LA CIE. DE PUB. DE L'IMPARTIAL, PROPRIETAIRE, G. BUOTE, RÉDACTEUR. EL F. J. BUOTE, GÉRANT VOL. 1, NO. 7: 8 ANNEE. hs TIGNISH, ILE du PRINCE EDOUARD, JEUDI LE 14 MARS 1901. - La MECHE D'Or. - 00000001:XX0090000 PREMIERE PARTIE (suite) Il posa le gant eusanglanté sur la table, auprès de l’autre, et les compara ; il ajouta : —La femme qui est venue connaissait sûrement la victime, puisqu'elle avait déposé un de ses gants sur le buffet, auprès de la lettre de M. Fourmont. Re- marquez que c'est le gant de la main droite ; elle avait conservé sa main gauche gantée. Dans la lutte, du sang est tombé sur cette main ; et, une fois dehors, la fe me s'aperçevaut que son gant était taché, l'aura jeté Voilà un détail nettement éta- bli. 1} retourna les gants et cons- tata qu'ils avaient eté achetés au ‘‘Printemps.” —C'est déjà quelque chose, dit-il; mais il nous faudrait d'autres détails sur la toilette de cette femme, puisque M. Serge Morain refuse de nous en don. uer, lui qui l'a vue !* Maigré la perfidie de cette phrase, Serge eut le courage de répondre : —Je ne puis vous donner qu'un détail, Monsieur, mais vous le donner bien sûrement : vette femme portait nne robe de soie. J'ai parfaitement distin- gué le frou-frou de la soie. 11 était heureux de révéler cet | indice. Thérèse n'avait pas de robe de soie. Le magistrat dit à l'agent. — Voyons ! o’est vous qui, mienx que personné, pouvez nous renseigner. Rassemblez bien vos souvenirs... L'agent eut un geste d’hési- tation : — Ce détail de la rebe de soie, par exemple vous a-t:il frappé ? L'agent réfléchit, puis dit gra vement : —Là-dessus, Monsieur, il m'est impossible de vous répon- dre. Cette femme allait si vi His Elle semblait voler sur la terre D'ailleurs, c'est cela qui nous a mis en éveil... Si elle avait passé tout naturelle- ment, je ne l'aurais pas suivie. O'est bien possible qu'elle eût une robe de soie, mais je n’en sais rien. —N'avait-elle pas un cha- peau ? —Je n'en sais rien. Elle a- vait peut être un chapeau sous sa mantilie ; mais je ne l’ai pas distingué. — Alors elle avaitune mantil- ke sur la tête ? —Je crois bien que oui. —Qu'on me fasse venir le concierge ! Le concierge fut appelé, at le magistrat lui demanda : Avez-vous remarqué ee que cette femme avait sur la tête ? —Je vous l'ai dit, Monsieur. quelque chose de noir, qui la cachait entjérement, puisque je n'ai même pas vu la couleur de ses cheveux. —Une mantille ? —Ma foi non ;ga m'a plutôt fait l'effet d’un fichu de laine... Bref, je ne peux aiea dire de certain à ce sujet. C'était noir, voilà tout ! —Bon. Retirez vous. En ce moment, un agent de- manda, du palier : — Voici le médeoin ? le faire entrer ? —Mais naturellement ; nous l’attendons avec impatience ! Le médeein, après avois salué froidement tous oes gens, se pencha sur le cadavre, en di- sapt : —Que me veut-on ?.....,.Cet homme est mort... : Le magistrat déclara solennel. lement : —En attendant l’autopsie, qui aura lieu à la Morgue, nous avons besoin de ves constata. tions, pour savoir immédiate. ment comment cet homme est mort. —Cela me semble trop clair ; trois blessures dans la poitrine. et une d'elles dans la région du cœur... Fant:il — Faites avec ce couteau, n’est.ce pas ? demanda le chef de la sûreté, en présentant le couteau de chasse. —Mon bon Monsieur, répli- qua le docteur tranquillement, vous avez des médecins judioiai res qui étab iront sio’est avec ce couteau ou avec un autre que ce malheureux a été frappé. Moi, je ne fais pas de médecine légale ; et je me contetnerai de vous dire qu’il y a une blessure, une solide blessure, même, à la place du cœur... Voilà tout. En même temps, il se baissait et remuait le cadavre pour bien l’'étendre sur le dos afin d'ouvrir ses vêtements. — Pensez-vous que ces bles- sures aient pu être faites par uue temme ? Le médecin haussa les épau- les : — Vous me posez une ques tion à laquelle 1l m'est impossi ble de répondre. 