ÿ À LA F NOUVELLE SÉRIÉ s c + à Dites si, he UN JOURNAL CATHOLIQUE DANS | UHE PAROISSE C'EST UNE MIS- SION PERPETUELLE. LÉON XIU FOXDÉ EN 1893 PUBLIÉ LE MARDI DÉ CHAQUE SEMAINE ABONNEMENT . Pour LE CANADA Mises CE MO... ces crc suve a 1! Pour LES Erars-UNIS | US 2h... cécicersss 8. Six MOÏS ...oresssssnssss 75 | Pour L'EUROPE { me Un Mc ER és ct io ———“…. « Î | Les abonnemeuts sont parie d'avance. —— 1 Pour cesser de recevoir le joué | pal, il faut donner avis au moins un mois avant l'expiration de son a bonnement et p:yer tous les arré-; rages. Ceux qui chaïgent d'adresse | doiveut nous donner l'ancienne aus- | si bien que la nouvelle, Adressez toutes lettres, corres | pondances, etc., à | L'IMPARTIAL Tiguish, Ile du Prince Edouard L'IMPFARTIAT ligaish. Mardi, 1 Sapt. 1938 Le Congres des Institur {eurs Acadiens Le Cougrès pédagogique des Ins- tituteurs Acadiens de l'ile St Jean a eu lieu, à Mont Carmel, jeudi et vendredi dernier. Deux jours de travaux ; travaux qui, nous ne doutons pas, auront d'heureux résultats. De fortes ré solutions pour le plus grand bien de la classe enseignante ont été adoptées. Plusieurs beaux écrits | ont été lus par quelques uns des | iustituteurs'et institutrices. M. Henri Blanchard, le dévoué | secrétaire de | l'association, nous a | promis de nous donner le compte rendu et le procès-verbal du Con- grès, pour cette raison nous nous abstenons de faire aucun comentai- re. Nous espérons que ceux qui out lu des écrit ise feront un devoir le nous les envoyer, afin de les li vrer au public. | Nous regrettons l'absence du Rev. docteur Chiasson et de M. l'iuspecteur Blanchard. Tous deux étaient retenus à Rustico, pour les fuuérailles du pè”e de notre inspec- | teur, à qui vous offrons nos sincè | res condoléances pour la perte irré- | parable qu’il vient de subir. | Les paroissiens de Mont Carmel | se sont multipliés pour rendre, des | plus sgréables, la visite de ceux qui | étaient allés au Congrès, et à chaque | séance ils étaient présents en graid | nombre, ce qui prouve qu’ils ou. l'avancement de l'éducation à coeur. Au vote de remerciement offert | aux paroissiens, M. Jean Gallant et | Joseph J. T. Richard répondirent en termes choisis. | Nous sommes particulièrement | recounaissaut à M. Richard et à sa | digne épouse pour l'hospitalité | qu'ils nous ont accordé. Et le père Arsenault ?—Son hos | pitalité, son dévouement, son pa- | triotisme sont si largement connus, | que ce serait trivial de notre part | d'entreprendre de lui faire des re-! Certainement le | père Arsenault, est très cher à ceux | qui ont le p'aisir de le connaître. Ses paroissiens l’aïment, et ceux | qui le connaissent l’admirent. | Le Congrès était réhaussé par la, présence des Revds. S. Boudreauit, | F. X. Gallant, P. C. Gauthier, | D. à, D. M. heu | | merciements. dore Gallant, Il y avait aussi plu- sieurs personnes des paroisses voi- sines ainsi que de: Summerside et | ailleurs. l Le Congrès s'est terminé, 26! heures vendredi soir, au chant de l'Ave Maris Stella et Dieu Sauve le | Roi. Le prochain Cougrès aura lieu à | St. Ja:ques, Egmont Bay. | M STE Eee s hotes à di SP 0-7 7. me ge D © me me Memoire sur la Presse Acadienne PRESENTE PAR V. A. LANDRY, PROPRIÉTAIRI- ÉDITEUR DE ‘“‘L'EVANGÉLINE"” AU COMITÉ DE LA PRESSE, CONGRÈS NATIONAL DE ST. BASILE, 1908 Messieurs :— C'est tout un évènement qu'un Congrès du peuple d’Aca- die. Mais le Congrès convoqué pour cette année 1908 ém- printe, aux circonstances actuelles de la vi: de notre peuple, une importance toute particulière qu’on ne peu nier. Les temps que nous traversons, les théories nouvelles inspirées au nom de la démocratie, jes nécessités mêmes de