LES POMMES DE '93 Le soleil, qui luit malgré tout, avait fait cette année mù- | rir les pommes, les grosses pom- } mes de r-inette. | Ma grand'mère avait quatre ans, étant née le jour de la p'ise de la Ba:tille. Fille de bourgeois paisibles, elle n'avait pas connu les terreurs des ri- ches. Ses denx sœurs plus à- gées, son frère et elle, avaient été envoyés aux champs, bien que la cloche sonnât les juge- ments, et que la ville fût toute remuée. Aussi les quatre en: fants, armés d'une corbeiile, | furent-ils bientôt sous les :,om- | miers du verger, cueillant ou | ubattant les pommes. Grand’mère, avec sen petit bonnet relevé en pointe sur le front, son beau devantin blanc, et sa petite jupe à fleurs, était partie très gaie : malheureuse- ment n'ayant point la taille ni la force, elle ne put ramasser qu'une toute petite pomme chétive, dont son frère et ses sœurs rirent beaucoup et qu’- elle cacha soigneusement dans «8 bavette blanche. Puis, comme le jour tombait, et que la maman avait recom- mandé d'être de retour de bonne heure, les quatre enfants reprirent le chemin de la ville avec leurs panières pleines Seule grand'maman ne portait rien, rien que sa toute petite pomme de reinette. Elle ne l'a- vait point mangée, parce que d’abord la pomme était trop pe- tite, et aussi parce qu'elle était la seule qu: la mignonne eût pu ramasser dans sa journée. Les sœurs et :e frère avaient é té moins avares : ils puisrient à belles mains dans le tas. Et la petite pomme était si près de la figure de grand’ma- man que son parfum de reinette mûre la tentait ; mais lafillette se contint. La pomme, à la belle tache rose, semblait prête à sou- rire et prête à parler. Crrand'. maman de quatre ans eût cru bien mal faire que de la cro- quer. Daus la ville où les enfants rentrèrent. il y avait un grand brouhaha. On avait le matin même condamné à mort nn cé lébre ci devant. Craignant un coup de main, le tribunal avait avait mis sur pied toutes les forces; la grand’rue de la ville regorgeait de monde, de gens cocardés en signe de civisme Les quatre enfants, trainant leurs pommes, se trouvèrent dans cette mélée, et, ma foi, les pommes coururent plus d'un danger. Seule, la jetite pomme de reinette de grand’'mère restait enfouie dans le devantin. La voiture conduisant Je, condamnés passa dans lagrand' rue. 1] se trouva que, par suite d’an recui dans la foule, les quatre petits furent aux pre- miers rangs. On avait à cette €- roque de ces spectacles ! Sur la charrette, le ci-devant. tête nue, cheveux lengs, che mise large, passa entre deux gendarmes. Ses mains n'éiaient point liées. 11 souriait à peine. 11 dut se passer de graves choses dans la tête de grand’. mère, car elle tendit au con- damné, de sa menotte, Ja pe- tite pomme de reinette, Et le condamné la vit , et 1] souriait toujours avec tristesse, quand mou grand-oncle, plus adroit que ma grand'mère, prit la pomme et la lança dans la voi- ture. Crut-on à un signal, pensa-t- on que la reinette renfermait quelque surprise ? On ne sait. Mais la troupe se rua vers la charrette, les enfants furent pris, et la panière de pommes confisquée. Seulement le ci-devant avait eu le temps de se baisser et de ramasser la pomme, la pauvre petite pomme de reinette. small nn. . MT ie. Fe SET À en ETES PPT Re OR mn eos da OR RÉ + # ë DA ere À drum lorsque grard’mère, plus oc- cupée de sa pomme que de tout cherchait à la voir une dernière fois à travers la foule épaisse. | Et le condamné envoya de la main un gros baiser à Ja mi- guonne. Le même soir, on ramenait Lies quatre enfants à leur pêre. Quelles transes et quels pleurs! Grande sœur assurait que ce n’était pas elle, Tante Hon- riette sanglotait, oncle Louis de même. Grand’mére seule était | :alme et songeuse. Elle tenait toujours relevé le coin de son tablier. —Il1 ne faut pas faire cela, pe- tite malheureuse ! dit le père. Et quand les policiers furent partis, il la prit dans ses bras et l'embrassa en pleurant, ïl iui fit faire un grand signe de croix et direun De Profundis, le De Profundus, de la petite pomme de reinette. Depuis ce temps, grand'mère ne mangea plus une pomme sans faire un grand signe de croix. Henri Bouchat. POURQUU1 LE CULTIVA- TEUR DO1IT-1L