1 L’enfance De l'enfance de mon père, malheureuaement, je ne puis retracer grand'chose, si ce n'est qu‘un beau jour d'août, M. et Mme Fidèle Arsenault du bout du village, accueillaient avec bonheur la naissance d'un septième. enfant, un joli poupon blond aux yeux bleus. L Au baptême, comme il était de tradition, l'on suivait le calendrier liturgique: on le nomma donc: Philibert. (Les 20 et 22 août, fête de Saint Philibert}. Ce petit bout d‘homme devait, ä mon avis, être un bambin turbulent, plein de vie et d’ardeurî... lui qui se rêvëlera un chef de file aux jeux, aux fêtes, en politique et en création mécanique. A la maison, la première éducation suivait l'ordre prévu par la Providence: le mère s'employait aux travaux domestiques et elle êlevait ses enfants; elle ne faisait que cela‘ Anathème ä celle qui aurait déserté le foyer pour se dépenser eilleure, laissant le ménage aux mains d‘une Servante, sauf le cas de nécessité absolue, comme ce fut cas pour une pauvre veuve, mère de nombreux enfants et sans aucune ressource de revenus, comme me tante Julie dihêroîque mémoire: L’écolie‘r " L‘exemple des parents constituait l'essentielle leçon que l'enfant apprenait à la sortie du berceau. La "sagesse" de la vie, tout ce qui fait la voleur humaine et chrétienne, on l'apprenait "de visu", ä regarder vivre Papa et Maman. A l'école, on allait chercher le complément des connaissances théoriques utiles: lecture, calcul, écriture, géographie et histoire générale; probablement. Le stage scolaire de son père sera donc à la mode du temps et durera de trois ä cinq ans. Des professeurs qualifiés ou improvisés y donnaient de leur mieux les principes de la science et de le religion. L'objectif visé n'était pas de former des "professionnels", mais bien plutôt de donner à la paroisse d'honnêtes gens et de véritables chrétiens. On y apprenait encore que Dieu existe et qu'ïl est le grand Maître, tant de la nature que des événements. Il valait mieux se mettre en conformité eVec la volonté de ce Maître, Principe et Fin de toutes choses, que de vouloir braver et passer outre aux lois établies par la Sagesse. Les faits nous apprennentque le souci de faire progresser la cause de l'éducation était bien vivant à l'époque oü Pape fit ses études: il y est fait mention de réunions "parents—maîtres" au village, dès 1894! Avant— gardieme, vraiment! Rien d'étonnant que mon père ait grandi avec l‘ambition