l'exis- tence, eu supprimant les frontières, détruisent lentement la belle conception de la Patrie. Je Congrès réchauffera le patiiotisme et il fera, il faut !'espérer, œuvre durable. Le but principal de nos grandes Conventions, c'est d'a- mener une union toujours plus étroite entre tous les mem- bres de ia grande famille acadienue, Et précisément c'est cette union si désirable qui maintiendra au coeur de chacun l'amour de la Patrie. Notre petit nombre, eu égard aux au tres races habitant le mêine pays que nous, exige impérieu- semept que nous soyons unis si nous ne voulons disparaî- tre... à Tous mes voeux les plus ardents sont pour la complète réussite du Congrès de 1908 et mon cœur d'Acadien battra à l'unisson avec ceux de nos chefs véuérés, avec ceux du peuple entier représenté à ce Congrès. Combien j'eusse dé- siré d’être présent à nos grands Comices! Des raisons ma- jeures, hélas ! m'interdisent cette joie. C'est pourquoi j'ai résolu d'envoyer mon rédacteur, afin que ‘‘L'Evangé- line’’ fût au moins représentée. S'il ne m'est point possible d'assister à la Convention, je veux du moins prouver que j'y suis de cœur et d'esprit, C’est ce qui fait que j'ose vous soumettre quelques cousidé- ratious personnelles sur la Presse d’Acadie, vous laissant le soin de juger mes idées : Croyez cependant, Messieurs, qu’elles me sont dicté2s par l'expérience, par l'amoui le plus ardent 1e ma Patris, de notre Acadie si chère, La mission, la valeur de la presse ne sont plus mises en doute aujourd'hui yar personne. Le grand Pontif:, qui nous gouverne si heureusement, a dit lui-même tout récem- ment ‘‘que le jourual, aujourd'hui, peut presque pins que ne peut le prêtre même, parce qu’il attrint souvent ceux que le prêtre lui même ne peut atteindre’. Cela s'applique fort bieu à notre presse d’Acadie, quoique dans u' autre ordre d'idées que ceiui que Pie X avait en vue, Le Saint-Père voulait parler de l’individu hostile à l'Eglise : ici, il s'agit de celui que l’ Eglise semble abardon- ne....Sans la presse, aucun peuple ne peut arriver à rien : on peut même dire d’un peuple qui n’a pas de presse ou qui laisse tomber celle qu'il possède, que ce pe‘iple est voué à sa perte. Perte matérielle, perte morale : tout s’enchaîne. Nos journaux d'Acadie ont beaucoup contribué à la re- naissance . de notre pzuple. C’est par eux que nous nous sommes imposés à nos gouvernants à tous les degiès. C'est par eux que nous avons appelé l'attention. de l'étranger. C'est par eux que, malgré nos souffrances, nous avons fait entendre que nous vivons et que nous sommes résolus de vivre. On peut tenter de nous ignorer, ou peut vouloir nous bafouer ; la presse est aux avaut pustes, malheur à qui touche à notre pzeupie ! Jamais la presse d’Acadie ne dé- sarmera dans les combats pour la vie, quelque soit le champ de bataille. Parce que, si elle désarmait, par là même eile trahüait, elle violerait la foi juré2, elle se suiciderait.—Ce qu’à Dieu ne plaise. Depuis que l’ Acadie a été decouverte ; depuis qu'on a commencé de la peupler pour la gloire de Dieu et de la France—car c'était la gloire de France qui planait sur 5e sol trois fois béni—,cinq grands événzments jalonnent la vie de son peuple. ‘ Eu premier lieu, l’effroyable dispersion...,On avait cru pousser le peuple acadien tout entier dans la fosse creusée pour l’étouffer.... En second lieu, la création d'un collège à Memramcook, destiné à la jeunesse d’Acadie grâce à l’apôtre immortel le Père Lefebre, reconstituant patiement ce qui avait été brisé en miettes dans les mains de cet autre vaillant, M. l'abbé Lafrance. Le troisième événement chronologique, mais le premier en importance, c'est notre Ze