4 4 0 és. éd 4 PRE #% * FR f PT ET CR RS ONE rs H re ns . [//ZÈ = | Fondé en 1893 par Gilbert Buote et son fils François Joseph Ph TSLUnion fait Na ET j ; À PES L'at | F. J. BUOTE, Redacteur. Mme. F. dJ. BUOTE, Assistante. CIE DE LIMPARTIAL, Proprietaire Vol.2. No 48. Nouvelle Serie TIGNISH, ILE du PRINCE EDOUARD, MARDI LE 3 MAI, 1910 - 17 ANNÉE La patronne de l'auberge, puis- Sante et souriante, se montra sur le seuil. —-Monsieur désire-t-il être servi | chez lui ou manger à la table com- mune ? Il allait opter pour le repas soli- taire, afin qu'on le laissât à ses sé! crètes émotious. Mais une réfile- xion intime et rapide le fit aussitôt changer de pensée. —]Je maugerai à la table commu- ne, dit-il. Et il descendit à la suite de l'hô- tesse. Autour de cette table étaient rangés quelques touristes arrivés de la veille pour repartir le lendemain, et la conversation roulait sur les grottes admirables visitées dans la journée. Un monsieur entre deux âges, maigre, chauve et si myope ou si distrait qu'il prenait, à chaque ins- tant, son étui à lunettes pour son pain, et se versait à boire dans la salière, nn savant, ainsi que ce! signalement en témoignait, faisait une grave dissertation sur l’antiqui- té probable de ces grottes, la nature des diverses couches géologiques qui en composaient le sol, et le temps qu'il avait fallu aux sécré- tions humides de la roch2 pour for- mer les stalactites merveilleuses de la voûte. Le discours du docte monsieur n’était peut-être pas exempt de pé- dantisme, et ceux qui l’écoutaient ne pouvaient probablement pas le suivre dans ses développements scientifiques, hérissés Ge mots tech niques très rébarbatifs ; mais tous étaient uuanimes daus leur enthou-, siasme pour le spectacle peu ordi- maire dont ils avaient joui en visi tant ces grottes, justement répu tées Eu dépit des préoccupations se- crètes qui l’absorbaient, le jeune voyageur écoutait avec intérêt les descriptions qui lui étaient faites de ces merveilles de dessous terre, qu’il se proposait d'aller contempler à son tour. Un désir vif le prenait de parcourir, lui aussi, ces salles ovales et ces longs corridors ornés de sculptures étranges, créations de ce monde sans lumière et sans ciel, que l’on évoquait devant sa pensée, Etilse prit à questionner, de-| mandant d’autres détails : —Qusile est la longueur approxi- mative de ces grottes, et combien de temps faut-il pour les parcouwiir ? Les touristes se regardèrent et l'un d’eux dit, un peu.hésitant : Nous avons mis pour en faire le tour deux heures ecviron. —Une heure quarante-cinq mi- nutes, rectifñia le savant, eteute nant compte de la di‘iculté de la marche sur les aspérités du sol, cela doit faire nne longueur totale de six kilomètres. En ce momeut, le maître de l’au- berge, un petit bonhomme aussi jaune et aussi sec que Sa femme était haute « n couleur et plantureu- se, déposait sur la table un nouveau plat. L'observation du savant le fit ti- midement sourire, et ilse permit d'insipuer : —Ces Messieurs n’ont pas par- couru toute l'étendue des grottes... Chacun l'interrogea du regard. Il rougit légèrement, toussa et reprit : — Elles s'étendent loin, bien loin, par plusieurs côtés et dans des di- rections différentes. Personne n’a jamais pu les explorer eu entier. I1 y a, à droite et à gauche, plu- sieurs couloirs où l’on n’entre pas parce qu'ilsicôtoient des précipices au fond desquels gronde une eau : de son iufériorité. querait tout cela mieux que moi, ajouta t-il avec un sentiment nait :. Eu d'autres endroits, ce sont des éboulements qui interrompent le chemin. Il ne ferait pas bou s’y aventurer sans guide...On raconte que des touristes qui avaient voulu s'y risquer seuls n’ont jamais été revus. Le vieux monsiéur était très’ at- tentif, et les autres convives fris- sonsaient Jlégéremerit. Le jeune homme eut un joli sourire d'assu- rauce juvénile. — Eu regardant bien où l’on passe une première fois avec le guide, et en se ménageant des points de re- père, on ne peut guère rien risquer, dit-il. ——Je ne conseillerais pas à Mon- sieur