ñ 11 his nt til ns à fl 1 PE Evangeline. PREMIERE PARTIE II (Suite) Mais, dans la suite des temps les lois du pays se corrompirent, la force prit la place du droit, les fai- bles furent opprimés, et les puis- sants gouvernèrent avec une verge defer. Or, il arriva, par hasard, que dans le palais d'un grand sei- guneur, un collier de perles fut éga- ré, et bientôt les soupçons tombè- rent sur une orpheline qui vivait comme servante dans la maison. Condamnée à mourir sur l’écha- faud après une forme quelconque de jugement, elle subit avec rési- gnation sa sentence au pied de la statue dela Justice. Et comme son âme innocente remontait vers le Père quiest aux Cieux, voilà qu'une tempête éclata sur la cité, les traits dela foudre courroucée frappèrent la statue de bronze, et lancèrent avec fracas sur le pavé les plateaux de la balance qu’elle tenait dans sa main gauche. Dans le creux de l’un d'eux, l’on trouva un nid de pie, et dans les parois d'argile de ce nid, le collier de per- les était entrelacé.”’ Lorsque le conte fut fini, silencieux, mais non convaincu, le forgeron resta là planté, comme un homme qui vou- drait bien parler, mais qui ne trouva pas de mots. Toutes ses pensées semblaient figées en lignes sur son visage, comme on voit en hiver les vapeurs se congeler en figures fantastiques sur les car- reaux des fenêtres. Alors Evangéline alluma lampe de bronze et la plaça sur la table ; puis elle remplit la cruche d'étain, jusqu’à la faire déborder, avec de l’ale brune, la maison, et qui ja brassée à était renommée pour sa force dans tout le village | de Grand Pré. ce temps le notaire avait tiré de sa poche ses papiers et son écritoire ; il ins- crivait d'une main ferme Îa date, Pendant l'âge des constractants, et spéci-| 1 fiait la dot de la fiancée, qui con- de moutons et sistait en troupeaux autres têtes de bétail. On procéda | avec ordre en toutes choses, et tout fut bien et dûment réglé ; et sur la marge du contract, le grand | sceau de la loi fut placé comme un soleil. A'ors le fermier tira sa bourse de cuir, et jeta sur la table trois fois les honoraires du vieillard en solides pièces d'argent. Le no- taire se leva et hénit les fiancés, et, tenant en l’air la eruche d’ale, but à leur prospérité. Puis, essuyant la mousse de ses lèvres, il salua s0- lennellement et partit, pendant que les hôtes restaient assis en silence et rêvaient au coin du feu. Enfin, Evangéline apporta le damier qui était dans l’encoignure, et aussitôt le jeu commença. Les viellards riaient en se chamaillant amioale- ment à chaque heureuse chance ou à chaque manœuvre non réussie, ou bieu lorsqu'un pion allait à da- me, ou lorsqu'une brêche était fai- te dans le rang royale. Pendant ce temps. dans la pénombre d’une em- brasure de fenêtre, les amoureux étaient assis et chuchotaient en- semble, tout en regardant la lune se lever sur la pâle mer et sur Île brouillard argenté des prairies. Et silencieuses, une à une, dans les champs infinies du ciel, fleuris- saient les aimables étoiles, les myo- sotis des anges. Ainsi la soirée se Mais la cloche du befiroi c'était le cou- Aussitôt les passa. sonna neuf heures : vre feu du village. hôtes se levèrent et partirent, et le silence régna dans la maisou. Plus d’une parole d’adieuet plus d'un doux bonsoir échangé sur le seuil longuement dans et le rempli- retentirent cœur d’Evangéline, rent de joie. Ensuite on couvrit soigneusement les braises qui Dbrü- laient encore sur puis, sur les escaliers de chêne, résonnèrent les pas du fermier, que ‘ Sun à 1 4 suivait de p1 près le pas léger d’Evan- géline, Sur les marches de l’esca- lier se mouvai rec eux, au mil'eu 1 nbhentiest Z 4 de l’obsourité. u: espace lumineux éclairé moins par la lumière dela lampe que par la face ravonnante de le | | ja pierre du foyer ; | L'IMPARTIAL JEUDI LE 10 OCT, 1901 la jeune fille- géline traversa le vestibule et entra dans sa chambre. Elle était bien simple, eette chambre, avec ses ri- deaux blancs, et sa garde-robe am- ple et élevée où étaient rangées avec soin, sur de vastes planches, les étoffes de lin et de laine filées par les mains de la jeune fille. C'était là la dot précieuse qu'elle devait apporter en mariage à son époux, dot meilleure que des trou- peaux de bétail, puisque c'était la preuve de ses talents de ménagère. Bientôt elle éteignit sa lampe, car la molle et radieuse lumière de la lune ruisselait à travers les fenêtres et éclairait la chambre. Le cœur de la jeune fille se gofla et obéit à son pouvoir, comme la houleuse marée de l'Océan. Ah! elle était belle, bien belle à voir, debout avec ses pieds nus et blancs comme la neige, sur le plancher brillant ! Elle se doutait peu qu’en bas, parmi les arbres du verger, son fiancé attendait, guettant son om- bre ou le rayon de sa lampe. Ce- pendant, ses pensées allaient à lui, et, par momerts, un sentiment de tristesse passait sur_ son âme, comme l’ombre errante des nuages qui, au clair de la lune, courait sur le parquet et obscurcissait un ins- tant la chambre. Et tandis qu’elle