Fri ner re Le Forceÿf3 nv Mosclce —— CIE DE L’'IMPARTIAL, Proprietaire Fondé en 1893 par Gilbert Buote et son fils Francois Joseph F. J. BUOTE, Redacteur, Mme. F J. BUOTE Assistante ee Vol. 4 No. 8 Nouvelle Serie TIiGNISH, ILE DU PRINCE EDOUAKD, MARDI LE 12 SEPTEMBRE I9II 19 ANNEE # Sa Majeste la Langue francaise La langue française est une oeu- vre d'art; et parce qu'elle est cela, elle ne livre pas volontiers ses se. crets à la curiosité intermittante des indifférents et des désoeuvrés. Elle veut être cultivée, elle demanu- de qu’on l’étudie avec zèle et per- sévérance. Mais comme ils sont | récompensés de leur peine ceux | qui, s'étant pliés à l'effort néces- saire, ont su s'approprier un instru: ment d'expression incomparable ! Une laugue si ‘limpide, qu’elle est uu tiltre pour la pensée, si riche qu’elle peut tout dire, si souple qu’elle sait faire entendre tou:e ce qu'elle ne dit pas, si nette dans ses couleurs, si ferme et en même temps si douce qu’elle est une ca- resse pour l'oreille autant qu’une joie pour l'esprit Ses modula tions sont infinies, et multiples sont ses aspects. Aux oeuvres de la raison sereine, elle est probité, elle est lumière. Au vol leger de l’i- magination et du rêve, elle met uv fremissements d'ailes. Pour l'é-: popée et le fracas des batailles, elle | a des sonneries de clairon. Elle sait rire. Elle sait pleurer. Par elle a passé souvent la grande voix de la douleur humaine; elle S'est mêlée à la vie. Elle tient à l'âme d'un peuple, qui a eu ses gloires, qui a pu avoir des faibles- ses, mais dont l'histoire dira qu’il a beaucoup souffert jour la cause | des idées. Langue de piété et lan-| gue de colère, ouverte à la divine tendresse et à l'énergie ardente, elle est le miroir où se reflètent, l dans leur diversité plaintive les seu- | timents, les passions, les misères | de tous les pauvres humains, frères. Saluons-la, saluons-la bien bas { | Elle est la reine parmi ses soeurs, | les autres langues mères, Sa Majes- té la langue française ! M. Kleckowski. AUTOUR DE LA _—— Ah ! Qui nous donnera de bon-) ne ménagères ! C’est un refrain qu'il n’est pas rares d'entendre Oui, visi- trouverez dans uos villes surtout. tez nos demeures, vous des femmes courageuses, honnêtes, dévouées, mais toutes sont elles des femmes entendues aux affaires du ménage ? plusieurs maris — il faut avouer que les messieurs ont mé: chante langue — m'affirment caté- goriquement que non. Que plusieurs femmes soient peu versées dans les affaires de ménage, cela ne m'étonne pas. Quand et où ces dames ont-elles reçu des leçons utiles ? A l'école ? — Elles y ont appris à lire, à compter, et à treize aus el les sont parties avec leur léger ver- mis d'histoire et de géographie. A la maison peut-être ? — Mais elles n’y out pas vécu : de l'école elles ont sauté à l'usine, ou au comptoir de magasin et elles n’ont reçu ancune éducation ménagère, excepté quelques notions bien va gues qui leur permettent wainte- nant de 1uiner l'estomac de leur é- poux par uu Ineuu uniformément le même. on pourrait apprendre à nos démoi- selles, car elles ne sont pas bêtes, à préparer des repas sains et uouris-| guérison était prochaine, L'état] |ne quelques heures à cet enseigne |ment pratique ? Ces cours devraient sants, à faire des menus économi- ques et variés. Tout y gagnerait ; la vertu des filles bien exposée dans les bureau, les magasins et ail- leurs ; l’estomac des frères et du pa- pa, sans parler — écoutez bien, mes filles — qu'une demoiselle, bonne ménagère, fait prime sur le marché et me court aucun risque de rester vieille fille. Mais pour cela il faudrait faire comprendre aux parents qu'ils ne doivent pas retirer si tôt leurs en- fants du couvent et c’est une rude besogne d’enfoncer cette idée là en- tre les deux yeux d’un canadien, Cependant peu à peu ça entre, l’en- seignement ménager s’introduit chez-nous, mais lentement. J'ai visité un couvent de la pro- vince de Québec, organisé sur le même pied que les écoles ménagè res d'Europe. Les grandes élèves étudient le blanchissage, le