d'essayer, répondit l'hôte, res- pectueusement ironique. La conversation suivant sa pente naturelle, on en vint à parler des autres curiosités locales et notam- ment du château d’Alzéres, que les touristes regrettaieut de ne pouvoir visiter. — Depuis que le propriétaire s’y est installé avec sa fille, expliquait l'aubergiite, l'autorisation de le parcourir est fort rarement accor- dée. Il faut être connu de M. Ré- mindier, ou bien avoir pour lui quelque recommandation spéciale. Les touristes se regardèrent, s’a- vouant mutuellement par cette pau- tomine expressive que ni les uns ni les autres ne possédaient les référen ces exigées. Le jeune voyageur, lui, tenait les yeux baissés sur la nappe. Un lé- ger tressaillement avait passé, rapi- de, sur sa physionomie. Au bout d'uu instant très court, il leva les yeux et demanda d’un ton indiffé- rent : —Ce château est donc curieux à visiter ? —Oh ! oui, Monsieur, répondit le petit homme. Il y a des salles ! au plafond élevé comme des églises, ; avec des fenêtres où sont peints sur ! les vitres d'anciens seigneurs appa- | raissant dans la lumière comme des saints, puis des chambres et des chambres et des corridors où l’ou risquerait de se perdre, il semble, comme daus les sentiers entrecroi-| sés des grottes. Et, enfu, de vieil-! les pierres où les Messieurs savants, appuya t-il ave: un petit salut et un sourire d'intelligence adressés à l’érudit, lisent des choses d’autre- | fois très intéressantes. ... —Et il n'y aurait pas un moyen quelconque, s'écria l’un des convi- ves, de forcer la consigne de ce châtalain peu hospitalier ? Le savant avait tiré son porte- feuille et, très affairé, y cherchait uu papier : —Mon diplôme de membre cor- respondant de l’Académie de Ber- geansac. Ce sera, je suppose, aux yeux du châtelain, un titre sufi- sant... —J'ai le regret de détromper Monsieur, dit l’aubergiste d’un air contrit. Deux autres messieurs, l'autre jou:, firent passer de ces sortes de papiers à M. Rémandier. L'un était de l’Académie de Bar- bazan, l’autre, si je me souviers bien, de l'Institut de Jaunac-les- Pêches... Et ce M. Rémandier, inter- rouipit l’érudit avec indignation, ce M. Rémandier refusa ?.... —-Il dit, répogdit le bonnomme, | que s’il ouvrait les portes de son château à tous les académiciens de province, il ne serait bientôt plus maître chez lui. —Maître chez lui ! répéta une voix de femme avec un accent sin- noire, -Mais ma femme vous expli- . davs le pays. seul avec idée fixe, gulier,..,Maître chez iui ! Boño, se mieux vaut se taire, ... C'était la plantureuse matrone, qui était entrée dans la salle pen- dant Ja conversation de son mari avec les touristes, et qui exprimait par ce dernier membre de phrase sa forte démangeaison de parler. On l’interrogea, et l'hôtelier, s’effaçant devant elle, quitta discrè- {tement la salle. Quand il revint, quelques instants après, apportant le café, celle qu’il s’honoraîit si fort d’appeler ‘‘sa da me’’, déjà lancée dans une démons- tration dont le banquier faisait les frais, s'écriait : —A la piace de ce châtelain, je ne dormirais pas tranquille, moi, au-dessus du caveau de ‘‘l’Aïeule murée’’ ! Sur les instances faciles à prévoir de ses hôtes, la patronne du ‘‘Merle Bleu'’ raconta la légende, sauf quel- ques développements un peu plus prolixes, à peu près dans les mêmes termes que Maguette l’autre soir À Alice. Seulement, pour un motif facile à comprendre, la vieille gardienne du château n'avait pas dit à la jeu- fille la fin de l’histoire, très authen- tique, cependant, £t connue de tous Voici cette fin dé- pouiliée des amplifications de l’hô- tesse : Alors que les hordes révolution- uaires se rueaient sur le château, cherchant le mystérieux coffret a- fin de s’en {partager les richesses, et le cadavre d’aristocrate pour le jeter à la voirie, lorsque les murail- les à demi-écroulées étaient déjà léchées par l'incendie, un homme, que son énergie personnelle et son influence dans les clubs rendaient redoutable, eut assez de pouvoir pour arrêter l'oeuvre de dévasta- tion. Il acheta comme bien national