2% on, der « mn ne sn te —— _— mn er er rl LA CIE. DE PUB. DE L — en — nn L'INPARTIAL, PROPRIÉTAIRE. G. BUOTE, RÉDACTEUR. F, J- BUOTE, GÉRANT a VOL. 8. NO. EST (suite) XI—LE RETOUR Le matin du quatrième jour a- prês ces événements, 1ilse fit un grand mouvement de Balaruc-les-Bains : on allait cé- lébrer le mariage d’Etienne Poucet avec la Simone, et, en raison de cette solennité, le puiys entier était en émoi. Le cortège, après s'être formé lentement devant la maison du pêcheur, se mit en marche pour se rendre à l'église ; il par musique obligée de était précédé * 1 » des tambours et des hautbois, toutes les fêtes languedociennes. Les invités s’'a- vançaient deux à deux, les fiaucés en tête, et formaient une intermi- nable file dans Une mal les rues du village. bande de gamins, et encore mouchés plus mal peignés, galopaient en avant, en arrière et sur les flancs, en poussant des cris de joie. Ces aux accords peu harmonieux des instruments, aux coups de fusil et de pistolet que tiraient incessam- ment les camarades d’Etienne, aux sons de la cloche du villaga, qui se démenait d'une manière furieuse dans son clocher, formaient une effrayante cacophinis capable de faire tomber en syncope une per- sonne aux nerfs délicats. Cependant, la cour intérieure de l'établissement thermal présentait un spectacle bien différent. Elle était presque déserte ; les fenêtres, fermées pour la plupart, témoi- gnaient que les pensionnaires dé- sœuvrés avaient voulu assister à la fête de la jourré:. Les bruits du dehors n’y arri- vaient que conme un faible bour- donnement et s’y éteignaient sans écho. En face de l'escalier princi- pal, une vieille patache, attelée de deux mules empanachées, semblait attendre quelqu'un qui se disposait à partir. Un postillon en sabots était en train d'attachor une malle et des cartons sur l'impériale. Thérèse, la camériste de l’hôtel, encore vêtue de ses habillements de la semaine, malgré la solennité du jour et son amou1 bien connu pour la danse, se tenait debout sur le marchepied et disposait des oreil- lers dans l'intérieur de la voiture. L'un et l’autre faisaient leur beso- gne en silence ; n'eussent été les piétinements des mules sur les pa- vés de la cour et le tintement des grelots, quand une mouche impotr- tune venait troubler ces paisibles animaux, les habitants de la maison n’eussent pu soupçonner qu’un de leurs hôtes allait les quitter. Il y avait dans ces apprêts furtifs de départ, dans ce silence morne, un caractère de tristesse qui contras- tait avec les transports bruyants de la gaieté villageoï e. Thérèse et le postillon, cupés de leur ouvrage, ne parurent pas remarquer l’arrivée d'un voya- geur qui franchit la porte cochére et chercha des yeux quelqu'un pour le recevoir. Ce voyageur ve- nait de descendre d’une diliffence qui s’arrêtait à l’autre extrémité du village ; mais pour aucun prix les polissons du pays n'avaient voulu transporter ses bagages à l'hôtel, en ce jour de fête ; si bien qu'il avait dû se charger lui-même de sa valise et de son carton à cha- peau. Comme personne ne se pré- sentait pour l'en debarrasser, il se mit à appeler d'une voix reteutis- sante : onne répondit pas. Le postillon était étranger à la maison, et Thérèse sans doute n'avait pas entendu. ‘Ah ça, à qui diable en ont-ils ? Cris, tout oc- S'à ga: EX SA dans le village, , à inés dans la voiture, pieds nus, ! | | S vrvvesves XI.—LE RETOUR est-ce que cette maison est devenue le palais de la Belle-au-Bois-Dor- |mant ?’’ | | reprit le voyageur avec lupatience | . . |s'écria-t-elle, est-ce vous ? joints | Il allait redoubler ses cris, quand Thérèse, ses arrangements termi- descendit du marCchepied et s: dirigea vers l’es- calier. Alors, le voyageur, jetant son fardeau à terre, courut après elle et la retint par le bras. ‘‘Thérèse ! eh ! Thérèse... vous êtes plus pressée ordinairement de montrer votre joli minois !”? La cameriste consentit enfin à se retourner, et il fut facile de com- prendre pourquoi elle avait feint de ne pas entendre. KÆlle était tout en larmes, et sa coquetterie ne lui per- mettait pas de se montrer ainsi dé- figurée. Cependant, à ia vue du voyageur, le sourire reparut sur son visage. ‘‘Pécairé ! monsieur le vicomte, Ah isi vo’s étiez revenu plus tôt, vous eussiez pu sans doute empêcher beaucoup de mal... mais il est trop tard maintenant !”’ Et elle se mit à sangloter dans son tablier. “Quoi ! vous pleurez ! s’écria Mornas, que le lecteur a sans doute reconnu : je me serais plutôt atten- du à voir l’étang de Thau se chan- ger en vin de Frontignan... Vo- yons, petite, tâchez d’être raison- nable ; que se passe-t-il donc ici ? quand j'appelle on ne me répond pas, et quand j'interroge on pleure. —Ah ! monsieur, c'est que ces gens là-bas font tant de bruit... et puis nous avons tant de chagrin... —Du chagrin ? et quel chagrin pouvez-vous avoir, ma chêre, à moins q'ie l’un de vos amoureux ne vous ait été infidèle ? —L'un de mes amoureux ! s’é- cria Thérèse avec indignation ; sa- chez, monsieur, que je n’ai pas d’a- moureux, excepté toutefois ce bon Joseph, et puis le petit Baptiste, qui me fait un doigt de cour, et puis... Mais, ajouta-t-elle aussi- tôt en se reprenant, M. le -vicomte aime à rire et l’on ne doit pas rele- ver ses plaisanteries. Ce n’est pas pour moi que je suis affligée, mon- sieur, mais pour des personnes de votre connaissance qui sont bien à plaindre. — Des personnes de ma connais- sance ! rerrit Mornas alarmé, que voulez-vous dire ? serait-il arrivé malheur à ce cher Adrien... àM. Adrien de Laroyère La soubrette secoua la tête d’un air d’ironie mutine. ‘“M. Adrien ! reprit-elle, il est en ce moment à la noce d’Etienne ; il ne pouvait s'en dispenser, puis- qu'il est cause de ce mariage...En- suite, ajouta-t-elle avec réflexion, faut avouer qu’il n'avait pas l'air très-content ce matin ; je l’ai vu de la fenêtre quand il marchait derriè- re les mariés, et il ne paraissait guère disposé à s'amuser. Sans coute il pensait à cette pauvre cré- ature qu’il ne reverra plus... car elle va partir, monsieur le vicomte, et, malade comme elle est, qui sait si e!le n’arrivera pas morte à Mont- pellier ? —Malade ! qui donc ? demanda Mornas ; j'essaye en vain de vous comprendre, ma pauvre Thérèse... Qui donc va partir pour Montpel- lier ? — Tiens, c’est juste, vous ne sa- vez pas.. —Thérèse, sot'e fille, cria le doc teur Moirot, qui parut tout à coup sur le perron, est-ce le moment de bava:der ? Montez vite, on a be- soin de vous. — Me voici, monsieur le docteur,’ DELA SAR LUS SAUSE FEUILLETON DE L'IMPARTIAE, LE CRI DU SANG TIGNISH, ILE du PRINCE EDOUARD, JEUDI LE 7 MAI 1908. TS _. see ———— —_———— 10 ANNEE. | RIRE répliqua Thérèse. Et elle rentra vivement dans la maison, en faisant sonner ses ci- seaux au bout de leur chaîne d’ar- gent. Le docteur allait la suivre, quand il reconnut Mornas. ‘Bonjour, monsieur le vicomte, dit-il de son air le plus aimable, so- yez le bien-revenu parmi nous... Miséricorde, ajouta-t-il en voyant le bagage