S'INS- TRUIRE lourquotï le cultivateur doit- il apprendre, s’iustruire ? Parce que, dit un agronome distin- gué, ous sommes dans une ère de progrès où tout marche à la vapeuret à l'électricité. Les communications entre les di- verses nations, entre les points les plus éloignés du globe, sont si faciles que les produits agri coles peuvent se transporter en eu de temps d’un point à un autre ; ii n’+ a plus de distance. Parce que l'industrie a créé tant de moyens, tant d’instru- ments agricoles, que l’on peat aujourd'hui cultiver dix fois plus grand et mieux qu'il y a vipgt à trente années. l'out ce- la a causé une concurrence à outrauce entre les cultivateurs Jes divers pays du monde et a fait naturellement baisser les prix des produits agricoles. C'est pourquoi le cultivateur qui ne lit pas qui s'obstine à ne pas cultiver d’après les nou- relles méthodes, qui n’améliore pas la race de ses animaux do- mestiques, qui ne peut tirer profit des importances dévcou- vertes qu'a faites la science en agriculture, est incapable de lutter avantageusement avec un autre qui se tient coustam- ment au courant des affaires. La terr: est comme une im- mence table chargée de mets de toutes sortes Les premiers qui sont invités à prendre part au festin sont les cultivateurs instruits, de progrès ; les igno- les derniers et naturellement font maigre chair. CENT ANS DE PRISON Si la police de Chicago vaut encore moins que celle de Montréal, les juges du moins, l'y supp'éent partiellement, en faisant des exemples, chaque fois qu'ils tiennent un criminel avéré. C’est ainsi que le juge Ewing président de la cour d'assises, vient de condamner un redou- table malfaiteur nègre, con- vaincu de cinq vols avec ef- fraction et à main armée, à cent ans de prison, vingt ans pour chaque vol. Dans son a rêt, le juge Ewing, faisant u- sage des pouvoirs que lui con- fèrre la loi, a bien soin de spé- cifier que les cinq peines ne doivent pas se confondre. Il est bon de remarquer, à ce propos, que dans certains Etats, la Ca- roline du sud par exemple, le vol avec effraction est puni de mort. Dans tous les cas Jackson qui est âgé de trente-six ans, est un criminel indigne d’au- 11 p mordit à belles dents, a-} rants, les rontiniers arrivent | LSIMPARTIAL cune pitié: 1la commis, pen- dant la seule nuit du 22 de- cembre dérnier, les cinq vols pour lesquels il vient d’étre condamné, chez un nom né Christians-n, la fille de celu:-vi Lena, âgée de seize ans, s'étant réveillée en sursaut et ayant poussé un cri en l’apercevant, Jackson s’est jeté sur elle avec un rasoir et lui a coupé un grand morceau à la joue. Dans une autre des maisons dans les- quelles s'introduisit Jackson la même nuit, celle de M. Her- man Suhrs, il se prit corps à corps avec Mme Suhrs et lui coupa un doigt en la mordant. Un 1iche propriétaire des en- virons de Rodez, Aveyron, France, a fait abattre récem- ment un cochon superbe qu'il venait d'acheter. Lorsque l’ani- mal fut mort et qu'on l'ouvrit, on trouva dans son estomac un élui en métal contenant deux billets de banque de mille francs chacun parfaitement propres et parfaitement conservés. À peine si le suc gastrique de la bête avait légèrement ox- idé l’étui. ignorant le nom du vendeur, le propriétaire a don- né les deux milles francs à la mairie pour les faire remettre à celui auquel ils appartien- nent. BOMBARDEMENT DE LA CANEE Berlin, 8— Une dépêche d’A- thènes dit qu'il est rumeur que les vaisseaux de guerre étran- gers ont commencé à bombar- der Canée, iie de Crète 11 est impossible de contrôler cette nouvelle. Le vaisseau de com- bat allemand “Kaiserin Augus- ta” a reçu ordre de se tenir prêt à partir pour l'ile de Crête. LES FORTIFICATIONS DE LONDRES Londres, 8—La ville de Lon- dres va être fortifiée afin d'évi- ter une invasinn possible par des troupes débarquant sur ia côte sud. Le projet de loi des travaux militaires comprendra la construction d’une chaine de forts entre les Southern Dowxzs et les collines situées au sud de Londres, sur lesque!