le | château renversé et ses dépendan- ces, et il s'installa dans les ruires. Une fois la tourmente passée, le marquis ne revenant toujours pas, l’homme, sans contestantion, resta maître de ji'habitation et vécut seul dans l’une des ailes, où deux ou trois chainbres aux murs crevés, au ‘plancher branlant, lui servaient de ‘retraite. Il passa toute sa vie à chercher le fameux trésor, sondant les murailles, soulevant à grand Li : , ‘effort les vieilles pierres, fouillant obstinément le sol autour du châ- teau... Mais les ruines gardèrent ‘eur secret, et la chambre funérai- re de la Dame d’Ailbères demeura inviolée. Cet homme, toujours était devenu presque fou dars les derniers temps de sa vie, mais il continuait à cher. cher... Un jour, il disparut, et nul ne sur de quelle manière ii avait fini, car son corps ne fut jamais retrouvé. Les bonnes gens virent dans cet- te disparitiom mystérieuse un châ timent de Dieu et une malédiction de la marquise morte ; mais les es- prits forts expliquèrent la chose d’une manière plus naturelle en di- sant que le fou s'était sans doute jeté à la rivière. Et ils partirent de là pour traiter de conte bleu tou- te l’histoire de l’aieule murée, niant l'existence et de cache fuuèbre et de ce trésor gardé par une morte, : que ni les bandes révolutionnaires ni l'acheteur de bien uationai n'a- vaient réussi à trouver. —Mais l’histoire est très vraie, Messieurs, ajoutait la maîtresse de l’aberge, que la conviction grave de sou accent élevait à ce moment au-dessus de sa vulgarité naturelle; et tous les gens du pays vous le di- ront comme moi. Endormie de son dernier som- meil dans sa chambre secrete, à cô- té du coffret renfermant l'héritage ije vous assure, de ses descendants, la Dame d'Al- bères attend. —Que peut-elle attendre? dit l’un des touristes, un peu sceptique. Mais l’hôtelière ne prit pas gar- de à sa question. Ayant jeté les yeux par hasard sur le jeune voya- geur arrivé le jour même, elle s'é- cria : —-Mon Dieu, Monsieur, vous ê- tes souffrant ? Comme vous voilà pâle ! —Ce n’est rien, ma bonne dame, répondit l'étranger d’une voix alté- rée:qu’il cherchait à raffermir. Je suis sujet à ces malaises. Donnez moi, je vous prie, un cordial quel- conque et il n'y paraîtra plus. La patronne du ‘‘Merle Bleu’, si elle avait les défauts de son em- ploi, en possédait aussi les qualités. Bavarde et intéressée, elle était é- galement à l'occasion bonne et ser- viable- et elle s’empressa autour du jeune homme, qui, après avoir bu la liqueur qu’elle lui présentait, se déclara entièrement remis. Le commis voyageur, qui visait à l'esprit, risqua : C'est peut-être l’histoire du ‘Mystère d’outre-tombe'” qui a im- pressionné Monsieur ? Le jeune homme eut un geste un veu hautain, et, affectant de ne pas répondre au voyageur indiscret, s’adressa à l'hôtelière : — Votre histoire est fort intéres- sante, si vous dites que les gens du pays la tiennent pour vraie ? —Coinment la nieraient-ils ? Un de ceux qui a aidé à descendre le coffre et le corps de la marquise vit encore. , L'étranger eut un soubresant d'é- motion. —Cet homme vit, dites-vous ! et il habite aux environs peut-être ?... Il y avait quelque chose de si singulier dans son attitude et tant de véhémence dans son accent, que tous ceux qui étaient présent le re- ga:dèrent avec surprise. IL sextit la nécessité de se contenir, parvint à mettre un masque d’impassibilité sur sou visage, et, d'une voix qui maintenant ne vibrait plus, il ajouta —-Ces circonstances sont très é- tranges, et je suis très curieux de ces sortes de récits. Mais puisque cet homme était sur les lieux mê- mes, comment les chercheurs de trésor ne se sont-ils pas adressés à lui, pour trouver le Échemin de la cachette ? — Ah ! Monsieur, ‘‘tourné et retourné’’ daus le temps, d'autant mieux, qu'il s'était mis du côté des Rou- ges, et ceux ci pensaient qu’il vou- draïit les servir.... Et plus tard, le vieux père Rémandier, quand il commençait à perdre la tête.... —Rémandier avez vous dit ? —Et oui, celui qui demeura maî- tre du parc et du château, l’ache- teur du bien national. —Le propriétaire actuel porte bien le mêm: nom, sans doute Monsieur Gracchus Rémandier, le jacobin, était son propre grand-pè- re. — Et vous dites que ce Réman- dier ? ….: —À chaque instant, il allait trou- ver Brutus Bouin.