Nationale, c'est notre Dra- peau, que nous ne permettons à p:rscnnue de défendre en son propre intérêt, mais que le peuple entier, la grande Société de l’Assomption doit défendre, à l'ombre duquel elle seule, la Société Nationale |’ Assomption, c'est-à dire le peuple en- tier d’Acadie, elle a la mission de rallier tou: les Acadiens. Null: coterie, nulle agrégation d'hommes, si puissante soit- elle, ne peut prévaloir contre l’ Acadie ou vouloir la boul- verser sous prétexte de la gouverner : le soin de la gouver- uer appartient au peuple par les chefs incontestables et in- coutestés qui la dirigent jusqu'ici, et par leurs successeurs quand il-y aura lieu. Fondée par pur patriotisme saus le moindre espoir de lucre, sans même le moindre espoir de position ou de glori- fication quelconque, la Société de l’Assomption a pour mis- sion de cir'ger notre peuple, que la glorieuse. Assompt'on de Marie sortait du tombeau le jour où pour la piemière fois, brillait sur notre drapeau la douce Æoile Ge Marie. Il n’est, il ne peut être, on le couçoit, de Société Natio- nale contre la nation. Iln'est, il ne peut être de Société Nationale autre que le Peup'e d’Acadie, autre que la So- ciété Nationale de l’ Assomptio1. Tout projet dont l’ambi- tion et le saiaïie sont 11 base est projet périssable et ne peut usurper le nom sacré du peuple, ce nom devant, à tont prix, rester honoré, vénéré. L'œuvre de quelques-uns, daas un but particulier, peut péricliter, elle peut tomher—les exemples, malheureuse- ment, abondent—.Ces chutes jettent toujours un certain discrédit sur les promoteurs, parfois, selon les circonstances, elles entachent l’honneur d’uu ou de plusieurs... L'honneur du peuple d'Aadie doit être sauvegardé à tout prix, est-il nécessaire de le répéter ? Kt cet honfleur exige qu'il ne puisse y avoir coufusion entre le peuple ac1- dien et uue oeuvre particulière, quelque bon, quelque saint soit sou but. C'est la gravité du sujet qui m'a porté à le développer ainsi et à vous soumettre; Messieurs, mes alarmes patrioti- ques. Ce n’est pas, croyez le, sans motifs sérieux et qui vous convaincraient tout en vous: stupifiant, que j'ose écrire ce qui précède, LIMPAR un s à if TIAL, TIOXISIL I, P. &, MARD: 1 SEPT. igo8 à hé, à Le: Aime na mt nc ht a shot tdi gnmnergisniiiée etes Fete Quatrièmetent, l'apparition de la Presse Acadienne.— Sans conteste, cet événement est le plus important de notre vie de peuple, après notre Fête Nationale qui fut notre ré- surrection. C'est par la presse que nous nous connaissons, que nous unissons forces. Enfin, le cinquième grand événement qui marque notre vie de peuple, c’est un collège consacré aux Acadiens, ayatit uu supérieur acadien. Un collège à nous, des professeurs qu'anime le souffle patriotique d’ Acadie ! C'est un sacrifice que les bons Pères Eudistes ont fait en considération, j'en suis persuadé, des inénarrables souffrances supportées avec tant de patience par notre peuple méconuu.... Honneur donc à ces bons Pères ! Salut, gloire à l’enfant d'Acadie devenu le premier supé- rieur d'un de nos collèges ! , Rev:nant à la question de la Presse d’Acadie, je deman le au Congrès de vouloir bien considérer sérieusement la si- tuation de nos journaux. | Où exige du journaliste les connaissances les plus va: riées ; on veut son absolu dévouement au bien matériel du peuple ; on lui demande tous les services ; on lui impose - tous les sacrifices... .et l’on s'abonne à des journaux étran- gers à l’Acadie, à des jouinaux d’autre langue et presque toujours d'autre religion sans faire attention que, par ce moyetl, Où piye nos enneulis, On pay Ceux qui nous o»pri- ment, ou paye ceux qui détruisent la foi dans le coeur de nos Cnfants ; on paye pour abolir, par toute l’Acadie, la superbe langue française, on paye pour renier les combats, puis le sang versé par nos martyrs. Le clergé, selon les Pontifes Romains, doit favoriser la Presse catholique du pays : le clergé d’Acadie le fait-il ?