LS Ep PNR Le Chapelet Dans une humble chaurmière, a- dossée au flanc de la montsgne, ha- bitaient une pauvre veuve et son fils. Soixante-dix hivers avaient blanchi les cheveux et courbé la taille de la mère. La joie et la paix avaient fait autrefois le bon- heur des habitants du chalet ; mais, hélas ! le souci, souci terrible, douloureux, avait pris place au pauvre foyer et en reudait la soli- tude plus profonde. Depuis des années déjà, l'unique soutien de la veuve ne faisait plus que de rares et courtes apparitious sous le toit «e chaume, témoin de tant de vraie joie autrefois, quand Gal, c'était le nom dufils, soignait la vache et les trois chèvres qui faisaient la fortune du ménage. La vie libre, vagaboncde, avait remplacé l'amour filial et le bon- heur tranquille ; le braconnage sans trêve au repos remplissait tous les instants de son existence. Sous es feux du soleil comme à l'ombre des nuits, en dépit des lois divines et humaines, Gal rôdait de roche en roche, d’un sommet à l’autre, du fond du précipice aux cîmes les pius élevées ; en un mot, il ne vi- vait que pour sa passion. Les prières, les supplications, les larmes de sa mère restèrent sans succès. Depuis longtemps déjà, le braconnier ne priait plus ; il pas- sait comme en fuyant devant la modeste chapelle du village, sans se signer, comme autrefois par res- pect pour la demeure di Seigneur. On ne s'’étonnera pas, si le cha- pelet ne quittait plus les mains dé- charnées de la pauvre veuve, et si les cordons quien retenaient les grains ne séchaient plus. Le cœur maternel criait sans cesse miséri- corde pour le fils. Un jour, jour terrible, arriva uu chasseur à la figure sinistre, aux allures brutales, qui dit à la mal- heureuse femme que son fils, son Gal tant pleuré, était couché là- haut, bien haut, à la cîme des monts, au-dessus d’un horrible précipice, la poitrine percée par une balle et les pieds brisés !.... “Celui là ne redescendra plus,’ dit-ilen s'en allant. La pauvre mère le supplia de ne pas s’en re- tourner sans lui aider à appeler du secours au village ; surtout insis- ta-t-elle, prévenez M. le curé. ‘‘Le prêtre....à quoi bon ! il ne vent pas entendre parler de con- fession, dit le chasseur-—‘‘Ne laisse pas approcher le prêtre !’? m'a-t- il dit en éclatant en abominables blas >hèmes. C'en était trop....la malheu- reuse veuve s’affaissa..’’ tout en insistant de nouveau pour qu’on allat prévenir le ministre de Dieu. Après le départ du messager de tialheur, la veuve réfléchit et se dit en elle-même : ‘‘Que faire ?”’ Soudain, elle se lève, sa foi l’em- porte sur sa douleur, elle s’écrie : ‘‘Pénitence....ie ferai pénitence autant et tant qu’il me sera possible à ce moment terrible de sa mort. Bien que les chemin: soient bien longs pour mes pauvres vieilles jambes, j'irai à lui: oui, j’irai.”’ Elle partit, montant toujours, d’a- bord les pâturages, puis les forets, puis les rochers et les brouissailles. Bientôt le cœur maternel ne saigne plus seul, ses pieds sont déchirés par les pierres du chemin et leS mains sont ensanglantées par les morsures des épines ; elle montait toujours meurtriers elle essuyait la sueur qui ruisselait sur son front. ense mêlant à ses larmes. Une demi-heure de marche lui reste à faire, mais elle n’en peut plus... et son fils est près de là...... il est perdu......il....se meurt !...... L'amour maternel est plus fort que la mort. Elle se redresse, em- brasse son chapelet, sans trop s’a- percevoir qu'il était rougi de son sang : ‘‘Touten expiation pour lui! Ah! mère du ciel, priez, obtenez grâce. Quand il verra mon chapelet consacré par le sang d'une mère, il m'’écoutera.’’ T'elles étaient ses pensées, tel était son espoir. A cet instant même elle vit le! L'IMPARTIAL, Ensanglante Xe non plus n’était pas jeune, il avait vu naitre et avait baptisé Gal, c'é- tait son fils spirituel. Il grimpe à travers les rochers, s'aidant des é- pines pour se soutenir au-dessus de l'abime . Ily a une âme à sauver : que lui importe le reste. À cette vue, elle réunit ses forces ; s’aidant des mains et des genoux, elle monte, sans égard pour ses cui- santes douleurs, mais malgré des efforts surhumains elle n’avançait que lentement.. Rien n'y fait, chaque pas la rapprochant de son fils mourant. Gal est couché là-haut il endure d’atroces souffrances, il vomit les plus épouvantables blasphèmes con- tre le ciel et contre le prêtre, venu près de sa couche funèbre, pour lui parler de Dieu, de son enfance de sa dernière heure. Triste et dé- solé, le ministre du Seigneur est as- sis à l'écart, sur une saillie du roc priant pour le moribond sans le quitter des yeux. Tout