—C'est le nom de celui qui avait aidé à descendre la morte et le coffret-—Tantôt il lui offrait de partager avec lui le trésor, s’il voulait le guider dans ses re. cherches, tantôt il le menaçait de le tuer, s’il ne lui indiquait pas tout d2 suite la cachette... —Et le bonhomme refusait ? dit irouniquement l’un des touristes. À moins qu’il ne voulû garder l’au- baine pour 1ni seul, ce qui semblait d'ailleurs assez naturel, je me vois pas trop pour quel motif.. —Troi, motifs, Monsieur, et tous si puissants que jamais le bonñnom- me, comme vous dites, n’a passé outre ; D'abord, il avait été con- duit, les yeux bandés, jusqu’au seuil de la chambre funéraire, et il eût été bien en peine d'en retrou- ver le chemin. —Ceci, par exemple, est une on l'a bien) bonne raison, remarqua le commis- voyageur. . — Puis, reprit la femme, pour ce qu'il avait vu, il avait juré le secret par un serment terrible. —Et vons pensez, objecta à son tour le ieune étranger, que ce ser- meut pouvait peser beaucoup aux yeux de cet homme, qui s’associait aux crimes des révolutionnaires ? — C'est que c’est une chose gra- ve qu’un serment, dit la matrone, On peut être par ailleurs un ivau- vais àomme de garder ‘encore la crainte de Dieu. Et puis. Brutus Bonin avait une autre crainte enco- re.. —Ah ! oui, fit le commis-voya- geur, le troisième motif ! —-Il réloutait la vengeance de la morte., La Dame 1’ Albères a- vait prédit que tout profane, c’est- à dire tout autre homme que son petit-fils, qui pénetrerait dans sa retraite funèbre, y trouverait son châtiment. Brutus Bonin, qui avait connu la marquise d'Albères, n’eût pas osé braver sa malédictio® ! 00 000 0... Quelques heures après les touris- tes dormaient dans leur chambres respectives, rêvant sans doute de macabres légendes, et le jeune voya- geur, en dépit de ses vingt-et-un ans et des fatigues de sa longue route, se retournait, fiévreux, sur sa cou- chette, ne pouvant trouver le som- meil ! IV LE PORTRAIT DU MARQUIS ROBERT Alice se promène toute seule dans la parc où le ‘feuillage, largement éclairci, prend d’admirables teintes d'or, de pourpre et de bronze... Est-ce la mélancolie très douce des derniers jours d'octobre qui pénè- tre jusqu’à l’âme de la jeune fille et met cette ombre de tristesse sur son fioit ? La sérénité du ciel ressem- ble pourtant à un sourire et le so- leil descend plus librement dans les allées par les clairières ouvertes dans l'épaisseur des branches. Mais ce parc, où nul ne marche à côté d’elle, lui semble bien vaste et bien vide, et jamais ce château ne lui a paru d'une majesté aussi écra- sante pour sa petitesse. C'est qu'- Alice se trouve seule ; la tante qui s'était an 1ioncée, empêchée par un contre temps, n’est pas arrivée en- core, €t le banquier, sur une lettre reçue la veille au soir, est parti pour Paris dans la nuit même, —Je regrette dette laisser ainsi, a-t-il dit à sa fille ; mais les affaires qui absorbent mon père et le ren- dent pour moi presque indifférent ! Et Alice pense encore à cette pa- rente inconnue, dont l’arrivée lui causait, deux jours auparavant, quelque appréhension et qu'elle ! voudrait aujourd'hui avoir près d’elle....Car la jeune fille ne sa- vait “pas que la solitude püût peser ainsi. Elle qui a la prétention de ne jamais s’ennuyer, grâce à la cou- tume, gardée du couvent, d'occu- per toutes ses heures, elle éprouve une étrange larngueur. lle vou- draït voir un visage ami, converser avec quelqu'un....Elle se dirige vers le petit pavillon habité par Ma- guette, lorsque la sounette de la grille, qui tinte, attire son atten- tion. Dans l’état d'esprit où se trouve la jeune fille, la moindre di- version doit être la bienvenue. El- le revient sur ses pas et se rappro- che de n.anière à pouvoir entendre et voir sans être elle même aperçue. C'est un jeune hcmmeîde