Le Cri du Sang a (suite de la 1re page) homme de vingt-trois ans. “Oui, oui, c'est une charmante créature, pensait-il en la contem- plant avec admiration, et Male- vieux prétend qu’elle m'aime... Vraiment, je n'avais pas remarqué jusqu'ici combien elle ressemble à sa fille |” La marquise avait disparu au bout du corridor. Quand le reflet du flambeau se fût entièrement effacé, Adrien rentra chez lui et tomba accablé sur un siège. Pendant plusieurs heures, il con- t-il bientôt impétueusement ; lui, si robuste, si bien portant hier enco- re....Il ÿ a là-dessous quelque méprise, Voyons, docteur, par vez. —Maintenant que le: coup est porté, jene vous cacherai rien. Votre malheureux parent a passé une partie de la nuit à jouer avec lord Corbett, et ila perdu une somme considérable qui entraîne sa ruine. Joseph, qui l’a vu rentrer dans sa chambre, m'a dit qu’il avait la figure décomposée : il par- lait seul, et ses paroles incohérentes témoignaient d’un complet déran- gement d'esprit. ilest sorti de l'hôtel ; depuis cet serva la même attitude. Vers le milieu de la nuit, il voulut se jeter|Sume que, poussé par le déses-|ches, avec beaucoup de monde, vous à demi-vêtu sur son lit, mais la fiè- vre le dévorait, et l'exaltation de ses idées ne lui permit p.s de trou- ver un instant de repos. Pour é- chapper à son imagitiation malade, il prit une fiole de laudanum, dont le docteur lui avait prescrit, et s’en administra une triple dose. Grâce à ce puissant narcotique, . . . ) À + ER serais | cris drien s A , . il s'endormit enfin, mais d’un som- confié ses pertes, et je me serais | cria Adrien sans même s’apercevoir meil entrecoupé, plein de rêves bi- zarres, de visions effrayantes. Tan- tôt il croyait reconnaître, à la pâle lueur d’uñe lampe prés de s’étein- dre, son oncle et lord Corbett, les yenx en feu, l'écurie à la bouche, jouant en silence une effroyable partie sur une table couverte d’or et de sang. Tantôt il se croyait encore étendu sur le rocher du Ro- quairol, par une nuit d’orage ; des oiseaux de mer, aux longues ailes noires, venaient déchirer à coup de bec sa chair palpitante. Illuisem- bfait aussi qu’il se promenait dans une riante campagne, par un bril- lent soleil de printemps, au milieu des fleurs et de la verdure ; une femme vêtue de blanc était à son côté, la main dans la sienne, écou- tant les yeux baissés, un sourire de pudeur sur les lèvres, les paroles d'amour qu’il prononçait tout bas ; cette femme, il l’aimait et il était aimé d'elle. Mais, chose étrange ! parfois elle avait le teint rose, la bouche souriante, les boucles blon- des de la marquise, puis tout à coup c'était le visage noble et pur, le re- gard majestueux, les bandeaux de jais de Melle de Norville. Ces changements rapides le jetaient dans une anxiété affreuse dont il ne pouvait se défendre. Suffoqué, haletant, il s’éveillait à demi en poussant des gémissements, mais bientôt il retombait sous l'influence de son pénible sommeil. La nuit se passa ainsi : il était déjà tard quand on frappa vivement à la porte de sa chambre. Adrien, ja tête lourde et les idées confuses, demanda ce qu’on lui voulait. “C’est moi, monsieur, dit une voix altérée que Laroyère reconnut pour celle du docteur Moirot ; ou- vrez-moi vite, au nom de Dieu ! J'ai des choses graves à vous ap- prendre.” Adrien sauta lestement à bas de son lit, et alla ouvrir. Le docteur Mioirot parut en ef- fet. Ses traits bouleversés annon- çaient une sinistre nouvelle ; mais Adrien, iuttant encore contre l'en. gourdissement causé par l’opium, ne remarqua pas d’abord ces signes alarmants. “Eh bien ! cher docteur, qu'y a- t-il donc ? demanda-t-il en répa- rant le désordre de sa toilette ; vous n'êtes pas homme à venir ainsi é- veiller vos malades sans