Un chef acadien à l’extérieur LA PETITE SOUVENANCE ' ' de son royaume insulaire Entamons avec un extrait de lettre qu'a envoyée le père Clément Cormier à Jéremie Pineau. le 29 septembre I981. treize ans après la mon de l. Henri Blanchard : Il y aurait beaucoup a écrire au sujet de cet homme remarquable. Je me suis limité à ce qui me parait l'aspect probablement le plus productif de sa carrière : ses rapports avec l extérieur: ("est typique de l'homme. Il n'hésitait pas a sortir. a maintenir des contacts avec les grandes associations nationales, Il naviguait a I “aise dans les grands centres .‘ Québec. Montréal. (Itlawa. La. il prenait des idées d 'où allaient germer des initiatives bénéfiques awc Acadiens de I'Île; la. il établissait des liaisons sympathiques dont il saurait tirer pro/il pour les siens. Il fitt le meilleur ambassadeur des Acadiens de l 'lle.” Son tout premier article à l'extérieur de sa province natale semble avoir été Les écoles acadiennes de I'I.—I’.-E. publié en mai 19l8 dans la revue québécoise Le Petit Canadien. On reconnaît son influence indubitable et ses «liaisons sympathiques» à l‘extérieur à partir du discours qu’il a fait au deuxième Congrès de la langue française a Québec en l937 dont voici un extrait des plus saillants qu'il faut reproduire in extenso malgré la répétition de certains passages ailleurs dans cette édition : Nous .s‘rrtJfirrtts d 'unc pénurie cxtrârnc de chefs ct de dirigeants avec toutes les conséquences qui en (écart/uni. Si nous avions ces chefs si nécessaires aujourd'hui , i/ ne serait pas cncorc trop tard pour endiguer les flots cnvahiswurs qui menacent de plus en plus de nous engloutir. Nous avons bicn la Socictc .S'aint—Thorturs—d’/lquin qui rccucil/c quelques fonds ct qui paie les études secondaires de (car c'lcvcs, Mais c 'est si peu cn prescrrcc des dartgcrs qui nous assai/lent de tous L'illüh’. Si nous voulons prüparcr ccs cite/s si nécessaires ct sans lesquels nous allons in/ailliblcrncrrt disparaitrc comme groupe dc larruucfrançaise. il nous laudra rnarchcr bien plus rondcrricrrt ct bicn plus t‘ilc que cela; autrcrncnt il scra liicrttot trop tard. ("est peul-être à pnrtir de cc moment-lit que lc nom du professeur l. llcnri lilunchurd devient synonyme avec l'octroi de bourses dites acadicnru's provenant du Québec pour endiguer les dangers qui assaillcnt dc partout. L‘auteur de cette rubrique est un des récipiendaires de lu «bourse acadienne» otl'crte pur le Collège Silllllc'AlillC- dc«l.tt-Pocutièrc, Le professeur l-iliutclturtl n nuu‘clté bien rondement et s'est dépensé corps ct âtnc pour que nos jeunes Acadiens à l'Île—du—l’rince-iîdounrtl puissent faire en sorte que nous ne dispurnissious pas comme groupe de langue française, comme il l‘exprimuit devant les congressistes de Québec et c‘était seulement une des fit. ÎL—î cari ÿlæmtlgarù a éle’ proclamé lauréat ùu Frîx Ëamuel île Œhamplain it Quchn, lt_ n Î gcgtrnxilgg 156? par le Œonaeil tu: la nie frangaîze en Àmérique ha, * i " puma. facettes du travail acharné qu'il prodiguait à l‘extérieur pour les siens. Voici ce que le président du Comité pennanent de la Survivance en Amérique disait en 195| : Les nombreuses bourses qu 'il a dzurccreusernent decnichecs du Québec. les professeurs qu'il a obtenus pour vos cours d lite. les volumes et fèn‘curs qu'il a sollicités toujours avec succès, nous disent avec quelle sincérité indéfectible il s 'est dépense a votre servich Sa sincérité inde ectiblc pas seulement lui a attiré de nombreuses accolades mais des résultats fort prisés. Ayant frappe aux portes des maisons d‘enseignement du Québec grâce il l‘encouragement de ses auditeurs. il réussit en l937 à décrocher des bourses pour sept jeunes et en “>39. au nombre de 22. Partout. les institutions québécoises accucillcnt a bras ouverts cct lrornrrrc plu/rit court. au torsc solidc. qui vient a' 'avoir 50 ans. Sa pcrsonnalitc cngagcarrtc. son dt‘namisrnc irrésistible. l 'aident gr‘arulcrrrcnt dans scs dcrnarchcs.“ Un disait que le professeur lilnnchurtl avait operc des merveilles a l‘extérieur au profit de In gent ttcndicnne de su province. l’cnsnit tilt jour ce professeur de Pennsylvanie qui observait .l. l'Ienri Bluucltut‘d plaider sa cnnsc pour l‘obtention d‘une bourse ucndicnne devant un recteur plutôt impassible du Collège .lcnn—de-lirebcnf : Que tic pauvres diables peuvent tcntcr' pour sauver un pctit pcuplc. sajoi. sa langue. Jusqu‘au bout. Blunchurd ferait son possible... il se tut, résigné. à un refus. La réponse du recteur fut lapidaire :«Très bien. nous en prendrons (leur. r“. Ce «grand quêteux», comme on appelait alors le professeur Blunclmrd. n‘a pas resté sur ses lauriers. Son influence à l‘extérieur continue à démontrer sa «sincérité amen—{Ïfiñ -—n:rn: 'f— “mu maman PAGE l l Ufl>=ÜŒ>FU