NOUVELLE SERIE VEN PAROISSE C’EST UNE MIS SION PERPETUELLE. LÉON XII PUBLIÉ LE MARDI DE CHAQUE SEMAINE ABONNEMENT POUR LE CANADA a Un an... sus Cou $1.00 Six Rd deb cdi cost to LES Erars-UNIS ee Pou Un an ....... Sem ÉD Six MOIS....seserererse 75 Pour L'EUROPE ee Fr... .. ....$1750 RL doc ceusees ..s.61:00 Les abonnemeuts sont payable d'avance. t Pour cesser de recevoir le jour- pal, il faut donner avis au moins un mois avant l'expiration de son a. bonnement et p:yer tous les arré- rages. Ceux aui changent d'adresse deviont nous donner l'ancienne aus- si bien qu2 la nouvelle. Adressez toutes lettres, corres- pondances, etc., à L'IMPARTIAL Tignish, lie du Prince Edouard L‘'IMPARTIALTH — Tiguish, Mardi, 1 Dec. Le Devoir Ou ne vit que pour faire son de- voir et la seuie chose qu’on puisse demander à la vie, c'est qu'elle fournisse à chacun le moyen de fai- re son devoir, puisque c’est unique- _ment dans l’accomplissement du de- voir que nous trouverons l'honneur et la joie de notre vie. | Or, la conscience nous révèle la notion de la loi morale, règle de no- tre vie elle nous a obligés, liés, mais par un lien qui ne ressemble à au- cun autre. Elle affirme que uous devons faire ceci et non pas ceia, que nous devons le faire, mais que nous pouvons ne pas le faire; et qu'on ne le ft pas, nous avons tort. Elle enseigne donc l'exiitence d’une loi morale qui est respectable, mê- ne quand elle n’est pas respectée, ‘même quaud elle est voilée. Pascai a dit : ‘‘La raison com- muande bien plus impérieusement qu’un maître car en désob£issant à l'un ou n'est que malheureux, et en désobéissant à l’autre, on est un sot''. La raison, c'est-à-dire la conscience morale, commande plus impérieussment encore, et en lui désobéissant, non seulemeut on est un soi, mais On est encore uu mal- honrête homme. Eu lui désobéissant, on la sup prime et on l’anéantit autant que cela dépend de soi, mais elle de- meure et nous domine, elle subsiste et nous condamue. Vous avez beau faire et beau dire; cette obligation morale est dans Fhumanité, elleest un fait indéniable. indiscutable. Qui dit obligation, dit assujettis- sement dépendance, dépendance qui n'abaisse pas, mais qui élève toujours parce que ce qui nous domine. moralement nous est supé- rieur, vaut mieux que nous et ne s'adresse pas à nous tyranniser, mais pour obtenir de nous une libre soumission, La loi, l'obligation, le devoir exige notre adhésion intime, notre moi tout entier, notre respe:t, no tre amour. Cette obligation étant souverai- nement raisounanle et bonne, son empire doit être absolu, et en nous y soumettant uon point par la force uais librement, nous nous gran- dissons, nous nous élevons, nous nous ennoblissons, Sans doute les passions, les pré- occupation qui viennent des choses ect des hommes pourront bien sou- vent obscurcir en nous la notion claire et nette de cette obligation n'en demeurera pas moins sacrée. De ces considésation émises il ressort que nous devons plaindre et 1908 ECOOQGÇ-ÇOUÇUOQUO-O-vJQJvJQJQJQJCOCO-O-OVvO/Î/Î-v-vn-vrO'-_-_-UHvHhCHCœCO——- UN JOURNAL CATHOLIQUE DANS | condamner la conduite d’une foule [000. d âmes qui vivent au gré de leurs caprices, et, au lieu d: se soumettre aux exigences de loi violentent la loi pour la soumettre aux exigences de leur -égoisme et de leurs passions où de leur mondanisme, ne savent jamais dou ner pleine aïhésion de leur coeur aux événements heureux ou mal- heureux qui sont l'expression de la volonté divine ; ont toujours le murmure snr les lèvres ou le blas- phème au coeur, dès qu’il y a oppo: sition entre les tendances de leur nature, de leurs sens, de leur coeur et les saintes exigences du devoir. Ce spectacle attristant est peut être trop fréquent. Ah ! qu'elle est grande et redou- table la responsabilité de ceux qui président au foyer. Ne les obli- geons jamais à