25 de mon père pour une partie notable du repas... jusqu'au moment où il était frappé par "une fille plus belle que les siennes"3... Il s'en "excusait avec confusion, au grand amusement de l’intéressêe et des convives. Je ne saurais dire que mon père avait quelque chose d'un mystique, mais je puis sffirmer.qu'il avait 1c sens du sérieux de la conversation avec Dieu. C'est pourquoi, dans son foyer, le ton et la tenue durant les prières devaient être empreints du respect dû ä Dieu. Il laissait bien les.plus jeunes s‘asseoir ou jouer durant le chapelet, la prière du soir ou l'Angêlus, mais les plus raisonnables étaient vite rendus responsables. Un soir, Maman demanda à Papa de faire la prière ä sa place; à mon grand émerveillement, mon père sait tout ça par coeur, lui aussil... Il n'en fallait pas plus pour me convaincre de l’importance de la prière dans ma vie. De sa voix solide, il proclamait au nom de sa famille: "Je vous adore, 6 mon Dieu, avec la soumission que m'inspire la présence de votre souveraine grandeur; je crois en vous... j'espère en vous... Je vous aime de tout mon coeur,... etc. A l'école, j'ai appris la théorie des grandes vérités de la religion, mais c'est â 1s maison que j'ai appris à prier. Chezwnous, un enfant ne s'approchait pas de la table, le matin, sans s'être agenouillé aux genoux de maman ou d'une grande soeur pour lui réciter "sa" prière enfantine. Avec les années, cela se continuait "tout bas" mais toujours en public. Il fallait témoigner... Je crois même que Papa aurait refusé le morceau . de pain ä l’un des siens, au lieu d‘accepter qu'un enfant ne fasse plus sa prière. Quand aux exercices publics du culte, mon père y était des plus fidèles. Les Vêpres des dimanches aprësnmidi d‘été, en grosse "express" (voiture à deux sièges tirée par un cheval), et les Lamentations de Jêrêmie... sont encore dans nos mémoires. Aucune ballade des be ux jours d'êtê ne pouvait nous dispenser des Vêpres de trois heures. ‘ Dans ses premières années ès ménage, Papa a connu la prière perpétuelle, ‘organîsëe au plan paroissial. A toute heure du jour, il y avait une famille en prièreî Aucune visite impromptue de üèrsnäeala cet exercice. Comme Dieu devait sourire à une paroisse toujours "en oraison"! Chacun des parois— siens devait se sentir visiblemenr secouru par les faveurs divines ä cette merveilleuse "communion des saints"! Le commerce intime avec Dieu ficus la prière devait produire un fruit authentique de charité chrétiennea ls'aîmer entre frères et soeurs" avait 'un sens concret chezmnous. Mon père qui semblait parfois absorbé par ses affaires, ne manquait cependant pas de saisir ä l'occasion les mots un peu piquants que se lancent, parfois, des enfants .êcontents ou trop prie mesautiers. "Mon p'tit coco”..a peut, très bien, ltre un petit mot de chêriment, s‘il est accompagné âe l’onction qui le rend cherî... Et mon père avait l‘oreille claireï Tout ce qui sentait la dispute, 1s vengeance ou la jalousie, provoquait instantanément sa réaction il y coupait court. Parler en mal de qui que ce soit, il ne le tolérait pas davantage.'