AE TER Pt end Hipapee-cE recent © | +? inst dninsent ts L'IMPARTIAL, TIGNISH I. P. E., MARDI 9 MARS 1909 NOUVELLE SERIE 16 ANNÉE , UN JOURNAL CATHOLIQUE DANS UNE PAROISSE C’EST UNE MIS- SION PERPETUELLE. LÉON XIIT FONDÉ EN 1893 PUBLIÉ LE MARDI DE CHAQUE SEMAINE ABONNEMENT Pour LE CANADA Uu Miossec HER Ris cie cos ctéte. Pour LES ErATs-UNIS Un an... ssééeccvont e de i9t. 9 Sin MS... srcvroscotes 578 Pour L'EUROPE Un Misc sms ES Six mois.... — eee 1.00 Les abonnemeuts sont payable d'avance. Pour cesser de recevoir le jour- na!, il faut donner avis au moins un mois avant l'expiration de san a- bonnement et payer tous les arré- rages. Ceux qui caaugent d’adresse devront nous donner l'ancienne aus- si bien que la nouvelle. Adressez toutes lettres, corres- pondances, etc., à L'IMPARTIAL Tiguish, Ile du Prince Edouard L'IMPFARTTIAIT, in =—— Tignish, Mardi, o Mars. 1909 L'Alcoo!l et le Froid De tous les préjugés les plus er- ronés parmi nous, nous n’en cou- naissons guère de plus funeste que celui de croire que l’alcool a quel- que vertu pour garantir des impres- sions du froid. Ah ! que de Cana- diens périssent tous les hivers, tris- tes victimes de ce préjugé ! L’al- cool n’est pas plus capable de nous réchauffer en hiver que de nous ra- fraichir en été. Il n’y a pas de temps dans l’année où l’alcoo!l soit plus dommageable que pendant l'hiver, et il n’y a pas de saison, par couséquent, où vous devriez ê- tre plus strict à n’en pas prendre. L'alcool pour vous garantir du froid ! Est-ce que vous ne savez donc pas que ce sont là deux de vos pus grands ennemis, et que lors- qu’ils peuvent se rencontrer chez vous, ils se donnent toujours la main pour vous ôter la vie. Le froid me peut presque rien contre l’homme qui ne boit que de l’eau. Car s'il veut attaquer un de ses membres, il est aussitôt combattu et bientôt repoussé. L'homme qui ne boit que de l'eau a le tact fin et délicat, sa raison est toujous saine et juste, sa volonté puissante, sa vie lui est chère, il en connaît la valeur, et il la défend jusqu’à la dernière extrémité. On ne voit ja- mais, ou bien rarement, des hom- mes tempérants se laisser geler les doigts, les pieds et le visage. Ils se débattent, Ils se défendent avec courage e: constance contre leur terrible ennemi. Ils le frappent à grands coups, jusqu’à ce qu’il ait lâché prise ; ils marchent à pas re doublés, fils courent même pour mieux échapper à ses atteintes. Il en arrive tout le contraire avec l'homme qui prend même modéré- meut de l'alcool avant d'aller au froid ! Pour garantir du froid, il faut de l’énergie, de la volonté, des iurces et de l'attention. Ce sont là les armes indispensables pour lui résister. Or, l'alcool détruit tou- tes ces armes si nécessaires : car il diminue considérablement, s’il n’0- te pas tout à fait l'énergie, la vo- lonté et les forces de l’homme, sui- vant la quantité plus ou moins grande qu’il en a pais. —Exch. SI VOUS AIMEZ la bonne lecture intéressante et a- musante envoyez-nous douze cents et vous recevrez 55 Belles Longues Histoires en français par le retour du courrier, Adressez : LE JARDIN LiTTERAIRE, P. ©. Box 464 Dépt 143, Manchester, N, H. ! L’Immigration O L'une des questions les plus discutées, actuellement dans notre pays, est ceiles de l'immigration. Depuis nombres d'années le gouvernement fédéral, ainsi que les gouvernements provinciaux des différentes provinces du Canada, s'efforcent de faire augmenter la population du pays. Des sommes considérables d'argent ont été dépen- sées pour nous importer des personnes de l'Europe, qui sou- vent laissent beaucoup à désirer cemme citoyen. Il est vrai qu'aucun pays au monde n’a égalé notre immi- gration durant semblable période, pas même les Etats-Unis. La population actuelle du Canada est portée à Sept Mil- lions d’Âmes : mais en augmentant la population du Canada en général et l’ouest plus particulièrement, les province des l'est ont à se