re L’IMPARTIAI, JEUDI ILE 21 JUIN. 1900. - Chronique de Paris Le ministère sauvé. Pour six mois. Les étrangers arrivent. Succès al- lemands. — Préoceu pations marro- aaines.—Simple mesure de police a la frontière. —Au Congo.—Mad: AgASCAT a l'Exposition. —Les tôtes de nègres coupées. —Le livre du dépaté Vi igné d'Oetan. me Eh bien le ministère Wal. deek-Rousseau a remporté la victoire et 50 voix de majorité lui assurent s1x mois d'existence pendant laquelle il pourra pré- sider à l'Exposition à son aise et o’est en somme la senle chose intéressante au point de vue de la chronique de Paris. L'Exposition est du reste maintemant en plein succès. Cette fois les étrangers se sont décidés à venir ; l'exode a été plus long qu'en 1889, mais, vraiment, ce n'étaient pas les étrangers qui avaient tort ; l'Ex position n'était pas prête. Main. tenant que tout est en plase ou à peu près, il ne reste plus qu'à attendre les visiteurs ; les Alle. mands sont eeux qui hisirént le plus d’empressement. Des compaguies se sont organisées de l’autre côté du Rhin pour a- memer à forfait de véritables Caravanes. On me montrait l'ilinéraire d’un de ces voyages d'agrément à travers Paris : o’est fantas- tique. Le séjour a duré dix jours et dans la même journée on fait visiter le musée du Leu. vre, le Panthéon, le Luxem- bourg, les Invalides et la soirée se termine à la Comédie Fran- çaise. C'est vue véritable eourse au pas gymnastique à travers les monuments : ces braves gens seront fourbus au bont de | * leurs dix journées On leur mou- trera Compiègne, Fontaine- bleau, Versailles et Pierrefonds. Evidemment ces touristes aper- cevronttout, mais ne verront pas grand'ehose et n'auront le temps de rien admirer. Mais ce sont des voyages d'agrément au rabais Le prix du séjour, hôtel, voitures, nourriture, aller et re- tour à Berlin compris, est de 327 francs. C’est évident pour rien et on leur en donne pour leur argent. Dans ces excursions hâtives à pas pressés, les alle- mands auront juste je temps de prendre le goût de Paris et emporteront le désir de voir quelque chose. Ce sont les Allemands qui, du reste, sont Je plus compli- mentés pour le quart d heure : l'inauguration de leur palais, cue des Nations. a été une sur- prise, et on vante à bon droit le goût déployé, le luxe étalé avec une discrète prodigalité, la cour- toisie parfaite et un Gésir -ex- treme d'être agréable. Dans les eptre deux coupes de vin du Rhin. les phi- aimant es contro- CO1BS, losophes verses qui aiguillonvent, discu- taient à mi-voix sur ve qui arri- verait aujourd hui si les Alie- mavds n'avaient pas pris l’Al- la Lorraine en . mais ils l'o sace et oui, sans doute, et ces dissertations we prise, vent s'ajou er anx thèses qu'il est aisé de develo, per sur ce qui sera advenn en Esrope si! Louis X1V n'avait jus révoqué: l'Edit de Nantes, si les Frrnçais n'avaient pas invendié le Pala.! tinat et si Napoléon ler n'avait pas gagné la bataille d’'léna. Les fantes des rois. les gloires| des peupies se tard et os nevenx verront peut- ê‘re leurs contemporains d’Alle- lear prospérité | d'aujourd'hui En attendant, les | Ailemards triomphent à |l'Ex- position et on ajoute qu'iis vont pay ent tôt ou magne expier continuer dans les diverses sec- tions. L'inauguration remarquée | - du pavilion impérial ne serait qu'une préface suivie de vic toires industrielles et commer- ciales qui seraivnt sanctionnées dans la plaine da Ohamp-de. Mars. * * La tranquillité intérieure dont va jouir la France ne pour- ra lui faire oublier les preo cu pations qui Ini viennent du Maroc æette fois. Laissez-moi vous en dire denx mots en passant : Le Maroc s'agite et quelques- unes des tribus semblent en proie à une émotion que nous n'attendions guère. 