrocher an branches d'un saule sous lequel tournoyait la barque ; probablement qu‘ii retomba à faux en sautant, car la bar- que chavirz sous son poids. M. et Mme Becker disparu- rent sous l'eau ; maïs bientôt Mme Becker reparut à la sur- face, parce qu'elle s'était, en tombant, cramponnée à la barque ; elle tendait la main qu'elle avait libre à M, Darvis, qui chercha alors à lui faire passer Paviron qu'il tenait par un bout. La perche était un peu courte, le jeune homme se pencha en avant sur le canal ponr atteindre Mme Becker ; celle-ci, comme toutes les personnes qui se trouvent en danger de mort, concentra toutes ses forces pour se saisir de objet qui pouvait la sauver ; le mouve- ment qu'elle irgprima à la perche fut si violent EE fit trébucher M. Darvis. Le mal- heureux jeune homme perdit pied et tomba dans le canal, Deux fois il 2eparut sur l‘on- de tenant à brasle corps de Mme Becker ; puis, enfin, ils s'engloutirent tous les deux. L'autorité a constaté les trois décès. M. Darvis appartenait à une honorable famille de la Bourgogne ; il venait d'ètre reçu à l‘école des mines, et ne se trouvait à Bordeaux L'IMPARTIAL | qu‘àtitre de voyageur M. Dar | vis, fort bon nageur, dit-on, | nfa évidenment péri qu‘en vou | lant sauver Mme Becker. Sa | tombe recouvre un dévoue- ! ment. Honneur donc à sa vie | et encore plus à son trépas ! : La malheureuse famille | Darvis lut et aelut cet article, | ainsi que la lettre de KMinfor- : tuné Charles. Jls ne pou-: vaient pas se persuader de la vérité de accident, qui les privait les uns dun fils, Jes autres d‘un frère et d‘un neveu chéri. Lorsque enfin les pauvres parents durent’se convaincre de la cruelle réa- lité du fait, le groupe renfer- mé dans ce salon présenta un spectacle déchirant. Le pré- tre priait et pleurait ; les pe- tites filles se jetaient au cou de leur père, dont les bras n‘avaient plus la force de les étreindre Mme Darvis avait | lœil sec, son regard flomboy- ait ; elle ressemblait à une lionne que la balle dn chas- seur vient d'atteindre; sa voix était rauque, ses gestes | menaçants. Et c'est moi, s‘écriait-elle, moi, qui me l‘enlève j Je lui ai dit : Sois bon, sois géné- reux : oublie-toi pour au truil,,,... Et mon enfant docile est mort pour avoir | écouté ma leçon, ear ce jour- naliste a dit vrai : mon Char- les ne s'est noyé qu'en sau- vant cette femme ! Pré'èreriez-veus donc, ma soeui, dit Je prêtre, qu'il eut été moins bon regrettable qu’il ne l,est en effet ? Je voudrais qu'il vécut! dit la mère, Et s’il était mort, continua M. | Sérans, en commettant une faute au | heu de cette bonne action qui nous permet de penser à lui comme à une | ange? © soeur ...... Darvis, raison- | nez votre femme ! e souffre trop ! d suit le yère ! | Mon fi:s{ mon enfant ! mon Char- | les ! criit Mme Darvis, mon bien- aimé | Oh ! oui, mon bien aimé! Je l'aimais cent fois plus que les au- tres !...,.... Oh {non pas plus que vous, mes chéries, dit-elle en passant | convulsivement la main sur la téte de | ses filles, pas plus que vous ! J'aurais quitté la vie en sécurité si je vous avais laissées l’une et l’autre sous la tutelle de mon fils si pieux, si tendre, si respectueux envers sa mère...,,..… À qui vous conferai-je, maintenant, mes pauvrettes ? Ce ne g:ra pas À Vorick, À coup sur, il ne cherche qu’à me désoler !.…..... Oh mon Charles continua-t-elle, et c’est toi { toi, l'hon- Aeur de notre maison { notre orgueil ! otre espoir ! c'est toi qui n'es plus ! ad .Séparés pour toujours ! Dans cette vie, oui, ma soeur ! espérez dans l’autre reprit M. Serans, qui avait infructueusement cherché à interrompre Mme Darvis, en regar- dant avec anxiéié du cotè ouse te- nait son neveu. Yorick, paraissait pêtrifié par la douleur. Les paroles de sa mère mé- | lajent un sentiment de colére aux très-vifs regrets qu’il éprouvait de la mort de son frère. M. Serans continua, en regardant le jeune homme avec bonté. Et moi aussi, dit-il, je crois que j'amais Charles plus qu'aucun de vous, tant les chers attirent puissam- | ment à eux ceux qui restent ici-bas | pour les pleurer ot les imiter, afin de mériter à leur tour les regrets qu'ils nous laissent... Mon oncle ! mon bon oncle ! sé. cria Yorick en lui prenant les mains dans les siennes. Le vauvre jeune homme était tout tremblant, sous /a diversité des émo- tions qui le faisaient différemment souffrir, M. Sérans, en généralisant le sentiment trop exciusif d‘amour ma- ternel contenu dans les dernières par- oles de Mme Darvis, venait d‘appli- quer sur le coeur révolté et jaloux