racommodage et tout ce qui concerne la coutuie. On apprend aux enfants à confecti- onner avec des déchets de magasin, ou les vieilles robes de la maman, des habits flambant neuf pour la jeuvesse, car on a soir de faire ap- porter, des ménages ouviiers, du linge usé pour que les enfants ac- quièrent l'habitude du véritable ra- commodage pratique. On enseigne aussi le repassage et la cuisine. On apprend à confecti- onner d'excellents plats à l’aide de bonne recettes où la théorie est jointe à la pratique, le tout à des prix minimes. Aussi les services d'une telle ménagère vaudront de l'or à la famille, et le papa se lè chera les quatre doigtet le pouce après les repas préparés par sa fil le. Et si mademoiselle, eu vivant au coin du feu avec sa mère, ne rapporte pas d'argent au logis, eile économise bien des piastres. Voyons, est-il impossible dans nos vi!les de réserver chaque semai- être comme le couronnement des é- tudes, ils stimuleraient peut-être la négligence des parents à envoyer leurs grandes filles à l’école. Il y a là une lacune à combler. Bulletin de l’Immaculée Conception. LA SANTE DU PAPE heu- Le monde catholique sera reux d'apprendre que les nouvelles inquiétantes qui avaient été publi ées au sujet de la santé du Souve- rain Pontife non seulement ne sont pas confirmées mais sont démen- ties de la source la plus autorisée qui soit. 1, Osservatore Romano, qui est, on le sait, l'organe attiré du Vatican, publie en gros caractè re la note que voici : voir annoncer l'amélioration qui se manifesta, hier, dans l'état de santé du Saint-Père a continuer à s'accentuer à tel point qu ou peut dire que l'état de Sa Sainteté est réellement satisfaisant,” Cette note causera dans les pays catholiques une joie d'autant plus l'émotion soulevée que profonde que par les mauvaises nouvelles de cs derniers jours a été plus grande. La bonne nouvelle, du reste, est confirmée par tous les journaux. ro 3 | d’italia a vu le professeur Petacci, Avec uu peu de bonne volonté| mains. Un rédacteur du Giornale le dévoué médecin du Fape. Ce- ‘Nous nommes heureux de pou- : Lee à morale du Saint-Père, a-t-il ajouté, est excellent ; la maladie suit un cours absolument normal, et nous sommes près de la convalescence.” Même note dans le Crriere d’Ita- lia. Ce journal rappelle que Pie X est tombé malade le 20 juillec, pen- dant le service en mémoire de Lé- on XIII. Le Pape eut une atta- que de bronchite avec une forte f- èvre et resta deux jours au lit; il se remit ensuite assez rapidement, lorsque, le 6 août, il fut atteint d’- un accès de goutte accompagné d?- une forte fièvre avec mauvais fonc- tionnement des reins, toutefois sans néphrite ; le coeur fonctionna très bien. Actuellement les phénomè- ues douloureux ont disparu. Le même journal ajoute que, sui- vant les médecins qui soignent le malade, le Pape sera guéri complè- tement dans dix jours au plus. La Tribuve confirme ces heureu- ses nouvelles ; elle ajoute que la plupart des prélats du Vatican sont partis en villégiature, ce qui n’aur- raii pu se faire, si le Pape avait été en dauger. LES OEUVRES SOCIALES DE LA COLUNBUSTERIE nous apprend qu’un journal de Chi- sago dévoué aux Knights of Co- lumbus invite nos chevaliers à dé- ployer une plus grande activité à l'étude des graves problèmes soci- aux :; il leur reproche leur légèreté et leur penchant désordouné pour les amusements mondains. bien de Chicago prouve que nous avons parfaitement raison de dénon- cer vigoureusement les Chevaliers de la danse. Les oeuvres sociales des K. of C. penvent se résumer à ceci : dances, excursions, concerts, pique-nique, whist, bazars, strawberry festivals, coffee perties, minstrel shows, stea mer trips, harviest festivals et cent autres mondanités. N'est c: pas un véritable scanda- (le de voir la plupart des conseils de cette société tourner toute leur ac- tivité à organiser des dancing par- ties et des minstrel shows. De tous temps et particulière- ment de nos jours les catholiques ont eu et ont encore le devoir de travailler à d’autres