relâcher la discioli- ne. Déplorons que le respect divin du père et de la mère s’en aille plus vite, et que si peu de gens s’iugé- nuent à le reconstituer, n’y faisons donc jamais la moindre brèche : par cette porte dérobée entreraient, un jour ou l’autre toutes les passions ennemies du devoir. Ayons en tout le culte du devoir ; c'est l'expression nette et indubita- ble de la voix de la couscience et de la volonté de Dieu. Les membres de ce cercle bénéfi- cient de nombreux avantages : En cas de maladie, ils ont doit à l’as- sistance médicale et s'il s'agit d’une maladie ou infirmité rendant le tra. vail impossible, un fonds de retrai- te leur assure, pourvu qu'ils soient membres actifs, une paye de 3.50 fraucs par jour, Plus de 24 cercles sur le modèle de celui de Moutevideo ont été ins- tallés dansles campagnes et comp- teut maintenant 1,000,000 d’habi- tants est tout à fait respectable, Mais le catholicisme social ne vi- se pas seulement au relèvement ma- tériel de l'individu, il prétend ren- | de plus vigoureuse sa vie intellec- | tuelle et morale. (C'est dans ce but que les cercles catholiques ouvriers fournissent à leurs membres tout ce qui peut contribuer à l'agrément | de l'étude : salle de lecture, biblio- | thèques, cours du soir pour les eu- fants des membres du cercle, cours de dessin, d’arithmétique d'instruc- | | tion religieuse, ets. Tout cela, sans ! compter un journal récemment fon dé, qui propage dans les foyers la saine doctrine de l’Evangile. Ces cercles catholiques ouvriers ont déjà tenu des congrès où furent traitées des questions d’un très ac tuel intérêt, comme celles des jar Le devoir c'est la vertu, c’est l'honneur, c'est la jois, c'est la vie. À La Prochaine Session Federale a Le gouvernement a commencé à préparer le programme de la pro- complêtera à la fin du mois pro- chain. On proposera aussi un bill pour la créstion d'un ministère du tra- vail, séparé ; l'adoption de ce bill précédera la rentrée daus le cabinet de M. McKing. Il est possible qu’on propose à la législation, l'amendement des rè- glements pour la discussion des af- faires publiques, afin d'empècher de traîner, inutilement, les débats en longueur. Le gouvernement n’a pas l'intention de paralyser la dis cussiov franche et libre de toute les mesures, mais on a suggéré le be- soin d’un palliatif pour obvier à la longueur désordounee au’ont prise les débats de ia dernière session. On suggère aussi d'adoption de rè- g'ement analogues à ceux du sys- tème anglais déterminant des limi- tes fixes pour la votation de bills li tigieux. On espère que la prochaine ses- sion sera plus courte que la session dernière. Les sessions sont trop longues. Il est temps assurément de prendre une nouvelle orientation et de met- tre fin aux abus. Le débat le plus long et le plus animé sera sans doute celui qu’oc- casionuera le rapport de l'enquête sur l'administration du ministère de la marine. ne, ON ECRIT D'HALIFAX On mande d'Halifax à la date du 15 : Devant le juge en chef Town- send. L'appel des conservateurs contre l'ordre du juge McGillivray refusant un recompte de bulletins dans l’élection de Cap Bréton Nord st venu devant le juge Townshend qui a mis en demeure le juge Mc- Gillivrag d'établir les raisons sur lesquelles ce refus est basé. Ce qu'il y a d'extraordinaire dans cette affaire, c'est que le juge Mc. Gillivray avait d'abord accordé le recompte demandé, puis a anuvlé sa propre décision pour vice de for- me. Une autre curiosité de l’affaire, c'est que le jnge MeGillivroy, qui n'avait juridiction que pen dant l'in- térim, dans le district en question, se trouve maiutenant sans juridic- tion par suite de la nomination d'un juge titulaire pour ce district, Ces questions seront discutées devant le juge en cnef vendredi prochain. mme Une lettre de Montevideo à l’-‘U- nione’’, de Milan, révèle un