de Yorick le baume bienfaisant : de l‘es- poir. Le lendemain de ce triste jour, tous les habitants de ia maison désolée de M- Darvis étaient: Ilés entendre un service funèbre. M. Sérans savait dit sa messe plus tot afin de rester près de sa soeur t l'office des morts qu'elle n'était pas en état d'écouter. Il était donc là à son chévét,’ cher- chant avec son autorité de prètre et de frère à calmer l'‘exaitation nerveuse de Mme Darvis. Il voulait l‘amener à une résignation chrétienne, et au repentir des paroles imprudentes qu‘- | | | | | | | | er La morale fut longue et Jongtemps rejeteé par la malheureuse mère ; ce. pendant Mme Darvis avait toujours éié trop pieuse pour s'obstiner à re- fuser les secours et les conseils de la religion... M. Sérans eut donc la satisfaction de l‘entendre s‘accuser de partialité pour son fils ainé, et d‘avoir trop souvent été entrainée à désespé rer d‘un enfant moins facile à guider et moins bien doué que lui. {a continuer] COMPLOT DEJOUE Pinama,_ Le gouvernement à Car- thagène a réussi à déjouer un complot des libérauv dont l'intention était de faire sauter une partie de la ville et la maison de campagne du président Nunez, au moven de la dynamite, Les esprits sont très exci és. Parmi ceux qui ont été anêés, sont : Stoming Vail, gouverneur de Panama, en 1889 le général Urureta et le général Urea. Ce dernier était chargé de l'exécution du complot. Ils seroet probablement tous fusillés on exilés. 2 ——————— Z, S, Charsson Auctioneer and Com Merchant J have opened an auction room in my large and com- modious building, Auctions will take place every second saturday Parties who have goods to dispose of should call or write. Auction will take place at 2 o‘clock, P. M. 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Le royaume de Siam a un chemin de fer depuis le 11 avril de cette année, Les différentes sectes religi- euses du Kansas ont bati, de- puis dix ans, 1700 églises. Un rail en fer dure se1ze ans, tandis qu'un rail d'acier sert pendant quarante ans Une pluie de crapauds est tombée, à Bangor, Maine. C’est curieux, il ne tombe jamais une pluie de dollars, Üne pluie de poissons est tombée au Kentucky, il y a quelques jours Heureusement, .ee n'étaient pas des baleines. | Quand l’impératrice de Chine se met en voyage, elle prend avec elle 3,000 objets d’habille- ments serrés dans 600 valises que portent 1,200 serviteurs. L'autre jour, il y avait dans le comté de Tipperary. Irlande, un locataire qui, peur ne pas être forcé de déménager, s'était | couché dans un cercueil. On J'à | mis dehors avec sa boite. Les sans-travail de New York demandent du pain. Jls ont paradé dans les rues et la po- lice a en toutes les peine du monde à disserses l’une de leurs tymuitueuses assembliéés. La crise financière, aux Fiats- Unis, commence à peser lour- dement sur les fermiers ef les | produsieurs de coton. Les fonds manquent pour l’exp“dition des grains et l’on pale jusqu'à 3r c. pour se procurer la rare, mais indispensable monnaie, |. Le travail du dimanche est : prohibé. en Europe, exeepté en France et dans les pays-Bas. Le premier monnayage qu'on | peut appeler stricrement am ri- cain a été ordonné par la pre- mière Compagnie de la Virgi- nie, durant l’année 1612 cinq | ans seulement ajirés la fondati- on de “ameston. Cette monnaie a été frappée aux Iles Somers, connues aujourd'hut sous le nom de Bermudes. Le canal impérial de la Chine est le plus léng du monde et le plus important am point de vue du trafic. Na longeur est de 2.- : 100 milles, et 1] met en commu- mcation 41 villes situées sur | ses borde. I] à été termné en 1855, et 600 aus ont été consa- crés à sa construction | | | Les Etats-Unis ont perdu cet- te année plus de $12,000,000 | par suite d'accidents sur leurs chemins de fer, Ces pertes sont représentées par là destruction du matériel roulant et la com- pensation aux ayants cause des victimes. Elles ne comprennent pas la destruction des marchan- dises ni du fret en général. La culture du thé dans la Carn- line du Sud est une nouvelle tentative. Jusqu'ici tout pro- met un succès L'été dernier, la première récolte de plants 1889 a été soumise à l'expéri- ence. Les experts ont prononcé ee thé americain d'un gout ex- cellent, d'nne savettr particuli- ère et unique Le produit sera, croit-on, trévendable et yappor- tera de grands profits. Les Etats Unis ne dépendropt donc plus populaire de table, et ils pour- ront expulser, tout à leur aise, les fils du Céleste Empire. 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