plaindre que leur population n'augmente pas. Cela est dû, en grande partie, à la manie de nos gens de se rendre aux Etats-Unis, où pendant les années passées, on croyait que la domaine d’‘‘Uncle Sam’' était le pays par excellence ; pays où la richesse était en abondance ; où on pouvait faire fertune tout de suite. Espérances déchues ! ! Les fortunés aux Etats-Unis, nés dans les provinces ma- ritimes du Canada, sont très rares ; mais pour comble de malheur, le nombre de personnes, nées dans les provinces maritimes du Canada, quise trouvent dans des conditions précaires, aux Etats-Unis va en augmentant de jour en jour, Il va sans dire que si des avantages étaient offerts à nos gens quise trouvent aux Etats-Unis, par nos gouverne- ments, nous aurions la satisfaction de revoir un bon countin- gent de ces personnes revenir daus leur pays natal. Nous avons voulu intéresser nos hommes publics sur cette question, et tout réc:mment nous uous rendions à Ottawa, pour le but exprès de consulter avec nos représentants sur cette importante question, Notre projet a été bien vu par ceux à qui nous avous exposé nos plans. Nous avons l'assurance que des démar- ches seront prises pour aider ceux des nôtres qui sont aux Etats-Unis et qui veulent revenir dans leur pays natal. Un grand nombre de personnes de cette province demeu- rent dans les villes manufacturières des Etats Unis et veu- lent revenir ici, si toutefois ils peuvent se procurer des terres pour se livrer à l’agriculture. L'agriculture est la seule et véritable richesse de notre pays. Eh quelle richegse ! ! Nos terres cultivées comme elles devraient être, sont de vraie mines d’or. Il n’y a pas de pays au monde où 1’agriculture peut être poursuivie avec plus d'avantage que dans notre beile île St. Jean. L'industrie laitière, qui n'est que dans son enfance, offre des avantages exceptionnels pour ceux qui s’y livrent. Pourquoi donc demeurer dans jies villes malsaines des Etats-Unis, renfermer dans les usines malpropres, soumis à de rudes labeurs, touiours en crainte de perdre sa ‘‘job'”, aller et venir au son dela cloche, enfin être que des rouages des machines, tandis que notre beau pays offre de bcaux et magnifiques terrains, un ciel serein, un climat sa- lubre et cette liberté au grand air qui fait du cultivateur le roi de la terre ? Lequel est préférable : manufactures ? Nous sommes certains que ceux de nos insulaires qui sont aux Etats-Unis qui s'intéressent à l’aveuir de leurs enfants, désirent revenir au pays natal, aussitôt qu'il leur sera pos- sible. Nos gouvernements vont s'intéresser de cette importante question et nous espérous pouvoir saluer un grand nombre de nos gens, qui sont maintenaut aux Etats Unis, dans notre belle Acadie, a leur retour. La Question de Langue O- Cultivateur, roi, ou esclave des Le Catholic Register, V'organe de l'association nommée ‘The Catholic Church Extension Society of Canada’ pu- bliait un article, dans son numéro du 21 janvier, sous le ti- tre de ‘The Vernacular’”’. L'auteur y veut tout simple- ment que les catholiques se résignent facilement à la dispa- rition des langues nationales. Il donne pour raison, comme si nous avions prétendu le contraire, que le but de l'Eglise n’est pas de sauver aucune langue particulière, mais bien de sauver les âmes. Cependant, pour ce qui nous regarde, nous les Canadiens français, il est absolument démontré que chez les nôtres la perte de la langue française entraîne, à peu près toujours, celle de la foi catholique. La [oui- siane, uous en fournit une preuve évidente, et l’auteur même de j’article l’admet pour des milliers d'immigrants aux Etats-Unis. Alors pourquoi soulever chez nous une question, qui a déjà eu assez de retentissement aux Etats- Unis? L'auteur nous dit que le latin et le grec sont des langues mortes et que leur extinction n'a pas précipité la chute de l'Eglise. Sans doute, mais elles sont disparues d'elle mêmes, à la longue. Eh bien, sile même sort est reservé à notre langue, ce quiest assez invraisemblable, qu’on lui laisse au moins la consolation d’avoir une mort aussi paisible. Nous espérons que le Cafholic Register ne s'exposera pas à faire tort à son oeuvre en donnant lieu, dans nos paisibles provinces de Québec et d’Ontario, à de malheureux troubles entre catholiques à propos de langue.