oeuvres socia- les. L'esprit du siècle n’est pas l'es: prit catholique quoiqu'en pensent nos colnmbustiers énervés par la bonne chèrè et les plaisirs. JEAN BOURGET PRECAUTION Un député français entra un jour dans vn magasin de nouveau- tés pour payer la facture d'un a- Cette attitude du journal colom-; | chat considérable. —Vonlez-vous une quittance ? lui dit le marchand. —Non, à quoi bon, entre bhon- nêtes gens...Et : puis, Dieu nous voit, ça suffit. —Ah ! vous croyez à Dieu ? —Mais, oui, et vous ? — Moi, non, dit le marchand. —Alors, c'est différent, donnez- moi vite une quittance, car j'ai peu de confiance en qui ne croit pas en Dieu... Lam mr nee | Aux Meres Monseigneur l'Evêbue d’'Evreux, La Catholic Fortnightly Review !a la fin d’un Congrès diocésain, à Evreux, raconte l'histoire édifiante d’une mère chrétienne qui, au sor- tir de l’église où elle venait de com- | munier disait, l'air joyeux et trans- figuré, à son enfant qui l'attendait à la maison : ‘‘Je suis contente je viens de communier pour toi’’. —Mère, qu'est-ce que commu- nier ? Mon enfant, c'est recevoir le bon Dieu, —Où le reçoit-on ? —On le reçoit dans son coeur, il est là. Et alors la mère, s'inclinant vers la petite tête blonde, la pressa sur son coeur, tabernacle vivant de l’Eucharistie. Comme il est doux pour une mère chrétienne, surtout ‘au sortir de la Sainte Table, d'entretenir ses enfants de ces inaffables mystères qui doivent les garder dans le temps et les sauver pour l'éternité ! 6869 R wwe. NANTED AN ELECT:' On, 0e NE SSSR OvT Le vieux Cauadien—"' Écoute Borden. Tu vouiais les élecuens de suite, Tu croyais avoir de l’aide des monopoles et des riches manufac turiers qui pour défaire le bill de la Réciprocité, donneraient leurs che- mises. lui-ci a déclaré que !l’auguste ma- | Jade était hors de danger et que sa; Tu voulais ça mou garçon |!” Borden,—‘‘oui, oui, c'était le seul espoir pour moi, mais, mais, mais je vois que je suis encore f/angné à la porte.” 20000000000000000000000000 A TRAVERS LE MONDE La lutte du genie humain contre les obstacles de la nature. 20000000000000000000000000€ LES DIFFICUETES DU C a ru ANAL DE e terre Lonten Dans un précédent article, “La Na- ture” a déorit différente assæ longuement los lignite de quelques centimätres d'épaisseur n'offrant aucune résis- tance et trôs tes. Sur un tiers cuviron de la r de la tranchée, ces couches ent vers ls vallée eu foné de est oreusé le œstte masse in- ot dos 9 = trouvant rompu, se produisent inévi- tablement. du reste, ce qui avaient tenté de drainer les eaux su- perficielles en les empéchant de sa- turer la masse d'argile rouge. Mais les résultats furent négatifs. empêcher la saturation des argiles daps un pays où les pluies pendant la saison bumide sont si intenses est im- Possible, Pendant la saison sèche, la couche d'argile s'assèche à sa partie supérieure, !1 se forme alors, dans la masse, des fissures qui se rom- plissent d'eau pendant la saigon des pluies, eau qui vient saturer la masse d'argile en pénétrant jusqu'à la cau- che rocheuse sur laquelle celle-ci re- pose. Lorsque les ingénieurs américains reprirent les travaux de le tranchée de la Ouilebra, en 1907, de nouveaux glissements se produisirent Jusqu'au ler janvier 1910, environ 15 pour 100 du cube des terres extraites de la tranchée provenait des glissements. Maia, depuis, ceux-ci sont devenus de plus en plus abondants et {l est À craindre qu'ils ne prennent encore plus d'importance au fur et à mesure pimmeunnes de cette tran- chée. Pour établtr des murs de soutène- ment 1] faut, tout d'abord, se rendre compte de la poussée qui agit der- rière le mur et, pour cela, connaître le poids spéficique de la masse en mouvement, l'angle de repos des terres et le coefficient de frottement, toutes choses difficiles à déterminer même approximativement pour des terrains aussi peu homogènes que ceux qu'on rencontre À la Culebra, surtout en ce qui concerne le coeffi- cient de frottement. De plus, le ro- cher sur lequel devrait s'appuyer ce mur de soutènement n'a qu'une