— Sinon, a t-il peur ?....A t-il le droit de s'abstenir après les récentes paroles de S. S. le Pape Pie X, paroles dont j'ai rappelé le sens tantôt ? N'est-ce pas lui, le clergé acadien, ‘qui doit réagir contre la funeste manie des nôtres de s'a- bonner à des journaux du dehors, qui empêchent l'argent des nôtres et....<e moquent d'eux ? Il ne sert de rien de créer des journaux si leur sort est de périr d'inanition. Cependant, ce sont les journaux de l’Acadie qui entre- tiennent et développent 12: patriotisme qui, sans eux, dispa- raîtrait bientôt. C'est par le patriotisme bien compris que nous arriverous à garder la langue française, la langue de notre peuple. tion, est un peuple perdu. mander la Presse d’ Acadie, par le clergé. La philosophie de l’histoire nous dit que le peuple qui sacrifie sa langue, C'est donc au clergé acadien qu'il appartient de recom- Cette Presse ne peut compter, comme la presse anglaise, sur le commerce, sur l'industrie, pour vivre : elle n’a que l'abonnement. avéré, c'est que les trois quarts au moins des Acadiers qui sont abonnés à un journal le sont à un journal étranger ! — Où est le patriotisme dont on se vante tant ?.... Un journal religienx, irlandais, est annoncé en chaire, même dans nos paroisses françiises mais /zma55, jamais, ou n’anuon:era un de nos journaux acadier:s ! L’Acadie eutière souffre de cet extrême abandon des Âmes Nos journaux français, que je sache, ne sont pourtant pas excommuniés ?..., La situation de la Presse d’Acadie est bien, certes, la p'us précaire de toutes, aucun de mes confrères ne me contredi- ra, Ne serait-il pas du devoir du Congrès d’aiopter, on pas de platoniques résolutions, mais une énergique action, une action incessante, en faveur de la Presse acadienne ? Veuillez, Messieurs, je vous prie, exa niner ces quelques points avec bienveillance, si toutefcis vous le jugez bon. ce sigre distinctif d’une na- Or, ilest un fait V. A. LANDRY Le Sermon PRONONCÉ PAR LE KR. P. P. CHIASSON, SUPÉRIEUR DU CoLLE- GE SAINTE-ANNE Domino Deo Nostro serviemus et o- bedientes er1imus praeceptis ejus. —(Josué xxiv, 24) Nous servirons le Seigneur Notre Dieu et nous serons obéissants a sescommandements. Mes Fières, Lorsque Josué fut sur le point de mourir, il rassembla tout le peu- ple d'Isaraël dont il était le chef et 1! lui tint ce langage: J'ai vieilli et j'ai avaucé eu Âge et pendant tout ce temps vous avez pu constater tout ce que Dieu a fait aux nations voisines eu votre faveur: il lésa combattues pour vous, il vous a distribuétoutle pays à partir du Jourdain jusqu'à la grandes mer. Il ya, ilest vrai, encore beaucoup de nations, mais le Seigneur votre Dieu les perdra; Il les chassera de- vaut vous et vous donnera leur terre comme Il vous l'a promis. Ayez donc confiance; mais soyez fidèles à garder tout ce qui est écrit dans la loi de Moïse, çar'si voss tcmbez dans les erreuis des nations qui vous entourent et si vous ado- rez des dieux étrangers, la colère d’un vrai Dieu se lèvera aussitôt coutre vous et il vous enlèvera la terre qu'il vous avait donnée. Choisissez donc aujourd'hui et voyez qui vous voulez servir —le Dien qui vous a comblés de bien- faits ou les idoles des Amorchéens ‘‘pour moi, ajouta Josué,je me mets et toute ma maison avec mOi au ser- vice du Seigneur’”. Le peuple juif ému au souvenir des bienfaits de Dien et effrayé asssi par les terribles menaces de