- les le palais de Cristal est cons- truit. Le projet porte aussi la constraction de casernes et d’autres travaux militaires. Le cout. de ces travaux sera très <- levé. LA PESTE ANGLAISE Marseille, 8— D'après ia der- nière décision prise par les au- torités sanitaires, aucun navire. venant des ports infestés de l'Inde, ne pourra entrer dans le port de Marseiile ou aborder à l'ile du Frioul, où se trouve le lazaret. Les cargaisons ve. nant de l'Inde ne seront pas débarquées. Londres, 8—On annonce que le gouverneur des provinces transcaspiennee en Russie d'A- sie a déclaré que la peste avait éclaté à Kandahar, daus l'Af- ghanistan. Un corps de troupes rusoes a reçu l’ordre de former un cordon sanitaire le long de l'ëmou-Daria, qui traverse Je Turkestan. Londres, 8— Une dépêche de Bombay au “Daily Mail” dit qu'ilest impossible d'enrayer la peste. On annonce qu'il y a eu cent quatorze décès samedi et que même plusieurs vau- tours des “Tours du silence” sont morts. MORT DE PEUR Cleveland, Ohio, 8— Un hom- me qui meurt de peur semble une chose si extraordinaire qu’- on ne saurait passer sous si- lence le fait suivant qui vient de se produire à Cleveland. Un garçon de salle de l'hôtel Hol- endent, John Harris, voyaut puis longtemps, allait de plus en plus mal, l'avait fait trans- porter l'hôpital, où les méde- cins avaient déclaré qu'une o- pération était necessaire. La malade y avait consenti, mais à la condition que son mari serait tprès d'elle. On était donc allé chercher Harris, qui se tenait dans une pièce voisine de la saile d'opération. Après avoir endormi la femme avec de l’e- ther. les médecins ont reconnu qu'ils pouvaient se dispenser de l’opérer. L'un d'eux s’est rendu aussitôt dans ia pièce voisine-pour annoucer Cette bonne nouvelle à Harris ; mais le pauvre diable, aflaissé sur une chaise, ne dounait plus signe de vie. 11 était mort de peur en pensant à l'opéra- tion que sa femme allait su: bir. UN NEGRE PENDU New-York, 8—On sait que dans certains Etats de l'Ouest et du Sud la vie d'un homme, surtout “elle d’un nègre, ne compte pas pour grand’chose ; il faut reconnaitre cependant que la dernière application de loi de Lynch, qui vient d’avoir lieu aux environs de Bowling Green, Kentucky, constitue un révoltaut abus de la justice po- pulaire. Un nègre de Rockfield le nommé Robert Morton, a- yant écrit une lettre insolente à une jeune fille de race blan- che, Mile Johnson, très estimée dans la localité. plusieurs cito- yens ayant le shérif à leur tête se sont mis à la recherche de Morton pour l'arrêter. En vo vant approcher les représen- tauts de la loi Morton a pris la fuite, et ce n’est qne sur la me- nace d’être fusillé qu'il a cessé de courir et s'est laissé con- duire dans une maison où il a été enfermé sous bonne garde, en attendant son transfert à Ja prisou de Bowling Green. Vers minuit une bande d'individus masqués a cerné la maison, a mis les gardiens dans l’impos- sibilité de se défendre et s’em- para'nt de Morton. est allée le pendre à un arbre, un mile plus loin. C’est le lendemain matin seulement qu'on a re- trouvé le corps du nègre 8e ba- lançant au dessous d'une grosse branche. Sales for 1895 -168,327 Boxe: Our Native Herbs —— The Great BLOOD PURIFIER —AND— LIVER REGULATOR 209 days’ Treatment for 1.25 Cemposed of Herbs, Barks and Roots. 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It required two centuries to reduce that time one-half. Now our green er sty, shores and the white cliffsof Albion lie less than on2 week apart, and for thirty ears we have talked with England under the sea in a common language, about The Queen, and | Émmoninterests. To go and'to returm is an incident of daily life. > By favor of the The Saxon, Englishand American, travels more than any other man, and with y a stouter purpose to see, to know and to appreciate. England and America ex- Noblemen and change visits every year in the person of thousands of individuals. The Briton e .. finds with us brighter skies, and higher mountains, and larger rivers, and broader Gentlemen who lakes, and taller trees, and more stupendous waterfallsthan hisislands know. And for the old, the storied, the historic, we go to him, What he has is in a sense our Own these own. Îtis a hand-made and a time-mellowed beauty : for us the beauty of histo and association, ours as well as his. 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