nr L'EPINGLE Le cimetière abandonné est situé entre Nieul et la Rockhel- le. 1lne s'y trouvait plus de place ; on ouvrit aux morts un emplacement nouveau et le père Tobie, le vieux fossoyeur, fut constitué gardien des sé- pultures. 1] vivait là, dans un pavil- lon lézards, au toit à demi dé:- foncé. Une fois par an, le jour des Morts, il recevait encore quelques visites dont Je nom- bre allait diminuant chaque année. Le père Tobie, assis devant l’âtre, regardait brûler les croix de bois, les croix de ceux dont la concession était périméc. Dans le brasier, on eùüt pu lire : “Cigit Geneviève...” Le reste était dévoré par la flam- me, À côté, sur la branche d'une croix vermoulue : “Du- rier, Jean Gustave, né en 1828, décédé le..….”Et ce tison d'’es- pèce particulière s’appuyait sur une planche peinte en noir ou se voyaient encore trois lar- mes blanches et la mention : Famille inconsolable.” Deux coups furent frappés à la porte. —Entrez ! cria le père Tobie. Le visiteur était un homme de quarante-cinquante ans, en veloppé d'un manteau de vo- yage. —C'est vous, demanda-:t-il, qui êtes le père Tobie ? —Qui, Monsieur. — Vous ccnnaissez à peu près le nom de vos morts ? —Îl y a cinquante aus que je suis ici. monsieur. C’est moi qui 21 creusé presque toutes les losses. — Pourriez-vous me désigner la tombe de M. Vincent de Sumt-Xandre ? — Parfaitement. Ca été un de mes derniers morts. Voilà buit ans que ie brave homme dort à cinquante mètres de m1. —Eh ben’ Monsieur Vin- J'ai des raisons de croire que sa mor! n'a pas été naturelle et je tiens à examiner son cadarre. ——Comment ! Monsieur, fi le père Tobie, après huit ans, vous espétrez retrouver les tra- ces d’un crime ? cent était mon oncle. {maladie. M. de Saint-Xandre é- tait déjà un vieillard quand Mlle Berth+, sa fileule, la main forcée par une famille pauvre, consentit à prendre son nom. M. de Saint-Xandre lui avait reconnu cinq cent mille francs par contra et la jeune mariée sembla prendre son parti de la situation. Les gens du pays n'i- gaoraient point que ce mariage avait été un coup de foudre pour Adrien Didier, fils l’un petit propriétaire de Marans ; les jeunes gens s’aimaient ; on 'remarqna que, du jour où les bans farent publiés, la fiancée avait les yeux rouges et que plus d’une fois, à la messe, elle essuyait une larme échappée. Cinq ou six mois après la céré- monie nuptiale, M. de Saint- Xandre tomba malade. La pa- ralysie l’envahit aussitôt. 11 re quittait le lit que pour prendre place dans un large fauteuil où on le vit s'éteindre chaque jour. Le matin, deux domesti- ques l'habillaient et roulaient ie fauteuil de la chambre au salon, et quand le temps était beau, sur la terrasse où le vieil- lard réchauffait au soleil, et ses membres endoloris et hu- mait avec satisfaction l’air sain etembaumé par les tilleuls, les clématites et les exhäla- tions marines si vivaces sur cette partie de la côte où les al œues croisseni serrées et touf- fues, Malthide, assiste à côté de son mari, lui faisait chaque jour deux ou trois heures de lectare. Quand la brise du soir se levait, on roulait M. Vincent j:squ'au salon ; la jeane fem- me se mettait au piano, et le vieillard ravivait ses souvenirs par les morceaux qui avaient “harmé sa jeunesse, s’intéres- sant même aux ampleurs de ja uouvelle musique. Puis un hôte inattendu vint faire une visite au château. M. Adrien Didier, qui avait quitté le pays quelques jours avant le mariage de Malthilde, revint un jour dans sa famille. M. Vincent de Saint-Xandre l'ac- cueïllit avce affabilité. Puis les visites devinrezt plus fréquen- tes De temps à autre, quand é- “latait une crise, il fallait veil- er le malade. Mathilde passait une