motif, sur- tout quaud ils ont passé une mau- vaise nuit ! —Excusez-moi, excusez-moi, ré- pliqua Moirot d’un ton lugubre, mais le cas est si sérieux ! Monsieur Adrien, mon cher enfant, armez- vous de tout votre courage pour supporter ce coup terrible.” Adrien se redressa avec effroi. ‘Que voulez-vous dire. docteur ? demanda t-il en frémissant ; de grâce, ne me faites pas languir ; je suis fort ; un malheur serait-il ar- MMA....:: —Un grand malheur est arrivé... du moins je le crains. —Docteur, laissez les ménage- ments, apprenez-moi bien vite la vérité....de quois’agit-il? Parlez donc, vous voyez bien que l’inquié- tude me tue ! —]1 s’agit de M. Malevieux, vo- instant il n’a pas reparu. On pré- Mt en don —Non, non, cela ne peut-être, répéta Adrien dans une agitation extrême ; je connais mon oncle : c'est une âme froide, indifférente, qui n'est pas susceptible de ces passions désordonnées. D'ailleurs, fût-il ruiné, comme on le dit, il serait venu me ‘trouver, il m'aurait |empressé de les réparer, car moi, je | suis riche, et ce que je possède est à lui !”’ teur d’un air de compassion. ‘‘Allons, reprit-il, je vois que vous ne comprenez pas encore toute l’étendue de votre malheur. Il vous faut des preuves ; hélas ! j'en de concluantes. —Des preuves ? —Oui, une lettre ouverte que j'ai trouvée dans la chambre de votre oncle, lorsque Joseph est me faire part de ses craintes... donc et vous ne doutetez plus.”” Il remit à Adrien un papier chif- fonné, couvert d’une écriture in- forme et presque illisible. Cet é- crit était ainsi conçu : ‘“Adrien, lorsque tu liras ceci, je n’existerai plus. venu cipité dans ce gouffre sans fond d’Inversac qui, dit-on, ne rend ja- mais ses victimes. Je ne puis sur- vivre à l'honneur et je n'2serais af- fronter ton mépris, ta colère, car je t’ai ruiné, Adrien : cette somme que je viens de perdre était le der- nier débris non de ma fortune, qui est dévorée depuis longtemps, mais de la tienne, Fils de ma sœur, | pardonne-moi ! Le destin avait Con- | spiré notre perte à tous deux ; jour où pour la première fois j’osai risquer sur une carte une somme qui t’appartenait, je tombai sous les | griffes de fer de cette impitoyable | divinité. Depuis ce temps elle m'’a| alléché sans cesse par l'espoir du gain, et elle m'a poussé peu à peu dans l’abîme où je tombe... O des- | tin ! inexorable destin !.. Mais | je me vengerai, si je te rencontre | dans l'empire de Pluton... J’'em- | porte mes pistolets. .-?? | Le reste se composait de mots | sans suite où perçait une véritable | aliénation mentale, Evidemment, | à mesure qu’il écrivait, la tête du | joueur s'était exaltée, et vers la fin! il en était venu à l'extravagance, à| la folie. la dernière lettre écrite par un no-| taire de Paris, dépositaire de la for-| tune d’Adrien. Dans cette lettre, qui avait dû contenir une somme importante en billets de le On avait joint à ce papier | | banque, | l’homme d'affaires annonçait ‘‘qu’-| il ne lui restait plus en caisse au- | cune somme provenant de la suc-| cession de feu Mme. que, par conséquent, il se trouve- rait dans l'impossibilité de faire droit désormais aux demandes d’ar- gent de M. Malevieux.”’ La ruine étail constante ; mais, en ce moment, le digne jeune homme ne parut pas Laroyère, . et | d’Adrien donc songer à la perte de sa fortune. Ab- sorbé par une seule idée, il fondit en larmes et murmura avec un ac- cent de douleur : ‘‘Mon pauvre oncle ! as-tu douté de moi ?”’ Pendant sanglots lui coupèrent la parole. pourquoi |; quelques instants les ‘Voyons, mon jeune ann, du courage ! reprit le docteur ; je com-| prends ce Chagrin... mais, en défi- nitive, votretuteur a bien mérité! son sort ; il n'a fait que se rendre justice. Le misérable ! abuser ain- si de la confiance de son pupille ! — Ne l’insultez pas ! dit Adrien avec force ; moi, moi seul, j'aurais tre oncle. —Eh bien, où est-il ? pour quoi | ne le vois-je pas lui-même ? | —Malheureux jeune homme !