1ly a trois blessures... Voilà tout ce que jepeux vous dire... Toaten parlant, il avait dis- posé le cadavre, les bras un peu écartés du corps, comme on les place dans les amphithéâtres. Onvit alors la main droite qui. jasqne là était restée cachée en dessous Le médecin relevait le bras droit, pour chercher s'il u’y avait aucune autre trace de blessure. Le poing était {er- mé. —Tiens ! 1la quelque chose dans la maïn, s'écria le doc- teur. Et il voulut l'ouvrir ; mais il ne pat pas d'abord. Un des agents posa une lampe sur le plancher ; et tous les assistants virent, de chaque côté de Ja main, les bouts d’une mèche de cheveux... * — Voilà qui vasingalièrement | rivait plus lentement. nous aider! s'écria le chef de la sûreté avec une joi: cruelle. Serge fit comme tous les assis. | M}, il s'était arrêté un peu pour cheveux, dont il reconnut bien |*0udliler ; et il avait vite la b2lle couleur dorée... cette bonne phrase d'égoiste : tants : 1! regarda cette mèchede , Cette mèche avait été arrachée A, D ie se STAR nr - D A à a Lo sr a par son père dans la lutte su: prème...…. Et il chancela quand le magis- trat lui posa cette question : — Monsieur Serge Morair, pourriez vous me dire quelle est la couleur des cheveux de mademoiselle Thérèse Garan- cier ? IV UN BEL HERITAGE. Serge restait immobile, les yeux fixés sur cette méche d'or, ne sachant que répondre. — Vous nous avez déclaré que vOus aimiez mademoiselle Ga- rancier, continua le magistrat. Je suis done bien certain que vous devez avoir queiques che- veux à elle. Entre amoureux, c'est le premierceadeau qu'on se fasse Eu même temps, le chef de la sûreté s’approchait de Serge et, tranquillement, mettait la main sur la chainede montre. Jns- tinctivement, le jeune homme voulut le repousser, l'empêcher de saisir son médaillon ; mais deux agents lui prirentdes bras, tandis que le magistrat disait : — Allons! Je parie qu'ily a des cheveux de mademoiselle Grarancter dans ce médaillon. Le médecin était parvenu à écarter les doigts de la main droite, et il en enlevait vne belle mèche de cheveux dorés, qu’il posa sut la table. Le chef de la sûreté, ayant ouvert le mé- daillon, y trouva, d'an côté le portrait da commandant Morain, de l’autre une photographie de jeune fille. —Joli rapprochement! fit. il. Et,entreles deux, une toute petite mèche de cheveux. —C'est bien peu de chose, pour comparer, dit-il. 11 mit cette petite mèche, qui était nonée par un iuban bleu sur la mèche trouvée dans la main du mort. —C'est bien la même nuance, dit il. Ceia se con‘ond. Le médecin, un galant hom- me qui comprenait la cruanté de cette scène, déclara : — Ce n’est pas avec une aussi petite mèehe de cheveux qu'on pourra faire une expérience. La nuance est la même, c'est vrai ; msis la Composition peut ne pas être la même... seu:, un chi- miste aurait le droit d'affirmer cela. — Aussi remettrons nous tout cela au fameux chimiste, M. Krutz, avec une nouvelle mèche qe nons couperons sur la tête de Mademoiselle Garancier….Et la science décidera. | Serge tressaillit en murwu- BOOTS & FINE ALBE tuoi 27 94 U O10J9{ “MOI 91398 PUB I[U9 07 OOGI JO SSUI[ROP ‘SUI "1061 JSI UOIEIN 5 rant : —Oh! c’est épouvantable ! | Presque aussitôt, on entendit des pas dans l'escalier : et le brigadier entra dans la pièce en disant : — Voiei le notaire ! Maître Stanislas Fourmont ar Ces qua- tre étages lui semblaient terri- blement hauts. Vers le troisiè- prononcé auyJou eù À SQ 4] HOSE3s Importers aad Jiealers in DRY GOODS HARDWARE SHOBS GROCERIES And Fi: ing AT TIGN'ISH and TON )S JOÂ JOU AU OUAM SIOWOSN9 aAnO JO esoq} Jsonbor o M C4 33 | J. H. Myriek & Co! Dr. Murphy PHYSIOILAN AND SURGEON First Prize Graduate New York Uriversity FIGNISE, ..... .. P.E.L Carte Professionnelle Arsenault & MeKenzie AVOCATS, &c. (Récemment chez Charles Russell et Cie., Londres) BUREAUX : Summerside et Charlottetown Aubin E. Arsenault, S'Side, H. R. 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