à coup, le braconnier se soulève, il dirige son regard vers le chemin de l’abîme... Dieu! ... que vois-je ? Une créature humaine ce trainait miséiablement sur la pente de la montagne. Ah! mais qu'est-ce? Le fils avait un pressentiment. Maintenant, il entendait appeler, il distinguait parfaitement la voix qui disait : ‘‘O mon Dieu! tout pour mon Gal! Chaque goutte de mon sang ! Chaque goutte de sueur ! JEUDI, fut fortifié par la réception fervente du saint Viatique, pour le terrible et dernier voyage. Perdant que le prêtre lui donnait une dernière ab- solution générale, la mère, toute baignée de ses larmes, offrait à Dieu pour son fils, les cuisantes douleurs de ses pieds et de ses mains. En ce moment arrivaient les hommes et les jeunes gens du vil- lage ; ils étaient porteurs de denx lbrancards faits de branches et re- couvert de feuillage. Gal se tournant de leur côté, dit : ‘‘Te rem ercie Dieu pour cette mort. e.le est plus douce que la vie sans Dieu’’ Il serra une dernière fois la main de sa mère bien-aimée et lui dit : ‘‘Mère ton chapelet est mon bonheur :ta pénitence est mon salut ! Que Dieu te le rende !”? Le râle de la mort survint après ces quelques mots une écume san- glante sortit de sa bouche, il se laissa aller en arrière ; son dernier souffle était accompagné du doux nom de ‘‘Mère’’ La veuve versa encote des larmes, moins amères, il est vrai ; Gal avait fait une bonne mort. Le corps rigide de Gal fut placé snr le premier brancard. On plaça la bonnevieille inère sur l’autre, et le cortége furèbre reprit le che- min du hameau précédé par le prê- tre récitant les prières des trépas- sés. A l'ombre de la petite église, re- posent les restes mortels de la mère et du fils, une seule pierre les recou vre. Ony a gravé leurs noms, entourés d’un rosaire. A. L. chaque douleur ! par pénitence pour lui ! O mon Dieu, pitié pour lui! Reine du très saint Rosaire, priez pour lui !”? Pendant que la pauvre mère se son sang sur les pierres et sur la cussière du chemin, il senblait au fils que la terre sur laquelle il était couché était brûlante et que cette chaleur pénétrait son cœur. Il lui paraissait que les gémissements ma- ternels montaient au ciel et en re- roche pour briser tout son être. La mère est tout près de Ini, elle et de douleur, tout en approchant de ses lêvres desséchées un peu d’eau fraiche. 7’’O mon Gal ! mon fils !””. La glace était rompue : un sou- pir sortit du fond de cette poitrine déchirée, des larmes jaillirent de ses yeux..‘‘O ma mère !’’ s’é- cria-t-il. Il laissa tomber sa tête veuve et pleura amérement. La mère priait toujours, disant sans cause : ‘‘Mon Dieu, grâce pour Gal ! ” Lorsqu'il fut un peu remis, sa ruère lui demanda où il souffrait et gémit sur son malheur. Puis deu- cement, elle lui parla des larmes qu'elle verserait sur sa tombe; mais ajouta-t-elle, résol:1ment : ‘Tout ce que Dieu veut, pourvu que tu puisse mourir en sa sainte grâce.’ Elle attire sa pauvre tête sur son cœur, lui parla de sou bap- tême, de sa première communion, des jours, déjà loin, où ils réci- taient ensemble le rosaire, Puis, continuant, elle lui rappela qu’il fut un temps où son Gal ne priait plus. Ce temps est fini... Dieu l'a abrégé. Maintenant, Gal prie de nouveau avec sa vieille mère, et demande pardon au père céleste’? Pendant que la malheureuse par- lait ainsi le moribond avait joint les mains, sa mère lui donna son chapelet teint de sang. ‘‘Le bon Dieu, dit i’héroique chrétienne, en approchant des lèvres du mourant sa petite croix de mon enfant, puis- que 1:s souffrances de sa mère l’ac- compagnent, et que mon Gal offre la mort pour l’expiation de ses fau- tes : il mérite ainsi le ciel, où sa vieille mère ira bientôt le rejoindre pour l’heureuse éternité.’”’ Un sourire angélique errait sur les lè- vres maternelles..le fils lui aussi, souriait ; il se sentait rassuré, il se sentait du baume sur le cœur. Le vieux pasteur s’approcha à son tour ; Gal se confessa avec une grande contrition et un vif repentir. prêtre s'avançant péniblement : lui |I1 reçut l’onction des mourants et trainait ainsi, laissant des traces de! tombaient, comme des quartiers de lui jette des regards pleins d'amour endolorie sur les genoux de la ? | STRONG AND VIGOROUS. | Every Organ of the Body Toned up and invigorated by ! | ! { | | { } | | Mr. F. W. Meyers, King St. E., Berlin, Ont., says: “I suffered for five years with palpitation, shortness of breath, sleeplessness and pain in the heart, but one box of Milburn's Heart and Nerve Pills completely removed all these dis- tressing symptoms. 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