nuit auprès du lit de son mari, et, la nuit suivante, c'é- —— J'étais dans l'Amérique du ktait le tour de Didier. Sud quand mon oncle est mort et il m'a été impossible de re- venir plus tôt en France. Voici trois cents francs pour votre peiue ; vous allez déterrer M. Vincent, puis vous le. replace- rez dans la tombe et le secret restera entre nous deux. * * Quane le travail fut terminé. le corps ramené au jour, le vo- vageur J'examina anxieuse- ment. La tête et les bras étaient äéjà d'un squelette, la peau adhérait encore sur quelques partis du corps. Après de mi: nntisuses recherches, le voya- eur poussa un cri. Au-dessous du cràäne, entre la premiére et l: deuxième vertèbre de l’ep'ne 1] avait aperçu une lorte epingle à moitié rouillée ira doucement et la pla- ça dans la poche de son porte- 1 1 acorsaie, — Vous peuvez remettre les choses en état, dit-il au père Tobie. Le visiteur essuya les gont- tes de sueur qui, subitement, lui étaient venues aux tempes, puis 1! détacha son cheval qui l'attendait à la porte et partit an g1and trot. Il était sept heures du soir. L: couvert était mis dans la manger de l’apparte- ment occupée par M. et Mme Didier, rue Moncey, à Paris M. Didier, qui venait d'avoir trente-deux aps, avait epousé Mathilde Berthy, veuve de M. de Sint-Xandre, décédé dans son château près de Nieui, a- près une longue et douloureuse + « satle à Un matin, M. de Saint-Xan- dre fut trouvé mort dans son lit. Didier fit les courses obliga- toires à la mairie et à l'église, mais 1l n’assista pas aux obsé- ques et repartit pour Paris. Un au plus tard, on apprit à Nieul ‘e mariage du j:une homme :a- vec Mme veuve Vincent de Saint-Xandre. k* x Tandis que ces évén'nents se déroulaient, André, le neveu dn défunt, exploitait des mines d'argent en Bolivie. Il était parti pour faire fortune et ne voulait revenir en France qu'a- près avoir réussi Une lettre lui apprit la mort de son oncle qui lui laissa't six cent miile francs dont il n'avait plus be- soiu. I] s'enquit auprès du mé- lecin de Nieul, dont il avait été l'ami, des circonstances qui avaient entouré ia mort de M. de Saint-Xandre, et quand lui vint la nouvelle du mariage de la veuve avec un homme qu’- elle avait aimé, aui avait assis- vieiliard, un soupçon traversa sen esprit. 11 revint en France, résolu à creuser ce mystère, en admettant qu’il y en eût un. L'épingl. trouvée ne lui lais- sait aucun doute: Lassé d’at. tendre et voyant J’agonie se prolonger indéfiniment, le jeune homme, éperdüment é- pris, avait hâté la fin du mori- bond. Après quels combats, a- près quelles fiévres en était-il avait-elle été complice du c A crime ? C'est ce qu'il falait sa-| vierllard condamné par la ma- té aux derniers moments du arrivé là ? La jeune femme L'IMPARTIAL voir. #* x et Mme Didier se mirent à ta- ble avec leurs deux enfants, un petit garçon de cinq ans, aux chevaux noirs ; une filctte de trois ans et demi, blonde, frai- che, à la mine éveillée, . Un coup de sonnette fit tres- saillir toute la famille. Didier pâtt, comme pressentant en malheur. La femme de chambre, qui était allée cuvrir la porte, revint avec une carte: “André de Saint-Xandre.” —-Tiens ! s’écria Mme Didier, me voici belie-mère ! Elle se leva et dit à André : Entrez donc, cher Monsieur ; vous êtes ici en famille... — Pardon, fit André, vous é- tiez à table, je reviendrai. —-Pas du tout, reprit la jeune femme, vous allez diner avec nous, Marie, mettez un couvert. Didier, debout, haletant, consid<rait le nouveau venu avec une angoisse mal dissimu- lée --Mon mari, dit Mathilde. Audré fut placé entre Mme Diclier et le petit garçon, Henri, qui demanda : —Comment s’appelle-t-il, le Monsicur ? —1i faut l'appeler ‘mon on- cle”, répon lit Mathiide. — Et moi ? dit Ja petite, je peux t'y l’appeler comme ça ? Oui, bébé, toi aussi. La petite interrogea : —Est-ce que tu viens de join ? —Oui, mon enfant, j'arrive d'Amérique. —Ou c'est-1il, l'Amérique ? —C'est de l'autre côté de l'eau et disparaitre dans une ladie. Quant au coupable, la vie, —Le dîner est servi, avaitlentrecoupée de remords, de dit la femme de chambre, M.