état de cho:es encourageant pour l'Eglise, dans la république de l'Uruguay. | Les cercles catholiques, fondés il y a une vingtaiue d’aupées par le sé- nuateur Bouza et l'Italien M. Tor- rielli, sont en pleine prospérité. Le cercle central de Montevideo ne compte pas moins de 5,000 mem- chaine session, programme qu’il La Vie Catholique dans L'Cruguay, dius et des logements ouvriers, du repos dominical, des syndicats ru- Les. etc. Les catholiques de l'Urnguay suivent avec intérêt le mouvement social d'Europe. La fondation de la Semaine Sociale de France a ex cité chez eux un2 vive sympathie, et chaque aunée ils s'y sont fait re-! présenter par quelques délégués. Ceux ci, de retour au pays, font part aux camarades du résultat de leurs informations. Aux séances de ia Semaine Sociale de Maiseille ils avaieut quatre représentants dont M. l'abbé Ludovic Ceyte, missionvaire français de l'Uru- guay. + L'IMPARTIAL,--TIGNISH -1, —— a “la Se Cecile” au College - En veulentelles ? Des femmes réclament le suffrage | politique, en Angleterre. | D'autres n'en veulent point. Cel- les-ci ont formé une ligue : ‘‘The Women's National Anti-suffrage | League.’’ , Des femmes distingnées de toutes les villes et campagnes d'Angleter- [re en font partie. Elles prétendent que la plupart des griefs qu'elles avaient contre les lois anglaises | n'existent plus et que, partant, elle | n'ont que faire du droit.de suffra ge. ‘‘Rire des suffragettes, les igno- | c'est faire leur affaire, puisque c'est | les laisser seules pour représenter l'élément féminin arglais''. dit la secrétaire de la ligue anti suffragis- te, qui ajoute : ‘Si la femme fait bien et cons- ciencieusement ce qu'elle doit faire, si elle est boune épouse, bonne mè- | re, bonne amie, si elle s'occupe de choses domeitiques, de la société et des cho es d2 l'esorit, comive elle ; Je doit faire, quel temps lui reste-t- | il pour se préoccuper de la politique | impériale ? ?” Les femmes d'Angleterre, avant | d'obtenir le droit de vote, devront | s'entendre : autrement, elles n'y at. | teindront pas. Et dans le moment. elles ne sem blent pas savoir au juste si elles le désirent obtenir. M. Asquith ne le leur donuera pas, assurément, dans de telles con- ditious, es CADAVRE TROUVE DANS UN BUISSON North Bay, Ont., 17 —Des fer- wiers engagés sur des terres, non loin de Callender, ont découvert un | squellette humaiu dans un buis-|! son. | Le coroner M. Murphy a tenu une enquête à Callender, et le jury. croit que le défunt a trouvé la mort daus un moment de folie. H'andi teur de la Couronne, Brownirg, a | apporté le fait au département de l'auditeur général. Avec plusieurs objets on a trouvé une petite ins- cription sur laquelle on lisait ces! mots : ‘‘Lizze Daiton, -ouvenir de! ton ami Jos. Ryau, 1906.'’ | On a retrouvé près des os de l'in- | fortuné une petite pièce ressemblant | beaucoup à une balle de pistolet. Cette affaire est très compliquée, et tout à [ait mystérieuse, bres et dispose d'un capital de #40, On est à faire des recherches l rer, comme une triste plaisanterie, | un P..E., MARDI 1 DEC. 1908 Sainte-Anne X— Programme | Fete Religieux —— x — MESSE — XX — Entrée Marche des Veilieurs de nuit (Lefébure Wély} Kyrie (fons bouitatis) Gloria (maägnae Deus potentiae) Sermon par le R. Père LeBoutér Offertoire Jesu, Rex admirabilis (Palestrina) Sanctus (Cum jubilo) Elévation (en ré b) de Alexis Guilmant Agous (ommipotens genitor Deus) Communion Méditation (en la b) de Mendelsohn Sortie Grande Marche des Cadets (Schuman) SÉANCE RÉCRÉATIVE ET MUSICALE —IlÈRE, PARTIE— Welcome G. $. ; Fanfare : * Les dernières Feuilles | Le mal de dents, chanson M. LeBlanc a La Fanfare de Nonancourt Le Corso Blanc, polka (Scène comique) Orchestre EE THE MUSICAL BORE A COMEDY Harry Hackett, an actor J. Vautour Dick Dismal, an amateur violonist A. AuCoin