— (De la Semaine religieuse de Québec). Note de la Rédaction. —A la dernière minute nous appre- nons avec plaisir que M. l'abbé À. E. Burke, président de ja ‘Catholic Church Extension Society of Canada” a écrit au Directeur de la Semaine Religisuse de Québec au sujet de l’article incrimiué. Il proteste contre l’irterprétation qu'on lui a donnée, et fait la déclaration suivante que nous sommes heureux d'enregistrer : ‘‘Le sens de cet article est tout à fait d'accord avec ce que vous réclamez : donner aux fidèles des prêtres de leur langue, autant que la chose est possible et en nombre suffisant.’’ Le Messager Canadien du Sacré-Coeur. L'Oeuvre du Repatriment - —— 0 DE L'ACTION SOCIALE —--0 Le député de l’Islet à Ottawa vient de prononcer sur cette question un discours fort intéressant. On en trouvera un 1ésumé daus notre lettre parlementaire pub'iée dans une au- tre colonne. Nous croyons même qu’en le lisant nos lecteurs ue songeront pas un contretemps fâcheux qui nous en a fait retarder la publication d’une journée. Le Dr Paquet avait déjà, l’année dernière, sai-i les cham bres du même sujet, mais d’une façon plus générale, Cette fois il arrive plus documenté, sa pensée est plus nettement exprimée st nous ne doutous pas qu'avec les renseignements qu’on lui a promis, il pourra montrer telle qu'elle est cette ou7re de rapatriement qui, malgré le peu de cas qu’on en fait, n'est pourtant pas sans importance. Parlant des Franco Américains le Dr Paquet a dit : ‘‘Ne pas faire les plus grands efforts pour ramener sur le soi ca- nadien des populations de cette valeur, ce serait une trahi- son saus excuse, une abdication sans diguité, nn vrai suici- de national que rien ne saurait justifier.’ Cette parole sera accueillie avec joie dans la Nouvelle- Angleterre eù, depuis de longues années, on a plutôt souffert de la froideur des relations entre nos deux groupes nationaux. Et nous croy- ons avoir qualité pour en remercier publiquement celui qui l’a prononcée. Pour ce qui est du rapatriement proprement, dit, nous a- vous dit ce que nous en pensions. Eutrepris dans les formes voulues il est encore capable d'un succès tel que le gouver- nement cauadien ferait bien ie s’y intéresser. Cent mille Franco-Américains peuvent revenir au pays sans affecter trop profondément ceux qui seralent prêts à revenir tenter fortune au pays atteignent bien ce chiffre. Si le rapatriement n’a pas encore réuss1 comme l’on vou- lait c'est peut-être parce que l’on n’a pas pris les bons moy- ens de le produire ou encore de l’encourager. Kt, sous ce rapport, le Dr Paquet a fait d'excellentes suggestions entre autres celle d’intéresser au mouvement les sociétés nationa- les de là-bas. Mais ce n'est pas tout. Non seuiement i! est bos d’inviter les Franco-Américains à revenir au pays, mais il faut enco- re leur garantir chez nous l'accueil ‘auquel ils ent droit. S'ils vienneni ici dans un but de celonisation il faut leur donner des terres, et les leur donner franchement, en les protégeant contre les mille et une misères que la politique routinière des départements réserve aux colons. Il ne faut pas oublier que depuis 50 ans qu'il y a des Ca- nadiens-francais aux Etats-Unis, il en est revenu chaque an- née un certain nombre avec la résolution de s'établir chez nous et de se créer un foyer dans l’une ou l’autre de nos grandes régions colonisables. Et s'il en est resté quelques- uns, combien d’autres sont retournés dans la grande répu- blique ? Et les derniers pourquoi sont-ils retournés là-bas ? Au fond il s’agit