25 faire venir le beurre. Elle avait remarqué qu'une vieille sauvagesse était passée par le chemin près de la maison. Elle prend une grosse aiguille et la jette dans la baratte; le beurre se fait tout de suite. Mais elle a beau chercher l'aiguille qu'elle a mis dans la crème; elle n'en trouve aucune trace. Aussi elle n'ose pas se servir de ce beurre ensorcelé; elle donne aux cochons le contenu de la baratte. Les ménagères acadiennes de l'Ile—du«Prince-Edouard avaient une autre manière d'agir lorsque le beurre ne venait pas, c'était de prendre une petite pelle, de la chauffer rouge et de la plonger dans la crème, pour en chasser l'esprit malin.4 Si un animal que l‘on croyait ensorcelé venait à mourir on le piquait avec une grosse aiguille dans l'intention de faire souffrir le sorcier. Il arriva, vers la fin du 20e siècle qu'un homme d'un certain village du Nouveau—Brunswick perdit l'un de ses cochons. Il soup— çonne que la mort de l'animal est causée par un sort jeté sur lui par un des voisins. Suivant le conseil de quelques—uns de ses amis, il prend la tête_du cochon, la met dans un gros chaudron d'eau sur le feu et la pique avec une aiguille. Bientôt le coupable vient furieux à N la porte criant a tue-tête: “Otez ça! ôtez ça!" On raconte quelque chose de semblable qui se faisait chez les Acadiens de Terre—Neuve. Il y avait là un vieux Français que l'on soupçonnait d'être un jeteur de sorts. Une jeune fille se permit de se moquer de lui et même de lui jouer un tour. Elle tomba malade et on crut qu'elle était ensorcelée. On se mit à faire bouillir des aiguilles et le vieux arriva à la porte tout en colère: "Qu'est—ce que vous faites bouillir là? Otez-moi ça," dit—il. La fille se trouva guérie tout de suite. Une autre manière de faire venir le sorcier et de l'obliger d'ôter le sort,5 c'était de dessiner son portrait sur un morceau de papier ou sur la porte de la grange et de le piquer avec une épingle,ou même avec un instrument plus dangereux. Il y avait à Tignish, I.-P.wE.: un_certain Monsieur G. qui avait un beau cheval dont il était très fier. Un de ses voisins vient lui demander s'il veut lui prêter; le propriétaire refuse et l'homme part très mécontent. Peu de temps après son départ, le cheval commence à faire un bruit épouvantable dans la grange; il enfonce la porte de l'étable, court partout dehors, saute par—dessus des obstacles qui se trouvent dans son chemin, causant une peur extrême a toute la famille. Monsieur G. ne pouvant plus en jouir, va trouver le curé, le Père Dougald