Fleec:, a lawyer A. Daigle —II£ PARTIE—® Petite Fleur, Valse Fanfare Une balançoire M. Landry Fleurs et Sourires, Valse Orchestre L'OURS ET LE PACHA CoMADIiE Shahabaham, pacha M. Lanüry Marécot, son conseiller M. LeBlanc Lagingeole, montreur d’ours J. Vautour Tristapatte, son associé A. AuCoin Mohammed seigneur turc D. Comeau Zétulbé 3 A. Comeau Ali, garde L. Comeau Groupe de Seigneurs F6. F5 J'avais toujours rêvé d’une fête de Sainte Cécile, où, le matin, lcs voûtes de notre chapelle résonneraient des plus eaux chants religieux, tandis qu’une séance récréative et musicale remplirait la soirée, unissant ainsi l'art religieux et l'ait profane eu l'honneur de 11 céleste patronne. Ce rêve s’est réalisé cette année. La fête de Sainte Cécile tom- biut le dimanche, nous avons entendu à la messe du matin les plus belles mélodies grégoriennss. Les élèves ont en- levé brillamment une-des m=sses les plus solennelles de l’é- dition vaticane, Jly avait dans leur exécution quelque chose de la majesté de la vague, quand, une force mysté- rieuse la poussant, elle s'enfle, grandit, s’entr'ouve et vient mourir sur le sable du rivage. Il fait bon écouter ces chauts si empreints de religion et de piété. L'Âme en est toute ravie ; il lui semble que ces voix douces et limpides viennent du Ciel, et que là-haut, c'est ainsi que les Anges et les Saints louent Dien. Que d'efforts, que de patience il a fallu aux Pères Champoux et Louër pour faire sentir à nos enfants la délicatesse et la cadence du rythme grégorien et façonner leurs voix à la prononciation romaine du Latin. Leurs efforts son couroanés de succès. Nous espérons qu’un jour des amis généreux doteront notre chapelle d'un orgue, et que ses jeux puissants, accompagnant nos mélo- dies grégoriennes où les phrases musicales de Gounod et de Palestrina, developçeront le sens religieux de nos enfants, leur donneront plus de respect et d'amour pour les cérémo- nies de notre culte, plus de désir d'y contribuer. Il fallait une voix sympathique pôur chanter, comme ii convient, les gloires de ia patronne de la musique et des musiciens. Le Père Le Bouter l’a fait avec cette convic- tion de l’artis'e qui aiwe l’art et veut le faire aimer. Après nous avoir fait admirer cette jeune sainte conservant intacte sa virgiuité au milieu d’une société corrompue, méritant la visite des Anges et la conversion de sa famille, terminant sa vie par un glorieux martyre, il nous montre l’heureuse peusée de la Ste. Eglise choississant comme patronne de la musique celle qui, au milieu des concerts les plus profanes, garda toujours son esprit et son coeur élevés vers le céleste époux qu'elle s'était choisi. S'élevant avec chaleur cortre c:ux qui veulent faire de la musique l'instrument de leurs débauches, le Père Le Bouter revendique pour l'Eglise Ca- tholique le domaine des arts. Il nous demande de respec- ter la musique, de nous en servir pour élever nos coeurs vers Dieu et nous procurer de joyeux délassement, mais il nous conjure de ne jamais souiller nos voix par des chan- sons obsènes ou p êter notre concours à des concerts qui porteraient avec eux le venin de l’immoralité. Une journée si bien comencée sous le regard de Sainte Cécile devait bien finir, et nos artistes se surpasser dans la séauce traditionnelle du soir. Il me souvient qu'un de mes anciens professeurs de col- lège ne voyait la musique qu'à travers un jardin de racines grecques ou un prisme de vers latins. Un devoir était il mal fait, une leçon non sus, la musique était la cause de tout le mal, de la paresse de l'élève, du mécontentement du professeur. À Saint:-Anne, nous donnons à la mnsique une place honorable, prenant garde toutefois qu'elle ne n 1i- se en rien aux études de nos élèves. Elle est un art, et de tous le plus séluisant, et mérite à cetitre notre respect. Elle est la distraction la