du voyageur au miiieu de la cour, vous n'êtes pas logé enco- re ? Excusez, monsieur le vicom- te ; tout est en désordre aujour-| | Cautions à l'égard d’un homme in- d'hui. Les domestiques sont allés à cette maudite noce, et Thérèse et moi nous somines occupés de notre pauvre malade qui va partir...Mais ‘ayez la bonté de monter au No. 12, vous savez ? c'est votre ancienne chambre, et elle vous a été scrupu- leusement réservée. — Bien, bien, ne vous inquiétez pas, je me caserai n’imnorte où... Pour Dieu, docteur, quelle est cette malade que les eaux de Balaruc n’ont pu guérir ? —I1l y a une cause morale, ré- pliqua Moirot d’un ton grave, et nos eaux n’ont pas la propriété de guérir les maux del’âme. S'ils'a- gissait de maladie organique, aiguë ou chronique, ce serait une autre affaire. — Vraiment ? J'aurais cru que les eaux de Balaruc... Parlons raison : vous ne m'avez pas nom- mé cette malade. — Vous la connaissez, monsieur le vicomte, vous avez admiré bien des fois sa grâce et sa beauté... elle est changée maintenant !... Pardon, vicomte, il faut que je re- tourne auprès d’elle ; j'ai encore à donner mes dernières instructions pour le voyage. —Fort bien, mais au moins, doc- teur, dites-moi... —Je suis À vous... Prenez le No. 12... Maudites coureuses qui me laissent dans un pareil em- barras !”’ Et le docteur s’enfuit comme a- vait Thérèse. ‘‘Allons, reprit Mornas, décidé- ment je ne dois rien savoir, et pour- tant je donnerais beaucoup pour a- voir le mot de cette égnime.’’ Il voulut questionner le postillon, qui fumait philosophiquement sa pipe, appuyé contre la caisse de la vitrine, mais cet homme savait seu- lement qu’il devait conduire ‘‘quel- qu'un’’ à Montpellier, et il ne put donner d’autre explication. En désespoir de cause, le vicom- te allait se décider à porter lui-mé- me ses effets dans la chambre du No. 12, quand, levant les yeux par hasard, il aperçut en face de lui, à une fenêtre du premier étage, la fi- gure refrognée de Malevieux. Mor- nas Salua avec une familiarité cor- diale. ‘Bonjour, mon cher Malevieux ! dit-il, comment vous portez-vous ? comment se porte Adrien ? Enfin, je trouve à qui parler, ce qui n’est pas facile, aujourd'hui, à 1a maison thermale de Balaruc !” Le vicomte se flattait trop d’avoir trouvé ‘‘à qui parler :’’ la tête res- ta immobile et silencieuse, comme une tête de marbre. ‘Ah ! ah ! reprit-il en souriant, me conservez-vous rancine de nos derniers rapports ? Vous me devez cependant un fameux cierge pour avoir fait rendre gorge à ce fripon de lord Corbett !”’ À ce nom, Malevieux parut enfin sortir de son impassibilé de statue ; ses yeux S’abaissèrent vers Mornas et se fixèrent sur Ini avec une sorte d'intelligence. Au bout d'un mo- went, il fit signe de Ja main et dit Fe SSD | D à | — laconiquement : ‘‘Montez !”’ Moruas prit son bagage, gravit l'escalier, et se dirigea vers la cham-, bre de Malevieux, voisine de celle qu'il devait occuper lui-même. Il fut surpris que l'oncle d’A- drien, dont il connaissait la poli- tesse mêticuleuse, ne fût pas venu au devant de lui sur le seuil de la porte. Il frappa discrètement. ‘Entrez, ’’ répliqua-t-on du de- dans. La clef était à la serrure ; mais le vicomte remarqua avec étonne- ment qu'il eut à la faire tourner deux fois avant d'ouvrir, ce qui prouvait que Malevieux avait été bien et dûment enfermé dans sa chambre. Cette circonstance était de nature à donner des soupçous à Mornas ; mais comme il ne croyait guère au dérangement d'esprit de Male- vieux, la