regardait en rêvant par la fenêtre, elle vit la lune sortir sereine des plis d'un nuage et une étoile suivre ses pas, comme jadis, de la tente d'Abraham, le jeune Ismaël s’en allait avec Agar. IV Le lendemain, le soleil se levait radieux sur le village de Grand- Pré. Radieux aussi, dans l’air doux et calme, resplendissait le bassin de Minas, où les vaisseaux avec leurs ombres mouvantes se balançaient à l'ancre. Depuis longtemos déjà, la vie était réveil- lée dans le village et le bruyant travail frappait avec ses mains in- aux portes d'or du | matin. Bientôt, de tous les villa- | ges des environs, des fermes et des hameaux voisins, arrivèrent dans leurs habits de dimanche les gais Maints joyeux | bonjours et. maints frais éclats de |rire, poussés par les jeunes gens, !nombrables paysans acadiens. jaugmentaient le charre de la ma- |Itinée. Sur les vastes prairies, où | l'on ne voyait d'autre sentier que le | sillon des roues dans le gazon, les igroupes apparaissaient l’un après |l'’autre, et se rejoignaient ou con- |tinuaient leur chemin sur la grand’ route. Il était loin d’être midi, et cependant tous les bruits du travail avaient cessé dans le village. Les rues étaient encombré de monde, et des growpes bruyants étaient assis devant leurs seuils sous un soleil joyeux, et bavardaïent et riaient ensemble. Chaque demeure était une Auberge, où tous étaient fêtés et bien accueillis, car parmi ces gens simples, qui vivaient en- semble comme des frères, toutes choses étaient en commun, et ce qui appartenait à l'un était aussi à l’autre. Mais sousle toit de Bénédict l'hospitalité semblait plus abon- dante, car Evangéline était au mi- lieu des hôtes de son père. Le sou- rire brillait sur son visage, et des paroles de joie et de bienvenue s’é- chappaient de ses belles lèvres et semblaient bénir la coupe qu'elle offrait, Ce fut sous la voñte du ciel, au milieu de l'air embaumé du verger qui ployait sous ses fruits dorés, que s'étala la fête des fiançailles. Là, à l'ombre du porche, étaient assis le prêtre et le notaire, ainsi que le bon Bénédict et le robuste Basile le forgeron. Non loin d’eux, à côté du pressoir à cidre et des ru- iches d’abeilles, était placé Michel, |le joueur de violon, le plus gai des cœurs, le plus pimpant des gilets. L'ombre et la lumière se jouaient ue alternativement à travers le feuil- lage sur ses cheveux blancs comme la neige qui flottaient au vent ; sa figure joviale brillait comme un charbon ardent, quand on écarte du souffle les cendres du brasier. (aiment le chantait, au son vibrant de son violon : ‘’Tous les bourgeois de Chartres’’, et ‘‘le Garillon de Dunkerque”, et, en | même emps, il battait la mesure avec des sabots de bois. vielilard à continter) Sans bruit, Evan-{ _.. .— S0-CALLED STRAWBERRY COMPOUNDS ARE NOTHING ; MORE OR LESS THAN RANK IMITATIONS. THE GERUINE IS (Put up in yellow wrapper.) CURES Diarrhœa, Dysentery, Colic, Cramps, Pains in the Stomach, Infantum and all Summer Com- plaints. Safe, Reliable, Harm- less, Effectual. 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Dimanche matin, vers les 10. 30 heures, les deux jeunes gens et passèrent à travers le bois pour parvenir à la maison de T'treault, qui se ltrouve à uu ile du village, 1ls entrèrent précipitamment et Itronvèreut Tétreault assis près Ida prête, famant sa pipe. On 1 i CG mauda la bourse ou la vie Sar le refus de Tetreault de don se Mmasquèrint ner son argent lun des derx voleurs iui asséna von violent | | | ‘conp de bâton sur la tête, et Té- itreauit tomba sans conpalisance. L'un des volenrs redoubla les coups pendant que l'autre en- trait dans la chambre à coucher ‘ets'emyarait d'une somme de $350 qu'il trouvait dans unutiroir de commode. | Où Jlaisso Tétreauit du par terr». | Ce n'est qu'après la messe, | | éten- (quaud la famille de Tétreault qu'elle tronva la time dans cet état. Aussitôt on | prévint les voisins qui allèrent l'huissier du vliage. ‘revint, via avertir | Ce:ui-ci télégraphia au grand |connttable H. Marchessault, de la cité de Si-Hyaciuth:, qui, ac |compagné de deux autres per- |sonnuer, se rendit sur ies lieux ‘hiersoir et 8e mit à faire les re- { che sches voviucs. | piauent sur deux j'umesgens qui auraient leu connaissince de Ïla transac- | tion de M. Tétreault eemedi ct | . . auraient formé le projet d’an Les sou}(oLs |vol. Ou s'attend à uue arresta- (tion aujourd hui par le grand {connétuble Marcheseauit. | Les blessures recues par Té- Itreault sont très graves et inspi | | ‘rent des craintes pour sa vie. RE PTE La pluie et 12 gueur n'ont aucun effet sur le harnais traité à l'Huile Eu- reka pour Harnais. Elle résiste à l'humi- dité, conserve le cuir doux et flexible. Les coutures ne se rom- pas pes Aucune "A surface grossière \ f pour échauffer et cou- H G S F er. Non À \ arf ai " e harnais con-, Pa ence neuve, mais sa durée est pro- * longée double- à ment par l'usage de l'Huile Eureka pour Harnais. #4 À vendre partout en boites de toutes grandeurs. 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