moins d’avoir aux Etats Unis des a- gents de rapatriement nombreux, que d'en avoir de pru- dents dont les promesses seront toutes remplis par ceux qui les envoient. On admettra qu'il est aussi important de s'inquiéter de la réception à faire à ceux que l’on invite que du nombre de ceux que l’on désire attirer chez soi. Jusqu'ici qu'est-ce que l'on a fait sous ce rapport ? Ceux qui pourraient répondre à cette question seront bien près de croire que nous nous occupons de choses qui ne nous regar- dent pas, que nous voulons parler de politiqus:. Et pour- tant, voilà bien une question qu’il importerait d’élucider. Pour avoir parlé de rapatriement le député de l'Islet a été regardé de travers par les hommes de parti, et si sa de- mande de renseignements a été accordée à l’unanimités un organe ministériel s’est empressé de dire que c’est tout sim- plement parce qu'elle n'avait aucurie importance politique. Que voulez-vous ! Nos moeurs politiques permettent de ces choses là ! J. L.- LAFLAMME. Le Bienheureux Jean Eudes 0 Sa vie, ses oeuvres, ses miracles — 0 —— (Pour L'IMPARTIAL) Au moment où le Souverain Pontife s'apprête à déposer sur le front du Véuérable Père Eudes l’arréole des Bienheu- reux, je viens, heureux de remplir du devoir de piété filia- le, dire un mot aux populations acadiennes de la vie, des oeuvres et des miracles de notre glorieux fondateur. Né à Ri (Normandie) en 1601, le Père Eudes donna, dès sa première enfance, des preuves de la sainteté éminente qui devait marquer toute sa vie. A l'âge de neuf ans, souffleté par nn petit camarade, on raconte qu'il tendit immédiate- ment l’autre joue, suivant le conseil du divin Maître. Mais ce fut surtout à partir du jour de sa première com- munion que Dieu répandit sur son âme les flots de cette grâce qui devait faire de lui, dans un avenir prochain, l’a- pôtre au coeur enflammé de zèle peur la conversion des pé- cheurs. Et la sainte communion dont il venait de se nourrir pour la première fois, il continua de la recevoir fréquemment, bien qu’à cette époque le Jansénisme fit sous ses efforts pour terroriser les fidèles et les éloigner des sacrements de Péni- tence et d’Eucharistie. De plus, à quatorze ans, le Bienheureux, disant adieu à toutes les joies et à tous les plaisirs du monde, faisait le voeu de chasteté perpétuelle et Dieu sait, avec quel soin et quelle vigilance ilsut garder l'angélique vertu. Devant lui, personne n'aurait osé se permettre une parole risquée et malséante, tant la limpiiité de son regard et la candeur de son innoncence eu iniposaient aux plus libertains. Il finit a Caën, sous ia direction des P. P, Jesuites, ses études clas- siques qu'il avait commencées près d’un bon prêtre qui l’«- vait pris en affection, et avait sans doute discerné en lui un futur prêtre de Jésus-Christ. Ses études classiques terminées, entendant résonner au fond de son âme l'appel au sacerdose, il demanda à ses pa- rents la permission de répondre à cet appel divin. Or, ceux- ci, oublieux du plus sacré des devoirs, lui refusèrent la per- mission sollicitée. Mais le Père Eudes se souvenant des pa- roles du Sauveur :‘‘Celui qui aime soa père et sa mère plus que moi, n'est pas digne de mei,'’ résista avec la dernière é- nergie à tous les afforts tentés pour l’engager dans les liens du mariage, et se prépara aussitôt à la réception de la tou- sure et des ordres mineurs. Ayant reçu ces ordres, il se rendit à Caën pour suivre les co 1rs de Théologie à l'Université de cette ville. Les sémi- naires u’existaient point alors en France, et les or linants, troo souvent, hélas ! au peril de leur vocation, devaient, comme des étudiants ordinaires, venir s'assoir sur les bancs d'une Université quelconque. A Caëu, le P. Eude;, témoin sans doute de bien des chut:s lamentables, craignit pour la délicatesse de sa vertu, au contact de ce monde corrupteur qu'il lui fallait fréquenter. Dès lors, il prit la résoiution