plus agréable de nos élèves pendant les longs mois d'hiver, et nous ne voulons pas la ménager. Nous faisons donc de la musique, et de la bonne musique, Ii suffit pour vous eu convaincre que je vous nomme le di- recteur de notre fanfare, le R. Père Colard. Partout où il a passé, dans nos collèges de France, au plus récemment e core à Caraquet, le Père Colard a laissé la réputation d'un artiste dont le talent n'a d'égal ane 1n évenement, nt tnutesteth, r6 ANNÉE r 47 n'épargne ni son temps ni sa peine, qu'il s'agisse de don- ner à un commerçant les preinières notions de imuiqne, ou de Aa travailler à uu soliste les nuances d'un morceau, Aussi, depuis le couimencement de l’année, la fanfare a réalisé des merveilles. Dans les différents concerts qu’elle nous a dounés le soir de no: fêtes ou à l'occasion de la visite de prêtres étrangers, plus de vingt-cinq morceaux, dont plus'eurs présentaient de sérieuses difficultés, ont'été exé- cutés avec le fini qu'exige li npitoyable critique qu'est le Père Colard. La renommée de la faufare s'est répandue dans tout le pay :, et à la nouvelle que nos artistes musiciens donneraient uu concert pour la Sainte Cécile, les geus sont accourus de tous les coins de la paroisse et même des paroisses environ- nantes. Les Acadiens aiment la musique. Comme les Bretons, ils sont rêveurs. Qui ne les a vus, fumant mélan- coliquement leur pipe, écouter pendant des soirées entières les accords du piano, les accents du violon ou les vieilles mélodies du passé : Un Acadien errant Banni de ses foyers Parcourait en pleurant e Les pays étrangers. Ils ont donc vraiment joui hier soir à notre séance, En pouvait il être autrement ? Ils sont accueillis, dès leur en- trée dans la salle, par un de ces pas redoublés, genre améri- cain, déconcertants par leur tournure originale et toute mo- derne. Pendant les heures trop courtes que dure la séance, chaque fois que le rideau de la scène se baisse sur un de ces coups de théâtre qui terminent les pièces d’une façon par- fois si inattendue, de gentilles polkas et de valses gracieuses nous charment et nous enchantent. Mais pardessus tout, une valse, ‘‘Sourire et fleur’, exécutée par l'orchestre, a été le succès de nos musiciens. Là se trouvaient réunis avec nos premiers instrumentisies sous la direction du ‘‘Chef”” les artistes dont le talent musical est l'âme de toutes nos fêtes, le Père Nio, le Père Le Bouter et M. Ulysse Co- meau. Légères, elles tintaient à nos oreilles les vibrations de la clarinette, quand, unis dans un récit large et puissant à celles du saxophone et du barytou, elles faisaient écho à la mélodie des pistons, pour se fondre ensuite dans l’unis- son d’a:cords que formaient l'orgue, le piano et les iustru- ments de cuivre. Je ne trouve pas assez d’éloges pour l'ad- mirabie polka si connue ‘‘Le Corso Blauc’’, page d’une seu- timentalité exquise et d’une pureté d'expression remarqua- ble que le public accueillit d’une triple salve d’applaudis- seuents. ‘ Si agréable qu'ait été l'audition de la farfare et de l'or- che:tre, elle n'a rien enlevé au charme des deux comédies qui nous furent présentées sur la scène. Nous avons ap- plaudi dans la prière auglaise ‘‘The Musical Bore’’ nos trois acteurs Jean Vartour, Amédée Aucoin et Antoine Daigle, car iis out inis dans Jeur jeu cette action vive et alerte qui tonue de l'intérêt aux intrigues même les plus simples. À lui seul, le titre de la pièce française : ‘“‘L'ours et le pacha’’, devait plaire, et je sais qu’il a attiré à la séance plus d’unspectateur. Uu peu indiscrets, nos élèves avaient fait dans le village une peinture merveilleuse de l’ours, ou plutôt des deux ours. Jugez-donc : un ours blanc des mers glaciales et un autre tout noir, qui dansent, qui jouent du violon pour amuser un pacha dans son palais ! La réalité répondrait elle à l’image ?....Si