11 y a même quelques mois, quand certains journaux allarmistos parlaient du mouvement des troupes marocaines qui n'existait pas à ce momeat, nous ayons fait res- sortir combien nne mobilisation partielle des troupes chérifien- nes nous semblait invraisembla- ble. O'était alors la vérité absolne. Depuis, les esprits marocains semblent s'être échanffés ; on parie de eonoentratiens sur les frontières et le gouvernement francais a dû prendre des me- sures pour prévenir les éven- tualités qui peuvent se pre- duire. Les complications ne sont pas à craindre paisqu'il ne s'agit que du Touat qui est re- connu comme étant dans la zone française ; pour des motifs divers on avait jusqu'ici négli- gé de s'emparer des oasis du Touat et le gouvernement fran- çais a mis récemment à exécu- tion le plan exposé, il y sept ans à la tribaue de la Chambre par M. Ribot, alors ministre des affaires étrangères. La France a réguiarisé la police militaire de ce c:té de sa frontière africaine. 11 n'y a là rien qui doive et _ puisse émouvoir qui que ce ; 1l ne s’agit pas de toucher à ne question marocaine ; aussi l'Espagne quia des droits iu- contestables sur le Maros en cas d'éventualités prévnes ne saurait s'alarmer ; la Franoe ne touchera pas aa Maïoc en lui même et sielie y était amenée, elle ne le ferait pas en dehors de l'Espagne dont les droits sont connus et dont J'amitie nous est précieuse. Pour le moment, les Français veulent seulement délimiter Ja frontière du Touat,ce qui fers cesser pour l'avenir tons ces in- cidents de triba quiont été s: fréquentes ees vingt dernières années. Voilà pour le moment à qnoi se réduit la question du Maroc autour de laquelle eertains Journaux font plus da bruit qu'elle n'en mérite. k* # Puisque nous parlons de l'A: frique, si je rons disais un petit |mot d’an livre curienx sur ie Cengo par le baron E de Man- dat-Grancey, qui est un vieux voyageur rempli d'expérience, qui a beaueonp vu, b ancoup retenu ; un observateur des plus surs ; un écrivain élégant et spirituel, plein de bonhem- | mie de gaité et finesse ; un con- :|teur charmant, ‘\sane pareil. | L'auteur fait paraître aujour- id'hui à Ja jibrairis Plen vn [nouvel ouvrage qui a tout l'a- _|grément de ses aînés, arec un interêt pressant d'actualité : Au | Eongo—1898—, orné de phote igraphies et d'une carte. @'est |le récit d’an voyage de pins de 1700 kilémèties dans l'intérieur de l'Afrique, en plein Congo, ou pas un blanc n'avait pénétré avant Stanley, au milieu de- Etudes du traits de ‘auth-opophages. pays et des habitants ; |mœurs, histoires typiques sui, les relations de8 européens et des sauvages, exposé des pro | blèmes actuels de la colonisa- tion pour les Français et les Belges ; voilà ce que l’on trouve dans cet excellent et amusant és nn nr nur nomme rrge |Au ras du cau, un anecdotier .. f souvrage écritibeile humeur con tumière. | Kk* Termino s par une note exo fique et faisons une petite po mepade à | Expoœition pour fi pir. Al'ons fire un tour à Mada gascar dont le panorama a été modifié au dernier moment. Le peintre, Tinayre, avait représen- té nne scène de militarisme tri- omphant, une exécution d'indi- gèues La veille de l'inaugura- tien, on a mis une grande toile grise sur ce tableau d'un réa- lisme vaincu, et, Gepuis, le mal)- encontreux paysage agrémenté du peloton d'exécution a dispa- paru. 1l y a des beautés d’une civilisation eonquérante qu'il n'est pas bon, paraît il, de mon trer à des citadins mal préparés à ces odysées de la force brutal mettant du plomb dans la tête de ces sauvages qui ne veulent pas