pensée ne lui vint pas qu'on eût pu prendre certaines pré- offensif. Cepeudant, quand il entra dais la chambre et quand il vit le désor- dre qui y régnait, quand il se trou- va surtout en présence de Male- vieux, les vêtements négligés, la! perruque de trivèrs, il commença à se douter que tout n'était pas en règle et se mit à observer les mou- vements de son hôte avec une es- pèce de défiance. L'accueil de l'insensé n’eut rien d’abord que de fort convenable. Il se leva, s’avança vers Mornas et le salua avec sa politesse d'ancien ré- gime. ‘‘Mes respects, monsieur le vi- comte, dit-il. Je suis heureux de vous revoir parmi nous, et je suis sûr que mon neveu Adrien... ,.?? Mais, à ce nom, ses idées paru- rent se troubler et il se tut. “Vous voulez dire qu’Adrien au- ra du plaisir à me serrer ia main ? dit Mornas en achevant complai- samment la phrase commencée ; ma foi ! et moi aussi. Nous nous sommes quittés un peu brusque- ment, il y a un mois ; des affaires, un ordre supérieur m'ont appelé loin d'ici, et depuis ce temps j'ai été constamment en voyage..Mais enfin me voici, et j'espère réparer, le temps perdu. Voyons, mon cher Malevieux, donnez-moi des .. velles ; où en sont les amours de! notre ami? Vous pouvez me met-| tre au courant, vous, qui êtes son| confident, je ne l’ignore pas.” Comme on le voit, Mornas se | laissait prendre à l'air parfaitement | calme de son interlocuteur. ge) lui-ci se pencha vers lui : “Quoi ! vous ne savez pas ? s’est passé des choses bien graves... Mais vous m'’aiderez à sauver ce! pauvre enfant ! —Que s'est-il donc passé ? vérité, vous m’effrayez.. —Télémaque s’est amouraché de Calypso, et voilà maintenant que | Calypso persécute la pauvre Eu-| charis.”’ Mornas fit un saut en arrière. ‘Télémaque ! Calypso ! s’écria- t-il ; ah Ça, à qui diable en avez-| vous, mon cher ? He: -ce que vrai- ment la cervelle... | Malevieux ue parut nullement | s’apercevoir de l'effet que produi-| saient ses relations. ‘ Les choses sont ainsi, reprit-il en s’animant, et, pour comble de] malheur, moi, le roi des dieux, je! ne puis rien pour sauver cette) nymphe infortunée ! Vous savez | que j’ai été vaincu par le Destin ; | il m’a dépouillé de mon tonnerre, | de mon aigle, de tout....Mais! vous, qui êtes Minerve, vous pour- | rez la couvrir de votre égide, et la jalouse Calypso verra beau jeu.”’ Peut-être y avait-il dans ses pa- roles un sens secret qui avait des rapports avec la réalité ; mais le vi-| comte, en entendant prononcer ces | noms de Minerve et de Jupiter, ne | songea pas à le chercher. ‘Tiens, tiens, dit-il avec grand flegme ; il | En (suite à la 8me page) | | vertising Dr. 6 eo veG à EART ÉNERVF PILLS Have Restored Thousands of Canadian Women to Health and Strength. There is no need for so many women to suffer pain and weakness, nervousness, sleeplessness, anæmia, faint and 2. spells and the numerous troubles whic render the life of woman a round of sick- ness and suffering. 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Ne Gvriercront Clare via au Li délabrées, Pourvues de . 142 Pr 11 1 CON La + s'ouvrant des deux côtés. il | AABA,: STATA ouvrir ou les fermer malgré aise "3 : | hi 2 FPYMIIPE des surface de résistance, La mei] loi ÿ | 12 LRNT II RI SE usage des fermes qui epit fabriqué en _ ae. he ia les ee de Page, ainsi que son fist LE PRET LE RE NS on { La Page Wire Fence Co., Liitée, Walkerville, Ont., Montréal, Gué., St, à Hence the application of Ball Bearings to the White Sewing Machine x