son chef s’écria d’une voix unanime:‘‘ Loin de nous la peusée de renoncer au Seigneur et de sacrifier à d32s dieux étrangers: C’est le Ssigneur notre Dieu que uous voulons servir; nous voulons obéir à ses précen- tes’ ‘Domino Deo nostro serviemus et obedieutes erimus praecentis (ejus, ‘" ame Je ne suis point, tant s'en faut, un nouveau Josué: je n'ai zucun titre pour me constituer le chef de mon peuple, et malgré cela, puis- que j'ai aujord’hui l'honneur de vous adresser la parole à vous, fréres par le saug acadien qui coule dans mes veines mes frères en Jésus-Christ et mes comme dans les par leur attachement À la foi et leur fidélité au chef de l’Eglise Catho lique, En France, mes frères, tous ces pionnie:s avaient appris ‘‘à re- garder en haut et à s'appuyer sur Rome’”. Cette confiance en Dieu [® cette foi catholique Romaine, ils ee transplantèrent de la vieille France dans le jenne Amérique, et bientôt on la vit fleurir sur les bords gracieux et tranquilles des Bassins des Mines et du Port Ro- yal. Nés à l’ombre de la croix, les A- cadiens y ont vécu. Je n'ai pas l'intention de vous faire ici l'histoi- re de uotre peuple ; d’autres ont ac- compli ce devoir avant moi et vous connaissez déjà les difficultés qu'il a rencontrées et les luttes qu'il a! eu à soutenir. En effet, il est assez facile de se faire une idée des souf- frauces de ce peuple siparé par ute distance immense de sa mère pa- trie, exposé à toutes les privations, à la foi, à la rigueur d'un climat iuconnu au doux pays de France, engagé dans des combats fréquents avec uu ennemi qui veut lui ravir s1 nouvelle patrie, Et malgré tout, nous ne voyous pas de défaillance dans ce peuple : il lutte courageu- sement contre les infortunes parce- qu’il eu coeur la vaillance et la force qu'inspire la vraie foi catholi- que. Est il qu:iquefois assailli par les tentations du découragement. Alors il regarde er haut ; ou plutôt il verse dans le coeur de son meil {leur ami, le prêtre catholique, ses peines et ses souffrances et il trouve dans ce conseiller, sympathique parcequ’il est un autre Sauveur, la consolation et la paix. La confian- ce dans le prêtre et dans la religion, c'est bien là, M K., le caractère paiticulier du peuple Acadien d’a- lors et se signe caractérisque, nous aimons à en constater l'existence encore aujourd hui dans ses dess cendarts. Puisset ilen être tou- jours ainsi ! Plaise à Dieu que l'on distinguz toujours le peuple Aca- dien par sa fidéliié à la fui et par l'attachement à ses prêtres ? Ceïte foi et cette confiance dans le ministre du Divin Sauveur furent sa co! silation et son soutien sur- tout aux jours sombres et mauvais de sa dispersion, et dans les gran- ces : ouffrances qui accompagnèrent et suisirent sou retour an pays. Le poëte américatn, l'immortel chan- tre d'Evangéiline et de Gabriel, nous le fait entendre dans une scè- ne sublime de son oeuvre. Il nous fait assister à l’empoisonnement des Acadiens dans l'Eglise de Grand pré. L'officier exécnteur des or- dres d'un tyran est sur les marches de l'autel et 1à où jusqu'ici on n'a- vait entendu que des douces paroles de paix et de salut, Winslow lit à haute voix le décret infâmé qui condamne tout un peuple à l'exil, à deuleur et à la mort. On entend vôtres, je vous demanderzi, comme Josué disait aux juifs, de considé- rer avec moi les bienfaits que Dieu vous a accordés et ensuite de vous demander si vous voulez le servir toujours, ce Dieu bienveillant pour vous. Il semble, il est vrai, à la première vue, du moins, que cette dernière question est oiseuse puis- que c'est pour le servir que vous êtes réunis devant l'autel du sacri- fice, c'est pour lui faire hommage de vos