| répliqua le docteur d’un ton dra-| matique, vous ne le reverrez sans | doute jamais. | — Grand Dieu ! il serait..”? | Moirot baissa la tête sans répou- dre ; Adrien pâlit. ‘““Mais c’est impossible ! GS le droit de l’accuser, et en présence de sa terrible expiation, Je n'éprou-| ve plus que de la pitié. Mais pour- à quoi serait-il mort : réflexion ; ne se pourrait-il une cause indépendante de sa vo-| lonté... Il avait perdu la tête en| écrivant cette lettre fatale ; être un nouveau caprice de son cer- | veau malade l'aura-t-il détourné de Î peut- | 2 A Moi pitié,, dites-moi ce que vous $sa-| Au lever du jour, ! Le docteur aegarda son interlocu- | ai | Lisez | Je me serai sré-| |c'est en ce moment surtout que j'ai | au fait sans retard, car en pareille | le vicomte, dit le docteur ; vous sa- | yez si aucune incertitude est possi- | drien, maïs il me semble que, fou contre elle aux dernières extrémi- ment il n'aura pas eu le courage | tant choyé toute £a vie. illusions tombent au sujet de ce | prendre | chez le maire | tout effaré, |] Enfin, | pluche avec soiu le passe-port et les jautres papiers de cet aventurier ; sa résolution première, Mon cher docteur, tout espoir n’est peut-être ‘pas perdu ! Il faut mettre le pays sur pied ; il faut fouiller le voisi-| nage. Que les gens de l'hôtel se | joignent à moi : nous allons battre la contrée et peut-être aurons-nous le bonheur de retrouver mon oncle | vivant ! — Il ne montrait pus tant d'inté- | rêt pour vous, la nuit où vous pen- |sâtes périr sur le Roquairol, dit le | médecin ; mais, croyez-moi, ces re- | cherches n’aboutiraient à rien s: cet homme s’est précipité dans le gouffre d’Inversac, il n’y a plus de ressources. D’ailfeurs, mon ami, poursuivit Moirot en donnant à sa figure une expression hypocrite, ré- fléchissez u® meu... Ces recher- jcoûteraient gros ; et, d’après ce que je vois, vous êtes complètement ruiné ? ——Qui, oui... je le crois du moins, | —Vous Je croyez ?... |c’est que, si je ne me trompe, vous | êtes redevables l’un et l’autre d’une somme assez forte À l'hôtel et... — Alors, je chercherai seul, s’é- | de cette odieuse défiance ; non, je | w’abandonnerai pas mon parent, |tant que je conserverai l'espoir de le retrouver, même sans vie ! ie -Hum ! grommela le docteur, et dans ce cas il faudra payer des frais d’enterrement....La belle a- vance !”? Cependant, le bruit de cet événe- ment tragique s'était répandu dans | l'hôtel. Les pensionnaires et les domestiques eux-mêmes accou- raient éperdus pour avoir des nou- velles. Bientôt la chambre fut pleine de |monde. Chacun s’empressait de | donner à Adrien des marques de |sympathie. Tout à cou» la foule s’entr'ouvrit ; le vicomte de Mor- | nas s'élança vers Adrien et lui ser- | ra chaleureusement la main. ‘‘Mon cher Laroyère, lui dit-il | d’un ton cordial : j'arrive de Cette, affaire imprévue m'avait appelé hier au soir, et j'apprends à | l'instant votre maïheur....Mais on | l'a exagéré, sans doute ; quoi qu’il Len soit, me voici, disposez de moi. | —Oh! merci, merci ! répondit | Adrien en lui rendant son étreinte ; où une besoin d’un ami ! —Et il s'en présente un qui ne vous manquera pas. Maïs venons circonstance les actes sont plus né- cessaires que les paroles... Que me parle-t-on de ruine, de suicide ? Ce sont encore de simples supposi- tions, je l’espère ?’? ‘Ce sont des réalités, monsieur vez avec quelle passion M. Male- vieux se livrait au jeu ; il'a perdu depuis quelques mois des sommes considérables contre lord Corbett : et la nuit dernière a consommé sa ruine, aisi que celle de ce brave en- fant.. Tenez, lisez plutôt, et vo- ble.’ Il montra au vicomte les deux papiers qu’on avait trouvé dans la chambre de Malevieux. ‘‘Et moi je persiste à penser que rien n’est perdu, reprit Mornas ; du courage, mon cher Adrien ! nous opérerous des merveilles, et s’il le faut, nous réssusciterons les morts. —Quoi ! vicomte, vous croyez que mon oncle... — Je ne sais si je me trompe, À- ou non, votre oncle aime trop sa précieuse personne nour se potter tés ; vous verrez qu’au dernier mo- d'anéantir ce corgs délicat qu’il a Ne vous m'entendre parler ainsi, Adrien ! il est temps que vos R offensez pas de coupable parent. — N'importe, Mornas, s’écria A- drien avec entraînement ; je vais me mettre à sa richerche : c'était le frère chéri de ma mère ! Dès que je l'aurai retrouvé, je supporterai tout le reste avec résignation. aevons précautions. allez vous rendre Balaruc et vous l'inviterez de ma part, à s'assurer —Soit ! Mais alors nous certaines Docteur, vous de de la personne d’un individu que vous appelez lord Corbett. —Lord Corbett ! s’écria Moirot un homme si comme il . un seigneur anglais ! -Votre seigneur anglais n’est eut-être pas autre chose qu’un... prévenez le maire ; qu’on é- surtout qu’on ne le laisse sortir de l'hôtel sous aucun prétexte pen- L'IMPARTIAL, JEUDI LE 26 diable !| — dant mon absence et celle de M. de Laroyère. domestique et on les gardera sépa- rément.…. J'expliquerai moi-mê- me à l'autorité la cause de cette mesure, dont j'accepte la responsa- bilité.”” (à suivre) J. H. Myrick & Co Importers aad lealers in DRY GOODS HARDWARE BOOTS & SHOE* FINE GROCEKIES And Fistuing Supplies AT TIGNISH ant A LBERTON We have just opened a tull anc complete stock - o1 NEW GOODS. We are prepared to Supply the want: of the farmer, fisb. erman and mecha- nic We invite in tending: purchaser: to give us a cal, and they will finé we can meet al competitors, and save to them the trouble and -ex- pense of going tc Summerside O7 Charlottetown. Mortgage Sale There will be sold by public auction in front of the Court House, Summer- side, on Saturday the fourth day of April next, À. D. 1903, at the hour of ten o’clock in the foreneon, under a power of sale in a mortgage dated the 18th day of February A. D. 1899, made between John MeLauren and Jane McLaureu his wife of the one part and the undersigned of the other| part. All that tract of land situate on Lot sixteen, Prince County, bounded as follows : commencing on the bank or shore of Grand River in the westera boundary of sixty one acres of land conveyed to Alexander MecNeill said boundary being that established by the Jate Kenneth McNeill ; thence running south to the south-west road (59 called) ; thence southwestwarJl along said road to the eastern boun- dary of land now or formerly in pos- session of Koderick McNeill, thence north along the same to the bank or shore aforesaid ; thenee following the vari us courses thereof to the place of commencement containing sixty one acres of land a little more or less with the appartenancrs: Dated this 2nd day of March À. D., 1903. DOROTHEA LEFURGEY J. EPHRAIM LEFURGEY ù Mortgagees AARS 1903 OUND INVESTMENT AT HOME 2 IN A RICH MINING The Eastern Nationai Copper Com- On s'emparera de son | fr Î dater vs HMD dei ENS ere hr 700 SAM : TR © te à a va 0 De de es, any, Limited, whose Gold and Copper eposits are at Cheticamp, Cape Breton, l Jis capitalized at $500,000. The Board of Directors of eight includes some of the D Best Known and Most Reputable Busi- members ot this company confident that the property it has acquired is one of the most valuable in Canada, and situated in one of the most promising mining distriots in America. à The mining areas purchased by the Eastern National Copper