résis- tance précaire et tend, comme nous l'avons vu, À se soulever sous l'effort des pressions latérales. La construc- tion d'un mur de soutènement pré- senterait donc de grands aléas et ne pourrait offrir qu'une sécurité très relative. Dans ces conditions, les ingénieurs américains ont employé le seul moyen pratique, qui consiste & enlever les terres qui s’éboulent, au fur et À me- sure qu'un glissement se produit et à laisser ensuîte les terres prendre leur talus naturel Dans ce but on sur- vellle avec le plus grand soin les talus de le tranchée aux différents endroits où les glissements sont à redouter et auseitôt que des signes extérieurs, tels que la chute de pier- res, viennent indiquer qu'un glisse- ment est sur le point de se produire, on évacue le chantier et on met les excavateurs et les trains de matt- riaux À l'abri. Malheureusement ces glissements se produisent souvent inopinément et sans aucun signe ex- térieur donnant le temps nécessaire pour mettre À l'abri les engins de ter- rassement qui, alors, comme cela est souvent arrivé, se trouvent enfouis sous les terres éboulées. On estime qu'il s'écoulara encore } trävau… Uu wuiriuse de Uatum ainsi me ceux des écluses, permettent de remplir le lac de Gatum à un niveau suffisant pour assurer la profondeur d'eau voulue dans la tranchée de la Culebra. De plus, au ler mai 1911 il restait encore à extraire de cette tranciée 21 n.iiiions de mètres cubes pour atteindre le niveau prévu du plafond du canal qui se trouve actuel- lement À environ 16 m. au-dessus de celui-c;. Lorsque ces travaux seront erminés et que l’eau remplira ia cuvette du "1nal, on espère que Île poids de «u::1-<; “nurra produire une contre-pression, jermetrtant d’équili- brer la pression des terres des talus et de s'opposer ainsi, sinon en totalité, tout au moins dans une certaine me- sure, au glissement des terres. Mails ceci n'est qu'une prévision qui peut- être ne se r'alisera pas et, il est très possible que de nouveaux glissements se produisent après l'achèvement complet du caaal. Aussi les ingénieurs américains font-ils construire une très puissante drague à godets qui per- mettra de draguer les terres prove- nant des éboulements et cela sans gêner la circulation des navires dans le canal, la largeur de celui-ci, au plan d'eau, étant de 99 m. SIR LOUIS JETTE, Juge en chef de 1n Provinre de Onébeg A LA RECHERCHE D'UN TRESOR On suit avec beaucoup d'’intérêt dans les milieux maritimes europé- ens, les recherches organisées en ce moment en Virginie, où il y a quei- que temps le vapeur ‘‘Merid,’”’ de la Compagnie de naivgation Ward a coulé à hauteur du cap Charles. Le ‘‘Merida’’ ‘se trouve à trois cents pieds de profondeur et les mo- yens ordinaires pour l'atteindre sont suffisants. La compagnie a donc accepté les offres du capitaine Charles William- son, quise fait fort de sauver la plus grande partie des valeurs, éva- luées à 10 millions de fraucs ren- fermés dans le navire. A bord du ‘“Merida’”” <e trouve notam ment pour une somme de 212 millions en lingots d'argent. Le capitaine Williamson est l'in- venteur d’un nonveau système de sauvetage dont il dit merveille. Il s’agit d'un large tube en fer plongeant dans l’eau jusqu’à pro- fondeur de 300 mètres. A l’inté- rieur de ce tube se trouve une é- chelle permettant une descente fa- cile jusqu'av fond du tube dont la tête est constitué par un caisson flottant. A l'extrémité inférieure se trou- ve une vaste chambre de travail pouvant contenir plusieurs ouvri- ers. Le tube sert également de conduite d'air et permet des com- munications faciles. La chambre réservée aux plon- geurs peut être fixée sur n'importe quelle partie d'un navire submergé ce qui permet aux ouvriers d’opé- rer à leur aise La chambre de tra- vail est éclairée à l'électricité, tan- dis que des phares puissants per- cent les ténèbres des profondeurs sous marines. Enfin, de puissantes wains mécaniques pouvant être manoeuvrées de l’intérieur du cais- son permettent d'explorer une épa- ve eu tous sens. Le ls cu 2e dont - Le.”