louanges et de vos adoration- que vous vous uuissez à Jésus, Christ qui, pour l'honorer comme il mérite de l'être, lui offre son corps, Son sang, son âme et sa divi- nité en victime. Vos actes, en ef- fet, témoignent assez que vous vou- lez servir le Seigneur votre Dieu et obéir à ses préceptes ; mais ce que je vous demanderais aujourd’hui c'est d'être plus fidèles que les de ne jamais renoncer à votre Dieu et à votre foi si vous voulez que le Très Haut vous conserve comme peuple, et vous me permettrez de terminer ce court entretien en vous indiquant quelques moyens à pren- dre pour rester fidèles à vos ser- ments. Un écrivain, un fervent catholi- que, parlant naguère au nom des Cana liens-français, disait : ‘‘Nous somies nés, nous avons vécu, nous vivous à i’ombre de la Croix’’. Ce que cet écrivain disait de nos voi- sins, ne po ivons-nous pas le dire avec autant de vérité des Acadiens ? Ceux-ci, comme les colons du St. Laurent, étaient des enfants de la France, dc cette vraie. France ca- et leurs crimes pent-être, s’appe- laient quand même très chrétiens tholique longtemps gouvernée par ple exilé : Fe z | 1 ien i- des rois qui, malgré leurs défauts | plus daus mon dessien de vous fai re assister aux angoisses poignantes aussitôt un murmure de bien légiti- çme indignation s'échapper du cœur | de cette foule prisonnière : ce mur- |mure monte, moute toujours com- me le flot de la mer de Grardpré. | Déjà. il a éc'até en cris de menaces jet de révolte. ‘‘A bas les tyrans qi veulent faire de nous des mar- tyrs. ’’Mais tout à coup c s kom- mes au visage menaçaut et À la voix rebelle se calment et acceptent leur malheur avec résignation parce- qu’ils viennent de voir apparaître le prêtre, le bon Père Félicien. Ce- lui-ci détache de sa poitrine le cru- cifx de missionaire : il l'élève bien haut et montre à ce peuple, si imbu des pensées de la foi, le Divin Sau- veur pendu à la croix pour le salut d:c:ux qui l'outragent et le blas- phèment et demandaut à Dieu son Père de leur pardonner leur crime. Lt vous, ajoute-t-il dans un élan de guidés, pendant 40 ans de ma vie, dans les senttirs de la foi et de la vertu, VOus pour qui j'ai tant sotf- ‘fert parceque je vous aimais, avez- vous si tôt oubilé la leçon d'amour et de paräon ? À genoux et répé- tons la prières du Divin Crucifié ‘‘O Père, pardonuez-leur, car i!s ne savent ce qu'ils font.” Et alors la haine fait place àt ‘amour dans le coeut de cette multitude. Des san- {glots avec des poroles de pardon s'é- chappent de ces rudes poitrines : ce peuple était vaincu par ia parole du prêtre et la doctrine si belle et si suave de Jésus. Je n'ai pas à vous désrire ici les scènes déchirantes de douleur qui accompagnèrent le départ de ce peu- : il n’eutre pas non plus de peuple jeté au milieu de popula- et méritaient cetitre sinon par la |tions étrangères et ennemies qui le pureté de Jeurs moeurs au moins|traitaient en gens infèrieurs : j'al- 16 ANNÉE smncttl lais dire en esclares. D'ailleurs, est-il mieux, peut être, de jeter un voile :sur le passé sans l'oublier complètement toutefois, afin de pouvoir plus facilement pardobner tout en nous rappelant aux jours de tristesse les souffrances de u0$ pèies et leur courage dans jes é- preuves. Mais leur plus grande douleur fut celle de n'avoir pas au- près d'eux des prêtres à qui ils pouvaient coufier leurs peines et leurs angoisses, Aussi, ce fut, a. vec l'amour de la patrie, l'amour du prêtre et de la religion qui fit revenir au pays ce penple Acadien, Voyez vos ancêtres, mes frères, braver les plus grandes difficultés, encourir les fatigues et les dangers d'une route longue, penible, À tra- vers de sombres forêts, la plupart