comprendre les merveilles de projection du fusil Lebel. On a fait disparaitre aussi, après des réclamations jindi- guées, les vingt cinq ou trente têtes grimaçantes, en carton pâte, têtes de nègres, coupées sanguinolentes, hideuses, plantées an bout de lances et que le barnum du ‘‘Panorama Marchand’ avait ac. crochétes an sommet de sa bar raque où on célèbre l’apothétose du courage militsire allaut dé- capiter les nègres d'Afrique pour lear apprendre à aimer les missions d'exploration qui vont tracer les routes nouvelles de la civilisation à tiarvers les dé- serts en les jalonnant avec des ossements de sauvages, insilles un peu partont. * * Dai, il s'est trouvé, en pleine Exposition, un montrear de cu- riosités pour oser reproduire ce: hideurs et arborer ces têtes coapées en guise de réclame ou comme une enseigne ! Et des écrivains ont été insultés comme mauquant au respect de l’armée paree qu'ils se refasaient à ad mettre ces reproductions d'in- dignes boucheries. N'injurie-t on pas, en Ce moment, à plume que veux tn, mon ami Vigné d'Octon, le dépnté de l'Hérault. pour avoir publié son livre Ja Gloire du Sabre, dans lequel àl dénon: > uncertain nombre de ! viols. d'&ncendies, de pillages et de massacres qui, désolent d’un bout de l'année à l’autre deux colouivs militaires ? Faire un livre comme celui là est d’an honvête homme ; le publier est un acte de courage civique. Allons, voilà qu’à propos de l'Exposition qui est une fêie gi- gantesque joyeuse, une note as sombrie glisse sous sa pume ; ‘aissons ces ombres et ne nous oucupons désormais que des o5 tés lumineux du meiveillenx tableau que nous pourrons ad mirer à l'aise. UN PARISIEN MEN MeGALL COMPANY, | 188to 146 W. 14th Street, New York 3 NÇH NE 4 Ed AE cago, an 108) ” : San rancisco. : Published : pti Mi Beautifl Golored Plates. Qüstroses L Sêes Patterns, Fash- inevery V es met Ma Tan, L'ôther partic- GONE NORI>-O0c. per year, Srludinge K & €o 146 W. 14th St., Le York RARE! @ Li] AMAAAAAAAA AAA The Old Reliable Remedy for Diarrhæa and Dysentery. Grandma Mrs. À rca Sherlock, Arn- prior, Ont., recently wrote: Used It. © My little girl, ds rears of age, was taken very bad with diarrhæa, and we thought we were going to lose her, when I remembered that my grandmother always used Dr, Fowler's Extact of Wild Strawberry, and often said that it saved her life. I got a bottle and gave it to my child, and after the third dose she began to get better and slept well that night. She im- proved right along and was soon com- pletely cured.” Hello There, Reuben ! WHAT BEAUTIFUL HORSE HAVE YOU NOW ? ee —— Reuben : “Don't you know. him?" Stranger : “Why no, 1 don't.‘ R—"Don’t know that stallion ISLANDER, by Parkside ?* S.—"Well ! That is never 15 LANDER 18 it? Why, h:is so fat that you can't feel a rib in him and his skin is shining like a siiver dollar. What in the world have you been feeding him Withto mske such a chang in a horse as that in so short a time 72° R—"MG@DONALD $£ TION POWDERS". S—‘And th-y will horse in such a shape as that?” R—'"Yes l'have used them for 6 years and they have never failed yat They are put up by JAMES McDON 4LD, D. V:S$, Sarnmerside."” CÇ OND:4 ISLANDER! : “How clean hi: hmbs are—hard and firm as steel.‘ R—"That's what they are. S—‘Look at that head up. will you. See how he hoids his! tail —and such a perfect, fre | action.” “1 “Well, 1 guess “ —*That's what Mc Donald'e. horse ?*: R—"Yes, they are the pow- ders.‘ —*How cost ?” much do You can get them at any coun- try store, or right dire:t f:om the manufacturer's at McDO- NALD'S DRUG STORE SUM-:- MERSIDE." 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