d'entrer daus la congréxation de l’oratoire, fondée quelques années auparavant par Monsieur de Bérulle. Après de for- tes études ascétiques et théologiques qu’il fit près des mai- tres éminents qu'il eut à l'oratoire, comme aussi après une formation cléricale des plus sérieuses, le Bienheureux fut ordonné prêtre. Avec quelle ferveur et quels sentiments de gratitude, il célébra pour la première fois l’augu:te sacrifice de la messe dont il disait plus tard :‘‘Il faudrait trois éterni- tés pour offrir dignement ce mystère ; ne pour s'y prépa- rer, une pour l’accomplir, une pour remercier.’’ Une fois élevé au sacerdoce, le Père Eudes voulut pour- suivre sa préparation à l'apostolat et au ministère sacré au- prés des âmes, par de nouvelles études et des oraisons enco- re plus ferventes. Il était d'ailleurs très fatigué, et ses su- perieurs lui imposèrent un répos de deux ans À la maison de campagne que les oratoriens possédaient auprès de Paris. Cependant le repos coutait à cette nature d'élite, et la nouvelle surveuant que la peste ravageait le diocèse de Seez, il sollicita immédiatement la permission d'aller se dévouer au service des pestiféres. À son arrivée dans les lieux con- tanninés, il ne trouva personne qui le voulût. Il dut aller frapper à la porte l’un pauvre prêtre qui censentit à le re- cevoir, malgré ‘son propre denûment. Da:puis le 25 Août 1627 jusqu'à la Toussaint, les deux apôtres se pro ligurent pour distribuer aux moribonds les services réligieux. Le fléau ayant cessé ses ravages dans la campagne, le Bienheu- reux reçut l’ordre de se retirer à l’eratoire de Caëu. Mais à peine se rétrouvait-il dans cette ville que la peste s’y dé- clarait. D+ nouveau le Père Eudes reprit sou ministère de charité sublime. Pour ne pas exposer ses confrères à la con- tagion, il dormait la nuit dans uu tonneau, au mili:u d'une prairie qui fut longtemps appelée ; le Pré du Saint. Pourtant le Bienheureux voyait avec peine l'institut de l’oratoire, pour lequel il avait la plus profonde estim: et la plus grande affection. snbir l'influence janséniste. Ayant consulté de pieux personnages et ne se trouvant lié par au- cun voeu, puisqu’à l’oratoire il n’y a pas de voeux, le P. Eudes se résolut à quitter cette congrégation pour se vouer corps et Âme à la fondation des séminaires. C'était bien là, en effet, une oeuvre opportune, s’il en fut jamais et le con- cile de Trente en avait proclamé l’absolue necessité. Ce fut en 1643 qu'il jeta les bases de sa congrégation de prêtres de Jésus et Marie, pour réaliser le but qu'il se pro- posait, à l'exemple de M. Olier, l’illustre fondateur de Saint Sulpice et de Saimt Vincent de Paul, le grand apôtre de la charité. Comme eux, le P. Eudes voulait travailler à régénérer et à purifier la nation sainte et le sacerdoce de Jé- sus-Christ, trop souvent alors conféré à des incapables et mê- me à des indignes. Une telle oeuvre est assurément bien dif- cile. Mais, n’est ce pas, suivant les expressions du Bienheu- reux, ‘‘sauver les sauveurs, diriger les directeurs, enseigner les docteurs, les pasteurs, éclairer ceux qui sont la lumière du moude, sanctifier les sanctificateurs de l'Eglise, et faire, dans sa hiérarchié, ce que les chérubins et les séraphins font au ciel.’ Il ajoutait, toujours relativement au but à atteindre : ‘C'est une oeuvre préférable à tout ce que l'on peut faire a 1 dehors, même aux missions,’ Dans cette pensée, en 1643 il fondait le séminalre de Caën et bientôt il établissait pres- qu’en même temps les séminaires de Contenzes, de Lisieux, de Rouen, d’Evreux et de Rennes. Mais sien instituant sa Congrégation de P. Eudes lui donnait comme fin priucipale la direction des grau1s sémi- naires et la sanctification du clergé, il n'excluait ni les pe- tits séminaires, ni les collèges où se recrutent les futurs lé- vites et se préservent les vocations sacerdotales., Il n'ex- cluait pas davantage les paroisses et