du temps à pied, sans argent, ou )ien encore se livrer à la merci sur des barques petites et frèles que la violence du vent emporte et que les vagues en furie menacent d’englou- tir. Ils embrassent toutes ces dif. ficultés pour retrouver, avec leur pays, la liberté de rendre à Dieu 1e culte qui lui est dû, les consolations et le secours de la sainte religion catholique. C'est toujours ce secours qui les soutint dans la grande pauvreté qui suivit leur retour au pays. KE. coutez toujours leurs clameurs de joie à l'aparo:he du missionnaire qui vient de temps en temps, trop rarement hélas j leur apports la fo:ce et le courage. C'est une fête pour eux que cette visite, parceque c'est l’arrivée du ministre de Dieu, le réprésentant de la religion qu'ils aiment et qu’ils vénèrent. Ecote tez aussi les pleurs et les gémisse- ments à son départ. Ils comprene n2nt mieux; ces chrétiens fervents, la perte qu'ils vont faire, parce- qu’ils ont mieux goûté pendant son séjours les joies pures de la présen- ce de Jésus au millieu de son peu ple. N'est-ce pas qu'elle est belle catte foi forte et naïve des Acadiens d'alors acceptant comme leur chef, j'allais dire presque comme leur prêtre, celui d’entre eux choisi par la missionnaire pour présider à la prière commune du dimanche qui se faisait à l’église du village, pour baptiser leurs enfants et pour les prières de l’église sur Ja tombe de leurs chefs détonis ! C'est assez, mes frères, vous a- vez compris, j'en suis persuadé, les bienfaits dont Dieu a comblé vos ancêtres, {car sachez le bien, s'ils sont nés chrétiens c’est une grâce de Dieu, s'ils sont restés chrétiens au milieu des épreuves par Jesquel- les ils sont passés surtout, c'est un bienfait signalé de Dieu. Je veux bien qu’ils aient corresponeu à ces grâces, mais cette bonne volonté elle-même est encore un don du Bon Dieu, et s’il n’a pas donné à uos pères les biens de la terre pro+ mise qu'il leur a fait retrouver a- près leur dispersion ne fut pas tou- jours une terre oû coulait le lait et le miel. Il Jeur a donné en revan- che le plus précieux de tou: les tré- Israëlites à vos engagements : d'ER eUUe éloquence, vous que j'ai’ |Sors, la conservation de leur foi ca- tholique. Au souvenir de ce grand b'en- fait, mes frères, allez-vous tous vous écrier .: Serviemus Domino Deo nostro et obedientes erimus pre- ceptis ejus. ‘Nous servirons le Seigueur notre Dieu et nous serons obéissants à ses préceptes” ? A en juger par ce que nous voyons, on ne saurait Gonter de notre résolu- tion de vous mettre au service de Dieu. Vor:s vous êtes réunis en con- vention pour vous conyaître mieux, Pour vous encourager mutuellement et pour promouvoir vos intérêts na- tionaux ; mais vous vous êtes rap: pelés que Dieu passe avant toutes ces choses si belles, si élevées qu'el- les soient : vous avez voulu, avant tout, montrer à Dieu qu’il est le maître, que vous devez le servir ; vous avez voulu ie faire en quelque sorte présider à vos délibérations, invoquer son assistance et ses lu- miéres dans les questions de haute importance que vous traiterez pen- dant ces quelques jours de conven- tiou vatiouale. Prenez donc la ré- solution aujourd’hui d’être toujours fidèles à servir Dieu et à lui obéir, de toujours donner ainsi la premiè- re place à Dieu. Ayez toujours à iesprit :e souvenir de nos pères qui aïmèrent mieux souffrir la persé- cution que de renoncer au service de leur Dieu. A ‘eur exemple di- tes ce matin et répétez-le souvent : Nous voulous bien endurer les pei- nes, les souffrances, l'exil et la mort s'i! le faut ; mais devenir des traîtres à notre sainte religion ca- tholique, tourner le dos au service 2 Suite à la 3ème page