tournu- re clégante et d'allure distinguée qui parlemente avec le domestique, insistant pour qu’il lui soit permis de visiter le château. Le valet ob- jecte l'absence du maître etla con- signe de ne laisser pénétrer aucun étranger. Mais le jeune hoame insiste, alléguant qu'il est artiste et taire était là, il se rendrait sans dou- te à ses raisons. .., Un combat se livre dans l'âme d'Alice. Elle a souvent pensé que son père était bien sévère de refu- ser l’entrée de cette vaste demeure à la curiosité bien innocente et bien légitime des touristes. La mesure, d’ailleurs, n'est pas absolue ét souf- fre des exceptions. Elle. a vu M. Rémandier introduire parfois, sur leur bonne mine. ou leurs bonnes références, des artistes ou des sa- vants qui s’adressaient directement à lui. D'ailleurs, il ne lui a laissé, à elle, personnellement, aucune re- commaadation à ce sujet, et, en l'absence du banquier, n'est-ce pas elle, sa fille, qui est maîtresse ? Pourquoi ne pas user de cette auto- rité passagère pour être agréable à quelqu'un ? Alice a déjà fait un mouvement pour se montrer et la timidité l'a retenu....L'étranger persiste ; le valet vat-ilse laisser fléch'r > Non, il affirme au con- traire son refus, et sur un ton qui n’a plus rien de commun avec la politesse, La jeune fille, en l’entendant, ou- blie sa sauvagerie ou sa réserve. Elle s'avance vivement vers la gril- le et apparait tout a coup, sourian- te et rougissante, au visiteur et au valet, stupéfaits. — Veuillez excuser cet homme, Monsieur dit-elle à l'étranger. Il se permet d’agir et de parler ainsi par une exagération de zêle pour sa consigne, Mais je crois que mon père, s’il était présent, se mon- trerait moins rigide. —Mademoiselle Rémandier ? ar- ticula le jeune hotame, saluant res- pectueusement, mais avec une cer- taine raideur. —Oni, Monsieur et, en l’absen- ce de mon père, je crois pouvoir vous permettre cette visite, à la- quelle vous paraissez tenir beau- coup. —Mais, Mademoiseile, voulut dire le domestique, je serai répri- mandé par mon maître à son retour, —Du tout, Julien, ceci me regar- de ; retournez à votre travail. C'est moi-même qui vais montrer le châ- teau à Monsieur.... — Robert Villiers, acheva le jeu ne homme, s’inclinant de nouveau, et je vous suis bien profondément reconnaissant, Mademoiselle. . .…. —Oh ! c'est fort peu de chose... Il regardait cette jeune fille, fem- me par la beauté, par la raison pré- teau d’Albères, que si le proprié-; PHYSICIAN TELLS HOW HE TREATS. 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Ce- pendant, Alice se tourna vers lui a- vec la même grâce souriante et lui dit : —Je ferais toute seule assez mauvais cicéronne, (Cette demeu- reest si vasteet si étrangement compliquée que je me perds encore à travers les enfilades de salles et grands yeux limpides reflétaient, | | admiration mêlée de respect et de | | | une allée latérale et Robert la sui- | vait, sans prendre garde que cette les détours des corridors, qui se. croisent comme en unXlabyrinthe.. ! Il ést vrai que j'habite ici depuis trois mois à peine... | J'étais encore au couvent, expli- qua-t-elle, répondant à l'interroga- tion muette du jeune homme : et Comme, eu ce‘ moment, elle tegar- dait avec plus d'attention le visage de l'étranger, placé en pleine lumi- ère, elle eut l'impréssion étrange | | d’avoir vu quelque part, elle ne sa- vait où, uue physionomie resseni- qu'il vient de très lojn dans le but |blant à la sienne. d'examiner les sculptures du : chà- RE LE | dns SES PEU suite à la 4ème page Croissance assurée des cheveux BEARINE P rée avec dela Pipes dg l'Ours du LP 4 Délicatement parfumée. La Pommade modéle | durant 40 ans. En Vente chez tous les marchands de produits de toilette 50 sous lepot. | DAVIS & LAWRENCE CO., Montreal, New Mill I beg to announce to the Public that I have completed my Steam Mills and am now ready to Saw Boar is, Shingiles, Laths, etc. Lumber always on hand. Patronage respectfuliy solicite d P. M. ARSENAULT. St. Chrysotome, P. E. I. 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