{craintes constantes, n’était-elle ; pas pour lui ie vrai châti- ment“? André prit son chapeau. | —Vous reviendrez nous voir, n'esice pas ? demanda Mathilde. | —Peut-être ! #0) —Oh ! si, dis, Monsieur, s'6- cria Berthe ; nous t'aimerons| bien ! —Oui, mes enfants, murmu-: ra André, aimez-moi Dien. 11 prit un baiser sur le front de Mathilde et dit à Di. dier : —Adieu, Moxsieur ! Puis, une fois dans la rue, il prit son portefeuille, en reti- ra l’épingle qu'il jeta au ruis- seau. 11 la vit suivre le fil de bouche d'égout Alors André pas:a son mouchoir sur son front et reprit sa marche en di- sant : — Dieu seui est juge ! AURELIEN SCHOLL LADY ABERDEEN ÊT LE JUBILE LE LA REINE VICTORIA Nous recerons de lady Aber-| deen ia correspondance sui-| vante au sujet du jubilé ro. yal dopt la célébration appro:- che. “Quelle part le Canada va-| tit prendre à cette célébra-| tion ? | Sinoas voulons dignement | témoigner notre revounaissance | pour Ja liberté, la paix et la | prospérité dont nous jouissions | sous le long règne de sa Majes | l’eau. — Près de l'Odéon? s'écria| Henri. —Enccre plus loin. L'enfant ouvrit de grands yeux : —Tu as pris une voiture, a- lors ? — Un bateau d'abord et une voiture après. Didier, peu à peu, retrouvait l'apparence du calme. On serrit le potage. —Excusez-moi, dit André, j'ai des habitudes bourgeoises. Pour ne pas rentrer à l'hôtel, il faut que je ménage mon linge oerss et j'ai l'habitude d'atta- cher ma serviette à mon col- °° RO 11 fixa les yeux sur le mari et dit : — Vous seriez bien aimable de me donner une épingle”. Didier, frémissant, se leva! tout d’une pièce, le regarü| flamboyant. | —Ne te dérange pas, mon a- mi, lui dit Mathilde. Et, enlevant une épingle de son corsage, elle l’offrit en sou- riant à celui dont, à dix-huit ans, elle avait été la beile- mère. —Merci, dit André. Etil pensait tout bas : “Elle ne sait rien ; elle n'a pas été la complice de son second ma- n” À la fin du repas, Berthe ti- rait la moustache d'André, en riant d'un rire gras, un rire d'enfant, avec des fusées de gaieté. Henri, plus grave, était mon: té sur le genou du “Monsieur” et le pressait de questions: Fortement ébraulé, le ven- geur embrassa d'un coup d’œi; la petite famille. La jeune mère et les enfants étaient bien innocents du crime. D‘un mot, il écrasait tout ce bonheur. Les larmes, le | désespoir, la honte remplace- bi n vous apprécions le profond intérêt qu'elle porte au bon-| heur de son peuple et en eon:| sacrant :0tre offrande à quel-| que noble entreprise à laquelle | sou nom sera, pour toujours as- | soclé. | Jlest donc proposé, de for. | ner un fonds destiné à établir dans les nouveaux territoires du Canada, la où les colons sv trouvent comphiètement isolés. et loin de tout secours, où, dans le cas d'accident ou del maladie, ils ne peuvent se pro- curer ni lès remèdes indispen- sables, il est proposé d'établir de place en place des dépots où ils trouveront ies médicaments et des gardes-malades capables de leur donner Es soins néces- saires. Une œuvre de cette nature entreprise dans le but de célé- brer le soixautième aniversair: de j'avènemenut de la Reine au trône causera plus de setisfac-! tion à sa Majrsté que jes pré | sents les pius somptueux qui aient jamais été ocffcrts à an souvetTain, et