l'oeuvre si inportante des missions. C'est ainsi que malgré ses occupation multi- ples et ses nombreux ouvrages de spiritualité et d'ascétisme, on a calculé qu'il présida lui-même à cent douze missions dont chacune durait au moins de sept à huit semaines. Cela ne suffisait point encore à son zèle. En même temps qu'il fondait sa congrégation de prêtres, —le saint homme, c'est ainsi que la vénération publique le désignait déjà —éta- blissait aussi l'Institut de Notre Dame de charité. En réalité, ces deux fondations simultanées s'harmonisaient parfaite- ment davs l'esprit du P. Eudes et concouraient à une fin com- mune ; sauver les âmes rachetées dans le sang de Jésus Christ. D'une part, pendant que ses missionnaires iraient prêcher partout les miséricordes du Sa cré-Coeur dont il va devenir l’ardent apôtre, co:nme je le montrerai dans un prochain ar- ticle, de l’autre, ses religieuses, les lèvres empourpées de l'Eucharistie, le coeur élargi par l'amour de Dieu et l’im- mence pitié qu'il saura leur inspirer pour les pécheurs, em- ploieraient leur dévouement à relever de la fange du vice les pauvres âmes tombéss. A vrai dire, cet ordre de Notre Daim= de charité s’est scindé, en deux dans le cours du temps. Il a en effet, don- né naissance à un tronc vigoureux, le bon Pasteur d'An- gers, établi, en 1829, à la prière de Mgr Montanet des-Ils par la vénérable Marie de Sainte E 1phrasie P:lletier. Quoi qu'ilen soit. dans les maisons de l'ordre primitif comme dans celles si florissantes et si prospères du bon Pas teur d'Angers, l’esorit du P. EKudes à survécu aux diffé- rences apportées par temps et les circonstances, et dans tou- tes, sa mémoire est toujours bénie et vénérée. A BRAUD p rêtie eudiste, (A suivre) Une visite au bureau des archives à Ottawa | De passage à Ottawa, il y a quel- ques semaines, nous avons eu le plaisir de serrer la main à notre es- timable confrère et généalogiste a- cadien, M. Placide Gandet, M. Gaudet est toujours heureux de 1encontrer des Acadiens de l’ Aca- die, et nous étions heureux de voir avec quel empressement il s’inté- ressait à nous, pour nous faire visi- ter le bureau des archives, 1éparte- ment où il est employé. Visiter le bureau des archives du Canada ! il faudrait au moins deux mois pour se famiiiariser et prendre connaissance des milliers de choses qui s'y trouvent, si intéressantes et instructives pour nous Acadiens. Veut-on connaître quelque fait historique sur l’histoire de sa f2- mille ? M. Gaudet vous conduit là où, à loisir, vous pouvez voir les détails de tout ce qui a transpiré dans les temps où nos premiers pa- rents se rendaient en Acadie pour y implanter l’emblême du christia- eisme, laissant derrière eux l'ai. sance et le beau pays de la France, pour se perdre dans les forêts du nouveau monde, tout pour la gloire de Dieu et de la mère patrie. M. Gaudet, tont en nous mov- trant les différents départements du bureau, nous explique, et qui peut mieux le faire que Placide ? les incidents anecdotiques qui font de uetrse histoire l'uue des plus belles au monde. C'est à regret que nous sommes forcé de nous séparer de notre ami, nous promettant bien si toutefois la providence nous permet de revoir Ottawa, que nous nous donnerons le plaisir de passer plusieurs heures dans cet intéressant dépar- tement. ne Road Inspector’s Sale (Is: JOHN T. MURPHY'S BRIDGE, NEWTON. I will sell by Public Auction 5n Saturday, the 13th day of March, 1909, at 1 o’clock, p. m,, the re- building of the Bridge at John T. Murphy's, Newton. CHARLES MACFARLANE, Road Inspector ee AGENTS WANTED To sell the Empire Cream Sepa- rator on P. KE. I. on salery or com- mission for full Perticulars write J. P. Tanton Summerside. General Manager for the Fmpire Crean separator Co., of Canada Lituited Toronto. w pa gr 6 stone À “at Væ RES Rad La i 4 i # R ne 2e ii Sin NF se deal En 08 CT oi ie MS % BND TE es € DRE À ; A D. 2x OL D ES Fr a dhés st