Company, Limited, have been thoroughly prospected and have undergone expert examina- tion by trustworthy engineers during the past eighteen months. It has been on the evidence of mining men competent to testify as to the worth of the property that many have already been satisfied to subscribe for stock, believing that they were ee in an enterprise giving promise of large returns and that their shares would assuredly advance in value as the development opera- tions proceeded. The Company is now Blocking Out a Body of Copper Gre estimated to con- tain 160,000 TONS. The average result of the tests so far made to deter- mine the Value of the Ore is TEN DOLLARS PER TON, and when the work now under way is completed it is calculated that there will be QRE IN SIGHT to the Value of $1,600,000. The Development Operations are Proceeding with Pay Cro on AI! Sices of a Two-Hundred Foot Slone whioh is being driven through the Main De- posit. Other Beds of Copper are known to Underlie and Overlie the Bed Now Be- ing Developed, and it is confidentiy Ex- pected that This Mining Property will prove of Vast Value when a Few Months More Work has been Performed. Goid is Associated with the Copper Contents of the Eastern #Hationai Cre, “ore than Sufi- 22" La ness Men of Halifax, who have become Le _ Ë 4 t*] L f L mn near ns n | DORE Es rs ! ; TITI ê 3 Labs L& à e client to Pay the Exponzo 07 and Milling, Leaving the tonts to the Gocd. The Operations now being condustzi! by the Eastern National Gonrer Gers. panyÿ, Limited, were begun only after th proposition had been most carefuliy# investigated and large expenditure OÙ 5,3 money bad been justified by the results of such investigation. The Company. considers the opnertunity for invect- 2 ment one of the most attractiroi, hofore the public. Stock which is now fry being sold at a low figure wyil} Gertainiy.3 advance as progress is mare on theÿ A Deposits. Several liberal offers to pur-& chase this property were reccived and declined before the present Company &, à acquired it, The former oxwrers are#f shareholders in the Kastern National,=, baving accepted stock in payment tor ge their interests and so derionstiated their confidence in the worth of the Copper #4 Deposit now Qns opened and other 4} Deposits whic’,1T is proposed to develop at an early date. n. e The sum of 810,098 isto be expended in the present croratigns, in order toi, further establish the extent of the Cop- 7% per Beds, and place à large quantity ofà, Oro in Sight Part of this sunount is 684 beiag raise:l by the sale of a block st. re v 4 4 2, 5°, AM tesÿ Vs, ra ce ne Phone Er z. as stock at 36 per G nt, of par, Full Paldg#s Up. Additional stock will not be offered &, À 1%” at present, ‘That alrvady marketed is 88 bell by the purchasers for higler prices. à 5 Applications for stock shonld be ad- 88 dressed to ALFRED CENNETT & CO. 16 Prince Strcet — - Haiifax, N. 5. Ÿ > ss nt | | ES À Copies of the Prospectus and any In- formation respecting the foregoing p e position may be obtained from BENNETT & Co. or from the Re nNHBCN né 34 q,. Lig., ” EASTERN NATIGNAL GOPPEN S 18 PRINCE ST. - -. SALIFAX AS, A MCE CNE KE … é “Trust Ce est Sem © ef Cars Var SOME SPECIAL . VALUES you to inspect our stock of Winter Dry Goods. you will find them very interesting. There is no argument half so convinciug as the evidence of your own eyes. We will be most pleased to exhibit our stock: For that reason we want aud values DRESS GOODS All the newest Blacks and Colors, Rough Tweeds, Freizes, Plain and Striped Zibilines, Cheviots, Serges Etc., also a snap in 50 inch suitings, good value at 50 per yd and not an off shade in the line, now 35c Locsevese _...... 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