eu même temps! elle fera honneur à notre pays qui seul devra en profitr.” PRENCE COUNTY DRUG STORE | The oldest and most reliabie | Drug esiablishment | —in— ” PRINCE COUNTY | À fail stock of every thing kept in a first class | DERUG STORE | Personal attention given tc compoundine. Prescriptions | and only the purest of Drugs! used. Our more than thirty| years in the Drug Business is! _ | | | raient ce caime, ces éclats de. gaieté. Ces enfants resteraient | sans père, avec une mère en! deuil, inconsolable. Trois vic-| time pour venger la mort d’un a guarantee that the utmost care and attention will be ex-. ercised. | J. A. GOURLIE. | S'Side P. E. 1. 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Man cross and disagreeable children would be es nature if their mother or Nue A to guide the imrature mind to some pleasant occupation without to9 great ae à with its own freedom.” 7 FROM THE KINDERGARTEN MAGAZINE. “ Any mother with the problem of restless peopl lead into the paths of happiness . : can find Rs nent Li Miss cessary; the third, those in which Beebe's little book, and would do well to avail the child can engage by himself, herself of its thoughtful suggestions. We seli this Book for 75 cents. To any one sending us 3 uew subscribers we give this Book Free—-Add ess. TL’/IMPARTIAL., TIGNISEL, FE. E.- L Hunéreds of Hints on How to Make the Little Folxs Happy In this book the Kindergarten offers to the Home suggestions for the occupation cf little children with simple materials. ‘The author does not presuppose a kindergarten training on the partof the mother, nor an ideal environ- ment. She simply takes for granted the child’s ceaseless activity and the mother’s desire to furnish him with material and opportunity for development. & The occupations here considered are of three kinds. The first are those which require the active par- ticipation of an older person; the second, those for which only occa- sional direction or assistance is ne- | 4 BeauniFuL BRITAIN. The Scenery and the Splendors of the United Kingdom, Royal Residences, Palaces, Castles, Bowers, DM] Hunting Lodges, River Banks and Islets, Abbeys and Halls, The Homes of Princes, Views of Noted Places, Historic Landmarks and Ancient Ruins in + 4 # JE JU! Fe ET ACC The Lands of "À Rte Rose and Thistle 15 48 cie ea Et NÉ SNNL “tu TES A magnificent collection of views, with elab- orate descriptions and many interesting historical notes. Text set within emblem- atic borders, printed in a tint. A fine example of up-to-date printing. Large quarto volume (11% x 13% ins.), S res. Extra enameled paper. 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It required two centuries to reduce that time one-half. Now our green shores and the white cliffsof Albion lie less than one week apart, and for thirty years we have talked with Eogland under the sea in a common language,-about commoninterests. To go and to return is an incident of daily life. à By fav f th The Saxon, Englishand American, traveis more than any other man, and with y 1avor OI He |: stouter purpose to see, to know and to appreciate. England and America ex- Nobl d À change visits every year in the person of thousands of individuals. The Briton cblemcn an finds with us brighter skies, and higher mountains, and larger rivers, and broader Gent! ho À lakes, and tallertrees, and more stupendous waterfallsthan hisislands know. And catiemen W0 £ for the old, the storied, the historic, wegotohim. What he has is in a sense our G th own. It is a hand-made and a time-mellowed beauty : for us the beauty of histo win tnese and association, ours as well as his. 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