quelques uns avaient craint d'être déçus, ils reprirent bien vite confiance, lorsque le lever du rideau nous découvrit l'entrée somptueuse du pa- lais de Shaoabaham et qu: se déroulèrent à nos yeux éba- + his ls scènes les plus comiques auxquelles l’inyvraisemblan- se ajoutait uu charme tout particulier. Oh! Les déli- cieux instanis que nous avons passés là ! Quels bons rires nous y ont secoués jusqu’à pleurer de joie ! Car nos ours, ne n'étaient pas des ours ! (C'était Tristapatte, l'associé d'un marchaud européen, qui se résignait à revêtir la peau d'un de ces auimaux, à recevoir des coups de bâton, à se laisser mordre par les singes de la ménagerie, à avoir la tête tranchée, pour yagner quelques sous d’or en amusant le pacha. C était Marécot, le conseiller de Shahabaham, qui se faisait ours lui aussi pour remplacer le favori que son maître veuait de perdre. Le parisien Lagingeole mène a- vec esprit toute cette intrigue et réussit à tromper le pacha qui trouve ces ours fort intelligents, ma foi ! et à le divertir follement. Mais hélas ! Pourquoi cett« inadvertance de ces faux our: qui enulèvent leur tête pendant l'absence du pacha et à son retour prennent maladroitement la tête du voisin ? On rit beaucoup et on applaudit à la vae de l'ours blanc portant la tête du noiret de l'ours noir portant la . têts du blanc. On rit davantage encore, si possible, quand l'ours blanc se met à parler....Mais, le pacha ne comprend plus... Tout cela le dépasse, et comme toujours, pour tran- cher la difficulté, il ordonne ‘‘qu'on coupe la tête de ces animaux là”. Tête de Tristapatte et de Marécot quise jettent aux pieds de Shahabaham et lui préseutent leur tête d'ours; Tête de Shahabaham, qui l'a diverti si agréable- ment et les récompernce en vrai prince. (C'est la une pièce bouffonne peut-être mais cowbien amusante surtont quand les différents 1ôles sont rendus ave: autant de perfection. M. Laudry s'est surpassé dans son rôle de pacha crédule qui se laisse duper avec une naïveté enfantine. Médéris LeBlauc et Amédée AuCoin se sont vraiment mis dans la peau de leur personnage. Lenr éloge n'est plus à faire, pas plus que celui de Jean Vautour, dans son rôle de La- gingeol. Les applaudissements leur ont assez montré qu’- ils nous ont bien amusés. La splendeur des costumes des acteurs a contribué beau- coup à douner un charme féérique à cette comedie. La fête des yeux commence dès la première scène et nous ad- mirous comme Denis et Adnlphe Comeau sont bien drapés dans leur habits de Seigneurs turcs. Féérique l'entrée svr la scèue du pacha entouré de toute sa cour : seigneurs ai- més de lances et de cimeterres et coiïffés du traditional tur- ban, pages portant des éventails. Féériques encore «s peaux d'ours qui donnent une si parfaite iliusion de la réa- lité qu'au premier «bord les ‘‘tout petits” sont effrayés, C'est Jà encore une merveilie du Pète Colard que ces costu- mes, mais je suis certain qu’il ne m'en voudra pas si je féli- cite avec luiles religieuses qni pour tailler dans l'étoffe ces superbes habits ont fait courir ciseaux et aiguilles avec une ‘ dextérité incomparab e. À la fin de la séance, le R. Père Supérieur eut un mot du coeur pour féliciter et remercier tous les artistes maîtres et élèves qui avaient préparé cette iutéressante soirée. A- yant été lui même pendant longtemps uirecreur du théâtre, il sait les efforts que demaide la préparation des séances et pour les Pères et pour les élèves. Il sait aussi combien tous peuvent en tirer profit et il nous encourage à aller toujours de l’avant, exprimant cependant le vœu que plu: tard nos élèves n abusent jamais des talents qu’ils développent ay Coilège, et qu'ils restert toujours dignes Le leur patroune Saivte Cécile, LT ’ LOTPE PSS à À sur DAC NRE MR nt de 4 _ * 3 8 0 Mr de A VE is, ” » ne tee ut # + Poe ;, A , : ap Ps